🐍 Dissertation Sur Les Fables De La Fontaine Imagination Et PensĂ©e

Essaywriting blog. Bac de français 2021-La littĂ©rature dĂą idĂ©es: mettre en Ă©vidence les liens qui se nouent entre les idĂ©es, les formes et le contexte culturel, idĂ©ologique et social I like the discount system and your anti-plagiarism policy. Discount Code: 15OFFJUST4U Trouvé à l'intérieur Ăą Page 463 et des que les Romains nous aient laissés ; et l'imagination Comment peut-on s'aveugler assez pour appeler les fables la morale des enfants, sans songer que l'apologue, en les amusant, les abuse ; que, sĂ©duits par le mensonge, ils laissent Ă©chapper la vĂ©ritĂ© et que ce qu'on fait pour leur rendre l'instruction agrĂ©able les empĂȘche d'en profiter ? Les fables peuvent instruire les hommes ; mais il faut dire la vĂ©ritĂ© nue aux enfants sitĂŽt qu'on la couvre d'un voile, ils ne se donnent plus la peine de le lever. On fait apprendre les fables de La Fontaine Ă  tous les enfants, et il n'y en a pas un seul qui les entende. Quand ils les entendraient, ce serait encore pis ; car la morale est tellement mĂȘlĂ©e et si disproportionnĂ©e Ă  leur Ăąge, qu'elle les porterait plus au vice qu'Ă  la vertu. Ce sont encore lĂ  direz-vous des paradoxes. Soit ; mais voyons si ce sont des vĂ©ritĂ©s. Je dis qu'un enfant n'entend point les fables qu'on lui fait apprendre, parce que quelque effort qu'on fasse pour les rendre simples, l'instruction qu'on veut en tirer force d'y faire entrer des idĂ©es qu'il ne peut saisir, et que le tour mĂȘme de la poĂ©sie, en les lui rendant les plus faciles Ă  retenir, les lui rend plus difficiles Ă  concevoir, en sorte qu'on achĂšte l'agrĂ©ment aux dĂ©pens de la clartĂ©. [
] Passons maintenant Ă  la morale. Je demande si c'est Ă  des enfants de dix ans qu'il faut apprendre qu'il y a des hommes qui flattent et mentent pour leur profit ? On pourrait tout au plus leur apprendre qu'il y a des railleurs qui persiflent les petits garçons, et se moquent en secret de leur sotte vanitĂ© ; mais le fromage fondu gĂąte tout ; on leur apprend moins Ă  ne pas le laisser tomber de leur bec qu'Ă  le faire tomber du bec d'un autre ? C'est ici mon second paradoxe, et ce n'est pas le moins important. Suivez les enfants apprenant leurs fables, et vous verrez que, quand ils sont en Ă©tat d'en faire l'application, ils en font presque toujours une contraire Ă  l'intention de l'auteur, et qu'au lieu de s'observer sur le dĂ©faut dont on veut les guĂ©rir ou prĂ©server, ils penchent Ă  aimer le vice avec lequel on tire parti des dĂ©fauts des autres. Dans la fable prĂ©cĂ©dente, les enfants se moquent du corbeau, mais ils s'affectionnent tous au renard ; dans la fable qui suit, vous croyez leur donner la cigale pour exemple ; et point du tout, c'est la fourmi qu'ils choisiront. On n'aime point Ă  s'humilier ils prendront toujours le beau rĂŽle ; c'est le choix de l'amour-propre, c'est un choix trĂšs naturel. Or, quelle horrible leçon pour l'enfance ! Le plus odieux de tous les monstres serait un enfant avare et dur, qui saurait ce qu'on lui demande et ce qu'il refuse. La fourmi fait plus encore, elle lui apprend Ă  railler dans ses refus. Dans toutes les fables oĂč le lion est un des personnages, comme c'est d'ordinaire le plus brillant, l'enfant ne manque point de se faire lion ; et quand il prĂ©side Ă  quelque partage, bien instruit par son modĂšle, il a grand soin de s'emparer de tout. Mais, quand le moucheron terrasse le lion, c'est une autre affaire ; alors l'enfant n'est plus le lion, il est moucheron. Il apprend Ă  tuer un jour Ă  coups d'aiguillon ceux qu'il n'oserait attaquer de pied ferme. Dans la fable du loup maigre et du chien gras, au lieu d'une leçon de modĂ©ration qu'on prĂ©tend lui donner, il en prend une licence1. Je n'oublierai jamais d'avoir vu beaucoup pleurer une petite fille qu'on avait dĂ©solĂ©e avec cette fable, tout en lui prĂȘchant toujours la docilitĂ©. On eut peine Ă  savoir la cause de ses pleurs ; on la sut enfin. La pauvre enfant s'ennuyait d'ĂȘtre Ă  la chaĂźne, elle se sentait le cou pelĂ© ; elle pleurait de n'ĂȘtre pas loup. Ainsi donc la morale de la premiĂšre fable citĂ©e est pour l'enfant une leçon de la plus basse flatterie ; celle de la seconde une leçon d'inhumanitĂ© ; celle de la troisiĂšme, une leçon d'injustice ; celle de la quatriĂšme, une leçon de satire ; celle de la cinquiĂšme une leçon d'indĂ©pendance. Cette derniĂšre leçon, pour ĂȘtre superflue Ă  mon Ă©lĂšve, n'en est pas plus convenable aux vĂŽtres. Quand vous lui donnez des prĂ©ceptes qui se contredisent, quel fruit espĂ©rez-vous de vos soins ? Mais peut-ĂȘtre, Ă  cela prĂšs, toute cette morale qui me sert d'objection contre les fables fournit-elle autant de raison de les conserver. Il faut une morale en paroles et une en actions dans la sociĂ©tĂ© et ces deux morales ne se ressemblent point. La premiĂšre est dans le catĂ©chisme, oĂč on la laisse ; l'autre est dans les fables de La Fontaine pour les enfants, et dans ses contes pour les mĂšres. Le mĂȘme auteur suffit Ă  tout. Composons, monsieur de La Fontaine. Je promets quant Ă  moi de vous lire avec choix, de vous aimer, de m'instruire dans vos fables ; car j'espĂšre ne pas me tromper sur leur objet ; mais, pour mon Ă©lĂšve, permettez que je ne lui en laisse pas Ă©tudier une seule jusqu'Ă  ce que vous m'ayez prouvĂ© qu'il est bon pour lui d'apprendre des choses dont il ne comprendra pas le quart ; que, dans celles qu'il pourra comprendre, il ne prendra jamais le change, et qu'au lieu de se corriger sur la dupe, il ne se formera pas sur le fripon. Jean-Jacques Rousseau, Émile ou De l'Ă©ducation, livre II, Une licence une libertĂ© 2231mots 9 pages. Montre plus. Dissertation. Introduction: Jean de La Fontaine, Ă©crivain français du XVIIĂšme siĂšcle, publie son premier recueil Fables Choisies en 1668. Les Citations de Jean de La Fontaine DĂ©couvrez une citation de Jean de La Fontaine - un proverbe, une phrase, une parole, une pensĂ©e, une formule, un dicton ou une citation de Jean de La Fontaine issus de romans, d'extraits courts de livres, essais, discours ou entretiens de l'auteur. Une sĂ©lection de 520 citations et phrases de Jean de La Fontaine . CrĂ©dit photographie + 520 citations Page 2 sur un total de 27 pages > Citation de Jean de La Fontaine n° 128260 - Ajouter Ă  mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 466 votesPlĂ»t au Ciel que de vrais amis, Telle qu'elle est, dit-il, elle pĂ»t ĂȘtre pleine ! Le bon Socrate avoit raison De trouver pour ceux-lĂ  trop grande sa 1668 Ă  1694, Livre quatriĂšme, XVII, Parole de Socrate de Jean de La FontaineRĂ©fĂ©rences de Jean de La Fontaine - Biographie de Jean de La FontainePlus sur cette citation >> Citation de Jean de La Fontaine n° 125628 - Ajouter Ă  mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 466 votesLa raison d'ordinaire N'habite pas longtemps chez les gens 1668 Ă  1694, Livre huitiĂšme, X, l'Ours et l'Amateur des jardins de Jean de La FontaineRĂ©fĂ©rences de Jean de La Fontaine - Biographie de Jean de La FontainePlus sur cette citation >> Citation de Jean de La Fontaine n° 125627 - Ajouter Ă  mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 471 votesManger l'herbe d'autrui ! quel crime abominable !Fables 1668 Ă  1694, Livre septiĂšme, I, les Animaux malades de la peste de Jean de La FontaineRĂ©fĂ©rences de Jean de La Fontaine - Biographie de Jean de La FontainePlus sur cette citation >> Citation de Jean de La Fontaine n° 124993 - Ajouter Ă  mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 472 votesLorsque sur cette mer on vogue Ă  pleines voiles, On croit avoir pour soi le vent et les Ă©toiles, Il est bien malaisĂ© de rĂ©gler ses dĂ©sirs. Le plus sage s'endort sur la foi des I, Ă  M. Foucquet de Jean de La FontaineRĂ©fĂ©rences de Jean de La Fontaine - Biographie de Jean de La FontainePlus sur cette citation >> Citation de Jean de La Fontaine n° 115986 - Ajouter Ă  mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 466 votesCe qu'on appelle gloire en termes magnifiques Ce qui servait de prix dans les jeux olympiques N'est que toi proprement, divine VoluptĂ©. Et le plaisir des sens n'est-il de rien comptĂ© ? Les Amours de PsychĂ© et de Cupidon 1669 de Jean de La FontaineRĂ©fĂ©rences de Jean de La Fontaine - Biographie de Jean de La FontainePlus sur cette citation >> Citation de Jean de La Fontaine n° 113973 - Ajouter Ă  mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 469 votesDe quelque dĂ©sespoir qu'une Ăąme soit atteinte, La douleur est toujours moins forte que la et nouvelles en vers 1665-1674, la Matrone d'EphĂšse de Jean de La FontaineRĂ©fĂ©rences de Jean de La Fontaine - Biographie de Jean de La FontainePlus sur cette citation >> Citation de Jean de La Fontaine n° 109732 - Ajouter Ă  mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 466 votesLe coeur suit aisĂ©ment l' 1668 Ă  1694, Livre neuviĂšme, VI, le Statuaire et la Statue de Jupiter de Jean de La FontaineRĂ©fĂ©rences de Jean de La Fontaine - Biographie de Jean de La FontainePlus sur cette citation >> Citation de Jean de La Fontaine n° 109226 - Ajouter Ă  mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 468 votesIl en coĂ»te Ă  qui vous rĂ©clame, MĂ©decins du corps et de l'Ăąme! O temps! ĂŽ moeurs! j'ai beau crier, Tout le monde se fait 1668 Ă  1694, Livre douziĂšme, VI, Le Cerf malade de Jean de La FontaineRĂ©fĂ©rences de Jean de La Fontaine - Biographie de Jean de La FontainePlus sur cette citation >> Citation de Jean de La Fontaine n° 108753 - Ajouter Ă  mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 466 votesJupin pour chaque Ă©tat mit deux tables au monde. L'adroit, le vigilant, et le fort sont assis A la premiĂšre; et les petits Mangent leur reste Ă  la 1668 Ă  1694, Livre dixiĂšme, VI, L'AraignĂ©e et l'Hirondelle de Jean de La FontaineRĂ©fĂ©rences de Jean de La Fontaine - Biographie de Jean de La FontainePlus sur cette citation >> Citation de Jean de La Fontaine n° 108708 - Ajouter Ă  mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 466 votesQu'importe qui vous mange? homme ou loup; toute panse Me paraĂźt une Ă  cet Ă©gard; Un jour plus tĂŽt, un jour plus tard, Ce n'est pas grande 1668 Ă  1694, Livre dixiĂšme, III, les Poissons et le Cormoran de Jean de La FontaineRĂ©fĂ©rences de Jean de La Fontaine - Biographie de Jean de La FontainePlus sur cette citation >> Citation de Jean de La Fontaine n° 108707 - Ajouter Ă  mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 467 votesHaranguez de mĂ©chants soldats Ils promettent de faire rage; Mais, au moindre danger, adieu tout le courage; Votre exemple et vos cris ne les retiendront 1668 Ă  1694, Livre neuviĂšme, XIX, Le Berger et son troupeau de Jean de La FontaineRĂ©fĂ©rences de Jean de La Fontaine - Biographie de Jean de La FontainePlus sur cette citation >> Citation de Jean de La Fontaine n° 108706 - Ajouter Ă  mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 467 votesComme les Dieux sont bons, ils veulent que les Rois Le soient aussi c'est l'indulgence Qui fait le plus beau de leurs droits, Non les douceurs de la 1668 Ă  1694, Livre douziĂšme, XII, le Milan, le Roi et le Chasseur de Jean de La FontaineRĂ©fĂ©rences de Jean de La Fontaine - Biographie de Jean de La FontainePlus sur cette citation >> Citation de Jean de La Fontaine n° 105835 - Ajouter Ă  mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 467 votesToujours un peu de faste entre parmi les et nouvelles en vers 1665-1674, la Matrone d'EphĂšse de Jean de La FontaineRĂ©fĂ©rences de Jean de La Fontaine - Biographie de Jean de La FontainePlus sur cette citation >> Citation de Jean de La Fontaine n° 105811 - Ajouter Ă  mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 467 votesLa douleur est toujours moins forte que la et nouvelles en vers 1665-1674, la Matrone d'EphĂšse de Jean de La FontaineRĂ©fĂ©rences de Jean de La Fontaine - Biographie de Jean de La FontainePlus sur cette citation >> Citation de Jean de La Fontaine n° 105809 - Ajouter Ă  mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 466 votesLa perte d'un Ă©poux ne va pas sans soupirs On fait beaucoup de bruit, et puis on se 1668 Ă  1694, Livre sixiĂšme, XX, la Jeune Veuve de Jean de La FontaineRĂ©fĂ©rences de Jean de La Fontaine - Biographie de Jean de La FontainePlus sur cette citation >> Citation de Jean de La Fontaine n° 105805 - Ajouter Ă  mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 466 votesTel deuil n'est fort souvent qu'un changement d' et nouvelles en vers 1665-1674, La coupe enchantĂ©e de Jean de La FontaineRĂ©fĂ©rences de Jean de La Fontaine - Biographie de Jean de La FontainePlus sur cette citation >> Citation de Jean de La Fontaine n° 105804 - Ajouter Ă  mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 467 votesLes maux les plus cruels ne sont que des chansons PrĂšs de ceux qu'aux maris cause la et nouvelles en vers 1665-1674, La coupe enchantĂ©e de Jean de La FontaineRĂ©fĂ©rences de Jean de La Fontaine - Biographie de Jean de La FontainePlus sur cette citation >> Citation de Jean de La Fontaine n° 105797 - Ajouter Ă  mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 466 votesLe voile n'est le rempart le plus sĂ»r Contre l'amour, ni le moins accessible; Un bon mari, mieux que grille ni mur, Y pourvoira, si pourvoir est de Lamporecchio de Jean de La FontaineRĂ©fĂ©rences de Jean de La Fontaine - Biographie de Jean de La FontainePlus sur cette citation >> Citation de Jean de La Fontaine n° 105745 - Ajouter Ă  mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 468 votesLe moindre bruit Ă©veille un mari et nouvelles en vers 1665-1674, La coupe enchantĂ©e de Jean de La FontaineRĂ©fĂ©rences de Jean de La Fontaine - Biographie de Jean de La FontainePlus sur cette citation >> Citation de Jean de La Fontaine n° 105743 - Ajouter Ă  mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 466 votes< 13456Similaires Ă  Jean de La FontainePierre Morhange Albert Ier Pia Petersen Éric Plamondon Dominique Sylvain JosĂ© Revueltas Claes Oldenburg Jean-Joseph Dusaulx Joyce Kilmer Jean-Louis Etienne Erckmann-Chatrian Angela Huth Jean-Claude Lalanne-Cassou Maurice Schumann Erma Bombeck Jean-Marc Bernard Alain Guyard Marc Fumaroli Virginie Merle, dite Frigide Barjot Henri FocillonVotre commentaire sur ces citations Autres citations, pensĂ©es et phrases de Jean de La Fontaine+ Retrouvez sur le dictionnaire de la poĂ©sie française tous les poĂštes dont les poĂšmes de Jean de La FontaineAuteurs cĂ©lĂšbres Auteurs populaires + Lajeune femme imagine, en allant vendre son lait au marchĂ©, tout ce qu’elle va acheter avec le prix de la vente; Elle s’imagine Ă  la tĂȘte de nombreuses vaches, volailles et achĂšte, mĂȘme en rĂȘve, un cochon. Elle est littĂ©ralement “transportĂ©e ” par son imagination et trĂ©buche sur le chemin. Le pot se casse et la dame va ĂȘtre SUJET BAC FRANÇAIS 2021. Les Ă©preuves Ă©crites de français ont dĂ©sormais eu lieu, dans les centres Ă  l’étranger comme en France mĂ©tropolitaine. Tous les sujets accessibles ci-dessous et en PDF. D’abord, il faut rappeler que les conditions sanitaires n’ont pas permis aux candidats de travailler dans des conditions normales pendant l’annĂ©e. Ils avaient donc le choix entre deux sujets. Notre mĂ©thode complĂšte pour rĂ©ussir le commentaire condensĂ©e dans un petit guide. SUJETS DU BAC DE FRANÇAIS GÉNÉRAL 2021 SUJET 1 A. Commentaire Objet d’étude Le roman et le rĂ©cit du Moyen Âge au XXIe siĂšcle. Texte Les Choses de Georges Perec, extrait du chapitre 2. B. Dissertation Objet d’étude La poĂ©sie du XIXe siĂšcle au XXIe siĂšcle ƒuvre Victor Hugo, Les Contemplations, livres I Ă  IV. Sujet Dans la prĂ©face des Contemplations, Victor Hugo dĂ©crit son recueil comme un miroir tendu aux lecteurs. En quoi cette image rend-elle compte de votre lecture des quatre premiers livres du recueil? Baudelaire, Les Fleurs du Mal. Sujet On a reprochĂ© Ă  Baudelaire de tout peindre, de tout mettre Ă  nu» dans son recueil Les Fleurs du Mal. Qu’en pensez-vous? Guillaume Apollinaire, Alcools. Sujet La poĂ©sie de Guillaume Apollinaire s’invente-t-elle en rejetant le passĂ©? SUJETS DU BAC DE FRANÇAIS GÉNÉRAL 2021 DU LIBAN Attention comme l’a annoncĂ© le ministĂšre il y a quelques mois, les Ă©preuves sont amĂ©nagĂ©es. Les candidats ont donc eu le choix entre deux sujets. Ainsi, les trois objets d’étude sur lesquels les candidats ont Ă©tĂ© interrogĂ© sont Le théùtre du XVIIe siĂšcle au XXIe siĂšcle, La poĂ©sie du XIXe siĂšcle au XXIe siĂšcle ainsi que La littĂ©rature d’idĂ©es du XVIe siĂšcle au XVIIIe siĂšcle. A. LES SUJETS DE COMMENTAIRE Le théùtre du XVIIe siĂšcle au XXIe siĂšcleAlexandre Dumas, Antony, drame en cinq actes, Acte I, scĂšne 2, AdĂšle !
 calme-toi
 Tu es toute tremblante !
 Et de qui est donc cette lettre ? [
] » jusqu’à Ce matin !
 il est onze heures
 il va venir
 »La poĂ©sie du XIXe siĂšcle au XXIe siĂšcleJulien Gracq, Le vent froid de la nuit », LibertĂ© grande, Je l’attendais le soir dans le pavillon de chasse, prĂšs de la RiviĂšre Morte. [
] » jusqu’à mais soudain elle Ă©tait lĂ , assise toute droite dans ses longues Ă©toffes blanches. » B. LES SUJETS DE DISSERTATION AU LIBAN Sujets portant sur La poĂ©sie du XIXe siĂšcle au XXIe siĂšcle ƒuvre Victor Hugo, Les Contemplations, livres I Ă  IVParcours Les MĂ©moires d’une ĂąmeSujet Dans l’un de ses poĂšmes, Victor Hugo prĂ©sente le poĂšte comme le souffrant du mal Ă©ternel ». Pensez-vous que la poĂ©sie de Victor Hugo, dans les quatre premiers livres des Contemplations, ne soit qu’une poĂ©sie de la souffrance ?ƒuvre Charles Baudelaire, Les Fleurs du MalParcours Alchimie poĂ©tique la boue et l’orSujet Baudelaire dĂ©dicace Les Fleurs du Mal Ă  ThĂ©ophile Gautier, en qui il voit un parfait magicien ». En quoi peut-on dire que son recueil poĂ©tique procĂšde lui aussi d’une parfaite magie ?ƒuvre Guillaume Apollinaire, AlcoolsParcours ModernitĂ© poĂ©tique ?Sujet Apollinaire Ă©crit en 1908 que dans l’art, et notamment dans la poĂ©sie, chaque Ɠuvre devient un univers nouveau avec ses lois particuliĂšres ». Dans quelle mesure cette rĂ©flexion Ă©claire-t-elle votre lecture d’Alcools ? Sujets portant sur La littĂ©rature d’idĂ©es du XVIe siĂšcle au XVIIIe siĂšcle ƒuvre Montaigne, Essais, Des Cannibales », I, 31 ; Des Coches », III, 6Parcours Notre monde vient d’en trouver un autreSujet Dans quelle mesure peut-on dire que les chapitres Des Cannibales » et Des Coches » proposent une vĂ©ritable expĂ©rience de l’étrangetĂ© ?ƒuvre Jean de La Fontaine, Fables Livres VII Ă  XIParcours Imagination et pensĂ©e au XVIIe siĂšcleSujet Dans quelle mesure faut-il prendre les Fables de La Fontaine au sĂ©rieux ?ƒuvre Montesquieu, Lettres persanesParcours Le regard Ă©loignĂ©Sujet En quoi le roman des Lettres persanes de Montesquieu repose-t-il sur la surprise ? SUJETS PROPOSES POUR LE BAC DE FRANÇAIS TECHNOLOGIQUE AU LIBAN Épreuve de français en voie technologique au Liban Les objets d’études proposĂ©s pour les candidats au baccalaurĂ©at technologique sont Le roman et le rĂ©cit du Moyen Âge au XXIe siĂšcle, La littĂ©rature d’idĂ©es du XVIe siĂšcle au XVIIIe siĂšcle et La poĂ©sie du XIXe siĂšcle au XXIe siĂšcle sont prĂ©sents dans l’épreuve. LES SUJETS DE COMMENTAIRE DE TEXTE Le roman et le rĂ©cit du Moyen Âge au XXIe siĂšcleÉmile Zola, La Fortune des Rougon, chapitre V, Un matin, de fort bonne heure, SilvĂšre, en venant tirer la provision d’eau de tante Dide [
] » jusqu’à en Ă©coutant les pas de Miette, qui s’éloignait, de l’autre cĂŽtĂ© de la muraille. »La poĂ©sie du XIXe siĂšcle au XXIe siĂšcle voir sujet bisAnne Perrier, Cantique du Printemps », PoĂ©sie, Ce matin la rose [
] » jusqu’à À la ronde son pied » LES CONTRACTIONS DE TEXTE AU BAC DE FRANÇAIS TECHNOLOGIQUE D’abord, les Ă©noncĂ©s en rapport avec La littĂ©rature d’idĂ©es du XVIe siĂšcle au XVIIIe siĂšcle ƒuvre Montaigne, Essais, Des Cannibales », I, Notre monde vient d’en trouver un autreTexte Claude LĂ©vi-Strauss, L’Anthropologie face aux problĂšmes du monde moderne, Rencontrer l’autre, est-ce forcĂ©ment se comparer Ă  lui ?ƒuvre Jean de La Fontaine, Fableslivres VII Ă  IXParcours Imagination et pensĂ©e au XVIIe siĂšcleTexte Marie-Claude Hubert, Le chien dans la littĂ©rature de jeunesse », Carnets, DeuxiĂšme sĂ©rie – 18, Pourquoi les Ɠuvres d’imagination ont-elles selon vous autant recours aux animaux personnifiĂ©s ? Quel intĂ©rĂȘt un auteur et ses lecteurs peuvent-ils trouver Ă  cette reprĂ©sentation ?ƒuvre Voltaire, L’IngĂ©nuParcours Voltaire, esprit des LumiĂšresTexte Roger-Pol Droit, Une idĂ©e faible ou forte », dans Jusqu’oĂč tolĂ©rer ?, actes du forum organisĂ© par le journal Le Monde, À propos de la tolĂ©rance, Roger-Pol Droit Ă©crit la tolĂ©rance suppose le dĂ©saccord ». Dans quelle mesure le fait de nous confronter Ă  des opinions et des avis diffĂ©rents des nĂŽtres nous rend-il plus tolĂ©rants ? Puis ceux sur l’objet d’étude La littĂ©rature d’idĂ©es du XVIe siĂšcle au XVIIe siĂšcle ƒuvre Montaigne, Les Essais, Des Cannibales », I, Notre monde vient d’en trouver un autreTexte Paul Rasse, La diversitĂ© des cultures en question », HermĂšs, n°51, 2008. Essai Dans quelles conditions la rencontre avec l’Autre devient-elle enrichissante ? voir sujet bisƒuvre Jean de La Fontaine, Fables livres VII Ă  IX.Parcours Imagination et pensĂ©e au XVIIe siĂšcleTexte Bruno Bettelheim, Psychanalyse des contes de fĂ©es, Les fables, comme les contes de fĂ©es, vous paraissent-elles s’adresser exclusivement aux enfants ? voir sujet bisƒuvre Voltaire, L’IngĂ©nuParcours Voltaire, esprit des LumiĂšresTexte AndrĂ© Comte-Sponville, Conscience », Psychologies Magazine, mai En quoi selon vous l’exercice de notre raison et de notre pensĂ©e est-il plus que jamais un travail, une exigence, une conquĂȘte » ? SUJETS DU BAC DE FRANÇAIS GÉNÉRAL 2021 DONNES EN AMERIQUE DU NORD Attention en AmĂ©rique du Nord, les amĂ©nagements proposĂ©s au Liban et en France n’ont pas Ă©tĂ© proposĂ©s. Le sujet se compose donc d’un commentaire et de trois Ă©noncĂ©s de dissertation, en fonction de l’oeuvre Ă©tudiĂ©e en classe. Rappelons Ă©galement qu’il n’y a pas de sujet pour la voie technologique qui n’est pas prĂ©parĂ©e Ă  Washington. A. LE SUJET DE COMMENTAIRE Objet d’étude la poĂ©sie du XIXe siĂšcle au XXIe siĂšcle. Texte du commentaire Louis Aragon, Le CrĂšve-coeur, 1946, Les lilas et les roses ». B. LES SUJETS DE DISSERTATION Objet d’étude retenu pour la dissertation Le roman et le rĂ©cit du Moyen-Age au XXIe siĂšcle. Madame de Lafayette, La Princesse de ClĂšves – Parcours Individu, morale et sociĂ©tĂ©. Dans le roman de Madame de Lafayette, est-ce la raison qui guide la princesse ?Stendhal, Le Rouge et le Noir – Parcours Le personnage de roman, esthĂ©tiques et valeurs. Moi, j’ai la noblesse du coeur », affirme Julien lors de son procĂšs. Cette formule vous paraĂźt-elle adaptĂ©e pour caractĂ©riser ce personnage ?Marguerite Yourcenar, MĂ©moires d’Hadrien – Parcours Soi-mĂȘme comme un autre. J’emploie ce que j’ai d’intelligence Ă  voir de loin et de plus haut ma vie, qui devient alors la vie d’un autre ». Votre lecture des MĂ©moires d’Hadrien confirme-t-elle cette dĂ©claration du personnage ? Sujet bac français 2021 Nous espĂ©rons que les sujets donnĂ©s dans les centres d’examen Ă  l’étranger pourront t’aider Ă  terminer sereinement tes rĂ©visions. BON COURAGE! Certaines fiches mĂ©thodologiques peuvent t’aider dans ton travail, nous t’en proposons quelques-unes ci-aprĂšs –Dissertation mĂ©thode –MĂ©thodes complĂštes -Contraction de texte –Se prĂ©senter au bac en candidat libre –MĂ©thode du corpus
LaFontaine semble lui accorder un rĂŽle important dans ses Fables et bien d'autres Ă©crivains font rimer imagination et argumentation. les Fables de La Fontaine,une Ɠuvre composite? Il s'agit donc de comprendre en quoi l'imagination, loin de nuire au travail de la raison et au dĂ©bat d'idĂ©es, peut se rĂ©vĂ©ler particuliĂšrement prĂ©cieuse. Bac de français 2020-La
Au XVIIĂšme siĂšcle, La Fontaine a su donner Ă  la fable, genre antique dont Esope est le pĂšre », ses lettres de noblesse en France, et dans l’imaginaire collectif il est celui qui se ser[vait] d’animaux pour instruire les hommes ». Les fables du second recueil sont cependant diffĂ©rentes des prĂ©cĂ©dentes ; le fabuliste cherche Ă  se renouveler et varie les sources d’inspiration, puisant chez l’indien Pilpay ou dans l’actualitĂ© ses sujets ; le bestiaire est moins utilisĂ© ; la tonalitĂ© aussi a changĂ©, La Fontaine se montrant souvent plus pessimiste et satirique que moralisateur. Ce recueil n’est d’ailleurs pas dĂ©diĂ© Ă  un enfant, comme l’était le premier. La fable 10 du livre VII, Le curĂ© et le mort », est reprĂ©sentative de ce changement. S’inspirant d’une anecdote rĂ©elle, relatĂ©e par Madame de SĂ©vignĂ© Ă  sa fille dans son abondante correspondance, le fabuliste raconte l’histoire d’un curĂ© qui trouve la mort en accompagnant un mort au cimetiĂšre, alors qu’il se laissait aller Ă  la rĂȘverie. Cette fable fait pendant Ă  celle de La laitiĂšre et le Pot au lait », qui raconte une aventure construite sur le mĂȘme schĂ©ma. La thĂ©matique de l’imagination prend donc une importance dĂ©cisive. Comment le fabuliste traite-t-il le fait divers dans l’apologue, et quelle est son ambition morale ? Nous Ă©tudierons tout d’abord l’art de la narration dans cette fable, puis la visĂ©e satirique de La Fontaine dans sa description du curĂ© songeur. Nous analyserons enfin la rĂ©flexion sur la condition humaine que propose ce texte. I. L’art de la narration La Fontaine a transformĂ© le fait divers en un apologue plaisant, vif, variĂ©, qui joue des oppositions entre les personnages, et qui mĂȘle des tonalitĂ©s inattendues, compte tenu du sujet et des personnages choisis. a La briĂšvetĂ© et la variĂ©tĂ© La Fontaine a Ă©crit, avec Le curĂ© et le Mort », un petit rĂ©cit alerte. Il relate une anecdote, sans digression, en utilisant pour l’essentiel des octosyllabes, qui confĂšrent Ă  la fable un rythme vif. L’originalitĂ© de la fable tient ici au long dĂ©veloppement de la situation initiale, qui met en valeur la seule pĂ©ripĂ©tie, qui fait office Ă  la fois d’élĂ©ment perturbateur, d’élĂ©ment de rĂ©solution, et de situation finale l’accident dans lequel le curĂ© trouve la mort. La valeur dramatique de cette chute est mise en relief par la parataxe Un heurt survient, adieu le char » v30, le prĂ©sentatif VoilĂ  » v31 et l’utilisation du passĂ© composĂ© Messire Jean Chouart [
] a la tĂȘte cassĂ©e » v31. Le rĂ©cit est d’autant plus plaisant Ă  lire que le fabuliste joue sur l’alternance et la variĂ©tĂ©, pour lui donner du rythme. Il alterne les rimes plates v5-6, croisĂ©es v1-4, embrassĂ©es 29-32 ; le rĂ©cit est parfois coupĂ© par du discours direct v15-18, 21-23 ou les interventions du narrateur hĂ©las ! » v7 ; Ă  l’intĂ©rieur mĂȘme du rĂ©cit, La Fontaine fait alterner les temps, avec de l’imparfait v1-6, 10-14, 18-20, 24-28, du prĂ©sent de narration v30-35, d’énonciation dans les paroles rapportĂ©es, ou de vĂ©ritĂ© gĂ©nĂ©rale v7, 37. La Fontaine a donc cherchĂ© Ă  garder le caractĂšre brutal de l’anecdote, tout en la rendant plaisante. bLes personnages Il dĂ©veloppe cependant suffisamment son rĂ©cit pour le lecteur jouisse des parallĂ©lismes qu’il a créés entre ses personnages. Ceux-ci sont dĂšs le titre mis en relation, avec la conjonction et » qui laisse s’interroger sur le sens souvent les personnages qui donnent le titre de la fable s’opposent, comme le Corbeau et le Renard, ou le LiĂšvre et la Tortue. Ici, il ne s’agit pas d’animaux, et le lecteur voit mal de prime abord ce que l’auteur suggĂšre. Le fabuliste utilise donc dĂšs les quatre premiers vers de forte oppositions afin d’amener le lecteur Ă  saisir l’enjeu de la fable et le caractĂšre du curĂ© les vers 1 et 3 sont construits de façon identique dĂ©terminant indĂ©fini, nom, verbe s’en allait », adverbe ; seuls les noms et les adverbes changent, et puisque les adverbes sont antithĂ©tiques tristement » / gaiement », les noms doivent ĂȘtre compris comme antithĂ©tiques eux aussi. La suite du texte est plus subtile, et ce sont les connotations qui s’opposent au mort la biĂšre » qui lui sert d’habit et qu’il n’îtera plus, au curĂ© les rĂȘveries sur les cotillons » Ă  offrir, et sans doute Ă  ĂŽter
 Par ailleurs, le lecteur du recueil , qui vient de lire La laitiĂšre et le Pot au lait », remarque la similitude entre les deux fables, et conclut que le curĂ© » est l’équivalent de la laitiĂšre », ce qui implique que le mort » est l’équivalent du pot au lait » la rĂ©ification implicite du titre, dĂ©veloppĂ©e par le participe passĂ© empaquetĂ© » v6 montre que le mort n’est plus qu’une chose, alors que le curĂ©, bien vivant, a des aspirations, des envies, d’ agrĂ©able[s] pensĂ©e[s] » v29. c La tonalitĂ© Ces oppositions permettent Ă  La Fontaine de crĂ©er dans cette fable une tonalitĂ© particuliĂšre, mĂȘlĂ©e de grivoiserie, avec les mentions des cotillons », de la niĂšce », de la chambriĂšre » v26-28 et d’humour noir, avec le curĂ© libidineux qui chemine au cĂŽtĂ© du mort en direction du cimetiĂšre, et la chute qui mĂȘle leurs deux destins. Le texte est par ailleurs ironique les reprises nominales font d’ un mort » Monsieur le mort » dans la bouche du curĂ©, et cette appellation ironique puisque faussement respectueuse est parodiĂ©e par l’auteur qui qualifie le curĂ© de Messire Jean Chouart ». De plus, afin de montrer la cupiditĂ© du curĂ© qui compte ce que pourra lui rapporter cet enterrement, le mort est par deux fois appelĂ© son mort », comme si le curĂ© s’était dĂ©jĂ  appropriĂ© les revenus dus Ă  celui-ci. L’auteur fait un jeu de mots au vers 37, car le curĂ© comptait » sur son mort, au sens d’ espĂ©rait », mais aussi au sens concret de faisait les comptes ». A partir d’une anecdote rĂ©ellement arrivĂ©e, La Fontaine construit une fable plaisante, tant par le rythme du rĂ©cit que par les caractĂ©ristiques donnĂ©es aux protagonistes ou par la tonalitĂ© toute particuliĂšre de la fable. A travers le personnage du curĂ©, La Fontaine se livre Ă  une satire fĂ©roce du clergĂ©, car ce curĂ© apparaĂźt comme un bon vivant. II. La satire du clergĂ© a La dĂ©pravation des mƓurs Le curĂ© mis en scĂšne par La Fontaine apparaĂźt comme un ĂȘtre dĂ©pravĂ©. Avec l’argent de l’enterrement, il rĂȘve d’acheter une feuillette », c’est-Ă -dire un tonneau, du meilleur vin des environs » ; La Fontaine s’inscrit dans la tradition anti-clĂ©ricale qui voit dans les hommes d’Eglise des ivrognes invĂ©tĂ©rĂ©s. Son autre projet est d’acheter des cotillons », des jupons, Ă  sa niĂšce et Ă  sa femme de chambre ; La Fontaine fait du curĂ© de sa fable un homme lascif. Le thĂšme de la sensualitĂ© est tout d’abord Ă©voquĂ© dans les vers consacrĂ©s au mort, qui ne connaĂźtra plus les jouissances de la chair son cercueil est dĂ©signĂ© par trois fois comme une robe », dont les morts ne peuvent se dĂ©vĂȘtir v7-8. Il est repris dans l’ agrĂ©able pensĂ©e » v29 du curĂ© qui veut acheter des dessous pour certaine niĂšce » et une chambriĂšre nommĂ©e PĂąquette », dont le nom Ă©voque une femme lĂ©gĂšre. Le curĂ© apparaĂźt donc comme un individu lubrique, qui profite de son ascendant social et moral sur sa femme de chambre, et a mĂȘme des pensĂ©es incestueuses avec sa niĂšce. La Fontaine charge le portrait, en appelant, par deux fois, le curĂ© Messire Jean Chouart » v18,31 Messire » est le titre donnĂ© aux gens d’Eglise ; Jean Chouart » est une rĂ©fĂ©rence Ă  Rabelais, qui dĂ©signe ainsi, dans Pantagruel ou le Quart Livre, le sexe masculin. Le personnage est donc rĂ©duit Ă  son organe, ce qui montre son cĂŽtĂ© jouisseur ; l’association du titre qui rappelle son statut d’homme d’Eglise, son cĂŽtĂ© spirituel, et du pĂ©nis qui renvoie au cĂŽtĂ© sensuel de l’homme est fĂ©rocement satirique. Le curĂ© est montrĂ© comme un ĂȘtre dĂ©pravĂ© qui est prĂȘt Ă  cĂ©der au pĂ©chĂ© de luxure. b La cupiditĂ© Le curĂ© est par ailleurs montrĂ© comme un ĂȘtre cupide, intĂ©ressĂ© seulement par l’argent que peut lui rapporter le mort. Par une pensĂ©e charitable pour notre dĂ©funt » ne vient au pasteur ». Il ne songe qu’à ce qu’il va gagner il ne s’agit que du salaire » v17, j’aurai de vous tant en argent, et tant en cire, et tant en autres menus coĂ»ts » v21-23. La rĂ©pĂ©tition de tant » dĂ©voile les calculs auxquels se livre le prĂȘtre, qui comptabilise sa rĂ©tribution, l’argent payĂ© par les fidĂšles pour les cierges et les dĂ©tails du service funĂšbre. Son mort » devient donc pour le curĂ© un trĂ©sor », qu’il couve » des yeux, ce qui traduit bien sa cupiditĂ©. Le jeu de mots final le curĂ© Chouart, qui sur son mort comptait » rappelle une derniĂšre fois au lecteur le caractĂšre intĂ©ressĂ© du prĂȘtre. Au rebours de toutes les valeurs chrĂ©tiennes, le mort devient donc pour l’Eglise une valeur marchande. Il n’est plus qu’une chose, dont on oublie l’ñme, bien et dĂ»ment empaquetĂ© » que l’on emmĂšne au cimetiĂšre au plus vite » pour toucher son salaire ». L’insistance de La Fontaine sur la biĂšre » v7, le plomb » v33 montre la rĂ©ification de la personne pour le clergĂ©, qui ne se prĂ©occupe pas de spiritualitĂ© mais se rĂ©vĂšle mercantile. Les pensĂ©es du prĂȘtre mettent en valeur la relation conçue sur l’échange et le profit on vous en donnera [des priĂšres] de toutes les façons » et j’aurai de vous tant [
] ». c L’hypocrisie En mettant au jour les pĂ©chĂ©s des gens d’Eglise, qui cĂšdent facilement Ă  l’avarice et Ă  la luxure, La Fontaine fait surtout ressortir leur hypocrisie. C’est sous prĂ©texte de spiritualitĂ© et de salut de l’ñme que sont dites les priĂšres et effectuĂ©es les cĂ©rĂ©monies religieuses. Or, dans ce texte, le fabuliste met en opposition les paroles effectivement prononcĂ©es et les pensĂ©es rĂ©elles du prĂȘtre. Il rĂ©citait, Ă  l’ordinaire, / Maintes dĂ©votes oraisons, / Et des psaumes, et des leçons, / Et des versets, et des rĂ©pons » trois vers sont consacrĂ©s Ă  l’énumĂ©ration des diffĂ©rentes priĂšres chantĂ©es ou lues par le curĂ©, avec la rĂ©pĂ©tition et l’anaphore de la conjonction et » qui marque l’accumulation. DerriĂšre cette dĂ©monstration de religiositĂ© et de foi, se dissimulent des pensĂ©es non avouables On vous en donnera de toutes les façons ; / Il ne s’agit que du salaire ». L’ingĂ©niositĂ© de La Fontaine consiste Ă  inverser dans la fable les procĂ©dĂ©s attendus les priĂšres prononcĂ©es sont rapportĂ©es de façon indirecte, tandis que les pensĂ©es du curĂ© sont rapportĂ©es au style direct. Celles-ci prennent donc plus de relief, et paraissent plus vraies que les litanies de priĂšres dĂ©bitĂ©es effectivement. De plus, le curĂ© semble se moquer du mort s’adressant mentalement Ă  lui, il le nargue, en l’appelant Monsieur le Mort » et en Ă©numĂ©rant les profits rĂ©alisĂ©s grĂące Ă  lui. L’anecdote permet donc Ă  La Fontaine de livrer une virulente satire des hommes d’Eglise, montrĂ©s comme des ĂȘtres dĂ©pravĂ©s, cupides et hypocrites. Mais la fable n’est pas seulement ironique elle invite Ă  rĂ©flĂ©chir sur l’humaine condition. III. Une rĂ©flexion sur la condition humaine Dans les trois derniers vers, sĂ©parĂ©s du texte par un espace, et qui apparaissent comme la moralitĂ© de la fable, La Fontaine estime que le curĂ© Chouart », c’est-Ă -dire l’aventure du curĂ© Chouart, est proprement toute notre vie ». Le lecteur est donc amenĂ© Ă  voir dans cet apologue une image de sa propre destinĂ©e. a La finitude En choisissant comme personnages un mort et un curĂ© qui meurt, La Fontaine montre le destin humain sous le signe de la finitude. Il attire notre attention sur notre devenir commun, en insistant sur le cercueil, et en faisant part de son chagrin personnel une robe, hĂ©las ! qu’on nomme biĂšre ». Il tente cependant une dĂ©dramatisation en prĂ©sentant le mort avec des caractĂ©ristiques de vivant la terre est son dernier gĂźte », il est vĂȘtu d’une robe », et se rĂ©vĂšle, Ă  son insu, acteur de la fin du curĂ© le Paroissien en plomb entraĂźne son pasteur ». Mais si l’auteur, dans ses interventions, refuse d’évoquer le mort de façon morbide, le personnage du curĂ©, on l’a vu, le renvoie Ă  sa finitude en le considĂ©rant comme une chose, dont il peut tirer profit. La brutalitĂ© de la chute rappelle d’ailleurs au lecteur que nul n’est Ă  l’abri La Fontaine utilise le paradoxe de l’anecdote pour rendre compte des alĂ©as de la fortune, qui peuvent ĂȘtre tragiques. Les deux personnages mis en opposition tout le long de la fable, l’un mort et n’ayant plus droit Ă  rien, l’autre bien vivant et plein d’espĂ©rance, se retrouvent unis dans le mĂȘme destin tous deux s’en vont de compagnie ». Le chiasme dĂ©veloppĂ© dans les vers 33-34 suggĂšre le retournement de situation complet et rapide qui s’opĂšre. Le curĂ© en mourant devient lui aussi chose sans volontĂ© et sans pouvoir, soumis Ă  la fatalitĂ© le mort l’ entraĂźne », lui suit ». La reprise du verbe s’en aller » s’en vont », v35, prĂ©sent dans le premier vers, et conjuguĂ© cette fois-ci au pluriel clĂŽt le rĂ©cit sur une idĂ©e de fin totale. b Le pouvoir de l’imagination Ce n’est pas seulement sur ce thĂšme que La Fontaine veut faire rĂ©flĂ©chir le lecteur ; la mĂȘme anecdote racontĂ©e par Madame de SĂ©vignĂ© dans sa lettre du 26 fĂ©vrier 1672 tenait en trois phrases M. de Boufflers a tuĂ© un homme aprĂšs sa mort. Il Ă©tait dans sa biĂšre et en carrosse on le menait Ă  une lieue de Boufflers pour l’enterrer ; son curĂ© Ă©tait avec le corps. On verse ; la biĂšre coupe le cou au pauvre curĂ©. » Ce qui l’a frappĂ©e est le paradoxe de cette mort inattendue. La Fontaine, s’il ne nĂ©glige pas cet aspect, a dĂ©veloppĂ© son rĂ©cit en y intĂ©grant les pensĂ©es intimes du curĂ©, et en modifiant ainsi la portĂ©e de l’anecdote. Celle-ci a donc pour thĂ©matique l’imagination. La morale est d’ailleurs explicite, ce qu’il faut retenir de cet apologue est que le curĂ© comptait » sur le Mort » comme Perrette comptait sur le Pot au lait ». L’auteur invite donc le lecteur Ă  comparer les deux fables afin d’en dĂ©gager le sens moral. La LaitiĂšre et le Pot au lait » raconte la rĂȘverie d’une laitiĂšre sur le profit qu’elle imagine pouvoir tirer de son lait, et se voit dĂ©jĂ  acheter des poulets, puis un cochon, une vache et un veau ; mais dans l’exaltation de ses pensĂ©es, elle fait tomber son pot adieu veau, vache, cochon, couvĂ©e ». La Fontaine rĂ©utilise l’expression, mais de façon moins dĂ©veloppĂ©e dans Le CurĂ© et le Mort » adieu le char ». La fable invite donc Ă  prendre en considĂ©ration le pouvoir de l’imagination qui dirige nos vies. c Une vision pessimiste de la vie Le lecteur constate toutefois une diffĂ©rence de taille entre les deux fables. Certes, le thĂšme et la progression du rĂ©cit sont les mĂȘmes, mais la fable de La LaitiĂšre » s’inscrit dans une thĂ©matique de vie, avec l’évocation des animaux et de leur prolifĂ©ration ; la fable du CurĂ© » est empreinte de mort. Surtout, la rĂȘverie de la LaitiĂšre suscite de la part du lecteur une certaine identification, comme de la part de l’auteur Quel esprit ne bat la campagne ? [
] Quand je suis seul, je fais au plus brave un dĂ©fi [
] Quelque accident fait-il que je rentre en moi-mĂȘme, / Je suis gros Jean comme devant ». La morale de la fable Le CurĂ© et le Mort » n’est pas lyrique, et si le fabuliste invite Ă  se reconnaĂźtre dans le destin du curĂ© avec l’utilisation de la premiĂšre personne du pluriel notre vie », v36, la tonalitĂ© est diffĂ©rente. L’imagination chez l’homme est telle qu’elle permet des suppositions et des rĂȘveries mĂȘme Ă  propos des morts, rien ne l’arrĂȘte elle transforme mĂȘme l’homme en ĂȘtre cynique et amoral, pour qui tout support est bon, tant qu’il permet l’espoir et l’essor de l’imagination. Conclusion Avec Le CurĂ© et le Mort », La Fontaine a Ă©crit un rĂ©cit plaisant, au rythme alerte, aux effets variĂ©s, d’une tonalitĂ© originale, mĂȘlant l’humour et l’ironie. L’opposition des personnages permet de mettre en valeur les dĂ©fauts du curĂ© lascif, cupide et hypocrite, Ă  travers lequel La Fontaine fait une satire virulente des gens du clergĂ©, qui se prĂ©occupent de notions plus matĂ©rielles que spirituelles. Cette fable est aussi l’occasion pour le fabuliste de dĂ©velopper la rĂ©flexion amorcĂ©e avec La LaitiĂšre et le Pot au lait » sur le pouvoir de l’imagination qui nous Ă©loigne du rĂ©el ; dans Le CurĂ© et le Mort », elle apparaĂźt comme aussi nĂ©cessaire que l’espĂ©rance, mais liĂ©e Ă  l’égoĂŻsme fondamental de l’ĂȘtre humain. RepĂšres sur La Fontaine et le contexte historique des Fables ; - RĂ©sumĂ©s de textes et des repĂšres dans l'oeuvre ; - ThĂšmes expliquĂ©s et commentaires linĂ©aires des Fables ; - Le parcours associĂ©, Imagination et pensĂ©e au XVIIe siĂšcle, explicitĂ© ; - Astuces pour comprendre et rĂ©viser vite et efficacement ; PubliĂ© le 23 juin 2021 Mis Ă  jour le 30 juin 2021 Marianne Les Ă©lĂšves de PondichĂ©ry ont passĂ© le bac de français le 18 juin. Les sujets corrigĂ©s des centres Ă©trangers sont un bon moyen pour rĂ©viser les Ă©preuves du baccalaurĂ©at en conditions rĂ©elles. EntraĂźne-toi pour les Ă©preuves anticipĂ©es de français avec des sujets officiels que nos professeurs certifiĂ©s corrigent ! Bac de français les sujets corrigĂ©s de PondichĂ©ry PondichĂ©ry a Ă©galement passĂ© le bac de français ! Mais quels sujets sont tombĂ©s ? DĂ©couvre les sujets corrigĂ©s du centre d’examen de PondichĂ©ry et entraĂźne-toi pour le commentaire, la dissertation ou la contraction de texte et l’essai ! RĂ©vise ton bac de français avec les sujets corrigĂ©s des centres Ă©trangers afin de savoir Ă  quoi ressemble un sujet officiel ! Si tu le souhaites, tu peux Ă©galement tĂ©lĂ©charger et imprimer les PDF. Sujets corrigĂ©s du bac de français gĂ©nĂ©ral Ă  PondichĂ©ry DĂ©couvre ci-dessous les sujets officiels du bac de français gĂ©nĂ©ral Ă  PondichĂ©ry ainsi que leur correction faite par nos professeurs ! N’oublie pas que suite aux amĂ©nagements du bac, les sujets sont dĂ©doublĂ©s en 2021 deux commentaires de texte et six sujets de dissertation en voie gĂ©nĂ©rale. Lis-les attentivement afin de t’entraĂźner ! Sujets de français Ă  PondichĂ©ry en 2021 Le service de presse de l’Éducation nationale nous a fourni les sujets du bac de français gĂ©nĂ©ral pour que tu puisses t’entraĂźner. Alors, lis-les et entraĂźne-toi avec ! Les Ă©lĂšves de PondichĂ©ry ont pu choisir entre quatre objets d’étude la poĂ©sie, le théùtre, le roman et le rĂ©cit ainsi que la littĂ©rature d’idĂ©e du XVIe siĂšcle au XVIIIe siĂšcle. Les sujets de commentaire de texte Ă  PondichĂ©ry La poĂ©sie du XIXe siĂšcle au XXIe siĂšcleLĂ©opold SĂ©dar Senghor, Lettres d’hivernage, 1972De Tu parles de ton Ăąge, de tes fils de soie blanche. [
] » jusqu’à ChĂšre !
 »Le roman et le rĂ©cit du Moyen Âge au XXIe siĂšcleMarcus Malte, Le Garçon, 2016De Le jour n’est pas encore levĂ© et ce que l’on aperçoit tout d’abord au loin sur la lande est une Ă©trange silhouette Ă  deux tĂȘtes et huit membres dont la moitiĂ© semble inerte. [
] » jusqu’à On n’a pas fini de s’interroger. » sujet bis Tu peux Ă©galement retrouver les textes complets aprĂšs les sujets de dissertation ! Quels sont les sujets de dissertation ? Pour commencer, voici les sujets de dissertation sur l’objet d’études le théùtre du XVIIe siĂšcle au XXI siĂšcle ƒuvre MoliĂšre, Le Malade imaginaireParcours Spectacle et comĂ©dieSujet Selon vous, le spectacle ne sert-il qu’au divertissement dans Le Malade imaginaire ?ƒuvre Marivaux, Les Fausses ConfidencesParcours Théùtre et stratagĂšmeSujet La piĂšce Les Fausses Confidences consacre-t-elle le triomphe des manipulateurs ?ƒuvre Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du mondeParcours Crise personnelle, crise familialeSujet Michel Raskine, Ă  l’occasion de sa mise en scĂšne de la piĂšce de Jean-Luc Lagarce, dĂ©clare La famille nous constitue. On n’y Ă©chappe pas. On y est comme condamnĂ©. » Partagez vous ce point de vue de Michel Raskine concernant Juste la fin du monde ? Enfin, dĂ©couvre les sujets se rattachant Ă  la littĂ©rature d’idĂ©es du XVIe siĂšcle au XVIIIe siĂšcle sujet bis ƒuvre Montaigne, Essais, Des Cannibales », I, 31 ; Des Coches », III, 6Parcours Notre monde vient d’en trouver un autreSujet Selon vous, Montaigne ne parle-t-il que d’un autre monde ?ƒuvre La Fontaine, Fables, livres VII Ă  XIParcours Imagination et pensĂ©e au XVIIe siĂšcleSujet Selon vous, l’imagination est-elle uniquement trompeuse dans les livres VII Ă  XI des Fables de La Fontaine ?ƒuvre Montesquieu, Lettres persanesParcours Le regard Ă©loignĂ©Sujet Dans la lettre 48 des Lettres persanes, Usbek Ă©crit Étranger que j’étais, je n’avais rien de mieux Ă  faire que d’étudier cette foule de gens qui y abordaient sans cesse, et qui me prĂ©sentaient toujours quelque chose de nouveau. » Le regard Ă©loignĂ© n’est-il, selon vous, qu’une Ă©tude de l’autre ? DĂ©couvre ainsi les sujets officiels complets du bac de français 2021 de PondichĂ©ry ! Bac-francais-sujet-voie-generale-Pondichery-2021-1 Nos professeurs certifiĂ©s rĂ©alisent la correction des sujets des Ă©preuves anticipĂ©es de français en voie gĂ©nĂ©rale pour que tu puisses comparer tes rĂ©ponses aux leurs. CorrigĂ© de l’épreuve de français du bac gĂ©nĂ©ral Ă  PondichĂ©ry Nos professeurs certifiĂ©s fournissent un corrigĂ© sous forme de plan dĂ©taillĂ© afin que tu puisses voir les Ă©lĂ©ments clĂ©s des sujets. Chaque plan comporte une analyse, une problĂ©matique et des arguments illustrĂ©s par des exemples ! Lire des sujets officiels corrigĂ©s est aussi synonyme de rĂ©visions. corrige-sujet-francais-bac-general-2021-Pondichery Sujets corrigĂ©s du bac de français en voie technologique Le centre d’examen de PondichĂ©ry possĂšde Ă©galement une voie technologique. Prends connaissance de ces sujets officiels afin de pouvoir t’entraĂźner ! Ainsi, tu trouveras ci-dessous deux commentaires de texte et six contractions de texte chacune suivie d’un essai. Sujets du bac de français technologique Ă  PondichĂ©ry En Inde, les commentaires de texte portent sur le roman et le rĂ©cit et la poĂ©sie, alors que les contractions de texte, elles, abordent la littĂ©rature d’idĂ©es. Ainsi, entraĂźne-toi pour les Ă©preuves anticipĂ©es du bac de français technologique avec le sujet officiel de PondichĂ©ry ! Les commentaires de texte Le roman et le rĂ©cit du Moyen Âge au XXIe siĂšcleLaurent Mauvignier, Dans la foule, I, 4, 2006De [
] Il faut que je les trouve. [
] » jusqu’à me voilĂ  avec l’impression de ne plus rien avoir que le soleil au-dessus de ma tĂȘte. »La poĂ©sie du XIXe siĂšcle au XXIe siĂšcleGaston Miron, L’Homme rapaillĂ©, Je t’écris », 1970De Je t’écris pour te dire que je t’aime [
] » jusqu’à les espaces oubliĂ©s » sujet bis Les textes complets sont aussi disponibles aprĂšs les sujets de contraction de texte ! Quels sont les contractions de texte Ă  PondichĂ©ry ? Voici les contractions de texte, chacune suivie d’un essai, sur le thĂšme de la littĂ©rature d’idĂ©es du XVIe siĂšcle au XVIIIe siĂšcle. Lis-les et entraĂźne-toi ! Pour commencer, dĂ©couvre les Ă©noncĂ©s sur le parcours Imagination et pensĂ©e au XVIIe siĂšcle ƒuvre Jean de La Fontaine, Fables, livres VII Ă  IXTexte Monique Atlan, Roger-Pol Droit, Humain. Une enquĂȘte philosophique sur ces rĂ©volutions qui changent nos vies, 2012Essai Face aux dĂ©fis du monde qui nous entoure, l’imagination nous permet-elle de faire preuve d’ingĂ©niositĂ© ou peut-elle devenir une faiblesse ?ƒuvre Jean de La Fontaine, Fables, livres VII Ă  IXTexte MichĂšle Petit, article issu de la confĂ©rence S’accorder au monde », Sciences humaines, janvier 202Essai Dans quelle mesure la lecture ou l’écoute des Ɠuvres d’imagination nous permet-elle de mieux nous accorder avec le monde dans lequel nous vivons ? sujet bis Ensuite, les contractions de texte appartenant au parcours Notre monde vient d’en trouver un autre ƒuvre Montaigne, Essais, Des Cannibales », I, 31Texte Jennifer Hays, Le tourisme en quĂȘte d’authenticitĂ© », Sciences Humaines, n°327, juillet 2020Essai Le tourisme et plus gĂ©nĂ©ralement notre rencontre avec l’Autre nous permettent-ils de nous dĂ©faire de nos stĂ©rĂ©otypes, ou au contraire nous amĂšnent-ils Ă  les renforcer ?ƒuvre Montaigne, Essais, Des Cannibales », I, 31Texte Michela Marzano, Visages de la peur, 2009Essai Si l’autre est celui qui fait Ă©clater les repĂšres, quelles rĂ©actions sa rencontre peut-elle susciter ? sujet bis Enfin, voici les sujets en rapport avec le parcours Voltaire, esprit des lumiĂšres ƒuvre Voltaire, L’IngĂ©nuTexte Etienne Klein, Le goĂ»t du vrai, RĂ©publique et connaissances », Tracts Gallimard n°17, juillet 2020Essai En quoi la diffusion du savoir et la reconnaissance de sa valeur sont-elles nĂ©cessaires Ă  une sociĂ©tĂ© Ă©clairĂ©e ? ƒuvre Voltaire, L’IngĂ©nuTexte Philippe Raynaud, La Politesse des LumiĂšres, 2013Essai Selon vous, faut-il prĂ©fĂ©rer le naturel Ă  la civilitĂ© ? sujet bis DĂ©couvre les sujets complets du bac de français technologique de PondichĂ©ry ! Bac-francais-sujet-voie-techno-Pondichery-2021 Correction de l’épreuve de français de PondichĂ©ry DĂ©couvre les sujets corrigĂ©s du bac de français de PondichĂ©ry en voie techno ! Nos professeurs certifiĂ©s te donnent un plan dĂ©taillĂ© pour chaque sujet. Ainsi, tu pourras confronter tes rĂ©ponses et cibler les points du programme sur lesquels tu dois continuer de travailler. corrige-sujet-francais-bac-technologique-2021-Pondichery Pour aller plus loin dans tes rĂ©visions, entraĂźne-toi avec les sujets corrigĂ©s du bac de français au Liban. Teste Ă©galement tes connaissances avec nos quiz sur les Ɠuvres au programme et regarde nos vidĂ©os sur la chaĂźne YouTube superBac ! Sur le mĂȘme sujet 07/07/2021 Ă  1500 Bac de français 2021 sujets et corrigĂ©s de Washington Le bac de français est lancĂ© ! Washington ouvre le bal avec l’épreuve Ă©crite de français le 1er juin. Lis et rĂ©vise avec les sujets de l'Ă©preuve de français de Washington et les corrigĂ©s de nos professeurs ! Voir un sujet officiel de bac te permettra de visualiser le dĂ©roulement de l’épreuve ! 07/07/2021 Ă  1503 Bac de français sujets corrigĂ©s 2021 du Liban Le bac de français c’est le 17 juin ! Mets en application tes rĂ©visions fais des sujets officiels ! L’épreuve de français a eu lieu le 8 juin au Liban. Nos professeurs rĂ©digent un corrigĂ© pour chaque sujet afin que tu puisses vĂ©rifier tes acquis et assimiler les Ă©lĂ©ments clĂ©s attendus. 25/06/2021 Ă  1248 Les Ɠuvres du bac de français 2021 Nous avons rassemblĂ© pour toi la liste des Ɠuvres du bac de français, ainsi que de nombreuses fiches et vidĂ©os pour t'aider dans tes rĂ©visions, que tu sois en 1re gĂ©nĂ©rale ou technologique. Ces Ɠuvres sont triĂ©es par objet d'Ă©tude pour t'aider Ă  y voir plus clair dans ton programme de français. En bref voici ton kit de survie pour l'Ă©preuve anticipĂ©e 2021 !
Résumé Les Fables de La Fontaine à la loupe ;Une oeuvre, un parcours ;Des ouvrages clairs, concis et accessibles destinés aux élÚves pour leur fournir l'essentiel sur l'oeuvre et le parcours associé pour le Bac de français 1re ;Sous forme de fiches en couleurs, ils proposent :- RepÚres sur La Fontaine et le contexte historique des
Fables - Livres VII Ă  XI - E-book - PDF L'Ă©dition de rĂ©fĂ©rence des Fables de La Fontaine pour rĂ©ussir l'ORAL du bac de français 2021 explication des textes essentiels au fil de l'ouvre,... Lire la suite 2,99 € E-book - PDF Poche En stock 3,10 € En stock 3,95 € ExpĂ©diĂ© sous 3 Ă  6 jours 3,20 € Ebook TĂ©lĂ©chargement immĂ©diat 2,99 € TĂ©lĂ©chargement immĂ©diat 2,49 € Vous pouvez lire cet ebook sur les supports de lecture suivants TĂ©lĂ©chargement immĂ©diat DĂšs validation de votre commande Offrir maintenant Ou planifier dans votre panier L'Ă©dition de rĂ©fĂ©rence des Fables de La Fontaine pour rĂ©ussir l'ORAL du bac de français 2021 explication des textes essentiels au fil de l'ouvre, les points de grammaire entiĂšrement traitĂ©s, les mots importants du texte et les exercices d'appropriation pour prĂ©parer l'entretien avec l'examinateur. Ceci vous sert d'enseignement », Ă©crit le fabuliste Ă  la fin de La Cour du Lion le pouvoir des fables », c'est d'embarquer le lecteur dans de courts rĂ©cits, lĂ©gers et plaisants, pour le mener au port du comprendre ». Et le tour de force de La Fontaine, c'est que cette sagesse souriante devienne poĂ©sie. Au fil du recueil . 2 analyses de textes . 1 commentaire de texte Le dossier est composĂ© de 8 chapitres 1 - Histoire littĂ©raire Le classicisme 2 - La Fontaine et son temps 3 - PrĂ©sentation des Fables 4 - Les mots importants des Fables fortune ; sagesse ; discours 5 - PrĂ©paration Ă  la dissertation 6 - La grammaire 7 - Groupement de textes Imagination et pensĂ©e au XVIIe siĂšcle, de l'argent et des hommes La BruyĂšre, Les CaractĂšres, Des biens et des fortunes » Nicolas Boileau, Satires, Contre les Femmes » MoliĂšre, L'Avare Cyrano de Bergerac, Histoire comique des États et Empires de la Lune 8 - Exercices d'appropriation. Date de parution 03/10/2019 Editeur Collection ISBN 978-2-07-286419-3 EAN 9782072864193 Format PDF Nb. de pages 264 pages CaractĂ©ristiques du format PDF Pages 264 Taille 3 297 Ko Protection num. Digital Watermarking

LaFontaine tout comme Voltaire ont bien vu l'intĂ©rĂȘt de travailler sur de tels rĂ©cits. La Fontaine pensait qu'une morale seule Ă©tait ennuyeuse alors conjuguĂ©e Ă  un rĂ©cit, nous retrouvons les deux fonctions de l'apologue, plaire et instruire. L'aspect didactique est ainsi mis en Ă©vidence. Tout peut ĂȘtre dit ainsi. Nous pouvons prendre l'exemple du pouvoir des

Description de l’éditeur Une nouvelle collection dĂ©diĂ©e aux Ɠuvres intĂ©grales 1 re du BAC et Ă  leurs parcours associĂ©s !Parcours associĂ© Imagination et pensĂ©e au XVIIe siĂšcleRĂ©sumĂ© de l'Ɠuvre Dix ans aprĂšs le premier recueil des Fables, La Fontaine publie les cinq livres d'un deuxiĂšme recueil, auquel il accorde un grand prix ce sera son " livre favori " dit-il dans la fable liminaire Ă  Madame de Montespan, grĂące auquel il " ose espĂ©rer une seconde vie ". AssurĂ©ment, les lecteurs de tous les Ăąges et de tous les temps feront leur miel de ces rĂ©cits dont la dĂ©licatesse de l'Ă©criture et l'imagination puissante servent un faisceau inĂ©puisable de significations. Lire et comprendre l'Ɠuvre ‱ Tous les repĂšres sur Jean de La Fontaine et le contexte de l'Ɠuvre ‱ Des encarts culturels et des Ă©clairages au fil du texte ‱ Des explications de texte avec une question de langue pour prĂ©parer l'oralPrĂ©parer le Bac 50 pages pour prĂ©parer vos Ă©lĂšves aux Ă©preuves Ă©crites et orales du Bac ! L'Ɠuvre ‱ Des tests de lecture de l'Ɠuvre ‱ Les clĂ©s pour bien connaĂźtre l'Ɠuvre l'art du rĂ©cit et de la mise en scĂšne, la satire... Le parcours ‱ Tout pour comprendre le parcours les thĂšmes clĂ©s imagination, fiction, raison, morale..., des groupements de textes complĂ©mentaires, des citations, des prolongements artistiques... ‱ Vers le Bac des sujets de dissertation traitĂ©s, des points de mĂ©thode et des outils pour prĂ©parer l'oral du Bac GENRE Professionnel et technique SORTIE 2020 20 mai LANGUE FR Français LONGUEUR 244 Pages ÉDITIONS Nathan TAILLE 47,3 Mo
Effets du rĂȘve et de l’imagination (dont Perrette est ici victime). 6. « Chacun songe en veillant, il n’est rien de plus doux. » (« La LaitiĂšre et le pot au lait »). Âź Aptitude de tous les hommes au rĂȘve. Âź Plaisir de l’imagination (et donc de la fiction). 7. « La Fortune se plaĂźt Ă  faire de ces coups / Tout vainqueur
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PensĂ©emorale et genres littĂ©raires. Jean-Charles Darmon et Philippe Desan, PensĂ©e morale et genres littĂ©raires, Paris : Presses universitaires de France, 2009, 224 p., EAN 9782130574552. 1 C e recueil d’articles Ă©tudie de maniĂšre diachronique les rapports entre genres littĂ©raires et morale du XVI Ăšme au XX Ăšme siĂšcle, de Montaigne Marketplace Analyse Français Document Ă©lectronique LycĂ©e 12 pages Description Une analyse de 12 fables tirĂ©es des livres 7 Ă  11 du recueil de Jean de la Fontaine. Pour chaque fable les sous parties pour l'analyse sont-Analyse du titre-RĂ©sumĂ© de la fable-Analyse de la morale-Choix de la fable-Citation-Parcours "Imagination et pensĂ©e au 17Ăšme siĂšcle"Les fables ayant Ă©tĂ© analysĂ©es sontLes deux pigeons/L’huitre et les plaideurs/Le singe et le lĂ©opard/Le trĂ©sor et les deux hommes/La tortue et les deux canards/Le loup et les bergers/La lionne et l’Ourse/Le Marchand, le Gentilhomme, le PĂątre et le Fils de roi/Le Songe d’un habitant du Mogol/Le paysan du Danube/Le vieillard et les trois jeunes hommes/Le loup et le Renard. Ce document ne correspond pas exactement Ă  ce que vous recherchez ? Commandez votre document redigĂ© sur mesure depuis notre service Commander un document Commander un document ou bien via la recherche par mots-clĂ©s Ces documents pourraient vous intĂ©resser
Unenouvelle collection dĂ©diĂ©e aux Ɠuvres intĂ©grales 1 re du BAC et Ă  leurs parcours associĂ©s ! Parcours associĂ© : Imagination et pensĂ©e au XVIIe siĂšcle RĂ©sumĂ© de
GaranceNeoprof expĂ©rimentĂ©Je vais faire ça ce qui est en gras sera fait en lecture linĂ©aireObjet d'Ă©tude La littĂ©rature d’idĂ©es du XVIe siĂšcle au XVIIIe siĂšcleƒuvre Ă©tudiĂ©e La Fontaine, Fables, second recueil, livres 7-11 Ă©dition Hachette, Biblio lycĂ©e n°76Parcours Imagination et pensĂ©e au XVIIĂšme siĂšcleFables Ă©tudiĂ©es ‱ La LaitiĂšre et le pot au lait » livre VII, X‱ Les Femmes et le Secret » livre VIII, VI‱ Les obsĂšques de la Lionne » livre VIII, IVParcours Imagination‱ Pascal [1623-1662], PensĂ©es, 1670, Ă©dition posthume, fragment 41‱ Fontenelle, Histoire des oracles, PremiĂšre dissertation, chapitre IV 1687.‱ Jean-Jacques Rousseau, Émile ou de l'Éducation, Livre II, 1762.‱ Jean-Baptiste Lamarck, Nouveau Dictionnaire d'Histoire naturelle, 1817.‱ Charles Baudelaire, Salon de 1859.‱ Roger Caillois, Images, images JosĂ© Corti, 1966.Parcours des animaux et des hommes‱ Discours à madame de La Sablière » livre X, 10, extrait.‱ RenĂ© Descartes, Lettre au marquis de Newcastle, 23 novembre 1646. ‱ François Bernier, AbrĂ©gĂ© de la philosophie de Gassendi, tome VII, 1678.‱ François de La Rochefoucauld, RĂ©flexions diverses, 1664.‱ La BruyĂšre [1645 1696] Les CaractĂšres ou les MƓurs de ce SiĂšcle » -1688 - Chapitre XII Des Jugements » - remarque 119 –VI -‱ Marguerite Yourcenar, Le temps, ce grand sculpteur, Gallimard, NRF, 1983, Entretien avec Elizabeth de Fontenay Lecture cursive obligatoire La ferme des animaux de Georges OrwellPhebusaNiveau 2 Re 1re Les fables + parcours par Phebusa Ven 23 AoĂ» 2019, 1616Je n'ai vu personne proposer un conte de Charles Perrault. Qu'en pensez-vous ? annacamilleNiveau 6 Re 1re Les fables + parcours par annacamille Ven 23 AoĂ» 2019, 1617BonjourPeut-on/doit-on faire deux parcours ? Merci...PhebusaNiveau 2 Re 1re Les fables + parcours par Phebusa Ven 23 AoĂ» 2019, 1622 annacamille a Ă©critBonjourPeut-on/doit-on faire deux parcours ? Merci... Je crois qu'on aura dĂ©jĂ  assez Ă  faire avec un parcours Si tu veux intĂ©grer d'autres textes Ă  cĂŽtĂ© des lectures linĂ©aires du parcours, ce seront des groupements de textes. Mais bon, pas sĂ»re qu'on ait grand 6 Re 1re Les fables + parcours par annacamille Ven 23 AoĂ» 2019, 1706Garance Mais du coup tu fais deux parcours ? Ta sĂ©quence a l'air vraiment super. Au niveau des lectures linĂ©aires je ferai a priori le mĂȘme choix !telmoukNiveau 5 Re 1re Les fables + parcours par telmouk Sam 24 AoĂ» 2019, 0008Je pense avoir arrĂȘtĂ© mon choix de textes - " Le savetier et le financier" - " la cour du lion" - " le rat et l'Ă©lĂ©phant" Par ailleurs, je voulais Ă©tudier dans le parcours un extrait de Don Quichotte de CervantĂšs mais j'y renonce car le passage qui m'intĂ©ressait doit ĂȘtre coupĂ© car trop long donc cela ne va pas. Je pense faire du coup " la laitiĂšre et le pot au lait " qui y trouve parfaitement sa place .. mais je ne sais pas si "on peut" dans le parcours mettre une fable de La Fontaine... Petite question Ă  votre avis, combien de fables les Ă©lĂšves devraient-ils connaĂźtre Ă  la fois pour la dissertation mais aussi pour l'oral s'ils choisissent cette Ɠuvre? je pensais 20 .The PaperNiveau 10 Re 1re Les fables + parcours par The Paper Sam 24 AoĂ» 2019, 0819 telmouk a Ă©critcombien de fables les Ă©lĂšves devraient-ils connaĂźtre Ă  la fois pour la dissertation mais aussi pour l'oral s'ils choisissent cette Ɠuvre? je pensais 20 . D'accord avec toi. A mon avis, ils devraient repĂ©rer plusieurs thĂšmes six ou sept et connaĂźtre au moins trois exemples pour chaque thĂšme ; donc je dirais entre 18 et 21 minimum ! _________________Etude de "Manon Lescaut" 5 Re 1re Les fables + parcours par PĂ©nĂ©lope59 Mar 27 AoĂ» 2019, 1100Pour les 1Ăšres gĂ©nĂ©rales , laquelle des Ă©ditions prĂ©fĂ©rerez-vous Folio+ ? Etonnants Classiques ? Classico LycĂ©e ?The PaperNiveau 10 Re 1re Les fables + parcours par The Paper Mar 27 AoĂ» 2019, 1615Personnellement, je vais leur faire acheter les Fables dans "Les classiques de poche" certes, il n'y a pas un dossier spĂ©cial eaf 2019, mais pour 3,10 euros ils auront toutes les fables bien annotĂ©es alors que chez Hachette, leur "biblio lycĂ©e" coĂ»te 3,50 pour les livres VII Ă  IX uniquement avec un dossier pĂ©dagogique pas mauvais mais pas non plus transcendant ; et le dossier pĂ©dagogique, je compte bien que ce soient les Ă©lĂšves et moi-mĂȘme qui le fassions._________________Etude de "Manon Lescaut" 9 Re 1re Les fables + parcours par Vatrouchka Mar 27 AoĂ» 2019, 1621Je vais commencer par les Fables donc j'exclus la Folio+ qui ne sort que fin septembre. Je conseillerai aussi Le Livre de Poche, c'est l'Ă©dition la moins chĂšre, les notes de vocabulaire me semblent adaptĂ©es et Re 1re Les fables + parcours par Mehitabel Mar 27 AoĂ» 2019, 1650L’édition Folio + est sortie, celle des Fables Ă©tait donnĂ©e pour l’achat de 3 autres Folio + dans les centres culturels Leclerc, mais on me l’a donnĂ©e pour mes autres achats. Du coup c’est celle que je vais prendre, elle est complĂšte. lilichengEsprit Ă©clairĂ© Re 1re Les fables + parcours par lilicheng Mer 28 AoĂ» 2019, 0119Hatier, classique et compagnie. On en a dĂ©jĂ  parlĂ© ici...annacamilleNiveau 6 Re 1re Les fables + parcours par annacamille Mer 28 AoĂ» 2019, 1353Quelqu'un a-t-il en sa possession cet ouvrage Français 1re Ellipses Fables livres VII Ă  XI ? AprĂšs consultation de la table des matiĂšres, j'aurais une question sur le premier parcours proposĂ©...Merci d'avance et bon courage Ă  tous ! KhorsabadNiveau 6 Re 1re Les fables + parcours par Khorsabad Mer 28 AoĂ» 2019, 1355Moi ! Je ne suis pas chez moi mais je peux t’envoyer ce que tu veux d’ici 2h environ annacamilleNiveau 6 Re 1re Les fables + parcours par annacamille Mer 28 AoĂ» 2019, 1403Khorsabad oui je veux bien ! je t'envoie un MP ! Merci beaucoup !GaranceNeoprof expĂ©rimentĂ© Re 1re Les fables + parcours par Garance Ven 30 AoĂ» 2019, 0952 annacamille a Ă©critKhorsabad oui je veux bien ! je t'envoie un MP ! Merci beaucoup ! Je suis intĂ©ressĂ©e aussi car j'hĂ©site Ă  l' 6 Re 1re Les fables + parcours par annacamille Mer 04 Sep 2019, 1811Bonsoir Ă  tous, mon chapitre sur les Fables et son parcours associĂ© n'est pas tout Ă  fait ficelĂ© mais presque. Il me manque les points de grammaire et une Ă©tude linĂ©aire dans le parcours associĂ©, mais Ă©galement quelques Ă©lĂ©ments Ă  complĂ©ter pour l'exploitation de la lecture cursive. J'aurai une classe de sĂ©rie technologique. J'aurais souhaitĂ© savoir si quelqu'un serait partant pour jeter un oeil sur ce que je prĂ©vois et Ă©ventuellement Ă©changer sur la maniĂšre plus prĂ©cise de procĂ©der pour mettre en application cet objet d'Ă©tude, dans la rĂ©alitĂ© de nos classes. Je ne sais pas si je suis partie sur des choses trop dures / trop faciles / trop longues / trop courtes...annacamilleNiveau 6 Re 1re Les fables + parcours par annacamille Jeu 05 Sep 2019, 1821Autre question...Pour ceux qui envisagent d'Ă©tudier "Les Animaux malades de la Peste, faire commencer l'analyse linĂ©aire Ă  "Le Lion tint conseil et dit..." et donc enlever le tableau des ravages de la Peste vous semble judicieux ? Merci...et bon courage Ă  tous!The PaperNiveau 10 Re 1re Les fables + parcours par The Paper Jeu 05 Sep 2019, 1908Cela me semble judicieux, oui ; c'est cohĂ©rent et ça t'amĂšne au nombre de vers admis. Et ça donnera quelque chose Ă  dire aux Ă©lĂšves dans leur introduction ! _________________Etude de "Manon Lescaut" 6 Re 1re Les fables + parcours par annacamille Jeu 05 Sep 2019, 1938NLM76Doyen Re 1re Les fables + parcours par NLM76 Jeu 05 Sep 2019, 2208 annacamille a Ă©critAutre question...Pour ceux qui envisagent d'Ă©tudier "Les Animaux malades de la Peste, faire commencer l'analyse linĂ©aire Ă  "Le Lion tint conseil et dit..." et donc enlever le tableau des ravages de la Peste vous semble judicieux ? Merci...et bon courage Ă  tous! Ne pas Ă©tudier "Plus d'amour, partant plus de joie" ?!? du grip site ne renonça jamais Ă  la question-clĂ© quelle est, du point de vue de l'information, la diffĂ©rence entre les procĂ©dĂ©s grammaticaux observĂ©s ? Il n'entendait pas accepter une thĂ©orie non sĂ©mantique de la structure grammaticale et toute allusion dĂ©faitiste Ă  la prĂ©tendue obscuritĂ© de la notion de sens lui paraissait elle-mĂȘme obscure et dĂ©pourvue de sens.» [Roman Jakobson, Essais de linguistique gĂ©nĂ©rale, "La notion de signification grammaticale selon Boas" 1959]annacamilleNiveau 6 Re 1re Les fables + parcours par annacamille Jeu 05 Sep 2019, 2212 NLM76 et renoncer Ă  "Ils ne mourraient pas tous, mais tous Ă©taient frappĂ©s "...ce n'est pas simple...Une passanteExpert Re 1re Les fables + parcours par Une passante Jeu 05 Sep 2019, 2220 The Paper a Ă©critCela me semble judicieux, oui ; c'est cohĂ©rent et ça t'amĂšne au nombre de vers admis. Et ça donnera quelque chose Ă  dire aux Ă©lĂšves dans leur introduction ! La note de service dĂ©taillant les Ă©preuves indique "une vingtaine de lignes de prose continue", nous n'avons donc pas de nombre de vers admis, et la fable peut ĂȘtre Ă©tudiĂ©e dans son intĂ©gralitĂ©. The PaperNiveau 10 Re 1re Les fables + parcours par The Paper Ven 06 Sep 2019, 0901 Une passante a Ă©crit The Paper a Ă©critCela me semble judicieux, oui ; c'est cohĂ©rent et ça t'amĂšne au nombre de vers admis. Et ça donnera quelque chose Ă  dire aux Ă©lĂšves dans leur introduction ! La note de service dĂ©taillant les Ă©preuves indique "une vingtaine de lignes de prose continue", nous n'avons donc pas de nombre de vers admis, et la fable peut ĂȘtre Ă©tudiĂ©e dans son intĂ©gralitĂ©. Une vingtaine de lignes de prose continue je m'accorde jusqu'Ă  28 lignes dans un document j'ai un texte en alexandrins, je le dispose sur deux colonnes dans un tableau. 28 x 2 = 56 de "Manon Lescaut" 7 Re 1re Les fables + parcours par User27372 Mar 24 Sep 2019, 2109Help ! Quelqu'un pourrait-il partager un extrait de Malebranche critiquant l'imagination pour analyse linĂ©aire ? Merci les viens de m'inscrire !Bonjour Ă  tous, Ma question est dans le titre... Pensez vous que ce soit une bonne idĂ©e? Plus globalement, pensez vous qu une etude lineaire d un extrait de conte soit envisageable en tant que texte complĂ©mentaire? Merci Ă  tous!Sujets similairesGT Fables et contes en seconde, quels livres / fables de La fontaine ?[Lettres lycĂ©e] Parcours et OI ou parcours avec OIParcours Ă©ducatifs le "parcours d'excellence"fablesHDA - 6eme - Les fablesSauter versPermission de ce forumVous ne pouvez pas rĂ©pondre aux sujets dans ce forum

Cedocument propose une problématisation sur le parcours "Imagination et pensée au XVIIÚme siÚcle" en lien avec l'étude des livres VII à XI des Fables de La Fontaine.

Bonjour tout le monde ! VoilĂ , j'ai une dissertation Ă  faire sur les fables de la Fontaine et plus particuliĂšrement leur aspect Ă©ducatif car en effet, Rousseau ne pensent pas quelles sont destinĂ©es aux enfants. Pour mon plan j'ai, dans une premiĂšre partie illustrĂ© la thĂšse de Rousseau puis les antithĂšses. Ma prof m'a dit de ne pas faire 3 parties, je suis en seconde, ce n'est pas grave oui,j'ai commencer par le "non" de "est ce que les fables sont elles Ă©ducatives" mais il me convenait mieux comme ça puisque le "oui" est en fait les rĂ©ponses au "non" . Je l'ai fait et je viens vous demander votre avis. Est ce que j'ai fais des fautes? Orthographe, syntaxe? Est ce que j'utilise un bon langage? N'est ce pas trop familier? OĂč est ce que j'ai fais des erreurs et quelles solutions me proposez vous? D'ailleurs, je suis nulle en annonce de plan, celui ci me parait pas top... Bref, j’aimerais savoir si selon vous, c'est une bonne disserte. Merci d'avance ce que j'ai fais attention, pavĂ© Lorsque Jean De La Fontaine publia ses fables en 1668, il les dĂ©dicaça Ă  des enfants ainsi, il annonça ouvertement ses aspirations didactiques. Le corbeau et le Renard », La Cigale et la Fourmi », nous avons tous appris Ă  l'Ă©cole ces Fables de la Fontaine qui connurent en leur temps un glorieux succĂšs pour l'originalitĂ© des rĂ©cits et le caractĂšre attrayant du monde Ă  peine un siĂšcle plus tard, Rousseau, Ă©crivain des lumiĂšres, critiqua ces fables dans Émile ou de l'Ă©ducation, un traitĂ© Ă©ducatif, Émile n'apprendra jamais rien par cƓur, pas mĂȘme les fables, pas mĂȘme celles de La Fontaine, toutes naĂŻves, toutes charmantes qu'elles sont » en effet, selon lui, la difficultĂ© tant sur le fond que la forme des Fables de La Fontaine empĂȘchent l’enfant d’accĂ©der Ă  la morale faute de comprĂ©hension qui les pousseraient aux vices. DĂšs lors, ont peut se demander si les fables de La Fontaine ne visent rĂ©ellement que les plus petits. Que faut-il en penser ? Les fables ne sont elles pas une lecture pour les enfants ? Seraient-elles rĂ©servĂ©es aux adultes ?Nous verrons dans un premier temps que certes, Rousseau a raison sous bien des aspect nĂ©anmoins nous dĂ©montrerons, dans un second temps le dessein de Jean de La Fontaine. Enfin, nous conclurons par un compromis. Pour Rousseau, on ne peut instruire correctement les enfants Ă  l'aide des fables car le langage est peu appropriĂ© Ă  la psychologie de l'enfant, que les histoires sont pour la plupart du temps nĂ©gatives et invraisemblable et que le sens moral qu'on veut lui transmettre sera mal interprĂ©tĂ©. Au point de vue de la forme, Les fables sont rendues complexes par leur vocabulaire, leur syntaxe et leurs allusions. En effet, Le niveau de langue dans les Fables de La Fontaine est soutenu et souvent peu comprĂ©hensible pour des enfants. Ce langage est imprĂ©cis, parfois contradictoire ou fait preuve de plĂ©onasmes Le corbeau, honteux et confus ». Le manque d'explications au niveau du vocabulaire n' est pas assez explicite pour un enfant, par ailleurs, L'enfant demandera pourquoi l'on parle autrement en vers qu'en prose. Que lui rĂ©pondrez-vous ? »souligne Rousseau car pour lui, la prose est plus intelligible que la poĂ©sie, De plus, de nombreuses allusions apparaissent, elles peuvent ĂȘtre historiques ou littĂ©raires tels que celles de La LaitiĂšre et le Pot au lait avec Picrochole, Pyrrhus
 », L’un Ă©tant guerrier risible inventĂ© par Rabelais, l’autre un roi des Perses. On peut aussi voir des allusions mythologiques , par exemple dans les animaux malades de la peste, avec l’AchĂ©ron. Quel enfant sera t'il renseignĂ© au prĂ©alable sur ces rĂ©fĂ©rences, avant lecture de ces fables ? Au point de vue du sens,Il faut accorder Ă  Rousseau que les fables prĂ©sentent souvent une vision pessimiste de la vie, et pense que les fables sont d'une cruautĂ© qui n'est pas Ă©ducative La Cigale n'a plus de quoi vivre et se trouva fort dĂ©pourvue quand la bise fut venue » , le Loup a faim un loup survient a jeun qui cherchait aventure et que la faim en ces lieux attirait », les Animaux sont victimes de la peste ils ne mourraient pas tous, mais tous Ă©taient frappĂ©s » ,c'est ainsi que Par le biais de ces animaux, La Fontaine montre la nature humaine sous un aspect dĂ©plaisant. Quel enfant souhaite connaĂźtre des horreurs pareilles ? Quelle enfant souhaite entendre des histoire triste ? Par ailleurs, Rousseau critique dans son traitĂ© le caractĂšre invraisemblable des histoires racontĂ©es Les renards parlent donc ? Ils parlent donc la mĂȘme langue que corbeaux ? » En effet, il pense que chaque vĂ©ritĂ© ou leçon doit ĂȘtre dite comme elle est et non pas cachĂ©e par une histoire servant d'habit que l'enfant ne pense pas Ă  enlever. l’apologue, en les amusant, les abuses » Il ne faudrait donc pas leur Ă©noncĂ© une vĂ©ritĂ© dĂ©guisĂ©e, et donner des exemples concrets que l'enfant serait plus capable d' assimiler . L'auteur de l’Émile dĂ©montre Ă©galement dans son ouvrage que les fables sont immorales, n’ont aucun intĂ©rĂȘt pĂ©dagogique, risquent de ne pas parvenir Ă  l'effet escompter et sont plus adaptĂ©es aux adultes. Effectivement, les trompeurs et les plus forts sont toujours reprĂ©sentĂ©s de maniĂšre avantageuses et les victimes sont souvent naĂŻves Le Loup et l'Agneau » commence bien par La raison du plus fort est toujours la meilleure »  En outre, Il est rare que le lecteur s'apitoie sur le sort des victimes. De plus, Rousseau dĂ©montre que leur effet est contre productif vous croyez donner la cigale en exemple et ils prennent la fourmi », car en effet un enfant peut prendre le mauvais exemple puisque gĂ©nĂ©ralement il s'identifie au plus fort par dĂ©sir de se mettre en valeur On n’aime point Ă  s’humilier ils prendront toujours le beau rĂŽle ; c’est le choix de l’amour-propre, c’est un choix trĂšs naturel. Or, quelle horrible leçon pour l’enfance ! », Par exemple dans le Corbeau et le Renard, l'enfant se mettra plutĂŽt Ă  la place du plus rusĂ©, le renard. Aussi, risque-t-on de ne pas atteindre le but recherchĂ©, c'est Ă  dire, transmettre la morale, car, bien que l'on enseigne aux jeunes enfants la bontĂ© de la gĂ©nĂ©rositĂ©, le Renard ici raille le corbeau qui pourtant, lui donne son fromage. On retrouve cette mĂȘme situation dans La cigale est la fourmi, ainsi, la fourmi est sarcastique vis Ă  vis de la Cigale et refuse de partager un seul petit bout de mouche ou de vermisseau » ici la morale implicite Ă©chappe aux enfants, au lieu d'y voir un Ă©loge au travail, un Ă©loge du partage, que feraient les enfants ? Ils se moqueront, des autres, profiteraient de leur gĂ©nĂ©rositĂ©, prenant le Renard ou la fourmi pour exemple ? Qu’est ce que l'enfant tire de ces fables ? Qu'on y gagne Ă  flatter hypocritement les autres, comme dans le Corbeau et le Renard ? La raillerie n'est pas Ă  imiter, or, les fables se basent sur cette conduite immorale. De surcroĂźt, l’enfant lisant La Grenouille qui se veut faire aussi grosse que le BƓuf » dĂ©couvrirait l’orgueil et la jalousie, celui qui lirait Conseil tenu par les Rats » dĂ©couvrirait l’égoĂŻsme ,On s'aperçoit donc que les enfants ont du mal Ă  percevoir le cĂŽtĂ© moral des fables, c'est pourquoi ce genre de lecture est plus adaptĂ© aux adultes, aux doctes, qui dĂ©cĂšlent plus facilement un fond politique et philosophique plus complexe qu'il n'y paraĂźt plus particuliĂšrement Ă  partir du Livre VII, oĂč l' on constate que ces fables ne sont plus dĂ©dicacĂ©s aux enfants mais aux adultes comme Mme de Montespan, et oĂč l'on trouve des rĂ©cit abordant des sujets plus graves et difficiles d'accĂšs pour les enfants comme dans la fable La Cour du Lion » Ne soyez Ă  la cour, si vous voulez y plaire,Ni fade adulateur, ni parleur trop sincĂšre, » qui critique les courtisans et leur influence du Roi et ce dernier , par consĂ©quent, les fables visent des catĂ©gories prĂ©cises de personnes ainsi que des rĂšgles pour bien se conduire dans la haute sociĂ©tĂ©, l'enfant n'est donc pas concernĂ©. La thĂšse dĂ©fendue par Rousseau,qui Ă©tait le premier Ă  avoir penser Ă  la pĂ©dagogie et les moyens d'Ă©ducation envers les enfants, est, que si une fable use d'un vocabulaire trop soutenu, que le merveilleux ne cache pas la cruautĂ© du rĂ©cit et prend le pas sur l'argumentaire, ceci rend le rĂ©cit infructueux car l'enfant ne comprend pas la morale implicite et, impressionnĂ© par l'esprit le plus rusĂ©, mis en valeur par le merveilleux,mais bien souvent le plus hypocrite, risque de prendre cet exemple pour modĂšle. C'est ainsi que les fables ne puissent ĂȘtre Ă©ducatives pour de jeunes personnes. A prĂ©sent nous nous intĂ©resserons Ă  une seconde partie. Nous verrons dans cette seconde partie que le rĂ©cit, que l'on nomme le corps » peut ĂȘtre tout Ă  fait comprĂ©hensible pour des enfants sous certaines conditions et que l'univers plaisant du monde animal mis en place est dĂ©nonciateur des mƓurs mais qu'il ne faut cependant pas nĂ©gliger l'enseignement, l’ñme » Ă  tirer. C'est le plus important, selon Jean de la Fontaine. VivacitĂ© et rĂ©cit original, le caractĂšre plaisant du monde animal, par bien des aspects, la fable est propre Ă  attirer les enfants cependant, Rousseau n'as pas tord lorsque qu'il Ă©nonce le fait que les fables ne sont pas Ă©vidente Ă  comprendre. Mais est ce une raison justifiable pour les laisser de cĂŽtĂ© et ne choisir que des ouvrages simplistes pour participer Ă  l'Ă©ducation des enfants ? Il accuse les Fables de manquer d'explications quant au vocabulaire soutenu, cependant Rousseau omet de penser que la lecture doit se faire accompagner d'un adulte. Ainsi, celui-ci pourra s'arrĂȘter sur les mots difficiles et le lui expliquer. Cette lecture est un bon moyen d'apprendre le vocabulaire. Les histoires sont utiles pour apprendre Ă  parler .Sans compter que, pour Rousseau, l'enfant a plus de mal Ă  comprendre un discours qui n'est pas naturel. Mais, en terme d'antithĂšse, la poĂ©sie est justement plus attrayante, en particulier quand elle est racontĂ©. Il est vrai que se retrouver devant un ouvrage uniquement composĂ© en vers n'est pas nĂ©cessairement plaisant, mais pour un enfant, la versification des fables permet de retenir plus l'attention qu'une simple histoire. De plus, les fables sont de natures courtes, ce qui facilite la lecture quand on sait qu'un enfant se lasse trĂšs et arrive peu Ă  se concentrer. Au choix, s'il faut enseigner aux enfants, autant le faire de façon ludique. Le fabuliste le souligne une morale nue apporte de l'ennui ».c'est pourquoi Les fables Ă©veillent l'imagination car elles sont poĂ©tiques, imagĂ©es,stimule aussi la mĂ©moire. et sont une porte d'entrĂ©e dans la complexitĂ© du monde adulte. A travers les animaux, La Fontaine dĂ©crit des situations injuste qui sont des rĂ©alitĂ©s que nous ne devons pas cacher, pas mĂȘme Ă  des enfants, qui, d'autant plus, Ă©taient d'actualitĂ©s Ă  la cours du Roi Louis XIV et dĂ©nonce certains dĂ©fauts humains. Dans sa prĂ©face, La Fontaine nous fait part de son opinion quant au but de ses fables ces fables sont un tableau ou chacun de nous se trouve dĂ©peint ». D'une part, Rousseau accuse les fables d'imposer une certaine cruautĂ© du monde humain Ă  l’enfant mais, par singuliĂšre contradiction, il critique le caractĂšre invraisemblable des fables alors que La Fontaine met en scĂšne un univers merveilleux qui permet d'attĂ©nuer la cruautĂ© pourtant mise au jour dans le rĂ©cit, comme dans le Loup et l'Agneau » qui se termine par le dĂ©cĂšs de ce dernier. Sans cet univers fictif, l'histoire racontĂ©e serait effectivement difficilement supportable. D'autre part, La Fontaine avec ses fables, critiquait l'absolutisme du roi et procĂ©dait a une satire dĂ©guisĂ©e de la monarchie en s'inspirant de sa propre vie, notamment suite Ă  l'injuste arrestation de Fouquet, par exemple les obsĂšques de la Lionne » souligne l'influence dĂ©lĂ©tĂšre des courtisans de Louis XIV, en rĂ©fĂ©rence Ă  Colbert Les animaux malades de la peste » qui dĂ©nonce de mĂȘme les jugements de cour », capables de condamner l’innocent injustement. De plus, La Fontaine parle de nos dĂ©fauts humains sans ambiguĂŻtĂ© et qu'un enfant peut trĂšs bien comprendre comme la radinerie, l'avarice, l'inattention et indique dans sa prĂ©face que, grĂące au fable, on se forme le jugement et les mƓurs, on se rend capable de grande choses » et que il faut leur apprendre aux enfants ce qu'est un lion , un renard, ainsi du reste, et pourquoi l'on compare quelque fois un homme Ă  ce renard ou Ă  ce lion » et ceci, encore, peut se faire Ă©galement accompagnĂ© d’un adulte lui expliquant la morale, le but du rĂ©cit. . On peut aussi contrer Rousseau car il ne faut pas donner aux enfants une image utopique du monde et de la sociĂ©tĂ©, les fables montrent une vision rĂ©aliste du monde et prĂ©parent les enfants Ă  la vie. Nous savons que la fable a pour objectif d'illustrer une morale. Celle ci n'est jamais claire, et exprime diverses observations tirĂ©es d'expĂ©riences multiples et le but de ses ouvrages est didactique, de mĂȘme que La Fontaine Ă©crivit des panĂ©gyriques au petit fils du Roi et au duc de bourgogne, des enfants. Nous avons vu prĂ©cĂ©demment que La Fontaine fait de toute rĂ©alitĂ© la matiĂšre d'un enseignement et se considĂšre comme un moraliste, qui dĂ©crit les mƓurs plutĂŽt que comme un moralisateur qui donne des leçons de morale en nous faisant part de ce qu'il a appris quant Ă  la nature humaine avec l'anthropomorphisme. Par l'illustration, la fable incite Ă  la rĂ©flexion et demande un effort d’interprĂ©tation, en laissant l'enfant comprendre le sens du nous procĂ©dons Ă  un raisonnement qui convient bien Ă  un jeune esprit, car celui ci s'enracine dans une situation concrĂšte et sollicite activement l'imagination, et qui en plus, est plus instructif que la mĂ©thode qui consiste Ă  donner la rĂšgle avant l’application. À l'argument de Rousseau, pour qui les fables auraient un effet contre productif quant aux enfants, nous rĂ©ponds que, pour La Fontaine, un enfant est apte Ă  comprendre le sens de la morale et sait diffĂ©rencier les vices de la vertu. Il ne faut pas sous estimer la pensĂ©e d'un enfant car celle ci s'avĂšre solide. De plus Les fables ne sont pas toutes naĂŻves comme l'Ă©nonce Rousseau, car elles apprennent aux enfants qu'il faut se mĂ©fier des sophistes, des flatteurs et des hypocrites, d'oĂč la morale du Corbeau et le Renard » Apprenez que tout flatteur vit aux dĂ©pens de celui qui l'Ă©coute », nous observons ici que ces fables enseignent comment survivre lĂ  oĂč les puissants ont le pouvoir et oĂč l'on risque toujours d'avoir affaire Ă  plus fort ou plus rusĂ© que soi aussi bien sous une monarchie qu’à la cour de rĂ©crĂ©ation. La fable met aussi en garde contre les actes irrĂ©flĂ©chis et imprudents, comme de descendre dans un puits sans savoir comment remonter dans Le renard et le Bouc. Ces histoires inculquent donc des valeurs comportementales qui aident le lecteur Ă  subsister dans la sociĂ©tĂ©. La morale ressort dans chaque fable, par exemple la fable le chat et les deux moineaux » nous apprend qu'il faut se mĂ©fier de l'eau qui dort ou encore dans Le laboureur et ses enfants », et dans la cigale et la fourmi », Fontaine dĂ©montre l'importance du travail car le travail est un trĂ©sor ». L'enfant, comme dit Rousseau, s'identifie en effet aux personnages, oui, mais Le fabuliste a pour but de l'inciter Ă  se remettre en question et ainsi corriger ces dĂ©fauts. La fable est attrayante pour les enfants notamment avec le monde animal, la versification qui la rend plus poĂ©tique et la mise en place du merveilleux qui permet d'attĂ©nuer la cruautĂ© dĂ©nonciatrice qui pourtant, persiste dans le rĂ©cit et par le biais duquel nous pouvons en tirer un enseignement. Il convient de nuancer le dĂ©bat Rousseau n'as pas tord quand il enonce » le fait qu'un enfant risque de ne pas comprendre les mots de vocabulaire , et, qu' il faudrait eviter au plus jeunes enfant les rĂ©cits plus difficiles dans leur vision du monde , prenons pour exemple les Animaux malades de la peste », qui n'est certainement pas destinĂ© au jeune public, il faut donc faire Ɠuvre de pĂ©dagogue et selectionner les fables en fonction de l'Ăąge de l'enfant. Ainsi nous pouvons dire que les fables touchent quand mĂȘme le jeune public, car , avec la mĂ©diation d'un adulte, sont essentiel dans la formation morale des enfants pour qu'ils dĂ©couvrent les alĂ©as de la sociĂ©tĂ© et que certaines sont plaisantes et adaptĂ©es pour les jeunes esprits par le caractĂšre merveilleux mis en place par le monde animal. Mais les adultes eux mĂȘme tirent profit de ces fables,et y decĂšlent » des allusions quant Ă  la politique et des subtilitĂ©s qui peuvent Ă©chapper aux final, la pluralitĂ© des lecteurs possibles fait des fables de la fontaine le chef d'oeuvre qu'elles sont. Qu'on la lise enfant, adolescent ou adulte, ont y trouve toujours de nouvelles satisfactions, ces fables constituent un monument de notre littĂ©rature, c'est aussi la raison pour laquelle les fables sont toujours d'actualitĂ©s dans l'enseignement scolaire. Ceci en est la preuve.
Jamaisun lourdaud, quoi qu'il fasse, Ne saurait passer pour galant. Jean de La Fontaine. 4. Chose étrange ! On apprend la tempérance aux chiens, et l'on ne peut l'apprendre aux hommes ! Jean de La Fontaine , Le Chien qui porte à
Sujet bac francais 2020 STMG. La session 2020 des Ă©preuves anticipĂ©es du bac de français n’ont pu se dĂ©rouler en raison de la crise sanitaire. Les sujets qui Ă©taient prĂ©vus pour les sĂ©ries technologiques le 17 juin ont Ă©tĂ© publiĂ©es par le ministĂšre. Vous traiterez au choix, l’un des deux sujets suivants 1- Commentaire de texte 20 points Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, s’évader du chĂąteau d’If oĂč il est emprisonnĂ©, Edmond DantĂšs a pris la place deson compagnon de cellule qui vient de mourir, le vieil abbĂ© Faria, en se dissimulantdans le sac prĂ©vu pour le cadavre. On transporta le prĂ©tendu mort du lit sur la civiĂšre. Edmond se raidissait pourmieux jouer son rĂŽle de trĂ©passĂ©1. On le posa sur la civiĂšre ; et le cortĂšge, Ă©clairĂ© parl’homme au falot2, qui marchait devant, monta l’ Ă  coup, l’air frais et Ăąpre de la nuit l’inonda. DantĂšs reconnut le mistral3. Ce fut5 une sensation subite, pleine Ă  la fois de dĂ©lices et d’ porteurs firent une vingtaine de pas, puis ils s’arrĂȘtĂšrent et dĂ©posĂšrent laciviĂšre sur le des porteurs s’éloigna, et DantĂšs entendit ses souliers retentir sur les dalles. OĂč suis-je donc ? » se Sais-tu qu’il n’est pas lĂ©ger du tout ! » dit celui qui Ă©tait restĂ© prĂšs de DantĂšs ens’asseyant sur le bord de la premier sentiment de DantĂšs avait Ă©tĂ© de s’échapper, heureusement il se retint. Éclaire-moi donc, animal, dit celui des deux porteurs qui s’était Ă©loignĂ©, ou je netrouverai jamais ce que je cherche. »15 L’homme au falot obĂ©it Ă  l’injonction, quoique, comme on l’a vu, elle fĂ»t faite entermes peu convenables. Que cherche-t-il donc ? se demanda DantĂšs. Une bĂȘche sans doute. »Une exclamation de satisfaction indiqua que le fossoyeur avait trouvĂ© ce qu’ Enfin, dit l’autre, ce n’est pas sans peine.— Oui, rĂ©pondit-il, mais il n’aura rien perdu pour attendre. »À ces mots, il se rapprocha d’Edmond, qui entendit dĂ©poser prĂšs de lui un corpslourd et retentissant ; au mĂȘme moment, une corde entoura ses pieds d’une vive etdouloureuse Eh bien ! le nƓud est-il fait ? » demanda celui des fossoyeurs4 qui Ă©tait restĂ©inactif. Et bien fait, dit l’autre ; je t’en rĂ©ponds.— En ce cas, en route. » Et la civiĂšre soulevĂ©e reprit son On fit cinquante pas Ă  peu prĂšs, puis on s’arrĂȘta pour ouvrir une porte, puis on seremit en route. Le bruit des flots se brisant contre les rochers sur lesquels est bĂąti lechĂąteau arrivait plus distinctement Ă  l’oreille de DantĂšs Ă  mesure que l’on avança. Mauvais temps ! dit un des porteurs, il ne fera pas bon d’ĂȘtre en mer cette nuit.— Oui, l’abbĂ© court grand risque d’ĂȘtre mouillĂ© », dit l’autre — et ils Ă©clatĂšrent de35 ne comprit pas trĂšs bien la plaisanterie, mais ses cheveux ne s’endressĂšrent pas moins sur sa tĂȘte. Bon, nous voilĂ  arrivĂ©s ! reprit le premier.— Plus loin, plus loin, dit l’autre, tu sais bien que le dernier est restĂ© en route, brisĂ©40 sur les rochers, et que le gouverneur nous a dit le lendemain que nous Ă©tions desfainĂ©ants. »On fit encore quatre ou cinq pas en montant toujours, puis DantĂšs sentit qu’on leprenait par la tĂȘte et par les pieds et qu’on le balançait. Une, dirent les — Deux.— Trois ! »En mĂȘme temps, DantĂšs se sentit lancĂ©, en effet, dans un vide Ă©norme, traversantles airs comme un oiseau blessĂ©, tombant, tombant toujours avec une Ă©pouvante quilui glaçait le cƓur. Quoique tirĂ© en bas par quelque chose de pesant qui prĂ©cipitait50 son vol rapide, il lui sembla que cette chute durait un siĂšcle. Enfin, avec un bruitĂ©pouvantable, il entra comme une flĂšche dans une eau glacĂ©e qui lui fit pousser uncri, Ă©touffĂ© Ă  l’instant mĂȘme par l’ avait Ă©tĂ© lancĂ© dans la mer, au fond de laquelle l’entraĂźnait un boulet detrente-six attachĂ© Ă  ses La mer est le cimetiĂšre du chĂąteau d’If. Notes1 TrĂ©passĂ© Falot lanterne Mistral vent violent de Fossoyeurs hommes chargĂ©s d’enterrer les morts. Vous ferez le commentaire littĂ©raire de ce texte en vous aidant des pistessuivantes 1- Une scĂšne d’action intense et Un personnage qui suscite Ă©motion et admiration. 2- ESSAI et CONTRACTION DE TEXTE Contraction de texte 10 points et essai 10 points Compte tenu de l’Ɠuvre et du parcours Ă©tudiĂ©s durant l’annĂ©e, vous traiterez l’un destrois sujets suivants A- Montaigne, Essais, Des Cannibales », I, 31. Parcours Notre monde vient d’en trouver un autre. Texte de Stefan Zweig, Érasme, grandeur et dĂ©cadence d’une idĂ©e 1935,traduit de l’allemand par Alzir Jean de La Fontaine, Fables, livres VII Ă  IX. Parcours Imagination et pensĂ©e au XVIIĂšme siĂšcle. Texte de Jean-François Dortier, L’homme descend du songe », Scienceshumaines, n°174, aoĂ»t Voltaire, L’IngĂ©nu. Parcours Voltaire, esprit des LumiĂšres ; Texte de Tzvetan Todorov, Les LumiĂšres, des idĂ©es pour demain », TĂ©lĂ©rama hors-sĂ©rie, 2006. A- Montaigne, Essais, Des Cannibales ». Parcours Notre monde vientd’en trouver un de Stefan Zweig, Érasme, grandeur et dĂ©cadence d’une idĂ©e 1935,traduit de l’allemand par Alzir Hella. Contraction de texte Vous rĂ©sumerez ce texte en 228 mots. Une tolĂ©rance de +/- 10 % est admise votretravail comptera au moins 205 et au plus 251 placerez un repĂšre dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez, Ă  la fin dela contraction, le nombre total de mots utilisĂ©s. La transition du XVĂšme au XVIĂšme siĂšcle est une Ă©poque marquante dans ledestin de l’Europe et qui, en ce qui concerne la prĂ©cipitation dramatique desĂ©vĂ©nements, n’est comparable qu’à la nĂŽtre. Soudain s’élargit la place qu’occupaitl’Europe dans le monde ; une dĂ©couverte est suivie d’une autre et en l’espace de5 quelques annĂ©es, grĂące Ă  la hardiesse d’une race nouvelle de navigateurs, leslacunes imputables1 Ă  l’indiffĂ©rence ou Ă  la timiditĂ© des siĂšcles passĂ©s se trouventcomblĂ©es. Les dates mĂ©morables se succĂšdent au rythme saccadĂ© d’un penduleĂ©lectrique. 1486 Diaz est le premier EuropĂ©en qui s’aventure jusqu’au Cap deBonne-EspĂ©rance ; 1492 Colomb atteint les Ăźles amĂ©ricaines ; 1497 SĂ©bastien10 Cabot dĂ©couvre le Labrador et le continent amĂ©ricain. Un nouveau monde vient Ă peine d’enrichir les connaissances de la race blanche que dĂ©jĂ  Vasco de Gama,passant au large de Zanzibar, fait voile vers Calcutta et ouvre la voie des Indes ;1500 Cabral dĂ©couvre le BrĂ©sil ; enfin de 1519 Ă  1522, Magellan accomplit uneprouesse incroyable pour la premiĂšre fois, un homme a fait le tour du monde. La15 [
] premiĂšre mappemonde2 , considĂ©rĂ©e Ă  son apparition comme une extravaganceet une hĂ©rĂ©sie, se trouve donc vĂ©rifiĂ©e l’action la plus hardie est venue confirmer lapensĂ©e la plus audacieuse. Du jour au lendemain la machine ronde3, la terraincognita, sur laquelle l’humanitĂ© pensante promenait sa marche incertaine etinquiĂšte, est devenue une rĂ©alitĂ©, un espace que l’on peut Ă©tudier et parcourir ;20 l’OcĂ©an, qui n’était que ce dĂ©sert infini de flots bleus dont parle la lĂ©gende antique,est devenu un Ă©lĂ©ment mesurable, mesurĂ©, un des plus prĂ©cieux auxiliaires del’homme. Le goĂ»t de l’aventure s’empare soudain de l’Europe ; on ne s’arrĂȘte plus,on ne souffle plus dans cette course effrĂ©nĂ©e Ă  la dĂ©couverte du Cosmos ».Chaque fois que les salves des canons de Cadix ou de Lisbonne saluent le retour25 d’un galion, une foule curieuse afflue dans le port pour avoir des nouvelles de cespays rĂ©cemment explorĂ©s, pour admirer ces oiseaux, ces animaux, ces hommesqu’elle n’a jamais vus ; elle frĂ©mit d’étonnement devant ces Ă©normes chargementsd’or et d’argent ; les nouvelles font le tour de l’Europe qui est maintenant, grĂące Ă l’hĂ©roĂŻsme de ses enfants, le centre du monde, la maĂźtresse de l’univers. Presque en30 mĂȘme temps, Copernic dĂ©couvre les orbites mystĂ©rieuses que dĂ©crivent les astres au-dessus de cette terre soudainement Ă©clairĂ©e par la science, et sesconnaissances, grĂące Ă  l’invention rĂ©cente de l’imprimerie, pĂ©nĂštrent avec unerapiditĂ© ignorĂ©e jusqu’alors dans les villes les plus Ă©loignĂ©es et dans les villages lesplus isolĂ©s de l’Occident pour la premiĂšre fois, l’Europe connaĂźt la fĂ©licitĂ© d’une vie35 collective chaque jour plus intense. Au cours d’une seule gĂ©nĂ©ration, les donnĂ©esprimitives d’apprĂ©ciation, l’espace et le temps, ont totalement changĂ© de valeur et demesure. Seule notre Ă©poque, qui voit le tĂ©lĂ©phone, la radio, l’auto et l’avion concouriravec la mĂȘme prĂ©cipitation Ă  la diminution du temps et de l’espace, a assistĂ© Ă  unsemblable changement du rythme de la Un Ă©largissement aussi brusque du monde extĂ©rieur doit fatalement avoircomme corollaire4 une profonde transformation du monde psychique. L’individu setrouve inconsciemment amenĂ© Ă  penser, Ă  calculer, Ă  vivre en se basant sur desdonnĂ©es diffĂ©rentes ; avant que le cerveau se soit adaptĂ© Ă  ce changement Ă  peineconcevable, il se manifeste dĂ©jĂ  une modification dans le domaine de l’ñme. Quand45 celle-ci perd brusquement sa mesure habituelle, quand elle sent glisser les lois et lesnormes ordinaires, il se produit tout d’abord chez elle une confusion inĂ©vitable, faited’inquiĂ©tude et d’ivresse. En une nuit, tout ce qui Ă©tait certain devient douteux, toutce qui date de la veille est pĂ©rimĂ©, d’un autre Ăąge ; les cartes de PtolĂ©mĂ©e, objet d’unimmuable respect de la part de vingt gĂ©nĂ©rations, se trouvent ridiculisĂ©es par50 Colomb et Magellan ; les traitĂ©s de cosmographie, d’astronomie, de gĂ©omĂ©trie, demĂ©decine, de mathĂ©matiques, auxquels on se conformait finalement depuis dessiĂšcles, que l’on tenait pour infaillibles, sont dĂ©passĂ©s, n’ont plus de valeur. Tout lepassĂ© se dessĂšche au souffle brĂ»lant des temps nouveaux. Finis les thĂšses et lescommentaires ; les anciennes autoritĂ©s, ces idoles vĂ©nĂ©rĂ©es, tombent en ruines, les55 tours en carton de la scolastique5 s’écroulent, l’horizon s’élargit. Un dĂ©sir fiĂ©vreux desavoir et de connaĂźtre naĂźt de cet afflux brutal de sang nouveau dans l’organismeeuropĂ©en, dont le pouls bat avec prĂ©cipitation. Et cette fiĂšvre communique uneimpulsion violente aux Ă©volutions en cours ; on dirait qu’une secousse sismique meten mouvement tout ce qui existe. Les rĂšgles lĂ©guĂ©es par le Moyen Âge se trouvent60 bouleversĂ©es les unes grandissent, les autres dĂ©clinent ; la chevalerie disparaĂźt, lesvilles aspirent Ă  se dĂ©velopper, les campagnes s’appauvrissent, le luxe et lecommerce sont prodigieusement florissants grĂące Ă  la navigation. La fermentationest de plus en plus violente, il se produit un bouleversement social semblable Ă  celuiqu’engendrent de nos jours l’irruption de la technique, son organisation et sa65 rationalisation trop rapides ; on est en prĂ©sence de l’un de ces momentscaractĂ©ristiques oĂč l’humanitĂ© se trouve en quelque sorte dĂ©passĂ©e par ses propresactes et doit faire appel Ă  toutes ses forces d’adaptation. Imputables dues Mappemonde globe reprĂ©sentant la Terre. La premiĂšre mappemonde a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e en 1490, deuxans avant la dĂ©couverte de l’ La machine ronde la Terre. 4 Corollaire ici, consĂ©quence. 5 Scolastique enseignement de l’universitĂ© du Moyen Âge. Essai À la Renaissance comme aujourd’hui, la dĂ©couverte de nouveaux horizonsn’apporte-t-elle que des bienfaits ?Vous dĂ©velopperez de maniĂšre organisĂ©e votre rĂ©ponse Ă  cette question en prenantappui sur Des Cannibales » de Montaigne, sur le texte de l’exercice de lacontraction et sur ceux que vous avez Ă©tudiĂ©s dans l’annĂ©e dans le cadre de l’objetd’étude La littĂ©rature d’idĂ©es du XVIĂšme au XVIIIĂšme siĂšcle ». Vous pourrez aussifaire appel Ă  vos lectures et Ă  votre culture personnelle. B- Jean de La Fontaine, Fables, Livres VII Ă  IX. Parcours Imagination et pensĂ©eau XVIIĂšme de Jean-François Dortier, L’homme descend du songe », Sciences humaines,n°174, aoĂ»t de texte Contraction de texte Vous rĂ©sumerez ce texte en 228 mots. Une tolĂ©rance de +/- 10 % est admise votretravail comptera au moins 205 et au plus 251 placerez un repĂšre dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez, Ă  la fin dela contraction, le nombre total de mots utilisĂ©s. Jorge Luis Borges aimait brouiller les pistes. Dans son recueil de nouvelles Fictions1941-1944, l’écrivain argentin nous entraĂźne dans d’étranges univers oĂč rĂ©alitĂ© et fictions’entremĂȘlent dans un abĂźme sans fin. La nouvelle Les Ruines circulaires » Ă©voquel’histoire d’un ascĂšte1 indien qui crĂ©e un autre homme en rĂȘve et lui donne vie
 avant de se5 demander si lui-mĂȘme ne serait pas qu’un rĂȘve. Le thĂšme est bien sĂ»r celui de la rĂ©alitĂ©fĂ©condĂ©e par l’imagination. [
]Un monde possible est un monde qui n’existe pas, mais qui pourrait exister. Parexemple, si l’anarchiste Gavrilo Princip n’avait pas assassinĂ© l’archiduc François-Ferdinandet il s’en est fallu de peu, il est possible que la guerre de 1914 n’ait pas eu lieu. En10 revanche, il n’est guĂšre envisageable que Superman soit intervenu tout Ă  coup dans le conflit pour venir en aide aux AlliĂ©s. VoilĂ  ce qui distingue les fictions rĂ©alistes de la littĂ©rature fantastique. Dans un cas, on y rencontre des personnages ordinaires, bien que fictifs, dans l’autre cas, on peut voir surgir Superman, la fĂ©e MĂ©lusine ou Roger Rabbit sans s’étonner outre Pendant longtemps, il fut aisĂ© de distinguer le rĂ©el de la fiction. L’un relevait des faits,l’autre de l’imaginaire. Le domaine de la fiction dĂ©signait toutes les Ɠuvres artistiques littĂ©rature, théùtre, science-fiction, lĂ©gende, auxquels on pouvait ajouter cinĂ©ma et BD. La non-fiction » comme on l’appelle aux Etats-Unis dĂ©signe le journalisme, l’histoire, le rĂ©citde vie, le journal et autres chroniques du monde rĂ©el. Les MisĂ©rables 1862 de Victor Hugo20 relĂšve de la fiction, ses Choses vues du journalisme avant l’heure. La fiction est le monde du romancier, du dessinateur, du rĂ©alisateur et des artistes en tout genre ; la description du rĂ©el revient aux ethnographes, sociologues, historiens, gĂ©ographes, soucieux de dĂ©crire le monde tel qu’il est. Jusque-lĂ , les choses paraissaient le rĂ©el a la fĂącheuse tendance Ă  ne pas se laisser dĂ©couper en tranches D’un cĂŽtĂ©, il est des fictions rĂ©alistes qui ressemblent trait pour trait au monde rĂ©el. D’ailleurs nombre d’écrivains racontent dans leurs romans des personnages rĂ©els, n’en changeant que le nom et l’environnement. D’un autre cĂŽtĂ©, documentaires, journalisme, ethnographies2 empruntent aux procĂ©dĂ©s de la fiction narration et formes styliques. Le courant du narrative journalism »3 suggĂšre de raconter les faits autour d’une intrigue. Les historiens30 admettent faire preuve d’imagination pour remplir quelques trous dans leur recherches ethnographiques sont elles-mĂȘmes suspectĂ©es de travestir quelquepeu le rĂ©el au profit de la cohĂ©rence ou de la beautĂ© du style. Clifford Geertz avait fait grandbruit en affirmant que derriĂšre l’apparente objectivitĂ© de ses descriptions, l’anthropologue4 se comporterait comme un auteur ». 1 AscĂšte personne qui dĂ©cide, dans une dĂ©marche religieuse ou spirituelle, de se priver de plaisirs. 2 Ethnographies Ă©tudes de la culture et des modes de vie des Narrative journalism journalisme qui applique les techniques du roman aux rĂ©cits des faits Anthropologue scientifique qui Ă©tudie les cultures humaines. Entre fictions et textes rĂ©fĂ©rentiels, les cartes se brouillant, il s’en est suivi un granddĂ©bat sur la notion de fiction, sa nature et ses Pourquoi la fiction ? Jean-Marie Schaeffer, l’un des principaux thĂ©oriciens en la30 matiĂšre, pense qu’il faut rĂ©inscrire la fiction dans une conception plus large que les seules Ɠuvres littĂ©raires et artistiques. La fiction renvoie plus gĂ©nĂ©ralement Ă  la puissanceimaginative de l’humain. Elle dĂ©bute avec les jeux d’enfants et se poursuit tout au long de lavie avec les rĂȘves, les loisirs, les projets qui alimentent nos vies. Cette perspective vise Ă dĂ©gager la fiction des Ă©tudes littĂ©raires pour l’inscrire dans un champ anthropologique plus35 large et nous faire comprendre son rĂŽle central dans la culture humaine ».Cette approche est celle de plusieurs auteurs contemporains pour qui la capacitĂ© Ă imaginer et crĂ©er des fictions serait l’aptitude qui distinguerait le mieux les humains du reste du genre animal. [
] Et de nombreux arguments psychologiques et anthropologiquespeuvent ĂȘtre invoquĂ©s pour faire de l’homme une machine Ă  idĂ©es » qui dĂ©tient, par sa40 capacitĂ© Ă  produire des images mentales, la possibilitĂ© d’inventer des mondes virtuels, de se projeter mentalement dans le passĂ©, le futur, l’ailleurs et des possibles. Ce que l’on entend par fiction ne serait donc qu’une province5 d’une aptitude gĂ©nĂ©rale Ă  se projeter hors de soi, donnant naissance tout Ă  la fois au langage, Ă  l’art, aux techniques, aux pensĂ©es intĂ©rieures et autres rĂȘves, fantasmes et ruminations La fiction fait partie de nos vies. Le goĂ»t des humains pour la fiction et les mondesvirtuels n’est sans doute pas apparu pour nous distraire d’une vie quotidienne ennuyeuse. Le pouvoir de la fiction, c’est celui de crĂ©er des objets et de former des projets. Les utopiespuisent Ă  la mĂȘme source mentale que les plans d’ingĂ©nieurs. Le pouvoir de la fiction estcelui de nous permettre des expĂ©riences de pensĂ©e, d’émettre des hypothĂšses, de50 construire des scĂ©narios contrefactuels que se passerait-il si ? », mais aussi, bien desauteurs l’ont notĂ©, de nous faire dĂ©couvrir le rĂ©el sous un nouvel angle romans et films nous permettent d’expĂ©rimenter des situations nouvelles, de nous forger des modĂšles deconduites c’est le rĂŽle des mythes et Ă©popĂ©es. VoilĂ  pourquoi la fiction est organiquementliĂ©e Ă  nos existences. Cette vie qui est la mienne est aussi le produit de mes rĂȘves. 55L’homme est un affabulateur6 par nature, un invĂ©tĂ©rĂ© raconteur d’histoires7 , un ĂȘtre fictionnel. Comme l’écrivain Antoine Blondin l’avait joliment dit L’homme descend du songe. » 920 mots Essai Selon vous, l’imagination ne sert-elle qu’à fuir la rĂ©alitĂ© ?Vous dĂ©velopperez de maniĂšre organisĂ©e votre rĂ©ponse Ă  cette question en prenant appui sur les livres VII Ă  IX des Fables de La Fontaine, sur le texte de l’exercice de la contraction et sur ceux que vous avez Ă©tudiĂ©s dans le cadre de l’objet d’étude La littĂ©rature d’idĂ©es du XVIĂšme au XVIIIĂšme siĂšcle ». Vous pourrez aussi faire appel Ă  vos lectures et Ă  votre culture personnelle. C- Voltaire, L’IngĂ©nu. Parcours Voltaire, esprit des de Tzvetan Todorov, Les LumiĂšres, des idĂ©es pour demain », TĂ©lĂ©rama horssĂ©rie, 2006. Contraction de texte Vous rĂ©sumerez ce texte en 230 mots. Une tolĂ©rance de +/- 10% est admise votre travailcomptera au moins 207 mots et au plus 253 placerez un repĂšre dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez, Ă  la fin de lacontraction, le nombre total de mots utilisĂ©s. L’esprit des LumiĂšres, tel qu’on peut le dĂ©crire aujourd’hui, comporte unecaractĂ©ristique problĂ©matique on en trouve les ingrĂ©dients Ă  des Ă©poques variĂ©es, danstoutes les grandes civilisations du monde. Et pourtant il s’agit aussi d’un fait historique qui apris corps Ă  un moment prĂ©cis, au XVIIIĂšme siĂšcle, et dans un lieu particulier, l’Europe5 pensĂ©e des LumiĂšres est universelle, mĂȘme si on ne peut l’observer partout ettoujours. Il ne s’agit pas seulement des pratiques qui la prĂ©supposent, mais aussi d’une prise de conscience thĂ©orique. On en trouve les traces dĂšs le IIIĂšme siĂšcle avant JĂ©sus-Christ, en Inde, dans les prĂ©ceptes adressĂ©s aux empereurs ou dans les Ă©dits que ceux-ci 10 diffusent ; ou encore chez les penseurs libres » de l’islam aux VIII-XĂšme siĂšcles ; ou pendant le renouveau du confucianisme sous les Song, en Chine, aux XI-XIIĂšme siĂšcles ; ou dans les mouvements d’hostilitĂ© Ă  l’esclavage, en Afrique noire, au XVIIĂšme siĂšcle et au dĂ©but du XVIIIĂšme siĂšcle. ÉnumĂ©rons, un peu au hasard, quelques-uns de ces Ă©lĂ©ments de doctrine provenant des contrĂ©es les plus Tel est le cas des recommandations de tolĂ©rance religieuse liĂ©es Ă  la pluralitĂ© desreligions pratiquĂ©es sur un mĂȘme territoire brahmanisme et bouddhisme en Inde,confucianisme et bouddhisme en Chine, prĂ©sence de musulmans, de juifs, de chrĂ©tiens, dezoroastriens, de manichĂ©ens sur ce que sont devenues les terres de l’islam ; ou encore, enAfrique noire, co-prĂ©sence de l’islam et des traditions paĂŻennes. Partout on constate –20 comme on le dira souvent en Europe au XVIIIĂšme siĂšcle – que la tolĂ©rance est, pour tous, prĂ©fĂ©rable Ă  la guerre et aux persĂ©cutions. Une autre exigence, probablement liĂ©e Ă  laprĂ©cĂ©dente, concerne la nĂ©cessitĂ© de sĂ©parer le politique et le thĂ©ologique, le pouvoir del’État et celui de la religion. On souhaite que la sociĂ©tĂ© des hommes soit dirigĂ©e sur la basede principes purement humains – et donc que le pouvoir sur terre soit entre les mains du25 Prince plutĂŽt qu’entre celles des intermĂ©diaires avec l’ du pouvoir politique, autonomie aussi de la connaissance. Ainsi de l’idĂ©e,prĂ©sente en Inde, que le roi ne doit pas se soumettre Ă  la tradition, aux prĂ©sages ou aumessage des astres, mais qu’il doit faire confiance Ă  la seule investigation rationnelle. Ouencore de la dĂ©fense, au IXĂšme siĂšcle, par le cĂ©lĂšbre mĂ©decin arabe Al-Razi, du savoir30 strictement humain, puisĂ© dans l’expĂ©rience et encadrĂ© par la seule raison. En Chine, lesnombreuses inventions techniques tĂ©moignent d’une attitude de libre recherche dans ledomaine du savoir. Il en va de mĂȘme des progrĂšs accomplis dans le monde islamique pardes sciences comme les mathĂ©matiques, l’astronomie, l’optique, la autre trait Ă©galement rĂ©pandu concerne la pensĂ©e mĂȘme de l’universalitĂ© de35 l’égale dignitĂ© de tous les ĂȘtres humains, des fondements universels de la morale, et donc de l’unitĂ© du genre humain. Il n’y a pas d’activitĂ© supĂ©rieure Ă  faire le bien du mondeentier », dĂ©clare l’empereur indien Asoka, au IIIĂšme siĂšcle av. J-C. C’est cette pensĂ©e del’universalitĂ© qui devient aussi le point de dĂ©part du combat contre l’esclavage en Afrique. En 1615, Ă  Tombouctou, Ahmed Baba Ă©crit un traitĂ© qui plaide pour l’égalitĂ© des races, en40 refusant donc toute lĂ©gitimitĂ© aux pratiques manifestations que je rĂ©unis un peu arbitrairement ici Ă  partir de ce que nousjugeons ĂȘtre l’esprit des LumiĂšres europĂ©ennes jouent un rĂŽle plus ou moins fort, plus oumoins durable. En Inde, la recommandation adressĂ©e au monarque de privilĂ©gierl’investigation rationnelle au dĂ©triment des croyances et des superstitions lui est rĂ©servĂ©e,45 elle ne sera pas gĂ©nĂ©ralisĂ©e Ă  toute la population. Si proximitĂ© avec les LumiĂšres il y a, ce sera essentiellement avec ce qu’on appelle le despotisme Ă©clairĂ© ». Les penseurs libresmusulmans sont sĂ©vĂšrement rĂ©primĂ©s Ă  partir du XĂšme siĂšcle. Le rapprochement le plussignificatif reste avec l’enseignement confucĂ©en en Chine, qui concerne par principe unmonde naturel et humain, et qui pose comme but le perfectionnement de la personne,50 comme moyens, l’éducation et le travail. Ce n’est pas un hasard si les philosopheseuropĂ©ens du XVIIIĂšme siĂšcle Ă©prouvent une sympathie particuliĂšre pour le modĂšle »chinois dont ils ont, il faut l’admettre, une idĂ©e assez approximative.Ces dĂ©veloppements multiples tĂ©moignent de l’universalitĂ© des idĂ©es des LumiĂšres,nullement apanage1 des seuls EuropĂ©ens. Pourtant, c’est bien en Europe qu’au XVIIIĂšme55 siĂšcle ce mouvement s’accĂ©lĂšre et se renforce, c’est lĂ  que se formule la grande synthĂšse de pensĂ©e qui se rĂ©pand ensuite sur tous les continents d’abord en AmĂ©rique du Nord, ensuite en Europe mĂȘme, en AmĂ©rique latine, en Asie, en Afrique. On ne peut manquer de se poser la question pourquoi en Europe plutĂŽt qu’ailleurs, par exemple en Chine ? Sans vouloir trancher cette question difficile les mutations historiques sont des phĂ©nomĂšnes60 complexes, aux causes multiples, voire contradictoires, on peut signaler un trait prĂ©sent en Europe et absent ailleurs c’est l’autonomie politique, celle du peuple et celle de l’individu – auquel il faut donner une place au sein de la sociĂ©tĂ© et non en dehors d’elle comme cela pouvait ĂȘtre le cas des renonçants » en Inde, des mystiques en terre d’islam, des moines en Chine. Le propre des LumiĂšres europĂ©ennes est d’avoir prĂ©parĂ© l’avĂšnement de ces notions l’individu, la dĂ©mocratie. Notes 1 Apanage privilĂšge, monopole. 921 mots Essai Selon vous, l’esprit des LumiĂšres est-il toujours actuel ?Vous dĂ©velopperez de maniĂšre organisĂ©e votre rĂ©ponse Ă  cette question en prenant appuisur L’IngĂ©nu de Voltaire, sur le texte de l’exercice de la contraction et sur ceux que vousavez Ă©tudiĂ©s dans l’annĂ©e dans le cadre de l’objet d’étude La littĂ©rature d’idĂ©es du XVIĂšmeau XVIIIĂšme siĂšcle ». Vous pourrez aussi faire appel Ă  vos lectures et Ă  votre culturepersonnelle. Nous espĂ©rons que ce sujet bac francais 2020 STMG et sĂ©ries technologiques a pu t’ĂȘtre utile. Pour aller plus loin –Les Ă©preuves du bac de français 2020 prĂ©sentation, coefficients
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Re 1re Les fables + parcours par Garance Lun 05 AoĂ» 2019, 1710pour mes 3 lectures linĂ©aires du parcours, je compte utiliser La BruyĂšre [1645 1696] Les CaractĂšres ou les MƓurs de ce SiĂšcle » -1688 - Chapitre XII Des Jugements » - remarque 119 –VI - Vous dites d'un tiercelet de faucon qui est fort lĂ©ger, et qui fait une belle descente sur la perdrix VoilĂ  un bon oiseau» ; et d'un lĂ©vrier qui prend un liĂšvre corps Ă  corps C'est un bon lĂ©vrier». Je consens aussi que vous disiez d'un homme qui court le sanglier, qui le met aux abois, qui l'atteint et qui le perce VoilĂ  un brave homme.» Mais si vous voyez deux chiens qui s'aboient, qui s'affrontent, qui se mordent et se dĂ©chirent, vous dites VoilĂ  de sots animaux», et vous prenez un bĂąton pour les sĂ©parer. Que si l'on vous disait que tous les chats d'un grand pays se sont assemblĂ©s par milliers dans une plaine, et qu'aprĂšs avoir miaulĂ© tout leur soĂ»l, ils se sont jetĂ©s avec fureur les uns sur les autres, et ont jouĂ© ensemble de la dent et de la griffe ; que de cette mĂȘlĂ©e il est demeurĂ© de part et d'autre neuf Ă  dix mille chats sur la place, qui ont infectĂ© l'air Ă  dix lieues de lĂ  par leur puanteur, ne diriez-vous pas "VoilĂ  le plus abominable sabbat dont on ait jamais ouĂŻ parler ?» Et si les loups en faisaient de mĂȘme Quels hurlements, quelle boucherie ! » Et si les uns ou les autres vous disaient qu'ils aiment la gloire, concluriez-vous de ce discours qu'ils la mettent Ă  se trouver Ă  ce beau rendez-vous Ă  dĂ©truire ainsi, et Ă  anĂ©antir leur propre espĂšce ; ou prĂšs l'avoir conclu ne ririez-vous pas de tout votre cƓur de l'ingĂ©nuitĂ© de ces pauvres bĂȘtes ? Vous avez dĂ©jĂ , en animaux raisonnables, et pour vous distinguer de ceux qui ne se servent que de leurs dents et de leurs ongles ; imaginĂ© les lances ; les piques, les dards, les sabres et les cimeterres, et Ă  mon grĂ© fort judicieusement ; car avec vos seules mains que pouviez-vous vous faire les uns aux autres, que vous arracher les cheveux, vous Ă©gratigner au visage, ou tout au plus vous arracher les yeux de la tĂȘte ? au lieu que vous voilĂ  munis d'instruments commodes, qui vous servent Ă  vous faire rĂ©ciproquement de larges plaies, d'oĂč peut couler votre sang jusqu'Ă  la derniĂšre goutte, sans que vous puissiez craindre d'en Ă©chapper. Mais, comme vous devenez d'annĂ©e Ă  autre plus raisonnables, vous avez bien enchĂ©ri sur cette vieille maniĂšre de vous exterminer vous avez de petits globes qui vous tuent tout d'un coup, s'ils peuvent seulement vous atteindre Ă  la tĂȘte ou Ă  la poitrine ; vous en avez d'autres plus pesants et plus massifs, qui vous coupent en deux parts ou qui vous Ă©ventrent, sans compter ceux qui, tombant sur vos toits, enfoncent les planchers, vont du grenier Ă  la cave, en enlevant les voĂ»tes, et font sauter en l'air, avec vos femmes, l'enfant et la nourrice ; et c'est lĂ  encore oĂč gĂźt la gloire ; elle aime le remue-mĂ©nage, et elle est personne d'un grand fracas.[ ... ]Fontenelle, Histoire des oracles , PremiĂšre dissertation, chapitre IV 1687. Assurons-nous bien du fait, avant que de nous inquiĂ©ter de la cause. Il est vrai que cette mĂ©thode est bien lente pour la plupart des gens, qui courent naturellement Ă  la cause, et passent par-dessus la vĂ©ritĂ© du fait, mais enfin nous Ă©viterons le ridicule d'avoir trouvĂ© la cause de ce qui n'est point. Ce malheur arriva si plaisamment sur la fin du siĂšcle passĂ© Ă  quelques savants d'Allemagne, que je ne puis m'empĂȘcher d'en parler ici. En 1593, le bruit courut que les dents Ă©tant tombĂ©es Ă  un enfant de SilĂ©sie , ĂągĂ© de sept ans, il lui en Ă©tait venu une d'or, Ă  la place d'une de ses grosses dents. Horstius, professeur en mĂ©decine dans l’UniversitĂ© de Helmstad , Ă©crivit en 1595 l'histoire de cette dent, et prĂ©tendit qu'elle Ă©tait en partie naturelle, en partie miraculeuse , et qu'elle avait Ă©tĂ© envoyĂ©e de Dieu Ă  cet enfant pour consoler les ChrĂ©tiens affligĂ©s par les Turcs. Figurez-vous quelle consolation, et quel rapport de cette dent aux ChrĂ©tiens, ni aux Turcs. En la mĂȘme annĂ©e, afin que cette dent d'or ne manquĂąt pas d'historiens, Rullandus en Ă©crit encore l'histoire. Deux ans aprĂšs, Ingolsteterus, autre savant, Ă©crit contre le sentiment que Rullandus avait de la dent d'or, et Rullandus fait aussitĂŽt une belle et docte rĂ©plique. Un autre grand homme nommĂ© Libavius ramasse tout ce qui avait Ă©tĂ© dit de la dent et y ajoute son sentiment particulier. Il ne manquait autre chose Ă  tant de beaux ouvrages, sinon qu'il fĂ»t vrai que la dent Ă©tait d'or. Quand un orfĂšvre l'eut examinĂ©e, il se trouva que c'Ă©tait une feuille d'or appliquĂ©e Ă  la dent avec beaucoup d'adresse; mais on commença par faire des livres, et puis on consulta l'orfĂšvre. Rien n'est plus naturel que d'en faire autant sur toutes sortes de matiĂšres. Je ne suis pas si convaincu de notre ignorance par les choses qui sont, et dont la raison nous est inconnue, que par celles qui ne sont point, et dont nous trouvons la raison. Cela veut dire que non seulement nous n'avons pas les principes qui mĂšnent au vrai, mais que nous en avons d'autres qui s'accommodent trĂšs bien avec le faux. Et Pascal, C’est cette partie dominante dans l’homme, cette maĂźtresse d’erreur et de faussetĂ©, et d’autant plus fourbe qu’elle ne l’est pas toujours, car elle serait rĂšgle infaillible de vĂ©ritĂ© si elle l’était infaillible du mensonge. Mais Ă©tant le plus souvent fausse, elle ne donne aucune marque de sa qualitĂ©, marquant du mĂȘme caractĂšre le vrai et le faux. Je ne parle pas des fous, je parle des plus sages et c’est parmi eux que l’imagination a le grand droit de persuader les hommes. La raison a beau crier, elle ne peut mettre le prix aux superbe puissance ennemie de la raison, qui se plaĂźt Ă  la contrĂŽler et Ă  la dominer, pour montrer combien elle peut en toutes choses, a Ă©tabli dans l’homme une seconde nature. Elle a ses heureux, ses malheureux, ses sains, ses malades, ses riches, ses pauvres. Elle fait croire, douter, nier la raison. Elle suspend les sens, elle les fait sentir. Elle a ses fous et ses sages, et rien ne nous dĂ©pite davantage que de voir qu’elle remplit ses hĂŽtes d’une satisfaction bien autrement pleine et entiĂšre que la raison. Les habiles par imagination se plaisent tout autrement Ă  eux mĂȘmes que les prudents ne se peuvent raisonnablement plaire. Ils regardent les gens avec empire, ils disputent avec hardiesse et confiance, les autres avec crainte et dĂ©fiance. Et cette gaietĂ© de visage leur donne souvent l’avantage dans l’opinion des Ă©coutants, tant les sages imaginaires ont de faveur auprĂšs des juges de mĂȘme ne peut rendre sages les fous, mais elle les rend heureux, Ă  l’envi de la raison, qui ne peut rendre ses amis que misĂ©rables, l’une les couvrant de gloire, l’autre de dispense la rĂ©putation, qui donne le respect et la vĂ©nĂ©ration aux personnes, aux ouvrages, aux lois, aux grands, sinon cette facultĂ© imaginante ? Combien toutes les richesses de la terre insuffisantes sans son diriez vous pas que ce magistrat dont la vieillesse vĂ©nĂ©rable impose le respect Ă  tout un peuple se gouverne par une raison pure et sublime et qu’il juge des choses par leur nature sans s’arrĂȘter Ă  ces vaines circonstances qui ne blessent que l’imagination des faibles ? Voyez le entrer dans un sermon oĂč il apporte un zĂšle tout dĂ©vot, renforçant la soliditĂ© de sa raison par l’ardeur de sa charitĂ©. Le voilĂ  prĂȘt Ă  l’ouĂŻr avec un respect exemplaire. Que le prĂ©dicateur vienne Ă  paraĂźtre, si la nature lui a donnĂ© une voix enrouĂ©e et un tour de visage bizarre, que son barbier l’ait mal rasĂ©, si le hasard l’a encore barbouillĂ© de surcroĂźt, quelques grandes vĂ©ritĂ©s qu’il annonce, je parie la perte de la gravitĂ© de notre plus grand philosophe du monde sur une planche plus large qu’il ne faut, s’il y a au dessous un prĂ©cipice, quoique sa raison le convainque de sa sĂ»retĂ©, son imagination prĂ©vaudra. Plusieurs n’en sauraient soutenir la pensĂ©e sans pĂąlir et ne veux pas rapporter tous ses effets. Qui ne sait que la vue des chats, des rats, l’écrasement d’un charbon, etc. emportent la raison hors des gonds. Le ton de voix impose aux plus sages et change un discours et un poĂšme de force. L’affection ou la haine changent la justice de face. Et combien un avocat bien payĂ© par avance trouve t il plus juste la cause qu’il plaide ! Combien son geste hardi la fait il paraĂźtre meilleure aux juges dupĂ©s par cette apparence ! Plaisante raison qu’un vent manie et Ă  tout sens ! Je rapporterais presque toutes les actions des hommes, qui ne branlent presque que par ses secousses. Car la raison a Ă©tĂ© obligĂ©e de cĂ©der, et la plus sage prend pour ses principes ceux que l’imagination des hommes a tĂ©mĂ©rairement introduits en chaque lieu. LesFables de La Fontaine Ă  la loupe ; Une oeuvre, un parcours ; Des ouvrages clairs, concis et accessibles destinĂ©s aux Ă©lĂšves pour leur fournir l'essentiel sur l'oeuvre et le parcours associĂ© pour le Bac de français 1re ; Sous forme de fiches en couleurs, ils proposent : - RepĂšres sur La Fontaine et le contexte historique des Fables ; - INSTRUIRE ET PLAIRELes auteurs des XVIIĂšme et XVIIIĂšme siĂšcles ne pouvaient se satisfaire pleinement du discours didactique sĂ©rieux ils ont donc conçu des stratĂ©gies qui servaient leur engagement et mĂ©nageaient le plaisir de la AUX ARMES DE L'ESPRITHĂ©ritiĂšre de l'apologue antique, la fable emprunte chez Jean de La Fontaine cent masques divers, et se glisse dans les allĂ©es du pouvoir. Charles Perrault, de son cĂŽtĂ©, redonne vie au conte populaire et Voltaire, un peu plus tard, mĂȘle critique et fantaisie, dans le conte philosophique. D'autres, pendant ce temps, tracent des chemins originaux, prĂ©fĂ©rant les formes brĂšves ou dialoguĂ©es. DES FABLES POUR PLAIRE ET INSTRUIRE...Sources anciennes Lorsqu'en 1668 paraĂźt le recueil intitulĂ© Fables choisies mises en vers par M. de La Fontaine, leur auteur a 47 ans. Le genre n'est pas nouveau le Grec ESOPE VIĂšme siĂšcle av. vient d'ĂȘtre traduit en latin et un autre fabuliste, PHEDRE Latin du 1er siĂšcle ap. avait enseignĂ© une morale en privilĂ©giant la mise en scĂšne d'animaux. La Fontaine reconnaĂźt qu'il imite ces grands prĂ©dĂ©cesseurs, mais il revendique une volontĂ© nouvelle avec le "charme et l'air agrĂ©able" de la poĂ©sie, "habiller des livrĂ©es des Muses", des historiettes destinĂ©es Ă  "instruire et plaire".240 fables en 25 ans !Le succĂšs des six premiers livres du 1er recueil est immĂ©diat aprĂšs deux rĂ©impressions de 1668, il y aura trois rééditions l'annĂ©e suivante. DĂ©sormais, La Fontaine ne cesse plus de composer son intense activitĂ© poĂ©tique donne naissance, en mai 1678, aux livres VII et VIII de la nouvelle Ă©dition, suivis en 1679 des livres IX Ă  XI. Le livre XII clĂŽt le recueil de lyriques, satiriques ou philosophiques..."Je me sers d'animaux pour instruire les hommes", affirme le fabuliste. Il renoue avec la fable animaliĂšre cf. ESOPE ou PHEDRE, les animaux sont les protagonistes privilĂ©giĂ©s et sont dotĂ©s de caractĂ©ristiques traditionnelles qui permettent de glisser des critiques et de faire rĂ©flĂ©chir sur les comportements. La fantaisie poĂ©tique s'Ă©panouit en une "comĂ©die Ă  cent actes divers", dont les acteurs se nomment "Le Corbeau et le Renard", "Le Loup et le Chien", mais aussi "L'HuĂźtre et les plaideurs", "Le ChĂȘne et le Roseau"...La 2Ăšme livraison des Fables ajoute une autre source d'inspiration l'Indien PILPAY IIIĂšme siĂšcle. Les sujets sont dĂ©sormais plus politiques, religieux et philosophiques, la poĂ©sie Ă©lĂ©giaque fait son apparition "Les Animaux malades de la peste", "Le Vieillard et les trois jeunes gens", "Les Deux Pigeons" notamment appartiennent Ă  cette galerie de nouveaux aussi chez PILPAY que La Fontaine trouvera ses modĂšles pour les fables du livre XII l'intervention du fabuliste se fait plus nette et la rĂ©flexion philosophique domine dans "Le Cerf malade", "Le Singe" ou "Le Philosophe scythe".Le corps et l'Ăąme de la fableLues et Ă©tudiĂ©es dans les Ă©coles du vivant de leur auteur, les Fables accompagnĂšrent par la suite des gĂ©nĂ©rations d'Ă©lĂšves dans l'apprentissage de la nature humaine et de la vie en sociĂ©tĂ©. Les Fables ont une apparence simple l'univers des animaux est proche de l'enfance, la leçon est souvent donnĂ©e explicitement Ă  la fin... Pourtant elles sont souvent plus ambiguĂ«s qu'il n'y paraĂźt. Elles recĂšlent des nuances subtiles. OEuvre ouverte, parfois contradictoire, jamais dĂ©finitive, les Fables sont tantĂŽt lues comme un Ă©loge appuyĂ© de l'ordre monarchique, tantĂŽt comprises comme une dĂ©nonciation des abus de ce mĂȘme pouvoir. Elles posent aussi sur l'humanitĂ© un regard sombre et fĂ©roce. La satire permet Ă©galement de se moquer des petits et des grands travers des les Fables sont d'abord une oeuvre poĂ©tique utilisant toutes les ressources de la mĂ©trique, jouant sur les rythmes et les sonoritĂ©s, elles crĂ©ent un univers autonome. Les hommes et les animaux surgissent dans la vĂ©ritĂ© de leur caractĂšre, au milieu de paysages familiers, et toujours sous le regard amusĂ© de La Fontaine. QUAND LA FONTAINE FAIT L’ELOGE DE L’APOLOGUE 
L'apologue est composĂ© de deux parties, dont on peut appeler l'une le corps, l'autre l'Ăąme. Le corps est la fable ; l'Ăąme, la moralitĂ©. PrĂ©face des FablesPlutĂŽt que d'ĂȘtre rĂ©duits Ă  corriger nos habitudes, il faut travailler Ă  les rendre bonnes pendant qu'elles sont encore indiffĂ©rentes au bien ou au mal. Or quelle mĂ©thode y peut contribuer plus utilement que ces fables ? Dites Ă  un enfant que Crassus, allant contre les Parthes, s'engagea dans leur pays sans considĂ©rer comment il en sortirait ; que cela le fit pĂ©rir, lui et son armĂ©e, quelque effort qu'il fit pour se retirer. Dites au mĂȘme enfant que le renard et le bouc descendirent au fond d'un puits pour y Ă©teindre leur soif ; que le renard en sortit s'Ă©tant servi des Ă©paules et des cornes de son camarade comme d'une Ă©chelle ; au contraire, le bouc y demeura pour n'avoir pas eu tant de prĂ©voyance ; et par consĂ©quent il faut considĂ©rer en toute chose la fin . Je demande lequel de ces deux exemples fera le plus d'impression sur cet enfant ne s'arrĂȘtera-t-il pas au dernier, comme plus conforme et moins disproportionnĂ© que l'autre Ă  la petitesse de son esprit ? PrĂ©face des FablesS'il y a quelque chose d'ingĂ©nieux dans la rĂ©publique des lettres, on peut dire que c'est la maniĂšre dont Esope a dĂ©bitĂ© sa morale. Il serait vĂ©ritablement Ă  souhaiter que d'autres mains que les miennes y eussent ajoutĂ© les ornements de la poĂ©sie, puisque le plus sage des anciens a jugĂ© qu'ils n'y Ă©taient pas inutiles. J'ose, Monseigneur, vous en prĂ©senter quelques essais. C'est un entretien convenable Ă  vos premiĂšres annĂ©es. Vous ĂȘtes en un Ăąge oĂč l'amusement et les jeux sont permis aux princes; mais en mĂȘme temps, vous devez donner quelques unes de vos pensĂ©es Ă  des rĂ©flexions sĂ©rieuses. Tout cela se rencontre aux fables que nous devons Ă  Esope. L'apparence en est puĂ©rile, je le confesse, mais ces puĂ©rilitĂ©s servent d'enveloppe Ă  des vĂ©ritĂ©s importantes. [
] DĂ©dicace des Fables A Monseigneur le DauphinLes fables ne sont pas ce qu'elles semblent ĂȘtre ;Le plus simple animal nous y tient lieu de morale nue apporte de l'ennui Le conte fait passer le prĂ©cepte avec ces sortes de feinte il faut instruire et plaire,Et conter pour conter me semble peu d' par cette raison qu'Ă©gayant leur esprit,Nombre de gens fameux en ce genre ont ont fui l'ornement et le trop d' ne voit point chez eux de parole perdue. DĂ©but de la fable Le pĂątre et le lion, Livre VIL'apologue est un don qui vient des Immortels; Ou, si c'est un prĂ©sent des hommes,Quiconque nous l'a fait mĂ©rite des autels Nous devons, tous tant que nous sommes, Eriger en divinitĂ©Le sage par qui fut ce bel art proprement un charme il rend l'Ăąme attentive, Ou plutĂŽt il la tient captive, Nous attachant Ă  des rĂ©citsQui mĂšnent Ă  son grĂ© les coeurs et les esprits.DĂ©dicace du second recueil des Fables Ă  Mme de Montespan SATIREPiĂšce de vers oĂč l'auteur attaque les vices et les ridicules de son temps. Pamphlet ordinairement mĂȘlĂ© de prose et de vers, dans lequel on s'attaque aux mƓurs publiques. Écrit, propos, Ɠuvre par lesquels on raille ou on critique vivement quelqu'un ou quelque chose par exemple un film peut ĂȘtre une satire des mƓurs LA FONTAINE dans ses Fables, VOLTAIRE dans ses contes philosophiques, mettent en oeuvre une plume satirique ils recourent volontiers Ă  l'ironie ce qui exige du lecteur un dĂ©cryptage du texte mais aussi au registre satirique. En effet, ils s'ingĂ©nient Ă  ridiculiser les travers de la sociĂ©tĂ© et des hommes. Ainsi le moraliste et le philosophe amĂšnent le lecteur Ă  dĂ©gager l'implicite de leurs rĂ©cits. La lecture doit donc ĂȘtre active et vigilante puisqu'il faut repĂ©rer les indices de l'ironie et les procĂ©dĂ©s de la satire. La dimension critique des fables et des contes philosophiques demande une attention aiguĂ« car il faut ĂȘtre en mesure de reformuler explicitement les messages critiques sous-entendus. LA FONTAINE recourt aussi assez souvent au discours indirect libre pour mettre Ă  distance des propos qui doivent nous paraĂźtre scandaleux, comme lors des rĂ©actions des courtisans dans "Les Animaux malades de la peste" pour dĂ©signer le pauvre Ane - qui n'est guĂšre coupable en vĂ©ritĂ© mais qui sera sacrifiĂ© par la communautĂ© animale - , le fabuliste use des mots "pelĂ©", "galeux", "maudit animal" pour traduire les propos haineux de ses attaquants. La Fontaine donne Ă  entendre la mauvaise foi des puissants qui s'en prennent aisĂ©ment aux petites gens pour conjurer les flĂ©aux tels que la peste. La morale explicite confirme cette lecture et l'enjeu critique de la fable "Selon que vous serez puissant ou misĂ©rable Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir." LA FONTAINE L'Homme et la CouleuvreUn Homme vit une Couleuvre. Ah ! mĂ©chante, dit-il, je m'en vais faire une oeuvre AgrĂ©able Ă  tout l'univers. A ces mots, l'animal pervers C'est le serpent que je veux dire Et non l'homme on pourrait aisĂ©ment s'y tromper, A ces mots, le serpent, se laissant attraper, Est pris, mis en un sac ; et, ce qui fut le pire, On rĂ©solut sa mort, fĂ»t-il coupable ou non. Afin de le payer toutefois de raison, L'autre lui fit cette harangue Symbole des ingrats, ĂȘtre bon aux mĂ©chants, C'est ĂȘtre sot, meurs donc ta colĂšre et tes dents Ne me nuiront jamais. Le Serpent, en sa langue, Reprit du mieux qu'il put S'il fallait condamner Tous les ingrats qui sont au monde, A qui pourrait-on pardonner ? Toi-mĂȘme tu te fais ton procĂšs. Je me fonde Sur tes propres leçons ; jette les yeux sur toi. Mes jours sont en tes mains, tranche-les ta justice, C'est ton utilitĂ©, ton plaisir, ton caprice ; Selon ces lois, condamne-moi ; Mais trouve bon qu'avec franchise En mourant au moins je te dise Que le symbole des ingrats Ce n'est point le serpent, c'est l'homme. Ces paroles Firent arrĂȘter l'autre ; il recula d'un pas. Enfin il repartit Tes raisons sont frivoles Je pourrais dĂ©cider, car ce droit m'appartient ; Mais rapportons-nous-en. Soit fait, dit le reptile. Une Vache Ă©tait lĂ , l'on l'appelle, elle vient ; Le cas est proposĂ© ; c'Ă©tait chose facile Fallait-il pour cela, dit-elle, m'appeler ? La Couleuvre a raison ; pourquoi dissimuler ? Je nourris celui-ci depuis longues annĂ©es ; Il n'a sans mes bienfaits passĂ© nulles journĂ©es ; Tout n'est que pour lui seul ; mon lait et mes enfants Le font Ă  la maison revenir les mains pleines ; MĂȘme j'ai rĂ©tabli sa santĂ©, que les ans Avaient altĂ©rĂ©e, et mes peines Ont pour but son plaisir ainsi que son besoin. Enfin me voilĂ  vieille ; il me laisse en un coin Sans herbe ; s'il voulait encor me laisser paĂźtre ! Mais je suis attachĂ©e ; et si j'eusse eu pour maĂźtre Un serpent, eĂ»t-il su jamais pousser si loin L'homme, tout Ă©tonnĂ© d'une telle sentence, Dit au Serpent Faut-il croire ce qu'elle dit ? C'est une radoteuse ; elle a perdu l'esprit. Croyons ce Boeuf. Croyons, dit la rampante bĂȘte. Ainsi dit, ainsi fait. Le Boeuf vient Ă  pas lents. Quand il eut ruminĂ© tout le cas en sa tĂȘte, Il dit que du labeur des ans Pour nous seuls il portait les soins les plus pesants, Parcourant sans cesser ce long cercle de peines Qui, revenant sur soi, ramenait dans nos plaines Ce que CĂ©rĂšs nous donne, et vend aux animaux ; Que cette suite de travaux Pour rĂ©compense avait, de tous tant que nous sommes, Force coups, peu de grĂ© ; puis, quand il Ă©tait vieux, On croyait l'honorer chaque fois que les hommes Achetaient de son sang l'indulgence des Dieux. Ainsi parla le Boeuf. L'Homme dit Faisons taire Cet ennuyeux dĂ©clamateur ; Il cherche de grands mots, et vient ici se faire, Au lieu d'arbitre, accusateur. Je le rĂ©cuse aussi. L'arbre Ă©tant pris pour juge, Ce fut bien pis encore. Il servait de refuge Contre le chaud, la pluie, et la fureur des vents ; Pour nous seuls il ornait les jardins et les champs. L'ombrage n'Ă©tait pas le seul bien qu'il sĂ»t faire ; Il courbait sous les fruits ; cependant pour salaire Un rustre l'abattait, c'Ă©tait lĂ  son loyer, Quoique pendant tout l'an libĂ©ral il nous donne Ou des fleurs au Printemps, ou du fruit en Automne ; L'ombre l'EtĂ©, l'Hiver les plaisirs du foyer. Que ne l'Ă©mondait-on, sans prendre la cognĂ©e ? De son tempĂ©rament il eĂ»t encor vĂ©cu. L'Homme trouvant mauvais que l'on l'eĂ»t convaincu, Voulut Ă  toute force avoir cause gagnĂ©e. Je suis bien bon, dit-il, d'Ă©couter ces gens-lĂ . Du sac et du serpent aussitĂŽt il donna Contre les murs, tant qu'il tua la bĂȘte. On en use ainsi chez les grands. La raison les offense ; ils se mettent en tĂȘte Que tout est nĂ© pour eux, quadrupĂšdes, et gens, Et serpents. Si quelqu'un desserre les dents, C'est un sot. J'en conviens. Mais que faut-il donc faire ? - Parler de loin, ou bien se FONTAINE, "L'Homme et la Couleuvre", Fables REMARQUES SUR "L'HOMME ET LA COULEUVRE" L’origine de cet apologue est indienne. Voyez le Livre des lumiĂšres, ch. III, fable 3, et le Pantcha Tantra, traduit par l’abbĂ© Dubois, Paris, 1826, p. 39 Ă  54. Remarquez dans l’apologue indien l’intervention d’un autre personnage qui accentue bien plus vivement la conclusion. L’homme a sauvĂ© le serpent des flammes en lui tendant un sac au bout d’une perche. Il l’a laissĂ© sortir du sac, et c’est alors que le serpent veut mordre son bienfaiteur. Au reproche que l’homme lui adresse, il rĂ©pond qu’il ne fait que suivre les exemples que lui-mĂȘme lui donne, et propose d’en appeler au tĂ©moignage de la vache et de l’arbre. Ceux-ci rĂ©pondent comme l’on sait. Mais le renard est consultĂ© Ă  son tour. Il se fait raconter l’aventure ; il feint de mettre en doute que le serpent ait pu entrer dans un si petit sac et demande Ă  voir cela de ses propres yeux. Le serpent, pour le convaincre, rentre dans le renard dit alors Ă  l’homme Tu es maĂźtre de la vie de ton ennemi ; sers-toi de cette occasion ». L’homme ne se le fait pas dire deux fois et Ă©crase le serpent contre une pierre. La leçon, comme on le voit, est digne des temps barbares. La moralitĂ© de La Fontaine "Parler de loin ou bien se taire" n’est guĂšre meilleure ; elle dĂ©cĂšle une Ă©poque trop civilisĂ©e et exprime la prudence et la sagesse vile des courtisans. Illustration de "L'Homme et la Couleuvre" par OUDRY LE LION, LE LOUP ET LE RENARDUn Lion dĂ©crĂ©pit, goutteux, n’en pouvant plus,Voulait que l’on trouvĂąt remĂšde Ă  la vieillesse AllĂ©guer l’impossible aux Rois, c’est un parmi chaque espĂšceManda des MĂ©decins ; il en est de tous arts MĂ©decins au Lion viennent de toutes parts ;De tous cĂŽtĂ©s lui vient des donneurs de les visites qui sont faites,Le Renard se dispense, et se tient clos et Loup en fait sa cour, daube au coucher du RoiSon camarade absent ; le Prince tout Ă  l’heureVeut qu’on aille enfumer Renard dans sa demeure,Qu’on le fasse venir. Il vient, est prĂ©sentĂ© ;Et, sachant que le Loup lui faisait cette affaire Je crains, Sire, dit-il, qu’un rapport peu sincĂšre,Ne m’ait Ă  mĂ©pris imputĂ©D’avoir diffĂ©rĂ© cet hommage ;Mais j’étais en pĂšlerinage ;Et m’acquittais d’un voeu fait pour votre j’ai vu dans mon voyageGens experts et savants ; leur ai dit la langueurDont votre MajestĂ© craint Ă  bon droit la ne manquez que de chaleur Le long Ăąge en vous l’a dĂ©truite D’un Loup Ă©corchĂ© vif appliquez-vous la peauToute chaude et toute fumante ;Le secret sans doute en est beauPour la nature Loup vous servira,S’il vous plaĂźt, de robe de Roi goĂ»te cet avis-lĂ  On Ă©corche, on taille, on dĂ©membreMessire Loup. Le Monarque en soupa,Et de sa peau s’enveloppa ;Messieurs les courtisans, cessez de vous dĂ©truire Faites si vous pouvez votre cour sans vous mal se rend chez vous au quadruple du daubeurs ont leur tour d’une ou d’autre maniĂšre Vous ĂȘtes dans une carriĂšreOĂč l’on ne se pardonne rien. Commentaires et analyses par Chamfort . 5. . . . . Il en est de tous ne sais ce que cela veut dire. Veut-il dire. que , dans toutes les professions , il y a des gens qui se mĂȘlent de mĂ©decine ? en ce cas , cela est mal exprimĂ©. Ce n’est pas sa 10. 
. Daube , au coucher du roi,Son camarade absent. 
On dit, sur ce trait, dans l’éloge de La Fontaine Suis-je dans l’antre du lion ? suis-je Ă  la cour ? On pourrait presque ajouter que. l’illusion se prolonge jusqu’à la fin de cette charmante fable. TĂȘtes de boucTĂȘtes de chatTĂȘtes d'aigleCharles LE BRUN 1619-1690, Etudes physiognomoniques 1668Figure majeure de l'art classique, architecte et dĂ©corateur, Le Brun conduisit les amĂ©nagements du chĂąteau de Versailles pour la plus grande gloire de Louis XIV. Il fut aussi un thĂ©oricien sa rĂ©flexion sur l'influence des Ă©motions dans l'expression du visage objet de la physiognomonie l'a conduit Ă  une sĂ©rie de dessins oĂč il confronte des visages humains et des tĂȘtes animales, afin de tracer des correspondances entre physionomie et caractĂšre. Les frontiĂšres entre hommes et animaux s'en trouvent physiognomonie Ă  pour objet la c UN FABULISTE DU XVIIIĂšme SIECLE FLORIAN 1755-1794La fable et la vĂ©ritĂ©, Fables, livre ILa vĂ©ritĂ©, toute nue,Sortit un jour de son attraits par le temps Ă©taient un peu dĂ©truits ;Jeune et vieux fuyaient Ă  sa pauvre vĂ©ritĂ© restait lĂ  morfondue,Sans trouver un asile oĂč pouvoir ses yeux vient se prĂ©senterLa fable, richement vĂȘtue,Portant plumes et diamants,La plupart faux, mais trĂšs ! Vous voilĂ  ! Bon jour, dit-elle Que faites-vous ici seule sur un chemin ?La vĂ©ritĂ© rĂ©pond vous le voyez, je gĂȘle ;Aux passants je demande en vainDe me donner une retraite,Je leur fais peur Ă  tous hĂ©las ! Je le vois bien,Vieille femme n'obtient plus ĂȘtes pourtant ma cadette,Dit la fable, et, sans vanitĂ©,Partout je suis fort bien reçue Mais aussi, dame vĂ©ritĂ©,Pourquoi vous montrer toute nue ?Cela n'est pas adroit tenez, arrangeons-nous ;Qu'un mĂȘme intĂ©rĂȘt nous rassemble Venez sous mon manteau, nous marcherons le sage, Ă  cause de vous,Je ne serai point rebutĂ©e ;A cause de moi, chez les fousVous ne serez point maltraitĂ©e Servant, par ce moyen, chacun selon son goĂ»t,GrĂące Ă  votre raison, et grĂące Ă  ma folie,Vous verrez, ma soeur, que partoutNous passerons de compagnie. LE CONTE PHILOSOPHIQUE Ce genre triomphe au XVIIIĂšme siĂšcle avec Voltaire exploitant les ingrĂ©dients merveilleux et exotiques du conte, le rĂ©cit suit l'itinĂ©raire vagabond d'un hĂ©ros dont le nom est dĂ©jĂ  un programme Candide, l'IngĂ©nu, MicromĂ©gas... Ses aventures - sur le mode ironique et satirique - tĂ©moignent apparemment de beaucoup de naĂŻvetĂ©, mais elles dĂ©livrent finalement une rĂ©flexion critique sur la politique, la morale ou la religion. Au XXĂšme siĂšcle, on retrouve cette vocation dans des formes brĂšves, Ă  mi-chemin entre le conte et la nouvelle chez Kafka, Buzzati ou DE LA GUERRE DENONCIATION DE L'HORREUR ET DE L'ABSURDITE DE LA GUERRECHAPITRE TROISIEMECOMMENT CANDIDE SE SAUVA D'ENTRE LES BULGARES, ET CE QU'IL DEVINT Rien n'Ă©tait si beau, si leste, si brillant, si bien ordonnĂ© que les deux armĂ©es. Les trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours, les canons, formaient une harmonie telle qu'il n'y en eut jamais en enfer. Les canons renversĂšrent d'abord Ă  peu prĂšs six mille hommes de chaque cĂŽtĂ© ; ensuite la mousqueterie ĂŽta du meilleur des mondes environ neuf Ă  dix mille coquins qui en infectaient la surface. La baĂŻonnette fut aussi la raison suffisante de la mort de quelques milliers d'hommes. Le tout pouvait bien se monter Ă  une trentaine de mille Ăąmes. Candide, qui tremblait comme un philosophe, se cacha du mieux qu'il put pendant cette boucherie hĂ©roĂŻque. Enfin, tandis que les deux rois faisaient chanter des Te Deum chacun dans son camp, il prit le parti d'aller raisonner ailleurs des effets et des causes. Il passa par-dessus des tas de morts et de mourants, et gagna d'abord un village voisin ; il Ă©tait en cendres c'Ă©tait un village abare que les Bulgares avaient brĂ»lĂ©, selon les lois du droit public. Ici des vieillards criblĂ©s de coups regardaient mourir leurs femmes Ă©gorgĂ©es, qui tenaient leurs enfants Ă  leurs mamelles sanglantes ; lĂ  des filles Ă©ventrĂ©es aprĂšs avoir assouvi les besoins naturels de quelques hĂ©ros rendaient les derniers soupirs ; d'autres, Ă  demi brĂ»lĂ©es, criaient qu'on achevĂąt de leur donner la mort. Des cervelles Ă©taient rĂ©pandues sur la terre Ă  cĂŽtĂ© de bras et de jambes coupĂ©s. Candide s'enfuit au plus vite dans un autre village il appartenait Ă  des Bulgares, et des hĂ©ros abares l'avaient traitĂ© de mĂȘme. Candide, toujours marchant sur des membres palpitants ou Ă  travers des ruines, arriva enfin hors du théùtre de la guerre, portant quelques petites provisions dans son bissac, et n'oubliant jamais Mlle CunĂ©gonde. Ses provisions lui manquĂšrent quand il fut en Hollande ; mais ayant entendu dire que tout le monde Ă©tait riche dans ce pays-lĂ , et qu'on y Ă©tait chrĂ©tien, il ne douta pas qu'on ne le traitĂąt aussi bien qu'il l'avait Ă©tĂ© dans le chĂąteau de monsieur le baron avant qu'il en eĂ»t Ă©tĂ© chassĂ© pour les beaux yeux de Mlle du chapitre 3 de Candide - Voltaire Caricature de VOLTAIRE par SAVIGNAC SATIRE DE LA JUSTICE ZADIG OU LA DESTINEE, VOLTAIRE Un jour, se promenant auprĂšs d'un petit bois, il vit accourir Ă  lui un eunuque de la reine, suivi de plusieurs officiers qui paraissaient dans la plus grande inquiĂ©tude, et qui couraient çà et lĂ  comme des hommes Ă©garĂ©s qui cherchent ce qu'ils ont perdu de plus prĂ©cieux. Jeune homme, lui dit le premier eunuque, n'avez-vous point vu le chien de la reine ? » Zadig rĂ©pondit modestement C'est une chienne, et non pas un chien. » Vous avez raison, reprit le premier eunuque. — C'est une Ă©pagneule trĂšs petite, ajouta Zadig ; elle a fait depuis peu des chiens ; elle boite du pied gauche de devant, et elle a les oreilles trĂšs longues. — Vous l'avez donc vue ? dit le premier eunuque tout essoufflĂ©. Non, rĂ©pondit Zadig, je ne l'ai jamais vue, et je n'ai jamais su si la reine avait une chienne. PrĂ©cisĂ©ment dans le mĂȘme temps, par une bizarrerie ordinaire de la fortune, le plus beau cheval de l'Ă©curie du roi s'Ă©tait Ă©chappĂ© des mains d'un palefrenier dans les plaines de Babylone. Le grand veneur et tous les autres officiers couraient aprĂšs lui avec autant d'inquiĂ©tude que le premier eunuque aprĂšs la chienne. Le grand veneur s'adressa Ă  Zadig, et lui demanda s'il n'avait point vu passer le cheval du roi. C'est, rĂ©pondit Zadig, le cheval qui galope le mieux ; il a cinq pieds de haut, le sabot fort petit ; il porte une queue de trois pieds et demi de long ; les bossettes de son mors sont d'or Ă  vingt-trois carats ; ses fers sont d'argent Ă  onze deniers. — Quel chemin a-t-il pris ? oĂč est-il ? demanda le grand veneur. — Je ne l'ai point vu, rĂ©pondit Zadig, et je n'en ai jamais entendu parler. » Le grand veneur et le premier eunuque ne doutĂšrent pas que Zadig n'eĂ»t volĂ© le cheval du roi et la chienne de la reine ; ils le firent conduire devant l'assemblĂ©e du grand Desterham, qui le condamna au knout, et Ă  passer le reste de ses jours en SibĂ©rie. A peine le jugement fĂ»t-il rendu qu'on retrouva le cheval et la chienne. Les juges furent dans la douloureuse nĂ©cessitĂ© de rĂ©former leur arrĂȘt ; mais ils condamnĂšrent Zadig Ă  payer quatre cents onces d'or, pour avoir dit qu'il n'avait point vu ce qu'il avait vu. Il fallut d'abord payer cette amende ; aprĂšs quoi il fut permis Ă  Zadig de plaider sa cause au conseil du grand Desterham ; il parla en ces termes Étoiles de justice, abĂźmes de science, miroirs de vĂ©ritĂ© qui avez la pesanteur du plomb, la duretĂ© du fer, l'Ă©clat du diamant, et beaucoup d'affinitĂ© avec l'or, puisqu'il m'est permis de parler devant cette auguste assemblĂ©e, je vous jure par Orosmade, que je n ai jamais vu la chienne respectable de la reine, ni le cheval sacrĂ© du roi des rois. Voici ce qui m'est arrivĂ© Je me promenais vers le petit bois oĂč j'ai rencontrĂ© depuis le vĂ©nĂ©rable eunuque et le trĂšs illustre grand veneur. J'ai vu sur le sable les traces d'un animal, et j'ai jugĂ© aisĂ©ment que c'Ă©taient celles d'un petit chien. Des sillons lĂ©gers et longs imprimĂ©s sur de petites Ă©minences de sable entre les traces des pattes m'ont fait connaĂźtre que c'Ă©tait une chienne dont les mamelles Ă©taient pendantes et qu'ainsi elle avait fait des petits il y a peu de jours. D'autres traces en un sens diffĂ©rent, qui paraissaient toujours avoir rasĂ© la surface du sable Ă  cĂŽtĂ© des pattes de devant, m'ont appris qu'elle avait les oreilles ; trĂšs longues ; et comme j'ai remarquĂ© que le sable Ă©tait toujours moins creusĂ© par une patte que par les trois autres, j'ai compris que la chienne de notre auguste reine Ă©tait un peu boiteuse, si je l'ose dire. »Voltaire - Zadig ou La DestinĂ©e - Extrait du chapitre III DIALOGUE DU CHAPON ET DE LA POULARDEL’apologue est un moyen privilĂ©giĂ© pour moraliser, et il prend la forme d’une fable, d’un conte, ou mĂȘme d’un dialogue comme c’est le cas pour celui du chapon et de la poularde. Dans l’extrait ci-dessous, l’auteur, VOLTAIRE, dĂ©montre, dans un but moralisateur, l’absurditĂ© de la conduite des hommes, de leurs traditions, et en profite pour railler la religion et ce qui s’y rapporte. SATIRE DE LA RELIGIONLE CHAPON. - Eh, mon Dieu ! ma poule, te voilĂ  bien triste, qu’as-tu ?LA POULARDE. - Mon cher ami, demande-moi plutĂŽt ce que je n’ai plus. Une maudite servante m’a prise sur ses genoux, m’a plongĂ© une longue aiguille dans le cul, a saisi ma matrice, l’a roulĂ©e autour de l’aiguille, l’a arrachĂ©e et l’a donnĂ©e Ă  manger Ă  son chat. Me voilĂ  incapable de recevoir les faveurs du chantre du jour, et de CHAPON. - HĂ©las! ma bonne, j’ai perdu plus que vous ; ils m’ont fait une opĂ©ration doublement cruelle ni vous ni moi n’aurons plus de consolation dans ce monde ; ils vous ont fait poularde, et moi chapon. La seule idĂ©e qui adoucit mon Ă©tat dĂ©plorable, c’est que j’entendis ces jours passĂ©s, prĂšs de mon poulailler, raisonner deux abbĂ©s italiens Ă  qui on avait fait le mĂȘme outrage afin qu’ils pussent chanter devant le pape avec une voix plus claire. Ils disaient que les hommes avaient commencĂ© par circoncire leurs semblables, et qu’ils finissaient par les chĂątrer ils maudissaient la destinĂ©e et le genre POULARDE. - Quoi ! c’est donc pour que nous ayons une voix plus claire qu’on nous a privĂ©s de la plus belle partie de nous-mĂȘmes ?LE CHAPON. - HĂ©las ! ma pauvre poularde, C’est pour nous engraisser, et pour nous rendre la chair plus POULARDE. - Eh bien! quand nous serons plus gras, le seront-ils davantage ?LE CHAPON. - Oui, car ils prĂ©tendent nous POULARDE. - Nous manger ! ah, les monstres !LE CHAPON. - C’est leur coutume ; ils nous mettent en prison pendant quelques jours, nous font avaler une pĂątĂ©e dont ils ont le secret, nous crĂšvent les yeux pour que nous n’ayons point de distraction ; enfin, le jour de la fĂȘte Ă©tant venu, ils nous arrachent les plumes, nous coupent la gorge, et nous font rĂŽtir. On nous apporte devant eux dans une large piĂšce d’argent ; chacun dit de nous ce qu’il pense ; on fait notre oraison funĂšbre l’un dit que nous sentons la noisette ; l’autre vante notre chair succulente ; on loue nos cuisses, nos bras, notre croupion ; et voilĂ  notre histoire dans ce bas monde finie pour POULARDE. - Quels abominables coquins ! je suis prĂȘte Ă  m’évanouir. Quoi! on m’arrachera les yeux ! on me coupera le cou ! je serai rĂŽtie et mangĂ©e ! Ces scĂ©lĂ©rats n’ont donc point de remords ?LE CHAPON. - Non, m’amie ; les deux abbĂ©s dont je vous ai parlĂ© disaient que les hommes n’ont jamais de remords des choses qu’ils sont dans l’usage de POULARDE. - La dĂ©testable engeance ! Je parie qu’en nous dĂ©vorant ils se mettent encore Ă  rire et Ă  faire des contes plaisants, comme si de rien n’ CHAPON. - Vous l’avez devinĂ© ; mais sachez pour votre consolation si c’en est une que ces animaux, qui sont bipĂšdes comme nous, et qui sont fort au-dessous de nous, puisqu’ils n’ont point de plumes, en ont usĂ© ainsi fort souvent avec leurs semblables. J’ai entendu dire Ă  mes deux abbĂ©s que tous les empereurs chrĂ©tiens et grecs ne manquaient jamais de crever les deux yeux Ă  leurs cousins et Ă  leurs frĂšres ; que mĂȘme, dans le pays oĂč nous sommes, il y avait eu un nommĂ© DĂ©bonnaire qui fit arracher les yeux Ă  son neveu Bernard. Mais pour ce qui est de rĂŽtir des hommes, rien n’a Ă©tĂ© plus commun parmi cette espĂšce. Mes deux abbĂ©s disaient qu’on en avait rĂŽti plus de vingt mille pour de certaines opinions qu’il serait difficile Ă  un chapon d’expliquer, et qui ne m’importent POULARDE. - C’était apparemment pour les manger qu’on les CHAPON. - Je n’oserais pas l’assurer ; mais je me souviens bien d’avoir entendu clairement qu’il y a bien des pays, et entre autres celui des Juifs, oĂč les hommes se sont quelquefois mangĂ©s les uns les POULARDE. - Passe pour cela. Il est juste qu’une espĂšce si perverse se dĂ©vore elle-mĂȘme, et que la terre soit purgĂ©e de cette race. Mais moi qui suis paisible, moi qui n’ai jamais fait de mal, moi qui ai mĂȘme nourri ces monstres en leur donnant mes oeufs, ĂȘtre chĂątrĂ©e, aveuglĂ©e, dĂ©collĂ©e, et rĂŽtie ! Nous traite-t-on ainsi dans le reste du monde ?LE CHAPON. - Les deux abbĂ©s disent que non. Ils assurent que dans un pays nommĂ© l’Inde, beaucoup plus grand, plus beau, plus fertile que le nĂŽtre, les hommes ont une loi sainte qui depuis des milliers de siĂšcles leur dĂ©fend de nous manger ; que mĂȘme un nommĂ© Pythagore, ayant voyagĂ© chez ces peuples justes, avait rapportĂ© en Europe cette loi humaine, qui fut suivie par tous ses disciples. Ces bons abbĂ©s lisaient Porphyre le Pythagoricien, qui a Ă©crit un beau livre contre les broches. O le grand homme ! le divin homme que ce Porphyre ! Avec quelle sagesse, quelle force, quel respect tendre pour la DivinitĂ© il prouve que nous sommes les alliĂ©s et les parents des hommes; que Dieu nous donna les mĂȘmes organes, les mĂȘmes sentiments, la mĂȘme mĂ©moire, le mĂȘme germe inconnu d’entendement qui se dĂ©veloppe dans nous jusqu’au point dĂ©terminĂ© par les lois Ă©ternelles, et que ni les hommes ni nous ne passons jamais ! En effet, ma chĂšre poularde, ne serait-ce pas un outrage Ă  la DivinitĂ© de dire que nous avons des sens pour ne point sentir, une cervelle pour ne point penser ? Cette imagination digne, Ă  ce qu’ils disaient, d’un fou nommĂ© Descartes, ne serait-elle pas le comble du ridicule et la vaine excuse de la barbarie ?Aussi les plus grands philosophes de l’antiquitĂ© ne nous mettaient jamais Ă  la broche. Ils s’occupaient Ă  tĂącher d’apprendre notre langage, et de dĂ©couvrir nos propriĂ©tĂ©s si supĂ©rieures Ă  celles de l’espĂšce humaine. Nous Ă©tions en sĂ»retĂ© avec eux comme dans l’ñge d’or. Les sages ne tuent point les animaux, dit Porphyre ; il n’y a que les barbares et les prĂȘtres qui les tuent et les mangent. Il fit cet admirable livre pour convertir un de ses disciples qui s’était fait chrĂ©tien par POULARDE. - Eh bien! dressa-t-on des autels Ă  ce grand homme qui enseignait la vertu au genre humain, et qui sauvait la vie au genre animal?LE CHAPON. - Non, il fut en horreur aux chrĂ©tiens qui nous mangent, et qui dĂ©testent encore aujourd’hui sa mĂ©moire ; ils disent qu’il Ă©tait impie, et que ses vertus Ă©taient fausses, attendu qu’il Ă©tait POULARDE. - Que la gourmandise a d’affreux prĂ©jugĂ©s ! J’entendais l’autre jour, dans cette espĂšce de grange qui est prĂšs de notre poulailler, un homme qui parlait seul devant d’autres hommes qui ne parlaient point. Il s’écriait que Dieu avait fait un pacte avec nous et avec ces autres animaux appelĂ©s hommes ; que Dieu leur avait dĂ©fendu de se nourrir de notre sang et de notre chair». Comment peuvent-ils ajouter Ă  cette dĂ©fense positive la permission de dĂ©vorer nos membres bouillis ou rĂŽtis ? Il est impossible, quand ils nous ont coupĂ© le cou, qu’il ne reste beaucoup de sang dans nos veines ; ce sang se mĂȘle nĂ©cessairement Ă  notre chair ; ils dĂ©sobĂ©issent donc visiblement Ă  Dieu en nous mangeant. De plus, n’est-ce pas un sacrilĂšge de tuer et de dĂ©vorer des gens avec qui Dieu a fait un pacte ? Ce serait un Ă©trange traitĂ© que celui dont la seule clause serait de nous livrer Ă  la mort. Ou notre crĂ©ateur n’a point fait de pacte avec nous, ou c’est un crime de nous tuer et de nous faire cuire il n’y a pas de CHAPON. - Ce n’est pas la seule contradiction qui rĂšgne chez ces monstres, nos Ă©ternels ennemis. Il y a longtemps qu’on leur reproche qu’ils ne sont d’accord en rien. Ils ne font des lois que pour les violer ; et, ce qu’il y a de pis, c’est qu’ils les violent en conscience. Ils ont inventĂ© cent subterfuges, cent sophismes pour justifier leurs transgressions. Ils ne se servent de la pensĂ©e que pour autoriser leurs injustices, et n’emploient les paroles que pour dĂ©guiser leurs pensĂ©es. Figure-toi que, dans le petit pays oĂč nous vivons, il est dĂ©fendu de nous manger deux jours de la semaine ils trouvent bien moyen d’éluder la loi ; d’ailleurs cette loi, qui te paraĂźt favorable, est trĂšs barbare ; elle ordonne que ces jours-lĂ  on mangera les habitants des eaux ils vont chercher des victimes au fond des mers et des riviĂšres. Ils dĂ©vorent des crĂ©atures dont une seule coĂ»te souvent plus de la valeur de cent chapons ils appellent cela jeĂ»ner, se mortifier. Enfin je ne crois pas qu’il soit possible d’imaginer une espĂšce plus ridicule Ă  la fois et plus abominable, plus extravagante et plus POULARDE. - Eh, mon Dieu ! ne vois-je pas venir ce vilain marmiton de cuisine avec son grand couteau ?LE CHAPON. - C’en est fait, m’amie, notre derniĂšre heure est venue ; recommandons notre Ăąme Ă  POULARDE. - Que ne puis-je donner au scĂ©lĂ©rat qui me mangera une indigestion qui le fasse crever ! Mais les petits se vengent des puissants par de vains souhaits, et les puissants s’en CHAPON. - AĂŻe ! on me prend par le cou. Pardonnons Ă  nos POULARDE. - Je ne puis ; on me serre, on m’emporte. Adieu, mon cher CHAPON. - Adieu, pour toute l’éternitĂ©, ma chĂšre poularde. Le Baron D'Holbach 1723-1789, Le Bon sens, Conte oriental » 1772 Le baron d'Holbach fut collaborateur de l'EncyclopĂ©die, on utilisa ses compĂ©tences en chimie et en mĂ©tallurgie, mais surtout son athĂ©isme et son matĂ©rialisme servirent les idĂ©aux des LumiĂšres. Dans Le Bon sens ou IdĂ©es naturelles opposĂ©es aux IdĂ©es surnaturelles, on trouve un bref Ă©pisode en forme de conte oriental, dont l'anecdote conduit ironiquement le lecteur Ă  rĂ©flĂ©chir Ă  la sagesse divine la Providence. A quelque distance de Bagdad, un dervis, renommĂ© pour sa saintetĂ©, passait des jours tranquilles dans une solitude agrĂ©able. Les habitants d'alentour, pour avoir part Ă  ses priĂšres, s'empressaient chaque jour Ă  lui porter des provisions et des prĂ©sents. Le saint homme ne cessait de rendre grĂąces Ă  Dieu des bienfaits dont sa Providence le comblait. O Allah ! disait-il, que ta tendresse est ineffable pour tes serviteurs, qu'ai-je fait pour mĂ©riter les biens dont ta libĂ©ralitĂ© m'accable ? O monarque des cieux ! O pĂšre de la nature ! quelles louanges pourraient dignement cĂ©lĂ©brer ta munificence et tes soins paternels ! O Allah ! que tes bontĂ©s sont grandes pour les enfants des hommes ! » PĂ©nĂ©trĂ© de reconnaissance, notre ermite fit le vƓu d'entreprendre pour la septiĂšme fois le pĂšlerinage de La Mecque. La guerre qui subsistait alors entre les Persans et les Turcs, ne put lui faire diffĂ©rer l'exĂ©cution de sa pieuse entreprise. Plein de confiance en Dieu, il se met en voyage ; sous la sauvegarde inviolable d'un habit respectĂ©, il traverse sans obstacle les dĂ©tachements ennemis loin d'ĂȘtre molestĂ©, il reçoit Ă  chaque pas des marques de la vĂ©nĂ©ration du soldat des deux partis. A la fin, accablĂ© de lassitude, il se voit obligĂ© de chercher un asile contre les rayons d'un soleil brĂ»lant ; il le trouve sous l'ombrage frais d'un groupe de palmiers, dont un ruisseau limpide arrosait les racines. Dans ce lieu solitaire, dont la paix n'Ă©tait troublĂ©e que par le murmure des eaux et le ramage des oiseaux, l'homme de Dieu rencontre, non seulement une retraite enchantĂ©e, mais encore un repas dĂ©licieux ; il n'a qu'Ă  Ă©tendre la main pour cueillir des dattes et d'autres fruits agrĂ©ables ; le ruisseau lui fournit le moyen de se dĂ©saltĂ©rer bientĂŽt un gazon vert l'invite Ă  prendre un doux repos ; Ă  son rĂ©veil il fait l'ablution sacrĂ©e et dans un transport d'allĂ©gresse, il s'Ă©crie, O Allah ! que tes bontĂ©s sont grandes pour les enfants des hommes ! » Bien repu, rafraĂźchi, plein de force et de gaietĂ©, notre saint poursuit sa route ; elle le conduit quelque temps au travers d'une contrĂ©e riante qui n'offre Ă  ses yeux que des coteaux fleuris, des prairies Ă©maillĂ©es, des arbres chargĂ©s de fruits. Attendri par ce spectacle, il ne cesse d'adorer la main riche et libĂ©rale de la providence, qui se montre partout occupĂ©e du bonheur de la race humaine. Parvenu un peu plus loin, il trouve quelques montagnes assez rudes Ă  franchir, mais une fois arrivĂ© Ă  leur sommet, un spectacle hideux se prĂ©sente tout Ă  coup Ă  ses regards ; son Ăąme en est consternĂ©e. II dĂ©couvre une vaste plaine, entiĂšrement dĂ©solĂ©e par le fer et la flamme ; il la mesure des yeux et la voit couverte de plus de cent mille cadavres, restes dĂ©plorables d'une bataille sanglante qui depuis peu de jours s'Ă©tait livrĂ©e dans ces lieux. Les aigles, les vautours, les corbeaux et les loups dĂ©voraient Ă  l'envi les corps morts, dont la terre Ă©tait jonchĂ©e. Cette vue plonge notre pĂšlerin dans une sombre rĂȘverie le ciel, par une faveur spĂ©ciale, lui avait donnĂ© de comprendre le langage des bĂȘtes ; il entendit un loup gorgĂ© de chair humaine, qui, dans l'excĂšs de sa joie, s'Ă©criait, O Allah ! que tes bontĂ©s sont grandes pour les enfants des loups ! ta sagesse prĂ©voyante a soin d'envoyer des vertiges Ă  ces hommes dĂ©testables si dangereux pour nous. Par un effet de ta providence, qui veille sur tes crĂ©atures, ces destructeurs de notre espĂšce s'Ă©gorgent les uns les autres, et nous fournissent des repas somptueux. O Allah que tes bontĂ©s sont grandes pour les enfants des loups ! » LE VOYAGE LITTERAIRE Entre les XVIIĂšme et XVIIIĂšme siĂšcles, les progrĂšs de la navigation lointaine permettent la conquĂȘte d'espaces et de savoirs nouveaux. Les rĂ©cits de Louis Antoine de BOUGAINVILLE, au retour d'un voyage autour du monde entre 1766 et 1769, ou de Jean François de LA PEROUSE, disparu alors que son navire se trouvait au sud de l'Australie, apportent la certitude que le monde ne se limite pas Ă  l'Europe chrĂ©tienne et que l'idĂ©e de civilisation est une notion relative. Plus hardis que ceux du XVIIĂšme siĂšcle, les Ă©crivains des LumiĂšres sont eux-mĂȘmes des voyageurs, au moins en Europe et dans le pourtour mĂ©diterranĂ©en ; et il n'est pas un seul de leurs voyages qui ne donne lieu Ă  la rĂ©daction de leurs conclusions, tels VOLTAIRE parti pour l'Angleterre ou MONTESQUIEU de retour d'Italie. Mus par la curiositĂ© et par le dĂ©sir de comprendre, ils mettent ainsi Ă  profit leurs observations pour renverser leur regard et se livrer Ă  des analyses comparatives dont MONTAIGNE humaniste du 16Ăšme siĂšcle, avant eux, avait montrĂ© la justesse. Le passage Ă  la fiction permet Ă  ces Ă©crivains plus d'audace et de libertĂ© ainsi naĂźt le hĂ©ros voyageur, venu de l'espace ex MicromĂ©gas chez VOLTAIRE, ou s'y rendant comme le narrateur des Etat et Empires de la Lune, chez Cyrano de BERGERAC, ingĂ©nu dĂ©barquĂ© d'AmĂ©rique dans le conte L'IngĂ©nu, de VOLTAIRE ou faux candides persans en visite en Europe Lettres persanes de MONTESQUIEU. Tous portent un regard "Ă©tranger", toujours critique sur la sociĂ©tĂ© europĂ©enne. La satire prend ainsi Ă  revers la censure et contribue aux changements que la sociĂ©tĂ© rĂ©clame. .