JeanMarie Le Pen fait des révélations concernant la torture pendant la guerre d'Algérie. Le Parisien dévoile des extraits du premier tome des
ï»żSun Tzu dit La guerre est dâune importance vitale pour lâĂ©tat. Câest le domaine de la vie et de la mort la conservation ou la perte de lâEmpire en dĂ©pendent ; il est impĂ©rieux de le bien rĂ©gler. Ne pas faire de sĂ©rieuses rĂ©flexions sur ce qui le concerne, câest faire preuve dâune coupable indiffĂ©rence pour la conservation ou pour la perte de ce quâon a de plus cher, et câest ce quâon ne doit pas trouver parmi nous. La doctrine, lâĂ©quitĂ©, lâamour pour tous ceux qui sont nos subordonnĂ©s et, pour tous les hommes en gĂ©nĂ©ral, la science des ressources, le courage et la valeur telles sont les qualitĂ©s qui doivent caractĂ©riser celui qui est revĂȘtu de la dignitĂ© de GĂ©nĂ©ral ; vertus nĂ©cessaires pour lâacquisition desquelles nous ne devons rien nĂ©gliger seules elles peuvent justifier notre prĂ©sence Ă la tĂȘte des autres Parce que vous saurez distinguer ce qui est possible de ce qui ne lâest pas, vous nâentreprendrez rien qui ne puisse ĂȘtre menĂ© Ă bonne fin. Avec la mĂȘme pĂ©nĂ©tration, ce qui est loin sera vu comme si câĂ©tait sous vos yeux et inversement. Vous profiterez de la dissension qui surgit chez vos ennemis pour attirer les mĂ©contents dans votre parti en ne leur mĂ©nageant ni les promesses, ni les dons, ni les rĂ©compenses. Vous nâattaquerez pas un ennemi plus puissant et plus fort que vous et vous Ă©viterez ce qui peut conduire Ă un engagement gĂ©nĂ©ral. Toujours, vous cacherez Ă vos adversaires lâĂ©tat dans lequel sont vos troupes parfois vous ferez rĂ©pandre le bruit de votre faiblesse, ou vous feindrez la peur pour que lâennemi, cĂ©dant Ă la prĂ©somption et Ă lâorgueil, ou bien vous attaque imprudemment, ou bien, se relĂąchant de sa surveillance, se laisse lui-mĂȘme surprendre. Les troupes doivent ĂȘtre toujours tenues en alerte, sans cesse occupĂ©es, afin quâelles ne sâamollissent pas. Aucune dissension nâest tolĂ©rable parmi vos troupes. Elles forment une seule famille dans laquelle rien ne doit ĂȘtre nĂ©gligĂ© pour que rĂšgne la paix, la concorde et lâunion. Ne laissez Ă©chapper aucune occasion dâincommoder lâ[ennemi], faites-le pĂ©rir en dĂ©tail, trouvez le moyen de lâirriter pour le faire tomber dans quelque piĂšge, provoquez des diversions pour lui faire diminuer se forces en les dispersant, en lui massacrant quelques partis de temps Ă autre, en lui enlevant ses convois, ses Ă©quipages et tout ce qui pourrait vous ĂȘtre de quelque utilitĂ©. Traitez bien les prisonniers, nourrissez-les comme vos propres soldats, afin quâils se trouvent mieux chez vous quâil ne lâĂ©taient dans leur propre camp ou dans leur patrie. Ne les laissez jamais oisifs, tirez parti de leurs services avec toutes les prĂ©cautions convenables et conduisez-vous, en somme, comme sâils se fussent enrĂŽlĂ©s librement sous votre banniĂšre. Si vous faites exactement ce que je viens de vous indiquer, les succĂšs accompagneront vos pas, partout vous serez vainqueurs, vous mĂ©nagerez la vie de vos soldats, vous affermirez votre pays dans ses anciennes possessions, vous lui en procurerez de nouvelles, vous accroĂźtrez la splendeur et la gloire de lâĂtat et le Seigneur ainsi que ses sujets vous seront redevables de la douce tranquillitĂ© dans laquelle ils couleront dĂ©sormais leurs jours. Est-il rien qui soit plus digne de votre attention et de tous vos efforts ? Dâabord conserver son pays et les droits qui en dĂ©coulent et ensuite seulement conquĂ©rir le pays ennemi ; assurer le repos des citĂ©s de votre nation voilĂ lâessentiel, troubler celui des villes ennemies nâest quâun pis-aller ; protĂ©ger contre toute insulte les villages amis, câest votre premier devoir ; faire des irruptions sur les villages ennemis ne se justifie que par la nĂ©cessitĂ© ; empĂȘcher que les hameaux et les chaumines de nos paysans subissent le moindre dommage voilĂ ce qui mĂ©rite votre attention ; dĂ©vaster les installations agricoles de vos ennemis, câest ce quâune disette doit seule vous faire entreprendre. Quand vous serez bien pĂ©nĂ©trĂ© de ces principes, vous pourrez attaquer les villes ou engager les batailles je vous garantis le succĂšs. Toutefois, livrer cent combats et remporter cent victoires, câest bien, mais ce nâest pas le meilleur. Sans bataille, immobiliser lâarmĂ©e ennemie, voilĂ qui est lâexcellent. En agissant ainsi, la conduite du gĂ©nĂ©ral ne diffĂ©rera pas de celle des plus vertueux personnages ; elle sâaccordera avec le Ciel et la Terre dont les actions tendent Ă la production et Ă la conservation des choses plutĂŽt quâĂ leur destruction. Jamais le Ciel nâapprouva lâeffusion du sang humain câest lui qui donne la vie aux hommes ; lui seul doit ĂȘtre le maĂźtre de la trancher. Ainsi, sans donner de batailles, tĂąchez dâĂȘtre victorieux, ce sera le cas oĂč, plus vous vous Ă©lĂšverez au-dessus du bon, plus vous approcherez de lâexcellent. Les grands gĂ©nĂ©raux y parviennent en Ă©ventant toutes les ruses de lâennemi, en faisant avorter ses projets, en semant la discorde parmi ses partisans, en le tenant toujours en haleine, en le privant des secours Ă©trangers quâil peut recevoir et en lui enlevant toute possibilitĂ© dâentreprendre rien qui puisse ĂȘtre avantageux pour lui. Pour vaincre ses ennemis, cinq choses principales sont nĂ©cessaires Ă un gĂ©nĂ©ral 1 â Savoir sâil peut combattre et quand il faut cesser ; 2 â Savoir sâil faut engager peu ou beaucoup ; 3 â Savoir grĂ© aux simples soldats autant quâaux officiers ; 4 â Savoir mettre Ă profit toutes les circonstances ; 5 â Savoir que le Souverain approuve tout ce qui est fait pour son service et sa gloire. Que quiconque est employĂ© par vous soit persuadĂ© que vous avez, avant tout, pensĂ© Ă le prĂ©server contre tout dommage. Les troupes quâon lance sur lâennemi doivent ĂȘtre comme des pierres quâon jette sur des Ćufs. Entre lâennemi et vous, il doit en ĂȘtre comme du faible au fort, du vide au solide. Attaquez ouvertement mais soyez vainqueur en secret. Câest en cela que consiste lâhabiletĂ© et la perfection mĂȘme du commandement des troupes. Grand jour et tĂ©nĂšbres, apparence et secret voilĂ tout lâart. De mĂȘme quâavec les cinq tons de la musique, les cinq couleurs et les cinq goĂ»ts, on peut, par combinaison, obtenir des effets infinis, la possession des principes donne au gĂ©nĂ©ral dans nâimporte quelle circonstance toutes les solutions qui conviennent. En matiĂšre dâart militaire et de gouvernement des troupes, on ne considĂ©rera que ces deux Ă©lĂ©ments ce qui doit ĂȘtre fait en secret et ce qui doit ĂȘtre exĂ©cutĂ© ouvertement, mais, dans la pratique, câest une chaĂźne sans fin dâopĂ©rations, câest comme une roue qui nâa pas dâextrĂ©mitĂ©s. Chaque opĂ©ration militaire a des parties qui demandent le grand jour et des parties qui veulent le secret de la nuit. On ne peut les dĂ©terminer Ă lâavance ; seules les circonstances permettent de les discerner. Pour resserrer le lit d'un torrent, il faut disposer dâĂ©normes quartiers de roches ; pour prendre un petit oiseau, le filet le plus fin suffit amplement. Et, pourtant, le torrent parvient Ă rompre ses digues et, Ă force de se dĂ©battre, le petit oiseau brise les mailles du filet. Aussi quelques bonnes, quelques sages que soient les mesures que vous avez prises, ne cessez pas dâĂȘtre sur vos gardes, de veiller et de penser Ă tout et ne vous abandonnez jamais, ainsi que vos troupes, Ă une prĂ©somptueuse sĂ©curitĂ©. Ceux-lĂ possĂšdent vĂ©ritablement lâart de bien commander les troupes qui ont su et qui savent rendre leur puissance formidable, qui ont acquis une autoritĂ© sans borne, quâaucun Ă©vĂ©nement ne peut abattre, qui ne font rien avec prĂ©cipitation, qui gardent, dans les moments de surprise, le mĂȘme sang-froid que sâil sâagissait dâactions mĂ©ditĂ©es, dans les cas prĂ©vus longtemps auparavant, et pour qui la promptitude dans la dĂ©cision nâest que le fruit de la mĂ©ditation prĂ©alable jointe Ă une longue expĂ©rience. La force de ces sortes de chefs est comparable Ă celle de ces grands arcs quâon ne saurait bander sans le secours dâune mĂ©canique. Leur autoritĂ© a la puissance des flĂšches lancĂ©es par ces arcs elle est irrĂ©sistible et elle renverse tout. Comme la sphĂšre dont tous les points de la surface sont semblables, ils sont Ă©galement forts partout et, partout, offrent la mĂȘme rĂ©sistance. Au cours de la mĂȘlĂ©e et dans le dĂ©sordre apparent, il tiennent un ordre imperturbable ; de la faiblesse, il font surgir la force, de la poltronnerie et de la pusillanimitĂ©, ils font sortir le courage et lâintrĂ©piditĂ©. Mais faire servir le dĂ©sordre Ă lâordre nâest possible quâĂ celui qui a profondĂ©ment rĂ©flĂ©chi aux Ă©vĂšnements qui peuvent survenir ; engendrer la force dans la faiblesse nâappartient quâĂ ceux qui dĂ©tiennent une absolue maĂźtrise et une autoritĂ© incontestĂ©e. Savoir faire sortir le courage et lâintrĂ©piditĂ© de la poltronnerie et de la pusillanimitĂ©, câest ĂȘtre hĂ©ros soi-mĂȘme, câest ĂȘtre plus quâun hĂ©ros, câest ĂȘtre au-dessus des intrĂ©pides. Si grand et prodigieux que cela paraisse, jâexige cependant quelque chose de plus de ceux qui commandent les troupes câest lâart de faire mouvoir Ă son grĂ© les forces ennemies. Ceux qui possĂšdent cet art admirable disposent et lâattitude de leurs troupes et de lâarmĂ©e quâils commandent. Lâennemi vient Ă eux quand ils le dĂ©sirent et il leur fait des offres ; ils donnent Ă lâennemi et celui-ci accepte ; ils lui abandonnent et il vient prendre. PrĂȘts Ă tout, ils profitent de toutes les circonstances ; toujours mĂ©fiants, ils font surveiller les subordonnĂ©s quâils emploient et, se mĂ©fiant dâeux-mĂȘmes, ils ne nĂ©gligent aucun moyen qui puisse leur ĂȘtre utile. Ils regardent les hommes quâils doivent combattre comme des pierres ou des piĂšces de bois qui doivent descendre une pente. Pierre et bois sont inertes par nature ; ils ne sortent de leur repos que par lâimpulsion quâils reçoivent. Mis en mouvement, sâils sont carrĂ©s, ils sâarrĂȘtent vite ; ronds, ils roulent jusquâĂ ce quâils rencontre une rĂ©sistance invincible. Faites en sorte que lâennemi soit entre vos mains comme une piĂšce arrondie que vous feriez rouler dâune hauteur de mille jin. Par lĂ , on reconnaĂźtra votre autoritĂ© et votre puissance et que vous ĂȘtes digne du poste que vous occupez. La grande science est donc de faire vouloir [Ă lâennemi] tout ce que vous voulez quâil fasse et de lui fournir, sans quâil sâen aperçoive, tous les moyens de vous seconder. Le grand art dâun gĂ©nĂ©ral est de laisser toujours ignorer Ă lâennemi le lieu oĂč il aura Ă combattre et de lui dissimuler les positions quâil fait prĂ©parer. Sâil y parvient et rĂ©ussit Ă cacher le moindre de ses mouvements, il nâest pas seulement un habile gĂ©nĂ©ral, câest un homme extraordinaire, un vrai prodige, car sans ĂȘtre vu, il voit ; il entend sans ĂȘtre entendu ; il agit sans bruit et dispose Ă sa convenance du sort de ses ennemis. Que lâennemi ne sache jamais comment vous avez lâintention de le combattre, ni la maniĂšre dont vous vous disposez Ă lâattaquer ou Ă vous dĂ©fendre. Dans son ignorance, il multipliera les prĂ©paratifs, tĂąchera de se rendre fort partout, divisera ses forces ce qui occasionnera sa perte. Ne lâimiter pas faites choix dâun secteur pour attaquer et mettez-y la majeur partie de vos forces. Pour lâattaque de front, mettez en premiĂšre ligne vos troupes dâĂ©lites, car on rĂ©siste rarement Ă un premier effort alors quâon rĂ©pare difficilement un Ă©chec de dĂ©but. Lâexemple des braves entraĂźne les timorĂ©s. Ceux-ci suivent aisĂ©ment le chemin ouvert, alors quâils seraient incapables de le frayer. Si vous voulez faire effort Ă une aile, mettez-y vos meilleures troupes et Ă lâautre ce qui est moins bon. Au moment de dĂ©clencher lâaction, lisez dans le regard de vos soldats, observez leur premiers mouvements de leur ardeur ou de leur nonchalance, de leur intrĂ©piditĂ© ou de leur hĂ©sitation, vous pourrez conclure au succĂšs ou Ă la dĂ©faite. Câest un prĂ©sage qui ne trompe pas que la contenance des troupes au moment de lâengagement. Tel qui a remportĂ© une victoire dĂ©cisive, eĂ»t Ă©tĂ© battu un jour plus tĂŽt ou quelques heures plus tard. Il en est des troupes comme dâune eau courante la source Ă©levĂ©e, la riviĂšre coule rapidement ; basse, lâeau stagne ; si une cavitĂ© sâoffre, lâeau la remplit dĂšs quâelle peut y accĂ©der ; un trop-plein se manifeste-t-il, le surplus sâĂ©coule aussitĂŽt. Ainsi en parcourant le front, vous remplissez les vides et vous enlevez les excĂ©dents ; vous abaissez le trop haut et vous relevez le trop bas. Le ruisseau suit la pente du terrain sur lequel il coule lâarmĂ©e doit sâadapter au terrain sur lequel elle se meut. Sans pente, lâeau ne peut couler ; mal commandĂ©es, les troupes ne peuvent vaincre câest le gĂ©nĂ©ral qu dĂ©cide de tout. Son habiletĂ© lui fait tirer parti de toutes les circonstances, mĂȘme les plus dangereuses et les plus critiques. Il fait prendre Ă son armĂ©e les dispositions quâil veut ainsi quâĂ celle de lâennemi. Il nây a pas de qualitĂ©s permanentes qui rende les troupes invincibles et les plus mĂ©diocres soldats peuvent devenir dâexcellents guerriers. Câest pourquoi il ne faut laisser Ă©chapper aucune occasion favorable. Les cinq Ă©lĂ©ments ne sont ni partout, ni toujours Ă©galement purs ; les quatre saisons ne se succĂšdent pas, chaque annĂ©e, de la mĂȘme maniĂšre, le soleil ne se lĂšve et ne se couche pas tous les jours au mĂȘme point de lâhorizon ; la lune a diffĂ©rentes phases. Une armĂ©e bien commandĂ©e et bien disciplinĂ©e prĂ©sente ainsi ces variĂ©tĂ©s. Par vos intelligences secrĂštes avec les ministres Ă©trangers ou par les informations prises sur les desseins des princes alliĂ©s ou tributaires, par la connaissance des intrigues, bonnes ou mauvaises qui peuvent influer sur la conduite de votre prince et modifier les projets que vous exĂ©cutez, vous vous assurez la possibilitĂ© de mener Ă bien vos desseins. A leurs cabales, vous opposez votre prudence et votre acquis. Ne les mĂ©prisez pas, sachez parfois recourir Ă leurs avis comme sâils vous Ă©taient prĂ©cieux ; soyez amis de leurs amis, nâopposez pas leurs intĂ©rĂȘts aux vĂŽtres, cĂ©dez-leur pour lâaccessoire, entretenez avec eux lâunion la plus Ă©troite quâil vous sera possible. Lorsque les circonstances commandent la tranquillitĂ©, que vos troupes vivent dans un calme semblable Ă celui qui rĂšgne dans les forĂȘts Ă©paisses. Sâil faut que lâennemi vous entende, surpassez le bruit du tonnerre ; sâil faut ĂȘtre ferme, soyez montagne ; sâil faut courir au pillage, soyez torrent de feu ; Ă©clair pour Ă©blouir lâennemi, soyez obscur comme la nuit pour cacher vos projets. Si vous ĂȘtes dans un lieu de mort, cherchez lâoccasion de combattre. Jâappelle lieu de mort ces rĂ©gions dĂ©pourvues de ressources, malsaines aussi bien pour les vivants que pour les provisions qui se gĂątent. En telle occurrence nâhĂ©sitez pas Ă vous battre. Les troupes ne demanderont pas mieux, prĂ©fĂ©rant risquer de mourir de la main de lâennemi que de succomber misĂ©rablement sous le poids des maux qui vont les accabler. Quand il faut agir promptement, il ne faut pas attendre les ordre du Prince. Si mĂȘme il vous fait agir contre les ordres reçus, faites-le sans crainte ni hĂ©sitation. Vous avez Ă©tĂ© mis Ă la tĂȘte des troupes pour vaincre lâennemi et la conduite que vous tiendrez est celle qui vous eĂ»t Ă©tĂ© prescrite par le Prince sâil avait prĂ©vu les circonstances oĂč vous vous trouvez. Un grand gĂ©nĂ©ral doit savoir lâart des changements. Sâil se borne Ă une connaissance vague de certains principes, Ă une application routiniĂšre des rĂšgles de lâart, si ses mĂ©thodes de commandement sont dĂ©pourvues de souplesse, sâil se borne Ă examiner les situations conformĂ©ment Ă quelques schĂ©mas, sâil prend ses rĂ©solutions dâune maniĂšre automatique, il ne mĂ©rite pas le nom quâil porte et il ne mĂ©rite mĂȘme pas de commander. Par le rang quâil occupe, un gĂ©nĂ©ral est un homme au-dessus dâune multitude dâhommes ; il doit donc savoir gouverner les hommes et les conduire. Il faut quâil soit au-dessus dâeux, non pas seulement par sa dignitĂ©, mais par son intelligence, son savoir, sa compĂ©tence, sa conduite, sa fermetĂ©, son courage et ses vertus. Il doit savoir discerner, parmi les avantages, ceux qui ont du prix et ceux qui nâen ont pas, ce quâil y a de rĂ©el ou de relatif dans les pertes subies et compenser avantages et pertes les uns par les autres, et tirer parti de tout, savoir tromper lâennemi et nâen ĂȘtre pas dupe, nâignorer aucun des piĂšges quâon peut lui tendre et pĂ©nĂ©trer toutes les ruses, de quelque nature quâelles soient. Il ne sâagit pas de deviner, car Ă trop faire dâhypothĂšse vous risquez dâĂȘtre victime de vos conjectures prĂ©cipitĂ©es, mais seulement dâopĂ©rer toujours en sĂ»retĂ©, dâĂȘtre toujours en Ă©veil, de sâĂ©clairer sur la conduite de lâennemi et de conclure. Pour nâĂȘtre pas accablĂ© par la multitude des travaux et des efforts Ă accomplir, attendez-vous toujours Ă ce quâil y a de plus dur et de plus pĂ©nible et travaillez sans cesse Ă susciter des difficultĂ©s Ă votre adversaire. Il y a plus dâun moyen pour cela, mais voici lâessentiel. Corrompez tout ce quâil y a de mieux chez lui par des offres, des prĂ©sents, des promesses, altĂ©rez la confiance en poussant les meilleurs de ses lieutenants Ă des actions honteuses et viles et ne manquez pas de les divulguer entretenez des relations secrĂštes avec ce quâil y a de moins recommandable chez lâennemi et multipliez le nombre de ces agents. Troublez le gouvernement adverse, semez la dissension chez les chefs en excitant la jalousie et la mĂ©fiance, provoquez lâindiscipline, fournissez des causes de mĂ©contentement en rarĂ©fiant lâarrivĂ©e de vivres et des munitions ; par la musique amollissez le cĆur des troupes, envoyez-leur des femmes qui les corrompent , faites en sorte que les soldats ne soient jamais lĂ oĂč ils devraient ĂȘtre ; absents quand ils devraient se trouver prĂ©sents, au repos quand leur place serait en premiĂšre ligne. Donnez-leur de fausses alarmes et de faux avis, gagnez Ă vos intĂ©rĂȘts les administrateurs et gouverneurs des provinces ennemies. VoilĂ ce quâil faut faire, pour crĂ©er des difficultĂ©s par adresse et par ruse. Je dois vous mettre en garde contre cinq sortes de dangers, dâautant plus redoutables quâils paraissent moins Ă craindre, Ă©cueils funestes contre lesquels la prudence et la bravoure ont Ă©chouĂ© plus dâune fois. I â Le premier est la tĂ©mĂ©ritĂ© Ă risquer la mort. Câest Ă tort quâon la glorifie sous les noms de courage, intrĂ©piditĂ©, valeur, mais ce nâest, en fait, que lĂąchetĂ©. Un gĂ©nĂ©ral qui sâexpose sans nĂ©cessitĂ©, comme le ferait un simple soldat, qui semble chercher le danger et la mort, qui combat lui-mĂȘme et qui fait combattre jusquâĂ la derniĂšre extrĂ©mitĂ©, est un homme qui nâest bon quâĂ mourir. Câest un simple, dĂ©pourvu de ressources ; câest un faible qui ne peut supporter le moindre Ă©chec sans ĂȘtre dĂ©primĂ© et qui se croit perdu sâil en subit un. II â Le deuxiĂšme est lâexcĂšs de prĂ©cautions Ă conserver sa vie. Se croyant indispensable Ă lâarmĂ©e, on nâa garde de sâexposer, on ne tente rien, tout inquiĂšte ; toujours dans lâexpectative, on ne se dĂ©termine Ă rien ; en perpĂ©tuelle instance dâune occasion favorable, on perd celle qui se prĂ©sente ; on reste inerte en prĂ©sence dâun ennemi attentif, qui profite de tout et a tĂŽt fait de dissiper toute espĂ©rance Ă un gĂ©nĂ©ral aussi prudent. BientĂŽt manĆuvrĂ©, il pĂ©rira par le trop grand souci quâil avait de conserver sa vie. III â Le troisiĂšme est le manque de maĂźtrise de soi-mĂȘme. Un gĂ©nĂ©ral qui ne sait pas se modĂ©rer ou se dominer, qui se laisse emporter par son indignation ou sa colĂšre, doit devenir la dupe de ses ennemis, lesquels sauront bien le provoquer, lui tendre mille piĂšges quâil ne saura discerner et dans lesquels il tombera. IV â Le quatriĂšme est un point dâhonneur mal entendu. Un gĂ©nĂ©ral ne doit pas avoir cette susceptibilitĂ© ombrageuse. Il doit savoir dissimuler ses froissements. AprĂšs un Ă©chec, il ne faut pas se croire dĂ©shonorĂ© et se laisser aller Ă des rĂ©solutions dĂ©sespĂ©rĂ©es. Pour rĂ©parer une atteinte Ă son honneur, on le perd parfois irrĂ©mĂ©diablement. V â Le cinquiĂšme, enfin, est une trop grande sensibilitĂ© pour le soldat. Un gĂ©nĂ©ral qui, pour ne pas punir, ferme les yeux sur le dĂ©sordre et lâindiscipline, qui nâimpose pas les travaux indispensables pour ne pas accabler ses troupes, nâest propre quâĂ tout compromettre. Il faut que les soldats aient une vie rude, quâils soient toujours occupĂ©s. Il faut punir avec sĂ©vĂ©ritĂ© mais sans mĂ©chancetĂ© ; il faut faire travailler, mais sans aller jusquâau surmenage. En somme sans trop chercher Ă vivre ou Ă mourir, le gĂ©nĂ©ral doit se conduire avec valeur et prudence, selon les circonstances ; sâil a des raisons de se mettre en colĂšre, quâil le fasse avec mesure et non pas Ă la maniĂšre du tigre qui ne connaĂźt aucun frein ; sâil estime son honneur blessĂ© et quâil veuille le rĂ©parer que ce soit avec sagesse et non en suivant une impulsion capricieuse ; il doit aimer ses soldats et les mĂ©nager, mais sans le montrer avec ostentation et, soit quâil livre des batailles, soit quâil dĂ©place ses troupes, soit quâil assiĂšge des villes, quâil joigne toujours la ruse Ă la valeur, la sagesse Ă la force, pensant Ă rĂ©parer ses fautes, sâil en a commises, Ă profiter de celles de lâennemi en se prĂ©occupant de lui en faire commettre de nouvelles. Encore une fois, Ă©clairez-vous sur lâennemi quoi quâil fasse, mais veillez aussi sur vos propres troupes. Voyez tout et sachez tout. Il faut interdire le vol, le brigandage, la dĂ©bauche et lâignorance, les mĂ©contentements et les complots, la paresse et lâoisivetĂ©. Quand vous devez punir, faites-le rapidement et dĂšs que les fautes lâexigent. Quand vous avez des ordres Ă donner, ne les donnez quâavec la certitude que vous serez promptement obĂ©i ; instruisez vos troupes en leur inculquant des notions pratiques ; ne les ennuyez pas, ne les fatiguez pas sans nĂ©cessitĂ©. Le bon et le mauvais, le bien et le mal quâelles peuvent faire est entre vos mains. Avec les mĂȘmes individus, une armĂ©e peut ĂȘtre trĂšs mĂ©prisable avec tel gĂ©nĂ©ral et invincible avec tel autre. Servir le Souverain, avantager lâĂtat et faire le bonheur du peuple voilĂ ce que vous devez avoir en vue. Remplissez cette mission, vous avez atteint votre but. Quel que soit le terrain, considĂ©rez vos troupes comme des enfants ignorants qui ne peuvent se dĂ©placer sans ĂȘtre conduits. Comme vos propres enfants, vous les conduirez vous-mĂȘme, parce que vous les aimez. Sâil y a des hasards Ă affronter, que vos soldats ne les affrontent pas seuls, mais Ă votre suite ; sâils doivent mourir, quâils meurent, mais pĂ©rissez avec eux. Quelque critique que soit votre situation, ne dĂ©sespĂ©rez jamais. Quand tout est Ă craindre, il ne faut avoir peur de rien ; environnĂ© de dangers, nâen redoutez aucun ; dĂ©pourvu de ressources, tablez sur toutes et surpris par lâennemi, pensez aussitĂŽt Ă le surprendre lui-mĂȘme. Aimez vos troupes et procurez-leur tout ce qui peut allĂ©ger leur tĂąche. Si elles supportent de rudes fatigues, ce nâest pas quâelles y prennent plaisir ; si elles endurent les privations, ce nâest pas quâelles mĂ©prisent le bien-ĂȘtre, et si elles affrontent la mort, ce nâest pas quâelles dĂ©daignent la vie rĂ©flĂ©chissez sĂ©rieusement Ă cela. Un certain nombre soldats du royaume de Wu se trouvĂšrent un jour opposĂ©s Ă des soldats du royaume de YuĂ«h, au moment oĂč, simultanĂ©ment, ils tentaient de franchir une riviĂšre. Le vent renversa les barques et les hommes jetĂ©s dans le courant auraient infailliblement pĂ©ri si, oubliant quâils Ă©taient ennemis, ils ne sâĂ©taient mutuellement secourus. Ce quâalors firent ceux qui Ă©taient ennemis, toutes les parties de votre armĂ©e doivent le faire et vous devez aussi le faire pour vos alliĂ©s et mĂȘme pour les peuples vaincus, sâils en ont besoin car, sâils vous sont soumis, câest quâils nâont pu faire autrement et ils ne peuvent ĂȘtre rendus responsables si leur Souverain a dĂ©clarĂ© la guerre. Rendez-leur service car le temps viendra oĂč ils vous en rendront aussi. En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, faire la guerre nâest pas le bon. Seule la nĂ©cessitĂ© doit la faire entreprendre. Quelles que soient leur issue et leur nature, les combats sont funestes aux vainqueurs eux-mĂȘmes. Il ne faut les livrer que si la guerre ne peut ĂȘtre autrement menĂ©e. Employer plusieurs annĂ©es Ă observer lâennemi ou Ă faire la guerre, câest ne pas aimer le peuple, câest ĂȘtre lâennemi de son pays. Toutes les dĂ©penses, toutes les souffrances, tous les travaux et toutes les fatigues de plusieurs annĂ©es nâaboutissent, le plus souvent, pour les vainqueurs eux-mĂȘmes quâĂ une journĂ©e de triomphe, celle oĂč ils ont vaincu. Nâemployer pour vaincre que siĂšges et batailles, câest ignorer Ă©galement les devoirs du Souverain et ceux du gĂ©nĂ©ral ; câest ne pas savoir gouverner ; câest ne pas savoir servir lâĂ©tat ; câest ne pas savoir combattre.Programmes scolaires français Histoire, Arts - 3e, 1re âą Ăquivalence canadienne Secondaire, 2e cycleIntroductionLa PremiĂšre Guerre mondiale modifie profondĂ©ment le regard que portent les artistes sur la guerre, ces derniers dĂ©laissant petit Ă petit une forme dâexaltation pour une dĂ©nonciation de la violence et de la barbarie. Longtemps, en effet, lâart a cĂ©lĂ©brĂ© le courage, le patriotisme et le sacrifice de soi, au travers de hĂ©ros illustres â comme ceux de lâIliade â et la guerre a inspirĂ© les artistes de tout temps, Ă travers toutes les pĂ©riodes. Cette inspiration est aussi due au fait que les Ćuvres qui traitent de la guerre Ă©taient souvent des commandes, afin de valoriser un gouvernement ou un homme. Par ailleurs, avant que nâapparaisse la conscription, en 1914 â et Ă de rares exceptions â, les artistes contemporains des guerres quâils reprĂ©sentaient nây participaient pas eux-mĂȘmes. Pour cette guerre-ci, les artistes â Ă©crivains, peintres, sculpteurs, musiciens â sont massivement mobilisĂ©s, voire sâengagent volontairement, portĂ©s par lâĂ©lan patriotique. Aussi peuvent-ils raconter, peindre, dessiner ce quâils vivent et ce quâils voient, laissant Ă la postĂ©ritĂ©, Ă travers des Ćuvres aux formes souvent nouvelles, dâauthentiques tĂ©moignages. Ce dossier propose quelques exemples dâĆuvres que la guerre a inspirĂ©es Ă des artistes qui ont participĂ© au combat, et dâautres dont les auteurs ont saisi ce thĂšme bien des annĂ©es plus tard. Chacun, Ă sa maniĂšre, tente de reprĂ©senter lâindicible brutalitĂ© des combats, la douleur des femmes et des enfants livrĂ©s Ă eux-mĂȘmes, la peur face Ă la mort mais aussi, parfois, une certaine fascination face Ă cette guerre moderne et et rĂ©cits autobiographiquesParmi les nombreux Ă©crivains engagĂ©s dans la guerre, on peut citer les Français Guillaume Apollinaire, Alain-Fournier, Blaise Cendrars, Joseph Kessel, Henri Barbusse, Louis-Ferdinand CĂ©line, Jean Giraudoux, Raymond DorgelĂšs, Charles PĂ©guy, Jean Giono, Roger Vercel, Louis Aragon, Romain Rolland, lâAmĂ©ricain Ernest Hemingway, qui fut ambulancier en Italie, les Allemands Ernst JĂŒnger et Erich Maria Remarque, les Anglais Harry Fellows et J. R. R. Tolkien, qui ont participĂ© Ă la bataille de la Somme, le Belge Ămile Verhaeren ou encore lâAutrichien Stephen Zweig qui, jugĂ© inapte au combat, fut enrĂŽlĂ© dans les services de propagande. Beaucoup furent blessĂ©s ; Cendrars fut amputĂ© dâun bras. Dâautres y perdirent la vie comme Alain-Fournier, Charles PĂ©guy ou encore Apollinaire, dĂ©cĂ©dĂ© en 1918 de la grippe espagnole aprĂšs avoir Ă©tĂ© blessĂ© en 1915 au front. Pour ces hommes, il est nĂ©cessaire de tĂ©moigner de lâhorreur de la guerre. Ceux qui se sont engagĂ©s par exaltation patriotique expriment leur dĂ©sillusion face Ă lâabsurditĂ© et Ă la cruautĂ© des combats. Ceux qui cherchent Ă publier leur tĂ©moignage durant la guerre, pour leur part, sont confrontĂ©s Ă une censure qui ne souhaite pas voir se rĂ©pandre un esprit pacifiste et antimilitariste. Certains auteurs CĂ©line, Remarque, Giono, Hemingway attendront plusieurs annĂ©es aprĂšs la guerre, et la menace dâun nouveau conflit, pour publier des romans largement inspirĂ©s de leur expĂ©rience. Les Ă©crits postĂ©rieurs Ă la guerre rencontrent pourtant moins de succĂšs. Les Croix de bois de Raymond DorgelĂšs, par exemple, manque le prix Goncourt de peu, au profit de Proust Ă lâombre des jeunes filles en fleurs. Le public est en effet Ă ce moment lassĂ© des rĂ©cits du conflit ; par ailleurs, les mouvements dadaĂŻste et surrĂ©aliste contribuent Ă©galement Ă dĂ©valoriser ces tĂ©moignages pendant lâ cĂŽtĂ©s des hommes de lettres, de nombreux autres combattants ont aussi tĂ©moignĂ© par Ă©crit de leur expĂ©rience, du simple soldat aux plus hauts chefs de guerre tels que Philippe PĂ©tain ou Erich von Falkenhayn. Aux cĂŽtĂ©s des hommes de lettres, de nombreux autres combattants ont aussi tĂ©moignĂ© par Ă©crit de leur expĂ©rience, du simple soldat aux plus hauts chefs de guerre tels que Philippe PĂ©tain ou Erich von Falkenhayn. Henri Barbusse, Le Feu, Journal dâune escouade, 1916EngagĂ© volontaire en 1914, Ă 41 ans, Henri Barbusse raconte son expĂ©rience personnelle du front et des tranchĂ©es de dĂ©cembre 1914 Ă 1916. Ce rĂ©cit est paru sous forme de feuilleton dans le quotidien LâĆuvre Ă partir du 3 aoĂ»t 1916, puis intĂ©gralement Ă la fin de novembre 1916, aux Ă©ditions Flammarion. Il reçoit le prix Goncourt la mĂȘme annĂ©e. Un passage de ce rĂ©cit inspirera en 1934 au peintre allemand Otto Dix le tableau Flandres, sa derniĂšre toile consacrĂ©e Ă la grande guerre. Roland DorgelĂšs, Les Croix de bois, 1919DorgelĂšs sâinspire de sa propre expĂ©rience de la guerre mais il publie son roman sous un pseudonyme. Ă travers une succession de tableaux sans vĂ©ritables liens entre eux, il dĂ©peint le quotidien des soldats, au front comme Ă lâarriĂšre. Le titre fait rĂ©fĂ©rence aux croix de bois plantĂ©es le long des chemins pour les soldats morts au front. Si le roman manque le Goncourt de peu lâannĂ©e de sa publication 1919, il obtient nĂ©anmoins le prix Femina et rencontre un succĂšs considĂ©rable. Maurice Genevoix, Ceux de 14, 1949 rĂ©cits de guerre publiĂ©s de 1916 Ă 1921 rĂ©unisLe lieutenant Maurice Genevoix a 24 ans quand il est mobilisĂ© pour partir au front. Au long de cinq livres rĂ©unis dans le recueil Ceux de 14, il raconte les huit mois quâil a passĂ©s au front, Ă Verdun notamment face Ă lâhorreur des conditions de vie dans les combats â boue, froid et mort â, le lecteur assiste Ă lâamenuisement de lâenthousiasme patriotique du soldat et Ă la montĂ©e du dĂ©couragement. BlessĂ© en 1915, Maurice Genevoix sera rĂ©formĂ©. Ernst JĂŒnger, Orages dâaciers, 1920Lâauteur a rĂ©digĂ© ce rĂ©cit autobiographique Ă partir de ses carnets de guerre et de photographies. Il y raconte son quotidien de soldat pendant quatre ans dans un rĂ©cit lucide et parfois Ă©trangement dĂ©tachĂ© des horreurs de la guerre. JĂŒnger aura du mal Ă publier ce premier roman dans une sociĂ©tĂ© dâaprĂšs-guerre lassĂ©e de ce genre de rĂ©cit, trĂšs rĂ©pandu pendant la pĂ©riode du conflit. Joseph Kessel, LâĂquipage, 1923Brancardier durant quelques mois en 1914, Joseph Kessel rejoint lâaviation Ă la fin de lâannĂ©e 1916. Il sâinspire de cette expĂ©rience pour rĂ©diger ce rĂ©cit qui raconte les aventures dâHerbillon, un jeune homme qui quitte sa famille et celle quâil aime pour sâengager dans lâaviation. Kessel offre dans ce rĂ©cit une vision assez idĂ©alisĂ©e de la guerre, qui nâapparaĂźt quâen arriĂšre-plan, mettant surtout en avant le courage et la fraternitĂ© des hommes face Ă la mort. Ernest Hemingway, LâAdieu aux armes, 1929Dâinspiration autobiographique, ce roman est Ă©crit Ă la premiĂšre personne. Lâhistoire se dĂ©roule en Italie pendant la Grande Guerre. Elle raconte lâhistoire dâamour tragique entre Frederic Henry, un ambulancier amĂ©ricain engagĂ© dans la Croix-Rouge italienne comme le fut Hemingway, et Catherine Barkley, une infirmiĂšre anglaise. Erich Maria Remarque, Ă lâouest rien de nouveau, 1929Erich Maria Remarque sâinspire de son expĂ©rience personnelle de la guerre pour Ă©crire ce roman pacifiste qui connut un succĂšs mondial. Le hĂ©ros, Paul BĂ€umer, est un jeune soldat allemand de 19 ans. InfluencĂ© par la propagande patriotique, il sâengage volontairement et dĂ©couvre sur le front ouest lâhorreur de la guerre. Ce roman, considĂ©rĂ© comme relevant de lâ art dĂ©gĂ©nĂ©rĂ© » par les nazis, subira les autodafĂ©s allemands en 1933. Robert Musil, LâHomme sans qualitĂ©s, 1930-1932Robert Musil participe Ă la PremiĂšre Guerre mondiale, notamment sur le front italien. DĂ©mobilisĂ© en 1916 pour une neurasthĂ©nie dĂ©pressive, il fait la connaissance de Franz Kafka lors dâun sĂ©jour dans un hĂŽpital de Prague. Il finit ensuite la guerre dans le service de presse de lâarmĂ©e. Câest Ă partir de notes prises entre 1915 et 1917 dans des carnets quâil Ă©crit le roman LâHomme sans qualitĂ©s, considĂ©rĂ© comme son chef-dâĆuvre par la critique. Louis-Ferdinand CĂ©line, Voyage au bout de la nuit, 1932Ce rĂ©cit Ă la premiĂšre personne, largement inspirĂ© de la vie de lâauteur, est menĂ© par Ferdinand Bardamu. Dans les premiers chapitres, le personnage raconte lâenfer de la PremiĂšre Guerre mondiale et la violence absurde des tranchĂ©es. Ce premier roman de CĂ©line manque de deux voix le prix Goncourt mais obtient le prix Renaudot. Il est remarquable pour son style caractĂ©risĂ© par lâutilisation de points de suspension, dâonomatopĂ©es, de langage oral » et argotique. Lâauteur, blessĂ© Ă la guerre et traumatisĂ© par cette expĂ©rience, dĂ©nonce toute forme dâhĂ©roĂŻsme pour lui, la seule option raisonnable face Ă la folie guerriĂšre est la lĂąchetĂ©. Roger Vercel, Capitaine Conan, 1934Dans ce roman partiellement autobiographique, Roger Vercel sâinspire de sa participation Ă la Grande Guerre, notamment sur le front dâOrient au cours de lâannĂ©e qui suit lâArmistice. En 1918, les hommes du Capitaine Conan ne sont pas dĂ©mobilisĂ©s ils sont envoyĂ©s en mission de soutien en Roumanie. Mais ces soldats, qui sont plongĂ©s dans lâinaction, ont du mal Ă respecter les lois de la vie civile. Norbert, narrateur et ami de Conan, est chargĂ© dâenquĂȘter sur des mĂ©faits de ce type en vue de traduire les soldats incriminĂ©s devant le conseil de guerre. Mais Conan est accusĂ© de meurtre Norbert abandonne son nouveau poste en refusant dâaccuser son camarade. Le roman a reçu le prix Goncourt. Jean Giono, Recherche de la puretĂ© », 1939Ce texte autobiographique est publiĂ© en prĂ©face des Carnets Moleskine de Lucien Jacques Gallimard, 1939. Il sâagit dâun pamphlet qui tĂ©moigne des positions pacifistes de Giono dans les annĂ©es 1930. Lâauteur, qui a Ă©tĂ© traumatisĂ© par son expĂ©rience de la PremiĂšre Guerre mondiale, est condamnĂ© Ă deux mois de prison pour appel Ă la dĂ©sertion. Ce texte a Ă©tĂ© rééditĂ© en 2013 dans le recueil Ăcrits pacifistes. Dâautres textes de Giono dĂ©noncent lâhorreur de la guerre, tel le roman Le Grand Troupeau, publiĂ© en 1931, ou Refus dâobĂ©issance » 1934, un texte que lâon retrouve aussi dans le recueil Ăcrits pacifistes. Blaise Cendrars, La Main coupĂ©e, 1946En aoĂ»t 1914, le poĂšte Blaise Cendrars sâengage comme volontaire dans lâarmĂ©e française. Il combat sur le front de la Somme puis participe Ă la grande offensive de Champagne. GriĂšvement blessĂ© lors dâun assaut le 28 septembre 1915, il est amputĂ© de son bras droit⊠dâĂ©crivain. Dans La Main coupĂ©e, Cendrars raconte lâannĂ©e quâil a passĂ©e au front en condamnant les idĂ©ologies qui ont dĂ©chaĂźnĂ© et exploitĂ© la violence. On retrouve aussi le rĂ©cit de son amputation dans la nouvelle autobiographique Jâai saignĂ©, Ă©crite en 1938 Paris, Hatier, coll. Classiques et Cie. CollĂšge », 2012. En 1919, Cendrars assistera aussi le rĂ©alisateur Abel Gance lors du tournage du film pacifiste Jâ de lettresJean-Pierre GuĂ©no, Paroles de poilus. Lettres et carnets du front, 1914-1918, 1993 Ils avaient dix-sept ou vingt-cinq ans. Se prĂ©nommaient Gaston, Louis, RenĂ©. Ils Ă©taient palefreniers, boulangers, colporteurs, bourgeois ou ouvriers. Ils devinrent soudainement artilleurs, fantassins, brancardiers⊠Voyageurs sans bagage, ils durent quitter leurs femmes et leurs enfants et revĂȘtir lâuniforme mal coupĂ©, chausser les godillots cloutĂ©s⊠Sur huit millions de mobilisĂ©s entre 1914 et 1918, plus de deux millions de jeunes hommes ne revirent jamais le clocher de leur village natal. Plus de quatre millions subirent de graves blessures⊠Huit mille personnes ont rĂ©pondu Ă lâappel de Radio France visant Ă collecter les lettres, jusquâici Ă©parpillĂ©es, de ces Poilus. Cet ouvrage en prĂ©sente une centaine. »PoĂ©sieJohn McCrae, In Flanders Fields », mai 1915On reconnaĂźt le coquelicot comme le symbole du souvenir Ă la mĂ©moire des soldats du Canada, des pays du Commonwealth britannique et des Ătats-Unis qui sont morts Ă la guerre. Cette fleur doit son importance au poĂšme "Au champ dâhonneurâ composĂ© par le major John McCrae nommĂ© plus tard lieutenant-colonel, un chirurgien dans lâartillerie canadienne, au cours de la deuxiĂšme bataille dâYpres, en Belgique, en mai 1915. Les rĂ©fĂ©rences au coquelicot aux premiĂšre et derniĂšre strophes du poĂšme de la guerre le plus lu et le plus souvent citĂ© ont contribuĂ© Ă donner Ă la fleur le statut dâemblĂšme du souvenir et de symbole dâune croissance nouvelle parmi la dĂ©vastation laissĂ©e par la guerre. Au champ dâhonneurAu champ dâhonneur, les coquelicotsSont parsemĂ©s de lot en lotAuprĂšs des croix ; et dans lâespaceLes alouettes devenues lassesMĂȘlent leurs chants au sifflementDes sommes mortsNous qui songions la veille encorâĂ nos parents, Ă nos amis,Câest nous qui reposons iciAu champ dâ vous jeunes dĂ©sabusĂ©sĂ vous de porter lâoriflammeEt de garder au fond de lâĂąmeLe goĂ»t de vivre en le dĂ©fi, sinonLes coquelicots se fanerontAu champ dâhonneur. Adaptation française du poĂšme In Flanders Fields » de John McCrae par le Major Jean Pariseau Wilfred Owen, Dulce et decorum est », 1917Dans ce poĂšme Ă©crit en octobre 1917 et publiĂ© Ă titre posthume en 1920, ce jeune Britannique dĂ©nonce lâexaltation guerriĂšre dâun cĂ©lĂšbre vers du poĂšte latin Horace Il est doux et honorable de mourir pour la patrie. » Il meurt Ă 25 ans, le 4 novembre 1918, sept jours avant lâArmistice. Dulce et decorum estPliĂ©s en deux, tels de vieux mendiants sous leur sac,Harpies cagneuses et crachotantes, Ă coups de juronsNous pataugions dans la gadoue, hors des obsĂ©dants Ă©clairs,Et pesamment clopinions vers notre lointain marche en dormant. Beaucoup ont perdu leurs bottesEt sâen vont, boiteux chaussĂ©s de sang, estropiĂ©s, aveugles ;Ivres de fatigue, sourds mĂȘme aux hululements estompĂ©sDes Cinq-Neuf distancĂ©s qui sâabattent vers lâ gaz ! Le gaz ! Vite, les gars ! EffarĂ©s et Ă tĂątonsCoiffant juste Ă temps les casques malaisĂ©s ;Mais quelquâun hurle encore et trĂ©bucheEt sâeffondre, se dĂ©battant, comme enlisĂ© dans le feu ou la chauxâŠVaguement, par les vitres embuĂ©es, lâĂ©paisse lumiĂšre verte,Comme sous un ocĂ©an de vert, je le vis se tous mes rĂȘves, sous mes yeux impuissants,Il plonge vers moi, se vide Ă flots, sâĂ©touffe, il se des rĂȘves suffocants vos pas Ă vous aussiSuivent le fourgon oĂč nous lâavons jetĂ©,Que votre regard croise ces yeux blancs convulsĂ©s,Cette face qui pend, comme dâun dĂ©mon Ă©cĆurĂ© de pĂ©chĂ© ;Que votre oreille Ă chaque cahot capte ces gargouillisDe sang jaillissant des poumons rongĂ©s dâĂ©cume,Ce cancer obscĂšne, ce rebut dâamertume tel, immonde,LâulcĂšre Ă jamais corrompant la langue innocente,Ami, avec ce bel entrain plus ne direzAux enfants brĂ»lant de gloire dĂ©sespĂ©rĂ©e,Ce Mensonge de toujours Dulce et decorum estPro patria de Wilfred Owen, Dulce et dĂ©corum est », 1917, in Et chaque lent crĂ©puscule de Wilfred Owen, traduction de Xavier Hanotte, Bordeaux, Castor Astral, 2012. Guillaume Apollinaire, Calligrammes, PoĂšmes de la paix et de la guerre, 1918 ; PoĂšmes Ă Lou, 1947En novembre 1914, Apollinaire sâengage volontairement dans lâarmĂ©e française. BlessĂ© Ă la tĂȘte en 1915, il meurt en 1918 de la grippe espagnole aprĂšs avoir publiĂ© ses Calligrammes quâil dĂ©die Ă un camarade mort au champ dâhonneur en 1917. Parmi ces jeux dâĂ©criture », on peut retenir La colombe poignardĂ©e et le jet dâeau ».En 1914, Apollinaire fait aussi la rencontre de Lou, avec qui il passe une semaine Ă NĂźmes. Apollinaire lui Ă©crit tous les jours, entre 1914 et 1916, des lettres et des poĂšmes PoĂšmes Ă Lou qui seront publiĂ©s aprĂšs sa mort, en Apollinaire, La Colombe poignardĂ©e et le jet dâeau, 1918, calligrammeParis, BibliothĂšque LittĂ©raire Jacques GumilĂ«v, Lâouvrier », 1918Homme de lettres et historien russe mariĂ© puis divorcĂ© de la poĂ©tesse Anna Akhmatova, NicolaĂŻ GumilĂ«v est le chef de file de la Guilde des poĂštes. EngagĂ© dans le corps expĂ©ditionnaire russe en France, en 1914, il sâoppose ouvertement au rĂ©gime bolchevique et sera exĂ©cutĂ© en 1921. LâouvrierIl est devant son fourneau qui un homme vieillissant, regard calme a lâair humbleParce quâil cligne ses yeux ses camarades sont lui ne dort pas est occupĂ© Ă fondre la balleQui me sĂ©parera de la a fini ; ses yeux sont peut rentrer. La lune lui, dans le grand lit,Lâattend sa femme, somnolente et balle quâil a coulĂ©e siffleraPar-dessus lâĂ©cume de la Divina grise,La balle quâil a coulĂ©e trouveraMa poitrine quâelle tomberai, touchĂ© Ă mort,Je reverrai dĂ©filer mon passĂ©,Mon sang coulera Ă flotsSur lâherbe sĂšche, poussiĂ©reuse, alors paiera le prixDe ma vie brĂšve et blouse grisĂątre, vieillissant,Un petit homme a fait de NicolaĂŻ GumilĂ«v, Lâouvrier », 1918, in PoĂšmes, traduction de Serge Fauchereau, Neuilly-lĂšs-Dijon, Ăditions du Murmure, Giraudoux, La guerre de Troie nâaura pas lieu, 1935Lâauteur, qui a Ă©tĂ© blessĂ© durant la PremiĂšre Guerre mondiale, est un ardent pacifiste. Il Ă©crit cette piĂšce Ă lâaube de la Seconde Guerre mondiale, Ă©tablissant un parallĂšle entre la situation en Europe, oĂč tout le monde voit venir la guerre sans rien faire, et celle de lâAntiquitĂ© face Ă une guerre de Troie annoncĂ©e par Cassandre que personne ne veut croire. La piĂšce est créée par Louis Jouvet et sa troupe le 22 novembre 1935 au théùtre de lâ contemporainsDepuis une trentaine dâannĂ©es, la littĂ©rature contemporaine sâest emparĂ©e du thĂšme de la PremiĂšre Guerre mondiale, comme pour remplacer les voix des derniers poilus disparus. Le prix Goncourt 2013 attribuĂ© au roman de Pierre LemaĂźtre, Au revoir, lĂ -haut â qui dĂ©bute dans une tranchĂ©e â, tĂ©moigne de cette tendance. Les rĂ©cits Ă la premiĂšre personne sont privilĂ©giĂ©s mais ces fictions, trĂšs documentĂ©es, donnent la parole Ă des tĂ©moins que lâon avait moins entendus dans les Ă©crits des Ă©crivains mobilisĂ©s, comme les femmes et les enfants. Roch Carrier, La Guerre, Yes Sir!, 1968Roch Carrier est surtout connu pour son premier roman, La Guerre, Yes Sir!, paru en 1968, qui a Ă©tĂ© traduit en anglais et adaptĂ© au théùtre et au cinĂ©ma. Lâhistoire, trĂšs allĂ©gorique, prend place autour de la veillĂ©e et de la cĂ©rĂ©monie mortuaires dâun hĂ©ros de guerre. Sise dans le QuĂ©bec profond durant la PremiĂšre Guerre mondiale, elle traite des thĂšmes de la conscription et des relations tendues entre les communautĂ©s francophone et anglophone Ă cette Ă©poque. Jean Rouaud, Les Champs dâhonneur, 1990Lâauteur retrace son histoire familiale au travers de courtes biographies. Il Ă©voque notamment la disparition de deux frĂšres de la famille, Ămile et Joseph ses grands-oncles, victimes de la Grande Guerre en 1916. Plus que lâhorreur des tranchĂ©es, les Champs dâhonneur dĂ©peint le vide et la souffrance créés par la Grande Guerre. Ce roman a obtenu le prix Goncourt. Joseph Boyden, Le Chemin des Ăąmes, 2006Ce premier roman de Boyden sâinspire de lâhistoire rĂ©elle dâun AmĂ©rindien et rend hommage aux autochtones canadiens engagĂ©s dans la Grande Guerre. Deux Cris, Xavier et Elijah, se sont enrĂŽlĂ©s. Xavier, de retour au pays, voyage durant trois jours en canot pour retourner chez lui. Il revit alors les moments difficiles et traumatisants de son expĂ©rience combattante. SĂ©bastien Japrisot, Un long dimanche de fiançailles, 1991Cinq soldats qui veulent Ă©chapper Ă lâenfer des tranchĂ©es se mutilent volontairement en espĂ©rant obtenir une permission. Pris sur le fait, ils sont condamnĂ©s Ă mort pour lâexemple. Mais Mathilde, la petite amie de Manech, lâun dâentre eux, ne veut en aucun cas croire en la mort de son fiancĂ© et enquĂȘte afin de pouvoir le retrouver. Ce roman policier historique a reçu le prix InteralliĂ© et a Ă©tĂ© adaptĂ© au cinĂ©ma par Jean-Pierre Jeunet en 2004. Marc Dugain, La Chambre des officiers, 1998Ce bref roman Ă©voque les gueules cassĂ©es », les soldats dĂ©figurĂ©s durant la PremiĂšre Guerre mondiale comme le jeune lieutenant Adrien qui, entre les mains des chirurgiens et les soins de son infirmiĂšre, commence Ă sâaccepter et amorce son retour Ă la vie sociale. Le roman est un succĂšs de librairie couronnĂ© par une vingtaine de prix littĂ©raires. Il a Ă©tĂ© adaptĂ© au cinĂ©ma par Marc Dupeyron en 2000. Laurent GaudĂ©, Cris, 2001Pour son premier roman, Laurent GaudĂ© imagine un rĂ©cit polyphonique on dĂ©couvre la guerre, au front et Ă lâarriĂšre, Ă travers diffĂ©rentes voix, diffĂ©rents cris ceux de Jules, de Marius, de Boris, de Ripoll, de RĂ©nier, de Barboni ou de MâBossolo. Chacun agit et rĂ©agit Ă sa maniĂšre face Ă lâhorreur et Ă la folie des combats. Alice Ferney, Dans la guerre, 2003Lâauteur suit lâitinĂ©raire de Jules, un paysan landais, depuis son ordre de mobilisation en aoĂ»t 1914, jusquâĂ lâArmistice. Alice Ferney relate le quotidien des tranchĂ©es et celui des femmes restĂ©es Ă lâarriĂšre, Ă la terre, dans lâattente. Claude Michelet, En attendant minuit, 2003Lâauteur Ă©voque alternativement deux heures de la vie de deux personnages vivant la guerre Ă la fin de lâannĂ©e 1916 Jean, qui attend la relĂšve dans sa tranchĂ©e, et sa femme Marthe, qui se retrouve seule avec son angoisse dans sa ferme de Brive. BĂ©nĂ©dicte des Mazery, La Vie tranchĂ©e, 2008Louis Saint-Gervais, un soldat rĂ©formĂ© pour blessure, est affectĂ© au service du contrĂŽle postal le jeune homme doit censurer les lettres de ses camarades du front. Dans son roman, lâauteur cite des lettres de poilus authentiques. Lâouvrage existe dans une Ă©dition simplifiĂ©e notes, questionnaires et dossier d'accompagnement par Isabelle de Lisle, Paris, Hachette Ăducation, coll. Classiques Hachette. BibliocollĂšge », n° 75, 2009. Pierre LemaĂźtre, Au revoir lĂ -haut, 2013Le rĂ©cit dĂ©bute dans lâenfer des tranchĂ©es. Deux rescapĂ©s â lâun traumatisĂ©, lâautre dĂ©figurĂ© â tentent de poursuivre leur vie aprĂšs la fin de la guerre. Ils dĂ©cident de prendre leur revanche en rĂ©alisant une escroquerie aux monuments aux morts aussi spectaculaire quâamorale. Ce roman a reçu le prix de jeunesseDepuis une dizaine dâannĂ©es, de nombreux titres de littĂ©rature jeunesse, notamment des romans historiques, sont consacrĂ©s Ă la PremiĂšre Guerre mondiale, permettant une nouvelle approche pĂ©dagogique de cette pĂ©riode historique. Michael Morpurgo, Cheval de guerre, 1982Le rĂ©cit est menĂ© par Joey, un jeune cheval de ferme qui, aprĂšs avoir Ă©tĂ© vendu Ă des soldats britanniques, devient un cheval de guerre il combat au front, dĂ©place les canons, tire les brancards pour ramener les blessĂ©s. Un jour, il est capturĂ© par les Allemands. Ce rĂ©cit a Ă©tĂ© adaptĂ© au cinĂ©ma par Steven Spielberg en 2012. Paule du Bouchet, Le Journal dâAdĂšle, 1995AdĂšle, une jeune paysanne de Bourgogne, a bientĂŽt 14 ans. Elle commence son journal intime en juillet 1914 et le tiendra durant les quatre annĂ©es de guerre. Elle y raconte le dĂ©part de ses frĂšres, puis de son pĂšre, la solitude des femmes et des enfants face aux travaux des champs, la mort des proches, sa correspondance avec Lucien dont elle est la marraine de guerre. Catherine Cuenca, La Marraine de guerre, 2001Ătienne est mobilisĂ© depuis deux ans. Son unique rĂ©confort lui vient de sa correspondance avec Marie-Pierre, sa marraine de guerre. Seuls ses lettres et ses colis lui permettent de supporter la peur de la mort et lâhorreur des tranchĂ©es. Au cours dâune permission, il dĂ©cide de rencontrer enfin celle quâil ne connaĂźt quâĂ travers son Ă©criture. Yves Pinguilly, Verdun 1916, Un tirailleur en enfer, 2003En 1915, Tierno, un jeune GuinĂ©en, rejoint Dakar afin de poursuivre ses Ă©tudes. Mais lĂ -bas, il est embarquĂ© de force sur un navire, avec dâautres Africains, Ă destination de la France. AprĂšs un entraĂźnement, il devient tirailleur sĂ©nĂ©galais » et part se battre Ă Verdun. Michael Morpurgo, Soldat Peaceful, 2004Dans la nuit du 24 au 25 juin 1916, Thomas Peaceful, trĂšs jeune soldat de lâarmĂ©e britannique, ne veut surtout pas sâendormir, il veut se souvenir⊠Le roman retrace son enfance dans la campagne anglaise du dĂ©but du XXe siĂšcle, jusquâĂ son engagement dans lâarmĂ©e britannique et son parcours en ce dĂ©but de la guerre de 1914. Un roman qui dĂ©nonce et rend hommage aux nombreux soldats qui furent injustement fusillĂ©s pour dĂ©sertion ou lĂąchetĂ© â dont certains seulement parce quâils sâĂ©taient endormis Ă leur poste. Sophie Humann, InfirmiĂšre pendant la PremiĂšre Guerre mondiale, Journal de GeneviĂšve Darfeuil, Houlgate-Paris, 1914-1918, Alors que le conflit sâĂ©ternise et que, sur le front, les hommes tombent les uns aprĂšs les autres, GeneviĂšve et sa mĂšre intĂšgrent plusieurs associations dâaide aux soldats. Le jour de ses 16 ans, GeneviĂšve commence Ă travailler Ă lâhĂŽpital dâHoulgate oĂč elle trouve sa vocation infirmiĂšre. HervĂ© Giraud, Le Jour oĂč lâon a retrouvĂ© le soldat Botillon, 2013Deux Ă©poques nous sont racontĂ©es en alternance la guerre de 14-18, Ă laquelle participe le soldat Botillon, et le dĂ©but du XXIe siĂšcle, avec le rĂ©cit dâune fĂȘte de famille Ă lâoccasion des 100 ans dâune arriĂšre-grand-mĂšre qui nâest autre que la fille du soldat Botillon, et qui nâa jamais connu son pĂšre disparu lors des combats. Paul Dowswell, 11 Novembre, 2014Au matin du 11 novembre 1918, sur le front ouest, le soldat Will Franklin sâapprĂȘte Ă partir en mission, Ă la recherche de soldats allemands cachĂ©s au cĆur dâune forĂȘt. Le jeune homme, terrifiĂ© par la nouvelle Ă©preuve quâil doit affronter, ignore, comme ses camarades, que dâici quelques heures la guerre sera finie. Bandes dessinĂ©esĂ lâexception de Benjamin Rabier, il faut attendre la fin du XXe siĂšcle pour que la bande dessinĂ©e, alors en pleine expansion, sâempare du thĂšme de la PremiĂšre Guerre mondiale. InspirĂ© par lâhistoire de son grand-pĂšre, Jacques Tardi sâest tout particuliĂšrement intĂ©ressĂ© Ă cette pĂ©riode historique et lui a consacrĂ© plusieurs albums. Benjamin Rabier, Flambeau, Chien de guerre, 1916En 1916, le cĂ©lĂšbre illustrateur Benjamin Rabier imagine le personnage de Flambeau, chien de ferme devenu chien de guerre, dans un album illustrĂ© trĂšs proche de lâunivers de la bande dessinĂ©e. Vilain et mal-aimĂ©, Flambeau part Ă la guerre en amateur » et triomphe toujours de lâennemi. Une Ćuvre patriotique qui donne un aperçu de ce que pouvait ĂȘtre la propagande destinĂ©e aux enfants. Jacques Tardi, CâĂ©tait la guerre des tranchĂ©es, 1993 Jacques Tardi, Jean-Pierre Verney, Putain de guerre, 2008 Kris, MaĂ«l, Notre mĂšre la guerre, 4 tomes, 2009-2014Affiches de propagandeLes affiches de propagande sont incontournables, dans toute lâEurope et aux Ătats-Unis, pour exalter lâĂ©lan patriotique elles incitent Ă sâengager et surtout, Ă participer financiĂšrement Ă lâeffort de guerre en souscrivant aux emprunts dâĂtat. Elles jouent aussi sur les peurs Ă travers des caricatures effrayantes de lâennemi, telle cette affiche allemande qui reprĂ©sente un soldat français aux doigts crochus cherchant Ă sâemparer de lâ dĂ©but du XXe siĂšcle, vers 1905, et dans la continuitĂ© de lâhĂ©ritage impressionniste, les peintres se rĂ©clament de Gauguin, Van Gogh et CĂ©zanne et rompent avec lâordre Ă©tabli. Ils peignent au mĂ©pris des rĂšgles de lâAcadĂ©mie et transgressent le principe dâimitation du monde visible fauvisme, cubisme, futurisme, abstraction constituent de vĂ©ritables rĂ©volutions picturales qui, face aux innovations, inventions et dĂ©couvertes du dĂ©but du siĂšcle aviation et cinĂ©ma notamment, inventent une nouvelle façon de reprĂ©senter la rĂ©alitĂ© et, plus, donnent Ă voir dâautres rĂ©alitĂ©s que celles des apparences. Ces rĂ©volutions sont internationales de Paris Ă Moscou, de Vienne Ă Berlin, de Bruxelles Ă Londres, les artistes Ă©changent, correspondent, et glissent peu Ă peu vers lâabstraction⊠La guerre de 14-18 brise lâĂ©lan de ce courant crĂ©atif. Ainsi, plusieurs mouvements dâavant-garde apparus avant 1914, comme le cubisme, disparaissent Ă la fin de la guerre. Braque, qui nâa pas laissĂ© un croquis de la guerre, est blessĂ© en 1915 ; Derain, qui passe les quatre annĂ©es de la guerre dans lâartillerie, remplace Ă cette occasion la peinture par la photographie. LĂ©ger Ă©chappe de justesse Ă Verdun. Dâanciens cubistes et fauves sont employĂ©s au camouflage. Certains, comme Delaunay et Picabia, quittent la France pour ne pas combattre. En Italie, la mort de Boccioni et de SantâElia vide le futurisme de sa substance. Par ailleurs, pour les pays en guerre, il nâest plus question de salons, dâexpositions ou de dĂ©bats artistiques. Cependant, pour certains peintres qui sont mobilisĂ©s, la guerre sâimpose comme sujet. Comment ont-ils reprĂ©sentĂ© cette guerre dâun genre nouveau, qui ne ressemble en rien aux batailles de jadis ? Les innovations technologiques de cette premiĂšre guerre industrielle, mais aussi lâeffacement des hommes devant les machines et les souffrances conduisent les artistes vers de nouveaux modes dâexpression. Les artistes des avant-gardes europĂ©ennes, expressionnistes, cubistes, futuristes, rompent avec la peinture acadĂ©mique des batailles, qui utilise lâallĂ©gorie et le rĂ©alisme. Ils inventent une expression nouvelle qui rend compte de la rĂ©alitĂ© â nouvelle aussi et monstrueuse â Ă laquelle ils sont confrontĂ©s. Fernand LĂ©ger, qui reprĂ©sentera en 1917 les soldats en hommes-robots, totalement dĂ©shumanisĂ©s, dans son tableau La Partie de cartes, Ă©crit en mai 1915 Ă un ami Câest tout de mĂȘme une guerre bien curieuse. [âŠ] Câest linĂ©aire et sec comme un problĂšme de gĂ©omĂ©trie. Tant dâobus en tant de temps sur une telle surface, tant dâhommes par mĂštre et Ă lâheure fixe en ordre. Tout cela se dĂ©clenche mĂ©caniquement. Câest lâabstraction pure, plus pure que la Peinture cubiste "soi-mĂȘme". Je ne te cache pas ma sympathie pour cette maniĂšre-lĂ [âŠ] » Fernand LĂ©ger, Une correspondance de guerre », Cahiers du musĂ©e national dâArt moderne, Paris, 1990.Fernand LĂ©ger, La Partie de cartes, 1917Huile sur toile H 1,29 m ; L 1,93 m, Otterlo, musĂ©e Britannique Nevinson et le futuriste italien Severini ressentent eux aussi que la guerre moderne doit ĂȘtre peinte de maniĂšre moderne. Il est impossible de reprĂ©senter les explosions des obus, ou le dĂ©chaĂźnement de lâartillerie il ne faut plus imiter, il faut transcrire. Pour exprimer la dĂ©shumanisation et la violence de la guerre, ces peintres vont briser les lignes, dĂ©laisser le dĂ©tail, pour faire Ă©clater les Nevinson, Explosion dâobus Bursting shell, 1915Huile sur toile H 0,76 m ; L 0,56 m, Royaume-Uni, Londres, Tate Severini, The War La Guerre, 1914Huile sur toile, Allemagne, Munich, Pinakothek der Moderne, Sammlung Moderne expressionnistes allemands, pour leur part, vont vers lâexpression des angoisses humaines â tel le cri de dĂ©sespoir sidĂ©ral » qui rĂ©sonne dans lâĆuvre fameuse dâEdvard Munch, que lâon peut considĂ©rer comme le prĂ©curseur de ce mouvement. La forme expressionniste utilise un trait nerveux et des dĂ©formations qui font jaillir Ă©motions et sentiments. Parmi eux, Otto Dix se distingue particuliĂšrement, qui consacre une grande partie de son Ćuvre Ă la reprĂ©sentation de la guerre et aux sĂ©quelles quâelle laisse dans la sociĂ©tĂ© allemande. La plupart de ses tableaux seront plus tard considĂ©rĂ©s comme de lâart dĂ©gĂ©nĂ©rĂ© » par les Dix, Autoportrait en soldat, 1914Huile sur papier H 68 cm ; L 53,5 cm, Allemagne, Stuttgart, Kunstmuseum Dix, La Guerre triptique, 1929ContreplaquĂ©, huile sur bois panneau central H 2,04 m ; L 2,04 m ; panneau droit et gauche H 2,04 m ; L 1,02 m ; prĂ©delle H 0,60 m ; L 2,04 m, Allemagne, Dresde, Staatliche Kunstsammlungen, GemĂ€ldegalerie Neue il faut noter que la guerre est couverte par des photographes, des peintres et illustrateurs officiels comme François Flameng, dont les nombreux croquis et dessins sont parus dans la revue LâIllustration. Pour exemple, voici dâautres Ćuvres inspirĂ©es par la Grande Guerre Erich Heckel, Zwei Verwundete, 1915, Xylographie sur papier, Allemagne, Essen, musĂ©e Vallotton, Les BarbelĂ©s, 1916, Galerie Paul-Vallotton, Kokoschka, Isonzo-Front Le Front dâIsonzo, 1916, MusĂ©e Jenisch, Grosz, Explosion, 1917, Museum of Modern Art, New Gromaire, La Guerre, 1925, MusĂ©e dâArt moderne de la Ville de Ottawa, la salle du SĂ©nat contient une sĂ©rie de grandes peintures sur la Grande Guerre, commissionnĂ©es par le Canada mais pour la plupart exĂ©cutĂ©es par des Britanniques. Il est facile dâobtenir une brochure sur le sujet voir Internet. Le MusĂ©e canadien de la guerre possĂšde Ă©galement une imposante collection de peintures rĂ©alisĂ©es par des Canadiens dont le sujet est la Grande Guerre, Ă la fin du conflit ou tout de suite aprĂšs. Entre 2000 et 2005, une exposition itinĂ©rante de 60 Ćuvres de cette collection mĂ©connue du musĂ©e a circulĂ© dans le pays, donnant lieu Ă la brochure Tableaux de guerre, Chefs-dâĆuvre du MusĂ©e canadien de la guerre 2001. Enfin, on trouve un excellent article de Laura Brandon sur lâart de guerre et les membres du Groupe des Sept sur le site du MusĂ©e canadien de la guerre. Tous ceux qui sont nommĂ©s ne sont pas allĂ©s outre-mer, mais on les a souvent embauchĂ©s sur la fin de la guerre pour complĂ©ter ce que les Anglais avaient fait jusque-lĂ . La peinture de ceux du Groupe des Sept qui ont participĂ© aux combats ou ont eu lâoccasion de voir tout de suite aprĂšs la guerre les dommages quâelle avait causĂ©s, reste marquĂ©e par cette expĂ©rience. Une peinture de Jackson, un combattant, faite en Europe durant la guerre est Ă rapprocher dâautres quâil a plus tard faites au nord de lâ et monumentsLes sculptures et monuments sont essentiellement des objets commĂ©moratifs. Le monument aux morts fut particuliĂšrement important aprĂšs la guerre. On en trouve dans pratiquement tous les villages et villes de Benet, Le Poilu victorieux, 1920, monument aux morts une centaine dâexemplaires en France Walter Allward, Parc mĂ©morial canadien de Vimy, 1935-1936, Nord-Pas de Calais, FranceConstantin Brancusi, La Colonne sans fin, 1937, Targu Jiu, RoumanieParc mĂ©morial canadien de Vimy, Pas-de-Calais, 2013CinĂ©maLâhistorien du cinĂ©ma Laurent Veray distingue quatre phases dans la reprĂ©sentation de la PremiĂšre Guerre mondiale au cinĂ©ma. Durant le conflit mĂȘme, le cinĂ©ma joue un rĂŽle important. Câest la premiĂšre fois que la guerre est filmĂ©e. Que ce soient des fictions, des documentaires ou les bandes dâactualitĂ©, les films servent la propagande il sâagit souvent de reprĂ©sentations patriotiques qui glorifient lâacte guerrier. Dans cette veine, le film La Bataille de la Somme, qui est rĂ©alisĂ© Ă la demande du gouvernement britannique, sort en salles Ă Londres en 1916. Aux Ătats-Unis, Charlie Chaplin rĂ©alise en 1918 le film The Bond, qui exhorte Ă la souscription aux Liberty Bonds ». AprĂšs la guerre, et surtout dans les annĂ©es 1930, le cinĂ©ma reprĂ©sente la guerre dans une volontĂ© pacifique, voire pacifiste. Puis la Seconde Guerre mondiale Ă©clipsera la Grande Guerre pendant un temps, mais celle-ci fera un retour au cinĂ©ma dans les annĂ©es 1960-1970, dans une vision plus transgressive et plus antimilitariste encore dans le contexte de la dĂ©colonisation, la guerre de 14-18 permet de dĂ©noncer dâautres conflits. Enfin, dans les annĂ©es 1990, avec le retour de la guerre en Europe et Ă Sarajevo, la PremiĂšre Guerre mondiale est largement reprise et reprĂ©sentĂ©e, comme le point de dĂ©part de lâhistoire europĂ©enne. Malins, McDowell, La Bataille de la Somme The Battle of the Somme, 1916Ce film britannique rĂ©alisĂ© par Geoffrey H. Malins et John B. MacDowell en 1916, dĂšs le dĂ©but de la bataille de la Somme 1er juillet 1916, est considĂ©rĂ© comme le premier long mĂ©trage documentaire sur la guerre. Il sort Ă Londres quelques semaines aprĂšs cette date. Il montre les soldats en action, en mĂ©langeant des Ă©vĂ©nements rĂ©els et des actions reconstituĂ©es. Lâobjectif initial du film Ă©tait de servir Ă remonter le moral de lâarriĂšre afin de stimuler la mobilisation mais les images, qui laissent apparaĂźtre la violence de la guerre moderne, choquent au contraire. Trente salles projettent le film Ă Londres ; Ă lâautomne 1916, 20 millions de Britanniques lâont vu. La Bataille de la Somme compte parmi lâun des films que la censure canadienne accepte, et mĂȘme, elle encourage sa diffusion. Abel Gance, Jâaccuse, 1919Ce film muet qui reprĂ©sente la mort de masse est lâun des tout premiers longs mĂ©trages pacifistes. Les morts y sont jouĂ©s par des soldats permissionnaires qui retourneront au combat aprĂšs le tournage. Le rĂ©alisateur y fait aussi figurer des gueules cassĂ©es. Abel Gance en rĂ©alisera une seconde version, parlante, en 1937. Le film met en relief deux hommes que tout sĂ©pare issus dâun mĂȘme village. Lâun, Jean Diaz, est poĂšte et porte la joie de vivre, lâautre, François Laurin, est une brute qui rend sa femme, Ădith, contrainte au mariage par son pĂšre, malheureuse. Jean et Ădith tombent amoureux. La guerre Ă©clate. Jean et François apprennent Ă se connaĂźtre pendant la guerre. Ădith est dĂ©portĂ©e en Allemagne comme toutes les femmes de son village. Elle est violĂ©e par des soldats et parvient Ă sâĂ©chapper et rentre chez elle. Mais François meurt Ă la guerre, quant Ă Jean, il devient fou, il a des visions macabres qui dĂ©noncent et accusent les horreurs de la guerre et il finit par mourir Ă©galement. » LĂ©on Poirier, Verdun, visions dâHistoire, 1928Sorti Ă lâoccasion de la commĂ©moration des 10 ans de lâArmistice, ce film qui retrace la bataille de Verdun est Ă mi-chemin entre le documentaire et lâĆuvre de fiction. Il est composĂ© de trois actes ou visions » la Force, lâEnfer et le Destin. Lewis Milestone, Ă lâOuest rien de nouveau, 1930 dâaprĂšs le roman dâErich Maria Remarque Raymond Bernard, Les Croix de Bois, 1931 dâaprĂšs le roman de DorgelĂšs. Jean Renoir, La Grande Illusion, 1937 [âŠ] Deux soldats français sont faits prisonniers par le commandant von Rauffenstein, un Allemand raffinĂ© et respectueux. Conduits dans un camp de prisonniers, ils aident leurs compagnons de chambrĂ©e Ă creuser un tunnel secret. Mais Ă la veille de leur Ă©vasion, les dĂ©tenus sont transfĂ©rĂ©s. Ils sont finalement emmenĂ©s dans une forteresse de haute sĂ©curitĂ© dirigĂ©e par von Rauffenstein. Celui-ci traite les prisonniers avec courtoisie [âŠ] Mais les officiers français prĂ©parent une nouvelle Ă©vasion. » Stanley Kubrick, Les Sentiers de la gloire, 1957Dans ce film en noir et blanc dâaprĂšs le livre Ă©ponyme de Humphrey Cobb, 1935, Kubrick aborde le rĂŽle quâont jouĂ© certains officiers en dĂ©fendant des soldats accusĂ©s dâabandon de poste. En 1916, un gĂ©nĂ©ral veut faire fusiller la totalitĂ© des soldats encore en vie aprĂšs un assaut, les accusant de lui avoir dĂ©sobĂ©i en refusant dâaller au front comme les autres⊠Il est tempĂ©rĂ© par le colonel Dax seuls trois soldats dĂ©signĂ©s au hasard seront jugĂ©s et tuĂ©s pour lâexemple »⊠Cette Ćuvre fut censurĂ©e en France pendant prĂšs de 20 ans, par peur de porter atteinte Ă la dignitĂ© de lâarmĂ©e française ». Bertrand Tavernier, Capitaine Conan, 1996 dâaprĂšs le roman de R. Vercel François Dupeyron, La Chambre des officiers, 2000 dâaprĂšs le roman de M. Dugain Jean-Pierre Jeunet, Un long dimanche de fiançailles, 2004 dâaprĂšs le roman de S. Japrisot Christian Carion, Joyeux NoĂ«l, 2005Ce film Ă©voque la trĂȘve de NoĂ«l de 1914 durant laquelle les camps ennemis ont fraternisĂ©, au grand dam de lâĂ©tat-major. Paul Gross, La Bataille de Passchendaele, 2007 Se dĂ©roulant durant la PremiĂšre Guerre mondiale, La Bataille de Passchendaele raconte lâhistoire du sergent Michael Dunne [âŠ], un soldat qui est brutalement blessĂ© en France et qui retourne Ă Calgary Ă©motionnellement et physiquement Ă©prouvĂ©. Lors de son sĂ©jour Ă lâhĂŽpital militaire de Calgary, il rencontre Sarah [âŠ], une infirmiĂšre mystĂ©rieuse et attirante avec qui il dĂ©veloppe une passion amoureuse. Lorsque le jeune frĂšre asthmatique de Sarah, Davis [âŠ], sâenrĂŽle pour combattre en Europe, Michael se sent contraint de retourner Ă la guerre pour le protĂ©ger. Michael et David, comme de milliers dâautres Canadiens, vont participer Ă la troisiĂšme bataille contre dâimpossibles forces, quâon appelle communĂ©ment ?Passchendaeleâ. Câest une histoire de passion, de courage et de dĂ©vouement, qui montre lâhĂ©roĂŻsme de tous ceux qui ont combattu Ă la guerre, et de ceux qui les ont appuyĂ©s. »Musique et chansonsComme les autres artistes, les musiciens et compositeurs français sâengagent dans la guerre. Arnold Schonberg, le pĂšre du dodĂ©caphonisme, et Claude Debussy sâengagent par patriotisme, chacun dans un camp opposĂ©. Le compositeur Maurice Ravel, qui rĂȘve de participer Ă la guerre, sera cependant rĂ©formĂ© Ă cause de sa trop petite taille. Certains musiciens compositeurs joueront Ă proximitĂ© des lignes pour soutenir le courage des soldats quatuor du gĂ©nĂ©ral Mangin. La chanson a Ă©galement jouĂ© un grand rĂŽle dans les tranchĂ©es patriotique, grivoise ou contestataire, elle permettait aux soldats de se donner du courage. Enfin, lâarrivĂ©e des soldats afro-amĂ©ricains sur le continent europĂ©en va contribuer Ă la diffusion dâune nouvelle musique le jazz. Tout au long du XXe siĂšcle, la Grande Guerre continuera Ă inspirer de grands noms de la chanson française. Claude Debussy, Les soirs illuminĂ©s par lâardeur du charbon », 1917En fĂ©vrier 1917, Debussy compose cette courte piĂšce, aux accents de dĂ©sespoir et dâabandon, dont le titre est un vers de Charles Baudelaire. Gustav Holst, Les planĂštes, Mars, celui qui annonce la guerre, composĂ©e en 1914, créée en 1918Ćuvre symphonique dans laquelle les rythmes martelĂ©s et les dissonances exaltent lâĂ©lan et le courage des combattants. Cette marche guerriĂšre puissante et chaotique, parfois utilisĂ©e au cinĂ©ma, a influencĂ© les compositeurs de musiques de films notamment John Williams musique de Star Wars. Maurice Ravel, Concerto pour la main gauche, 1929-1931Ce concerto pour piano et orchestre en un seul mouvement a Ă©tĂ© composĂ© entre 1929 et 1931 et créé Ă Vienne le 5 janvier 1932 par le pianiste autrichien Paul Wittgenstein, qui avait perdu son bras doit sur le front russe. Cette Ćuvre, destinĂ©e Ă nâĂȘtre jouĂ©e que de la main gauche, nĂ©cessite une incroyable virtuositĂ©. La Chanson de Craonne, 1915Cette chanson contestataire fut censurĂ©e par le commandement militaire pour ses paroles subversives et antimilitaristes. Jacques Brel, La Colombe, 1959Cette chanson nâĂ©voque pas la guerre de 14-18 en particulier, mais la guerre en gĂ©nĂ©ral. Câest une chanson pacifiste Ă©crite dans le contexte de la guerre dâAlgĂ©rie. Barbara, Le Verger en Lorraine, 1962 paroles de J. Poissonnier Maxime le Forestier, Les Lettres, 1975Cette chanson, Ă©crite Ă partir de lettres retrouvĂ©es dans un grenier, Ă©voque la correspondance entre un mari mobilisĂ© et sa femme. Michel Sardou, Verdun, 1979 Notes bibliographie - sitographieBrandon Laura, Lâart de guerre canadien » sur le site du MusĂ©e canadien de la Françoise, Dagen Philippe dir., Histoire de lâart. Ăpoque contemporaine. XIXe-XXe siĂšcles, Flammarion, 1998 derniĂšre Ă©d. 2003.Milkovitch-Rioux Catherine , Lâinfluence de la Grande Guerre sur la littĂ©rature fr
CettedictĂ©e est issue de l'Ćuvre LâArt de la guerre de Sun Tzu. La dictĂ©e comporte 145 mots . Il faut en moyenne 10:04 minutes pour faire cette dictĂ©e. Les joueurs de ZenDictĂ©e ont fait en moyenne 10,7 fautes. Les mots suivants (noms propres, difficultĂ©s particuliĂšres) sont donnĂ©s : Sun Tzu, l'Ătat . Attention, vous devez vous La guerre nâest que la simple continuation de la politique par dâautres moyens. » Cette maxime de Clausewitz est devenue lâune des phrases les plus cĂ©lĂšbres de notre temps. Clausewitz a Ă©tĂ© lu et mĂ©ditĂ© par les militaires prussiens, LĂ©nine, Mao, Eisenhower, Henry Kissinger, Raymond Aron. Son traitĂ© De la Guerre Vom Kriege est au programme des AcadĂ©mies militaires amĂ©ricaines. Lâimage de Clausewitz est aujourdâhui ambivalente. ConsidĂ©rĂ©, Ă lâĂ©gal dâun Thucydide, comme la plus grande rĂ©fĂ©rence de lâhistoire de la pensĂ©e stratĂ©gique, il est aussi un auteur contestĂ©, parfois envisagĂ© comme celui qui ouvre la porte aux guerres totales du XXe siĂšcle. Dans l'armĂ©e Ă 12 ans Clausewitz est nĂ© en 1780 Ă Burg, dans une famille typique de petits fonctionnaires. Depuis le rĂšgne de FrĂ©dĂ©ric II 1740-1786, lâarmĂ©e prussienne, avec sa discipline de fer, fait la gloire de la Prusse. Le jeune garçon nâa guĂšre le temps de faire des Ă©tudes poussĂ©es il devient cadet Ă©lĂšve-officier et porte-enseigne Ă 12 ans et dĂšs l'annĂ©e suivante, en 1793, participe au siĂšge de Mayence, occupĂ©e par les Français. Le baptĂȘme du feu Le souvenir de cette premiĂšre expĂ©rience combattante Ă un Ăąge encore tendre a dĂ» le marquer Ă vif une des pages les plus convaincantes de son ouvrage De la Guerre est sans nul doute celle qui, loin de toute thĂ©orie, dĂ©crit la transformation subie par le novice qui entre sur un champ de bataille Les impacts de balle commencent Ă frapper autour de lui âŠ, les boulets Ă©clatent, les grenades explosent ⊠et voilĂ soudain quâun ami tombe. ⊠Encore un pas le plomb tombe comme grĂȘle âŠ. La compassion nous emplit Ă la vue des mutilĂ©s, des mourants, notre cĆur bat Ă la chamade. ». Câest lâĂ©poque oĂč la RĂ©volution et la conscription nationale mettent fin aux affrontements limitĂ©s de lâAncien RĂ©gime la guerre devient totale, mobilisant le peuple au nom de la Nation. La Prusse se retire du conflit en 1795. Pendant une dizaine dâannĂ©es, Clausewitz peut prendre le temps de gravir les Ă©chelons et multiplier les lectures. Il se fait remarquer par lâĂ©toile montante de lâarmĂ©e prussienne, Gerhard von Scharnhorst, dont il suit les cours. Câest ainsi que sâest formĂ© le noyau de la future AcadĂ©mie de Guerre de Berlin. Ce gĂ©nĂ©ral, qui accorde une grande importance Ă lâHistoire, sâappuie, pour enseigner la stratĂ©gie, sur des exemples de campagnes cĂ©lĂšbres. Cette instruction va permettre ainsi Ă Clausewitz de rencontrer les milieux culturels les plus importants dâEurope, oĂč se croisent lâidĂ©alisme de Kant et le tourbillon dâidĂ©es qui annonce le romantisme. Un homme courageux En 1803, Clausewitz tombe amoureux de la jeune Marie von BrĂŒhl, une femme issue de la haute noblesse. Va-t-il se frayer un chemin vers la cour royale ? Rien nâest moins sĂ»r car le mariage nâest pas encore en vue et son milieu bien trop modeste. Clausewitz patientera plusieurs annĂ©es, entretenant une correspondance rĂ©guliĂšre avec la jeune femme. Elle contribuera dâautant plus Ă la formation artistique et culturelle de Clausewitz quâelle est Ă©galement une fervente nationaliste hostile Ă toute forme de soumission Ă la France. Pendant ce temps, NapolĂ©on devient le hĂ©ros dâune partie de lâEurope. Il incarne la nouvelle maniĂšre de faire la guerre, reposant sur la vitesse de mouvement et la bataille dĂ©cisive sa campagne de 1805, qui le mĂšne de Boulogne Ă Austerlitz, devient un modĂšle du genre. Mais la Prusse est Ă son tour battue l'annĂ©e suivante Ă IĂ©na et Auerstaedt. Clausewitz prend part Ă la bataille dâAuerstaedt et se fait remarquer par son courage, malgrĂ© le dĂ©sastre. Il doit ensuite accompagner Ă contrecĆur pendant un an le prince Auguste de Prusse, internĂ© en France. Dans ses Ă©changes Ă©pistolaires avec Marie, le jeune officier ne fait guĂšre mystĂšre de ses sentiments. Bien que sensible Ă lâĂ©motion religieuse qui se dĂ©gage de lâart gothique, notamment Ă la cathĂ©drale de Reims, il ne tarde pas Ă sâen prendre Ă lâarrogance » des Français. De retour en Prusse, câest une tout autre tĂąche qui attend Clausewitz moderniser lâarmĂ©e, sous la direction de Scharnhorst. Le vieux modĂšle de FrĂ©dĂ©ric II a fait son temps et lâarmĂ©e prussienne renonce aux mercenaires pour devenir une armĂ©e nationale. Une milice est créée afin dâavoir un rĂ©servoir dâhommes immĂ©diatement mobilisables en cas de conflit. Les anciens officiers, dont lâincompĂ©tence a Ă©tĂ© flagrante en 1806, sont par ailleurs Ă©cartĂ©s. Un nouveau processus de sĂ©lection, qui ne repose plus sur la noblesse, est mis en place. Les officiers doivent apprendre les tactiques de manĆuvre qui ont fait le succĂšs des troupes françaises afin de combiner lâeffet des diffĂ©rents corps dâarmĂ©e infanterie, cavalerie et artillerie. Culture et Histoire sont au cĆur de cette nouvelle Ă©ducation. Une nouvelle AcadĂ©mie de Guerre est officiellement crĂ©e en 1810 Clausewitz y enseigne. Acteur du renouveau prussien La rĂ©forme militaire nâest quâun des aspects du vaste effort de transformation quâentreprend le royaume de Prusse, qui a tirĂ© les leçons de ses dĂ©faites. En quelques annĂ©es, le servage va ĂȘtre aboli, lâadministration modernisĂ©e et Wilhem von Humboldt crĂ©e Ă Berlin un nouveau systĂšme dâĂ©ducation assortie de lâUniversitĂ© moderne. Clausewitz prend part Ă cet Ă©lan dans lequel certains ont vu les bases des succĂšs prussien et allemand du XIXe siĂšcle et au-delĂ . Câest Ă©galement au cours de ces annĂ©es quâil rĂ©dige les premiĂšres Ă©bauches de ce qui va devenir son ouvrage De la Guerre. ... PubliĂ© ou mis Ă jour le 2020-05-09 093832 Lart français de la guerre >> 26 novembre 2012 1 26 / 11 / novembre / 2012 20:02. L'art français de la guerre (2011) d'Alexis JENNI: extrait 9. Pages -292-293 : - L'Indochine ? C'est la planĂšte Mars. Ou Neptune, je ne sais pas. Un autre monde qui ne ressemble Ă rien d'ici : imagine une terre oĂč la terre ferme n'existerait pas. Un monde mou, tout mĂ©langĂ©, tout sale. LaTraitĂ© de stratĂ©gie militaire et de management tactique en Treize chapitres consacrĂ© Ă l'analyse stratĂ©gique de la guerre et de la diplomatie et attribuĂ© au stratĂšge chinois Sun Tzu Sin Zi ou Souen Tseu - Sun Tse Ăconomie, droit & management Couverture souple74 pages ISBN 9782322242528Ăditeur Books on DemandDate de parution français Impression couleurs non 14,00 ⏠disponible dĂšs maintenant Votre propre livre !Devenez auteur avec BoD et vendez votre livre et votre ebook en savoir plus L'Art de la guerre littĂ©ralement MĂ©thodes militaires de MaĂźtre Sun » est un court traitĂ© de stratĂ©gie militaire chinois. AttribuĂ© au stratĂšge Sun Zi souvent orthographiĂ© Sun Tzu, lart de la guerre fait partie des livres historiques chinois du management stratĂ©gique des organisations et du champ du marketing management. l'art de la guerre de sun tzu s'articule autour de 13 chapitres consacrĂ©s Ă l'analyse rationnelle des diffĂ©rentes dimensions de la guerre et qui dĂ©gagent les principes de la poursuite intelligente d'une guerre victorieuse fondĂ©e sur une stratĂ©gie indirecte, toute d'Ă©conomie, de ruse, de connaissance de l'adversaire, d'action psychologique, destinĂ©e Ă ne laisser au choc que le rĂŽle de coup de grĂące assĂ©nĂ© Ă un ennemi art de la guerre a exercĂ© une influence considĂ©rable sur les traditions militaires chinoises et japonaises en guerre, et il est toujours enseignĂ© en Chine, Ă TaĂŻwan et dans l'ensemble des Ă©coles militaires du monde traduction en anglais de L'art de la guerre par Lionel Giles en 1910, puis la victoire de Mao Zedong en 1949, ramĂšnent l'attention sur ce manuel de stratĂ©gie indirecte. L'Art de la Guerre devient un canon de la pensĂ©e stratĂ©gique occidentale, Ă son tour profondĂ©ment influencĂ©e par ce traitĂ© qui analyse, avec une avance considĂ©rable, la guerre comme une affaire d'importance vitale pour les Ătats, pouvant en tant que telle se prĂȘter Ă une analyse rigoureuse et dont la paix dicte le livre historique l' art de la guerre est souvent liĂ© au TraitĂ© des cinq roues du grand samourai Miyamoto Musashi guerrier de la transcendance et au Gorin-no-sho. dans le traitĂ© des cinq roues, ce guerrier nous donne en un texte lumineux l'essence des arts martiaux et de diplomatie et le secret d'une stratĂ©gie victorieuse qui transcende la violence et devient art de vivre et d'agir avec succĂšs l'esprit de l'art de l'Ă©pĂ©e peut s'appliquer Ă tous les gestes de la vie quotidienne. Enfin, on compare aussi l'Art de la guerre au Prince de Nicolas Machiavel, l'Esprit indomptable de Takuan Soho ou encore au livre de guerre les 36 StratagĂšmes Manuel secret de l'art de la guerre. sun tzu l'art de la guerre a influencĂ© des oeuvres contemporaines comme confession d un ops. Sun TzuSun Tzu ou Sun Zi ou Souen Tseu signifiant militaire », martial » est un gĂ©nĂ©ral chinois du vie siĂšcle av. idĂ©es de lart de la guerre de sun tzu sont une introduction a la strategie. Elles ont Ă©tĂ© reprises et adaptĂ©es par diffĂ©rents auteurs pour la stratĂ©gie general beaufre et notamment la stratĂ©gie d'entreprise. Dans un sens plus large, L'Art de la guerre peut ĂȘtre interprĂ©tĂ© comme une mĂ©thode de rĂ©solution des est surtout cĂ©lĂšbre en tant quauteur de louvrage de stratĂ©gie militaire le plus ancien connu L'Art de la guerre. L'idĂ©e principale de son oeuvre est que l'objectif de la guerre est de contraindre l'ennemi Ă abandonner la lutte, y compris sans combat, grĂące Ă la ruse, l'espionnage, une grande mobilitĂ© et l'adaptation Ă la stratĂ©gie de l'adversaire. Sun ZiSun Tzu ou Sun Zi ou Souen Tseu signifiant militaire », martial » est un gĂ©nĂ©ral chinois du vie siĂšcle av. idĂ©es de lart de la guerre de sun tzu sont une introduction a la strategie. Elles ont Ă©tĂ© reprises et adaptĂ©es par diffĂ©rents auteurs pour la stratĂ©gie general beaufre et notamment la stratĂ©gie d'entreprise. Dans un sens plus large, L'Art de la guerre peut ĂȘtre interprĂ©tĂ© comme une mĂ©thode de rĂ©solution des est surtout cĂ©lĂšbre en tant quauteur de louvrage de stratĂ©gie militaire le plus ancien connu L'Art de la guerre. L'idĂ©e principale de son oeuvre est que l'objectif de la guerre est de contraindre l'ennemi Ă abandonner la lutte, y compris sans combat, grĂące Ă la ruse, l'espionnage, une grande mobilitĂ© et l'adaptation Ă la stratĂ©gie de l'adversaire. Sun TseSun Tzu ou Sun Zi ou Souen Tseu/Sun tseu signifiant militaire », martial » est un gĂ©nĂ©ral chinois du vie siĂšcle av. idĂ©es de lart de la guerre de sun tzu sont une introduction a la strategie. Elles ont Ă©tĂ© reprises et adaptĂ©es par diffĂ©rents auteurs pour la stratĂ©gie general beaufre et notamment la stratĂ©gie d'entreprise. Dans un sens plus large, L'Art de la guerre peut ĂȘtre interprĂ©tĂ© comme une mĂ©thode de rĂ©solution des est surtout cĂ©lĂšbre en tant quauteur de louvrage de stratĂ©gie militaire le plus ancien connu L'Art de la guerre. L'idĂ©e principale de son oeuvre est que l'objectif de la guerre est de contraindre l'ennemi Ă abandonner la lutte, y compris sans combat, grĂące Ă la ruse, l'espionnage, une grande mobilitĂ© et l'adaptation Ă la stratĂ©gie de l'adversaire. Souen TseuSun Tzu ou Sun Zi ou Souen Tseu/Sun tseu signifiant militaire », martial » est un gĂ©nĂ©ral chinois du vie siĂšcle av. idĂ©es de lart de la guerre de sun tzu sont une introduction a la strategie. Elles ont Ă©tĂ© reprises et adaptĂ©es par diffĂ©rents auteurs pour la stratĂ©gie general beaufre et notamment la stratĂ©gie d'entreprise. Dans un sens plus large, L'Art de la guerre peut ĂȘtre interprĂ©tĂ© comme une mĂ©thode de rĂ©solution des est surtout cĂ©lĂšbre en tant quauteur de louvrage de stratĂ©gie militaire le plus ancien connu L'Art de la guerre. L'idĂ©e principale de son oeuvre est que l'objectif de la guerre est de contraindre l'ennemi Ă abandonner la lutte, y compris sans combat, grĂące Ă la ruse, l'espionnage, une grande mobilitĂ© et l'adaptation Ă la stratĂ©gie de l'adversaire. Joseph-Marie AmiotJoseph-Marie Amiot, nĂ© le 8 fĂ©vrier 1718 Ă Toulon France et dĂ©cĂ©dĂ© le 8 octobre 1793 Ă PĂ©kin Chine, est un prĂȘtre jĂ©suite, astronome et historien français, missionnaire en Chine. Il fut l'un des derniers survivants de la Mission jĂ©suite en Ă©tudia le chinois et le mandchou alors langue officielle imposĂ©e par la dynastie Qing au pouvoir. Il est l'auteur d'une grammaire et dictionnaire mandchou. En fait il se passionna pour tout ce qui Ă©tait chinois coutumes, langues et dialectes, histoire et musique. Il prit Ă son service un jeune Chinois qu'il forma aux mĂ©thodes scientifiques europĂ©ennes et c'est avec lui que pendant 31 ans il publia ses a par ailleurs traduit et introduit en Europe en 1772 le livre, considĂ©rĂ© comme fondateur de la stratĂ©gie, l'Art de la guerre de Sun Zi, sous le titre Les treize articles. RĂ©digez votre propre commentaireMerci de vous connecter ici Ă votre compte client pour laisser un avis.
LArt de la Guerre Chez les Parasites. C'est l'histoire de cinq personnes et d'un étrange animal. Leurs destins se croisent au sein d'une grande maison qui, quelque part, est le sixiÚme per. Plus de détails . Lire le résumé complet Lire un extrait . Chargement Veuillez patienter. Référence : 222575. Reliures : Dos carré collé. Formats : 14,8x21 cm. Pages : 310. Impression : Noir et
> Fiche de cours Art et Guerre INTRODUCTION De tous temps, et en tous lieux, les hommes se sont faits et se font encore la guerre. Celle-ci dĂ©truit tout sur son passage, des villes et des villages, des pays entiers, mais aussi des vies humaines, des innocents, qui meurent parfois dans des conditions innommables. Dans tous les domaines artistiques, les artistes, qui ont vĂ©cu ou qui ont Ă©tĂ© informĂ©s de lâhorreur de la guerre, ont transmis dans leurs Ćuvres leurs rĂ©actions, leurs sentiments, leurs Ă©motions, leur message. Ces Ćuvres sont dâautant plus importantes quâelles aident Ă fixer Ă jamais la guerre dans la mĂ©moire de chacun dâentre nous, dans lâespoir que de telles horreurs ne se reproduiront plus jamais. Ainsi, lâĆuvre dâart permet Ă lâartiste â de figer ce que la mĂ©moire des souvenirs » ne peut conserver intact, donc de participer au devoir de mĂ©moire â de dĂ©noncer, de critiquer, donc dâĂȘtre dans un acte dâengagement. Nous rĂ©flĂ©chirons Ă la problĂ©matique Comment dire lâindicible ? » Ă travers lâĂ©tude dâĆuvres relatant les consĂ©quences de la guerre. ââââââââââââââ- I. LE COMPOSITEUR STEVE REICH 1936- ⊠Steve Reich New York, 1936 a Ă©tudiĂ© le piano, les percussions, la composition et mĂȘme la philosophie. Il est considĂ©rĂ© comme lâun des pionniers de la musique minimaliste = musique rĂ©pĂ©titive, courant musical apparu aux Ătats-Unis dans les annĂ©es 60. > Son site internet Steve Reich ââââââââââââââââ II. LâOEUVRE DIFFERENT TRAINS » 1988 Different Trains 27âČ est une Ćuvre de musique mixte pour quatuor Ă cordes et bande magnĂ©tique composĂ©e en 1988. Grammy Award de la meilleure composition de musique classique contemporaine en 1989 > Pourquoi cette composition? Steve Reich dit LâidĂ©e de cette composition vient de mon enfance. Lorsque jâavais un an, mes parents se sĂ©parĂšrent. Ma mĂšre sâinstalla Ă Los Angeles et mon pĂšre resta Ă New York. Comme ils me gardaient Ă tour de rĂŽle, de 1939 Ă 1942 je faisais rĂ©guliĂšrement la navette en train entre New York et Los Angeles, accompagnĂ© de ma gouvernante. Bien quâĂ lâĂ©poque ces voyages fussent excitants et romantiques, je songe maintenant quâĂ©tant juif, si jâavais Ă©tĂ© en Europe pendant cette pĂ©riode, jâaurais sans doute pris des trains bien diffĂ©rents. En pensant Ă cela, jâai voulu Ă©crire une Ćuvre qui exprime avec prĂ©cision cette situation⊠> Les procĂ©dĂ©s de composition Steve Reich explique la façon dont il a procĂ©dĂ© pour prĂ©parer la bande magnĂ©tique Jâai enregistrĂ© ma gouvernante Virginia, maintenant ĂągĂ©e de plus de soixante-dix ans, qui Ă©voque nos voyages en train. Jâai enregistrĂ© un ancien employĂ© des wagons-lits sur la ligne New York-Los Angeles, maintenant Ă la retraite et ĂągĂ© de plus de quatre-vingt ans M. Lawrence Davis, qui raconte sa vie. Jâai rassemblĂ© des enregistrements de survivants de lâHolocauste Rachella, Paul et Rachel, tous Ă peu prĂšs de mon Ăąge et vivant aujourdâhui en AmĂ©rique, qui parlent de leurs expĂ©riences. Jâai rassemblĂ© des sons enregistrĂ©s de trains amĂ©ricains et europĂ©ens des annĂ©es 1930, 1940. Steve Reich a donc fait le choix dâutiliser des enregistrements authentiques »; lâĆuvre prend alors la dimension dâun tĂ©moignage historique. > Extrait 7âČ de PHASE TO FACE » Ă propos de Different trains de Steve Reich > Dans cette oeuvre de musique mixte », le langage musical utilisĂ© est le suivant â Des sons concrets qui ont Ă©tĂ© enregistrĂ©s tels que des sons de sirĂšne sirĂšne / et des bruits de train bruits de train â Des extraits enregistrĂ©s de voix parlĂ©e. â Des ostinati des cordes avec rĂ©pĂ©tition et dĂ©phasage enregistrĂ©s. â Une utilisation du discours parlĂ© comme matĂ©riau musical reproduction/imitation par les instruments du quatuor Ă cordes de lâintonation des fragments de discours. âââââââââââââââââ > STRUCTURE DE LâOEUVRE Different trains comprend trois mouvements PART I AMERICA â Before the war 9âČ PART II EUROPE â During the war 7â30 PART III After the war 10â30 PART I AMERICA â BEFORE THE WAR â Ce 1er mouvement reprĂ©sente le train du voyage, de lâinsouciance, du bonheur de prendre le train pour se dĂ©placer. Les voix Ă©voquent le trajet Chicago-New-York-Los Angeles. â Ce mouvement est construit sur un ostinato Ă©volutif imitation du train auquel se superpose un dialogue enregistrĂ© sample voix-cordes , sur un mode rĂ©pĂ©titif, des sons de sirĂšnes venant ponctuer, ça et lĂ , le discours. Exemples Ostinato sur deux notes, jouĂ© par les cordes imitation du train > > La voix parlĂ©e est musicalisĂ©e » une mĂ©lodie est créée au plus proche de cette voix. > > La voix est prĂ©cĂ©dĂ©e par lâalto qui introduit le thĂšme seul avant de mĂ©langer leurs timbres en jouant ensemble. Extrait des paroles ââââââââââ PART II EUROPE â DURING THE WAR â Ce mouvement reprĂ©sente le train de la terreur, de la mort, dâun aller sans retour ; câest le train qui emmĂšne les dĂ©portĂ©s vers les camps de concentration. â Plusieurs cellules rĂ©pĂ©titives se superposent, sâentrecroisent. â Ostinato aux cordes qui imitent le bruit du train des dĂ©portĂ©s, qui change Ă chaque phrase. â Un instrument Ă cordes imite lâintonation de la voix Ă chaque phrase et la rĂ©pĂšte en Ă©cho. â A partir de donât breathe » accĂ©lĂ©ration du tempo, plus de tension, plus fort, plus de sirĂšnes, apparition des sirĂšnes du train. â CaractĂšre obsessionnel et angoissant dĂ» Ă la rĂ©pĂ©tition de lâostinato et des registres aigus. â Ralentissement puis fin dans le nĂ©ant lors de lâĂ©vocation de la disparition des corps dans les fours crĂ©matoires Il y avait de la fumĂ©e ». Extrait des paroles â Voici le texte intĂ©gral et sa traduction des paroles prononcĂ©es dans cet extrait. â RĂ©ponds aux questions ici Analyse du 2Ăšme mouvement TournĂ© dans le camp de Birkenau, le clip du 2Ăšme mouvement de lâĆuvre, intĂšgre Ă©galement des images du film Holocauste » sĂ©rie en 4 Ă©pisodes de 1978 A VOIR ET ĂCOUTER ICI âââââââââââ PART III AFTER THE WAR â Ce mouvement reprĂ©sente le train de lâespoir retrouvĂ©, lors de lâimmigration de certains juifs aux USA. â Densification progressive du discours musical par superposition de cellules rĂ©pĂ©titives avant un nouveau dialogue voix-cordes » ; lĂ encore prĂ©sence dâun ostinato qui Ă©voque le train. â Nombreuses ruptures dans le discours par des changements de tempo, dâostinato, de cellules rĂ©pĂ©titives et de registre qui illustrent les souvenirs relatifs Ă la fin de la guerre. Extrait des paroles âââââââââ- VOCABULAIRE Quatuor oeuvre musicale pour 4 musiciens Quatuor Ă cordes 2 violons, alto, violoncelle Musique minimaliste ensemble des oeuvres utilisant la rĂ©pĂ©tition comme technique de composition. Le mouvement de lâart minimalistes est apparu aux Etats-Unis dans les annĂ©es 1960. Musique mixte Ćuvres qui superpose une ou plusieurs parties instrumentales ou vocales, exĂ©cutĂ©es sur scĂšne en direct, Ă une musique sur support sons enregistrĂ©s. Il y a bien alors mixitĂ© des sources. Les premiĂšres musiques mixtes apparaissent dans les annĂ©es 1950 avec lâavĂšnement de lâenregistrement. Ostinato Pluriel ostinati rĂ©pĂ©tition obstinĂ©e en boucle dâun motif musical rythmique ou mĂ©lodique DĂ©phasage/Phasing se construit Ă partir dâun court motif musical rĂ©pĂ©tĂ© indĂ©finiment. Chaque musicien ou magnĂ©tophone rĂ©pĂšte ce motif en boucle, mais avec un dĂ©calage entre les voix, dĂ©calage qui augmente et diminue au cours de la piĂšce. âââââââââââ PROJETS MUSICAUX Nuit et Brouillard 1963 de Jean Ferrat > PrĂ©sentation de la chanson Nuit et Brouillard » sur France Info dans lâĂ©mission Ces chansons qui font lâhistoire » par Bertrand Dicale Cette chanson, comme lâĆuvre de Steve Reich, a une double rĂ©sonance personnelle et historique â Chanson engagĂ©e qui tĂ©moigne dâun fait historique la dĂ©portation des juifs par train dans les camps de concentration lors de la Seconde Guerre Mondiale. â Juif lui-mĂȘme, ayant perdu son pĂšre mort Ă Auschwitz, Jean Ferrat dĂ©nonce la barbarie de cette pĂ©riode de notre histoire pour que cela nâarrive plus jamais et surtout que lâon nâoublie pas. â Le titre fait rĂ©fĂ©rence Ă la directive Nuit et brouillard Nacht und Nebel signĂ©e en 1941 par Adolf Hitler qui ordonne que les personnes reprĂ©sentant une menace pour le Reich ou lâarmĂ©e allemande dans les territoires occupĂ©s seront transfĂ©rĂ©es en Allemagne et disparaĂźtront dans le secret absolu. Câest Ă Wagner que les nazis empruntent la terminologie de Nuit et Brouillard » dans LâOr du Rhin, Alberich, coiffĂ© du casque magique se change en colonne de fumĂ©e tandis quâil chante Nuit et brouillard, je disparais ». Pour lâextrĂȘme droite allemande au pouvoir, il ne sâagit nullement de disparaĂźtre mais de faire disparaĂźtre sans laisser de traces. Rythmique de lâaccompagnement âââââââââââââââ- No Bravery 2004 de James Blunt > Partition James Blunt est nĂ© dans le sud-ouest de lAngleterre. Il apprend le violon, le piano Ă 7 ans, puis la guitare Ă©lectrique Ă 14 ans. Dans une famille de militaires de pĂšre en fils, et ce depuis des gĂ©nĂ©rations, James ne dĂ©roge pas Ă la rĂšgle aprĂšs avoir suivi des Ă©tudes dans lâaĂ©rospatiale, il sâengage dans lâarmĂ©e britannique oĂč il atteint le grade de capitaine. Il participe Ă la mission de paix en ex-Yougoslavie. Il compose NO BRAVERY » trad. Aucun courage entiĂšrement pendant son sĂ©jour militaire au Kosovo alors quâil Ă©tait soldat pour lâOTAN en 1999. Il raconte Jâai servi au Kosovo lors de la campagne de bombardements, et des accords de paix. Nous devions tout faire pour Ă©viter que les gens sâentre-tuent. Vous entriez dans des maisons incendiĂ©es, dans des champs de cadavres et vous aviez vraiment le sentiment que quelquâun ou quelque chose dâincroyablement dĂ©moniaque Ă©tait passĂ© par là ». No Bravery nâest pas seulement une chanson de protestation contre la guerre, câest une chanson fataliste, tout comme le reste de lâalbum », a expliquĂ© James Blunt. Il quitte lâarmĂ©e en 2002 pour se consacrer pleinement Ă sa passion la musique. âââââ POUR ALLER PLUS LOIN > Article sur LâAffiche rouge affiche, poĂšme et chanson > La guerre en musique Site internet mettant en relation des oeuvres musicales avec lâhistoire > Lâart et la guerre Site internet analysant des oeuvres picturales > Ressources pĂ©dagogiques sur Art et Guerre- ĐŃĐœŃ ŃÎ»ĐŸĐœŃÏ Î·ĐžĐ·ŃÏŃгОÏÎż
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