🌒 Famille D Accueil Usa Pour Adultes

En2001, il est choisi pour interprĂ©ter Tony Jeffers, le petit ami de Claire Kyle, dans la sĂ©rie « Ma famille d’abord ». Un rĂŽle qu’il tiendra jusqu’à l’arrĂȘt du programme, en 2005.
1La thĂ©orie de l’attachement, par la dĂ©finition des dimensions d’un caregiving thĂ©rapeutique et des effets des systĂšmes de reprĂ©sentations de l’attachement chez l’adulte sur celui-ci, peut aider Ă  affiner ce qui doit ĂȘtre recherchĂ© dans les Ă©valuations conduites lors du recrutement des familles d’accueil en protection de l’enfance. Dans ce cadre, il semble que la comprĂ©hension de la thĂ©orie de l’attachement doit nous amener Ă  penser surtout en termes d’indicateurs pour la prĂ©paration, la formation et le soutien que nous aurons Ă  garantir Ă  ces familles. Ce postulat doit ĂȘtre complĂ©tĂ© par un important travail d’élaboration et d’accompagnement qui seul peut tenter de rendre moins traumatiques les effets de sĂ©parations tant pour les enfants que pour les mĂ©tier d’assistante familiale Ă  la lumiĂšre de la thĂ©orie de l’attachement2Lorsque les familles ne sont plus protectrices, voire qu’elles deviennent maltraitantes, intervient la protection de l’enfance. Suite Ă  une dĂ©cision de sĂ©paration d’avec leurs parents, ces enfants vont ĂȘtre accueillis et pris en charge par d’autres personnes qui vont devoir remplir et assumer une fonction de caregiving de substitution. 3 Si l’insĂ©curitĂ©, le trauma, la dysrĂ©gulation et les stratĂ©gies de contrĂŽle prennent leur source dans les relations familiales, il importe de bĂątir la rĂ©gulation et l’organisation des affects, la sĂ©curitĂ© et la rĂ©silience au sein de nouvelles relations familiales dans le cadre de l’accueil en famille d’accueil. » 4Le caregiving, versant parental de l’attachement, est un systĂšme qui a une fonction biologique de protection et de soutien au plus petit. Par ailleurs, un caregiving de qualitĂ© doit, au-delĂ  de la protection de l’enfant, favoriser et accompagner son exploration et son autonomisation. Les attitudes et comportements de caregiving Ă©voluent et s’adaptent en fonction du contexte, de l’ñge de l’enfant, de son niveau de dĂ©veloppement. Ce systĂšme est basĂ© sur l’assimilation et l’accommodation des expĂ©riences expĂ©riences des soins reçus, des soins donnĂ©s dans l’enfance au travers des jeux, de l’idĂ©e construite avant d’ĂȘtre parent et de sa confrontation avec la rĂ©alitĂ©. 5Le systĂšme de caregiving est ainsi intĂ©grĂ© par des reprĂ©sentations mentales et rĂ©gulĂ© par les Ă©motions ressenties la fiertĂ© de protĂ©ger, l’anxiĂ©tĂ© en cas d’échec
. Selon J. Cassidy 2000, il dĂ©pend des croyances culturelles, de la parentalitĂ©, de l’environnement et de l’état Ă©motionnel dans lequel se trouve le caregiver, mais aussi du comportement de l’enfant. Certains facteurs peuvent ainsi venir interfĂ©rer avec les soins prodiguĂ©s par l’adulte, comme le rĂ©seau relationnel, la qualitĂ© de la relation conjugale, les conditions de vie, le stress, ainsi que l’histoire parentale et l’expĂ©rience du parent en tant qu’enfant. Le caregiving, au-delĂ  des capacitĂ©s qu’il requiert, est donc soumis Ă  des paramĂštres internes et externes, conscients et inconscients. 6L’assistante familiale, caregiver de substitution, va ĂȘtre confrontĂ©e aux troubles du lien de l’enfant accueilli et Ă  l’activation de son systĂšme de caregiving pour pouvoir y rĂ©pondre dans une complexitĂ© d’interactions. En protection de l’enfance, le rĂŽle de l’assistante familiale est pluriel. Le cadre lĂ©gal a dĂ©fini son rĂ©fĂ©rentiel professionnel identifiant les domaines de compĂ©tences attendues. Elle doit assurer permanence relationnelle, attention, soins et responsabilitĂ© Ă©ducative au quotidien de l’enfant, de l’adolescent ou du jeune majeur accueilli. 7Elle favorise son intĂ©gration dans la famille d’accueil et veille Ă  ce qu’il y trouve sa place, l’aide Ă  grandir, Ă  trouver ou retrouver un Ă©quilibre et, enfin, l’accompagne dans ses relations avec sa propre famille [1]. Vaste programme pour lequel elle est rĂ©munĂ©rĂ©e par un employeur et accompagnĂ©e par une Ă©quipe pluridisciplinaire. 8Le champ sĂ©mantique des missions prĂ©sentĂ©es intĂšgre bien pour partie la fonction de caregiving ; en cela on pourrait dĂ©signer l’assistante familiale sous le vocable de caregiver professionnelle, dans le sens oĂč le terme anglais de care englobe les dimensions physiques et Ă©motionnelles de soin. En prenant soin de lui, en Ă©tant une ressource fiable, l’assistante familiale peut reprĂ©senter une figure d’attachement secondaire ou subsidiaire potentielle pour l’enfant en s’impliquant Ă©motionnellement avec lui. 9Or cette fonction de soin est loin d’ĂȘtre facile Ă  remplir malgrĂ© toute la volontĂ© des familles d’accueil engagĂ©es dans ce mĂ©tier. La sĂ©paration d’avec sa famille, au-delĂ  des expĂ©riences et du vĂ©cu souvent problĂ©matiques avec elle, va marquer profondĂ©ment l’enfant, tant dans les manifestations liĂ©es Ă  cette sĂ©paration que dans sa capacitĂ© ou sa confiance Ă  investir une nouvelle relation. L’enfant va prĂ©senter des troubles causĂ©s par la rupture du lien d’attachement, frĂ©quemment sous-estimĂ©s par les professionnels. 10Aux troubles liĂ©s Ă  la rupture des liens avec ses parents vont ĂȘtre mĂȘlĂ©s des comportements parfois incomprĂ©hensibles pour l’assistante familiale. En effet, mĂȘme si des attachements peuvent se former Ă  tout Ăąge, ils seront pour beaucoup influencĂ©s par les relations antĂ©rieures. Cette nouvelle relation qui se construit va ĂȘtre traversĂ©e, parasitĂ©e par les croyances de l’enfant. Ses modĂšles internes opĂ©rants mio, dĂ©veloppĂ©s Ă  partir des expĂ©riences relationnelles antĂ©rieures dans son environnement familial, seront le filtre Ă  travers lequel va passer toute nouvelle expĂ©rience. 11L’angoisse de la sĂ©paration et de la perte, la difficultĂ© Ă  accepter un certain degrĂ© d’intimitĂ©, Ă  partager des Ă©motions ou recevoir du rĂ©confort ne seront pas toujours perçues comme des signes de dĂ©tresse. Les difficultĂ©s d’attachement de ces enfants auront un impact sur la disponibilitĂ©, l’engagement des adultes et pourraient gĂ©nĂ©rer, Ă  terme, un dĂ©sinvestissement. 12Ainsi de Mme A, en rĂ©action Ă  l’attitude opposante et provocatrice du jeune Brice, qui nous parle de rejet, d’absence d’émotion de la part du garçon de 8 ans qu’elle accueille Chaque fois que je veux le cĂąliner, il refuse mon affection. La derniĂšre qu’il m’a faite, il s’est blessĂ© Ă  l’école, quand je l’ai rĂ©cupĂ©rĂ©, j’ai voulu le consoler, le serrer contre moi, on aurait dit une planche, il est insensible, ça me fait rĂ©agir et je n’aime pas ce que je suis dans ces moments-lĂ , ce n’est pas moi. » Ou Mme B qui ne comprend pas et ne supporte plus que Ryan, 6 ans, aprĂšs chaque moment agrĂ©able passĂ© avec eux se dĂ©brouille toujours pour provoquer une crise Nous sommes allĂ©s au cinĂ©ma, Ă  la sortie on Ă©tait bien complices, on rigolait en parlant du film avec les enfants et mon mari, il a fallu qu’il prenne le contre-pied de tout jusqu’à finir par provoquer une dispute avec mon fils et partir en courant sur le parking au milieu des voitures. Il gĂąche tout ! » DĂ©concertĂ©e, elle ne comprend pas que, peut-ĂȘtre, ce moment de plaisir partagĂ© provoque chez l’enfant un dĂ©sir de rupture, qu’il rejette l’affection offerte parce que cela le fragilise. 13À l’inverse, certains enfants sont dans une demande constante d’attention, ils cherchent un contact physique permanent et sont dans une dĂ©pendance insupportable pour l’adulte dont ils respectent peu les limites personnelles. Ces comportements intrusifs peuvent susciter le rejet. Ainsi de Mme C, parlant de Lou, 3 ans Elle est adorable mais qu’est-ce qu’elle est capricieuse, elle a vraiment mauvais caractĂšre. DĂšs qu’elle est contrariĂ©e, elle hurle. Je ne peux pas m’éloigner, quand je la laisse, elle me fait des crises de larmes, de vrais caprices ! » 14Ou de Mme D qui demande l’arrĂȘt de l’accueil de Kevin Je n’en peux plus, il recherche une relation fusionnelle, cela me rend mal Ă  l’aise, il veut toujours un contact physique, je n’y arrive pas car ce n’est pas dans mon tempĂ©rament et je trouve cela gĂȘnant. Il m’étouffe, me vampirise, il me veut en exclusivitĂ© sans laisser place Ă  mes enfants ou mĂȘme Ă  mon mari, je n’ai plus d’énergie. » 15Les familles d’accueil se retrouvent en grande difficultĂ© face Ă  ces troubles qui s’inscrivent dans la rĂ©pĂ©tition de patterns interactifs dĂ©veloppĂ©s prĂ©cocement, surtout si l’enfant a Ă©tĂ© victime d’abandon, de nĂ©gligence, de maltraitance ou de placements multiples » GuĂ©deney. 2007. Pour les assistantes familiales, ces impossibilitĂ©s dans la prise en charge de l’enfant ont un impact massif sur leur estime d’elles-mĂȘmes, et parfois sur leurs relations de couple. Leur confiance en elles est mise Ă  mal, elles doutent et sont dans un sentiment croissant d’échec personnel. Elles ont du mal Ă  y faire face et Ă  le reconnaĂźtre. MalgrĂ© leur fort investissement, elles ont le sentiment de ne rien recevoir en retour, sans saisir la difficultĂ© majeure pour l’enfant Ă  crĂ©er un nouveau lien avec un adulte. Cependant, elles doivent fournir, par un caregiving adaptĂ©, les conditions oĂč progressivement, en confiance, il se permettra et se risquera, Ă  nouveau, Ă  s’engager dans une relation. 16Mais, comme nous l’avons vu, plusieurs facteurs peuvent influer sur la qualitĂ© du caregiving, des facteurs sociaux, contextuels, psychologiques qui peuvent soutenir ou entraver la capacitĂ© de l’adulte Ă  ĂȘtre disponible pour l’enfant. Sans ĂȘtre dĂ©terministe, il a cependant Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© que les perceptions de parents concernant leur propre schĂšme d’attachement dans l’enfance correspondraient Ă  celui de leur enfant dans 75 % des cas Steele et coll, 1996. De nombreuses Ă©tudes ont donc explorĂ©Ì la possibilitĂ© selon laquelle les styles d’attachement, comme ceux identifiĂ©s par Ainsworth, continueraient Ă Ì€ exister Ă Ì€ l’ñge adulte avec une influence sur les relations à cet Ăąge. 17Comment l’attachement se manifeste-t-il chez l’adulte et en quoi peut-il influencer la maniĂšre d’exercer le mĂ©tier d’assistante familiale ?L’attachement chez l’adulte18L’attachement chez l’adulte est dĂ©fini par R. Miljkovitch 2001 citant Sperling et Berman comme la tendance qu’a l’individu à rechercher et à maintenir la proximitĂ© et le contact avec un ou plusieurs individus particuliers unique, non interchangeable qui lui procurent un sentiment de sĂ©curitĂ© ainsi qu’une protection physique et psychologique ». 19Les adultes ont en gĂ©nĂ©ral plusieurs figures d’attachement dont le partenaire amoureux quand il existe. L’importance d’une relation conjugale sĂ©curisante a Ă©tĂ© dĂ©montrĂ©e comme fonction prĂ©ventive dans la transmission intergĂ©nĂ©rationnelle. Entre adultes, Ă  la diffĂ©rence d’avec l’enfant, cette relation est rĂ©ciproque et symĂ©trique, et construite principalement sur la communication verbale. Le systĂšme d’attachement de l’adulte est activĂ© dans les situations de perte, de sĂ©paration, de danger, en particulier par les conflits qui gĂ©nĂšrent anxiĂ©tĂ© et doute sur soi. Il n’y a pas aujourd’hui de thĂ©orisation des variations individuelles de l’attachement Ă  partir de la description d’un attachement normatif chez l’adulte. Les outils d’évaluation de cet attachement sont issus des travaux sur la petite enfance. L’adult attachment interview » aai créé par Kaplan et Main permet d’étudier l’attachement chez l’adulte au niveau des reprĂ©sentations. Cet entretien semi-structuré qui porte sur l’état d’esprit actuel de la personne vis-Ă -vis de l’attachement a Ă©tĂ© utilisĂ© avec les mĂšres tandis que la strange situation » servait Ă  observer les relations mĂšre-enfant. Le constat a permis une correspondance entre la classification de la sĂ©curitĂ© des enfants et les rĂ©cits des parents. 20On voit donc l’importance, dans le cadre de l’accueil familial, d’avoir une comprĂ©hension et une bonne perception du systĂšme d’attachement de l’adulte engagĂ© dans la relation avec l’enfant accueilli. Les conditions de cet accueil, la prise en charge au quotidien et la problĂ©matique des enfants vont Ă  tout le moins ĂȘtre gĂ©nĂ©rateurs de situations activant le systĂšme d’attachement de l’assistante familiale. 21Ceci doit nous conduire Ă  rĂ©interroger l’évaluation et le recrutement des personnes s’engageant dans ce mĂ©tier en intĂ©grant des indicateurs sur leurs reprĂ©sentations de l’attachement, leur capacitĂ© de mentalisation, leur estime de soi ainsi que leur aptitude Ă  demander de l’ les capacitĂ©s pour fournir une base de sĂ©curitĂ©22La procĂ©dure de recrutement des assistants familiaux intĂšgre des critĂšres multiples. Les Ă©valuations conduites par l’assistante sociale et la psychologue du service portent sur le profil des familles d’accueil, le fonctionnement familial, les parcours de vie de ses membres, leurs motivations pour ce mĂ©tier. Sont Ă©galement interrogĂ©es les attitudes parentales, les capacitĂ©s Ă  favoriser l’intĂ©gration de l’enfant dans le monde qui l’entoure. Enfin sont abordĂ©s les attentes et besoins spĂ©cifiques de l’employeur, la disponibilitĂ©, les capacitĂ©s de communication, d’observation, la disposition Ă  travailler en Ă©quipe. Ces critĂšres croisent les facteurs nĂ©cessaires pour encourager un attachement sĂ©curisant, puisqu’ils viennent questionner la qualitĂ© des liens, la stabilitĂ© du systĂšme familial, la capacitĂ© des individus Ă  rechercher et accepter de l’aide. 23La thĂ©orie de l’attachement peut apporter un Ă©clairage dans la dĂ©termination des aptitudes Ă  exercer un rĂŽle de caregiver, aider Ă  l’identification des caractĂ©ristiques qui fournissent les plus fortes prĂ©dictions pour la stabilitĂ© d’un accueil et donner des indications prĂ©cieuses dĂšs le recrutement sur les besoins d’accompagnement Ă  apporter Ă  ces familles. 24Dans ce sens, elle nous engage Ă  faire Ă©voluer notre approche en portant une attention particuliĂšre sur l’état d’esprit de la personne vis-Ă -vis de l’attachement s’appuyant sur le constat que les assistantes familiales qui possĂšdent des reprĂ©sentations d’attachement sĂ©curisĂ©es ont en accueil des enfants davantage sĂ©curisĂ©s Dozier et coll. 2001. 25Sans formation spĂ©cifique, il n’est pas envisageable d’utiliser les diffĂ©rents outils d’évaluation existants. Il est toutefois possible de s’inspirer dans ces entretiens des critĂšres qui les sous-tendent Ă  partir de l’évocation de thĂšmes attachement-pertinent » dans l’enfance de la personne. Ainsi les questions peuvent ĂȘtre orientĂ©es sur les caractĂ©ristiques des relations prĂ©coces des candidates, leurs expĂ©riences de sĂ©paration, de maladie, de peine, de perte. Les souvenirs des relations avec les figures parentales doivent ĂȘtre explorĂ©s, mais l’approche attachementiste » nous oriente surtout sur l’évaluation de l’apprĂ©ciation actuelle de la personne sur ces Ă©vĂ©nements et sur l’importance qu’ils ont pris dans sa vie. 26Il faut par ailleurs ĂȘtre particuliĂšrement attentif Ă  la forme et au style du discours des candidates en s’appuyant sur le postulat, posĂ© par Mary Main, que l’état d’esprit d’une personne concernant les questions de l’attachement aurait une influence, Ă  l’évocation de son histoire personnelle, sur sa capacitĂ© Ă  construire un narratif cohĂ©rent et comprĂ©hensible pour son interlocuteur. La cohĂ©rence du discours et la coopĂ©ration sont deux paramĂštres qui doivent guider notre Ă©coute. Au-delĂ  des expĂ©riences reliĂ©es avec le systĂšme d’attachement pendant l’enfance et rapportĂ©es par la personne, on doit donc s’attacher Ă  sa maniĂšre d’en parler et garder en rĂ©fĂ©rence la sĂ©miotique tirĂ©e de l’aai cohĂ©rence, qualitĂ© d’accĂšs aux souvenirs, dĂ©saccords observĂ©s entre les expĂ©riences reliĂ©es Ă  la mĂ©moire Ă©pisodique [2] et celles liĂ©s Ă  la mĂ©moire sĂ©mantique [3]. 27La thĂ©orie de l’attachement nous invite Ă©galement Ă  interroger diffĂ©remment un autre critĂšre de recrutement qui est la capacitĂ© de la candidate Ă  travailler en Ă©quipe Ă  travers la notion d’estime de soi, la qualitĂ© de l’estime de soi Ă©tant en lien avec l’état d’esprit de la personne vis-Ă -vis de l’attachement. Il est indispensable d’évaluer si elle peut conserver une bonne estime d’elle-mĂȘme dans les situations de dĂ©tresse, de vulnĂ©rabilitĂ©, d’incertitude ou d’inconnu » GuĂ©deney, 2007, c’est-Ă -dire dans un contexte attachement-pertinent » auquel elle va nĂ©cessairement ĂȘtre confrontĂ©e dans le cadre de l’accueil. L’assistante familiale va vivre des situations, des Ă©motions complexes qu’elle ne pourra et ne devra pas gĂ©rer seule. La reprĂ©sentation qu’elle s’est construite dans l’enfance et au cours de ses relations d’adultes sur ce qu’elle peut attendre des autres, sur sa propre valeur Ă  leurs yeux, va ĂȘtre particuliĂšrement active dans sa capacitĂ© Ă  rechercher du soutien tant auprĂšs de ses proches qu’auprĂšs des Ă©quipes. 28Il est donc nĂ©cessaire d’examiner si l’assistante familiale a un systĂšme d’estime de soi Ă©quilibrĂ©, c’est-Ă -dire capable de s’ouvrir au regard de l’autre sans toutefois dĂ©pendre de son jugement, si elle est capable de s’interroger et de tolĂ©rer ses erreurs et ses faiblesses sans perdre confiance en elle. 29Tout au long de la vie, l’estime de soi va avoir une influence sur nos perceptions et nos rĂ©actions. Comme le dĂ©finit J. Holmes, l’estime de soi repose sur deux fondations principales le sentiment d’efficacitĂ© personnelle et le sentiment d’avoir de bonnes relations avec les autres. Ceci doit nous amener Ă  considĂ©rer les personnes-ressources dans l’environnement de la candidate. Vers quelle base de sĂ©curitĂ© va-t-elle pouvoir se tourner dans les moments difficiles et de stress ? Comment la candidate et son conjoint parlent-ils de la qualitĂ© des Ă©changes, existe-t-il un partage Ă©motionnel dans le couple, y compris dans les Ă©motions nĂ©gatives ? Quels exemples apportent-ils pour Ă©tayer leurs propos ? Quelle valeur donnent-ils aux relations d’attachement et, de maniĂšre plus large, Ă  ce qui touche Ă  l’attachement pour eux et pour l’enfant qu’ils vont accueillir ? 30Notre deuxiĂšme axe de rĂ©flexion porte sur l’accompagnement professionnel des assistantes familiales comment prolonger l’accent mis sur l’évaluation par une prĂ©paration informĂ©e par la thĂ©orie de l’attachement et des modes d’accompagnement et de soutien ciblĂ©s ?L’accompagnement professionnel des assistantes familiales garant d’ un espace de sĂ©curitĂ©31Les recherches et approches thĂ©oriques sur l’attachement confirment ce que mon expĂ©rience professionnelle m’a appris sans soutien informĂ©, les familles d’accueil les plus solides peuvent se sentir dĂ©passĂ©es par les comportements des enfants et finissent par perdre confiance dans leurs capacitĂ©s, dĂ©sarroi souvent corrĂ©lĂ© par des sentiments d’impuissance, parfois d’hostilitĂ© envers les enfants, voire l’institution 32Le premier axe d’intervention doit donc se tourner vers la formation de ces professionnelles pour une circulation et un partage des connaissances. Au-delĂ  d’un enseignement sur le dĂ©veloppement de l’enfant, tel que prĂ©vu dans le cadre de la formation obligatoire des assistantes familiales [4], il faut aborder le plus tĂŽt possible la spĂ©cificitĂ© de l’attachement chez l’enfant sĂ©parĂ© et les besoins qui en dĂ©coulent. Il faut transmettre que les enfants confiĂ©s ont, selon la formule de N. GuĂ©deney, des besoins spĂ©cifiques et spĂ©ciaux », que leurs comportements sont un Ă©cho des stratĂ©gies habituelles utilisĂ©es pour faire face Ă  une rĂ©ponse inadaptĂ©e ou absente des adultes Ă  leurs besoins d’attachement. Ils ont besoin de leur aide, mĂȘme s’ils ne l’expriment pas, et les familles d’accueil peuvent ĂȘtre force de changement par des rĂ©ponses adaptĂ©es qui nĂ©cessitent des compĂ©tences particuliĂšres. Selon Schofield et Beek 2006, un caregiving de qualitĂ© dĂ©finit cinq dimensions auxquelles doivent rĂ©pondre les familles d’accueil pour offrir une base de sĂ©curitĂ© Ă  l’enfant accueilli la disponibilitĂ© Ă©motionnelle, la sensibilitĂ© Ă  son Ă©gard, le soutien Ă  ses capacitĂ©s d’autorĂ©gulation, l’acceptation de ce qu’il est avec ses points forts et ses difficultĂ©s, la coopĂ©ration pour l’aider Ă  se sentir efficace et enfin l’aide pour favoriser son sentiment positif d’appartenance Ă  deux familles la sienne et celle de l’assistante familiale. 33La dĂ©finition de ces critĂšres nous permet de cibler les objectifs visĂ©s et les modalitĂ©s Ă  dĂ©velopper dans l’accompagnement afin d’augmenter la sensibilitĂ© de l’assistante familiale, soutenir et dĂ©velopper, ainsi que l’a abordĂ© A. Slade 2005, sa capacitĂ© rĂ©flexive pour percevoir, identifier les signaux d’attachement et les besoins rĂ©els de l’enfant afin d’y rĂ©pondre. Il faut renforcer chez cette professionnelle la capacitĂ© Ă  avoir Ă  l’esprit ce que l’enfant va penser ou ressentir, l’aider Ă  se reprĂ©senter ce que peut ĂȘtre l’émotion pour l’autre dans telle situation Penser les Ă©motions et ressentir les pensĂ©es » car la façon avec laquelle le caregiver pense et ressent les comportements de l’enfant dĂ©terminera ses propres comportements de parentage. Il faut par ailleurs favoriser la prise de conscience de l’impact de ses propres Ă©motions sur le comportement de l’enfant, rĂ©flĂ©chir sur ce qui dans son histoire peut lui rendre difficile de rĂ©pondre de maniĂšre sensible Ă  l’enfant accueilli. 34Le dernier volet, que la thĂ©orie de l’attachement nous amĂšne Ă  revisiter concerne les modalitĂ©s d’intervention des Ă©quipes de l’Aide sociale Ă  l’enfance. Nous avons vu que, pour fournir une base de sĂ©curitĂ© continue aux enfants accueillis malgrĂ© les crises traversĂ©es, les assistantes familiales ont besoin d’ĂȘtre soutenues. Demander de l’aide se fait en gĂ©nĂ©ral en situation de stress, voire de dĂ©tresse et constitue, selon N. GuĂ©deney, une situation paradigmatique du systĂšme d’attachement se trouver en position de vulnĂ©rabilitĂ© et rechercher une sĂ©curitĂ© auprĂšs d’une personne qui a le pouvoir d’aider ». La thĂ©orie Ă©laborĂ©e par Bowlby peut suggĂ©rer qu’une partie de nos missions serait d’offrir une base de sĂ©curitĂ© aux assistantes familiales, en Ă©tant disponibles et en rĂ©pondant de maniĂšre cohĂ©rente Ă  leurs besoins. Avoir le souci, comme le traduit la formule de Kobak et Mandelbaum caring for the caregiver », de prendre soin de celui qui prend soin, nĂ©cessite de la disponibilitĂ© tant dans une prĂ©sence physique qu’émotionnelle. 35PrĂ©sence physique par une organisation des services, pensĂ©e pour offrir une Ă©coute et une accessibilitĂ© accueil tĂ©lĂ©phonique, indications claires des fonctions de chacun, astreinte en dehors des heures d’ouverture des bureaux, pĂ©riodes de regroupements collectifs fixes et rĂ©guliĂšres, entretiens individuels Ă  la demande
 et prĂ©sence Ă©motionnelle par une attitude sĂ©curisante, comprĂ©hensive, non jugeante permettant l’expression des mouvements Ă©motionnels tant envers les enfants qu’avec les professionnels. 36Cet accompagnement doit se penser dans les pĂ©riodes de difficultĂ©s oĂč le service a un rĂŽle crucial Ă  jouer pour rĂ©duire l’anxiĂ©tĂ© tel un havre de sĂ©curitĂ© mais aussi, une fois l’équilibre restaurĂ©, par une prĂ©sence rĂ©guliĂšre favorisant le soutien Ă  l’exploration en tant que base de sĂ©curitĂ©. Cette posture doit permettre aux familles d’accueil d’expĂ©rimenter que l’étayage apportĂ© les aidera Ă  progresser, qu’elles sont suffisamment compĂ©tentes en leur faisant prendre conscience du chemin parcouru et qu’elles ont une part active dans ce processus. 37Fournir un espace sĂ©cure au sein du service et entre les professionnels est nĂ©cessaire pour favoriser la reconnaissance des difficultĂ©s et l’adhĂ©sion Ă  de nouvelles stratĂ©gies. Ainsi, pour procurer un soutien informĂ© par l’attachement aux familles d’accueil, les professionnels de l’Aide sociale Ă  l’enfance doivent avoir la capacitĂ© d’ĂȘtre empathiques, contenants et fiables. Par un systĂšme de vases communicants, on peut penser que leurs propres disponibilitĂ© et sensibilitĂ© garantissent un espace sĂ©cure aux familles d’accueil alimentant de cette façon leurs capacitĂ©s Ă  offrir une base sĂ©cure aux enfants accueillis. Notes [1] Loi n° 2005-706 du 27 juin 2005 relative aux assistants maternels et aux assistants familiaux. ArrĂȘtĂ© du 14 mars 2006 relatif au diplĂŽme d’État d’assistant familial-annexe 1 rĂ©fĂ©rentiel professionnel ». [2] La mĂ©moire Ă©pisodique, appelĂ©e aussi autobiographique, est celle des Ă©vĂ©nements vĂ©cus personnellement. Elle inclut le contexte particulier des Ă©vĂ©nements et la charge Ă©motionnelle vĂ©cue. [3] La mĂ©moire sĂ©mantique concerne la connaissance du monde. Elle inclut le sens des mots, des rĂšgles et des concepts qui permettent la construction d’une reprĂ©sentation mentale du monde sans la perception immĂ©diate. IndĂ©pendante du contexte spatio-temporel de son acquisition, elle est nĂ©cessaire Ă  l’utilisation du langage. [4] DĂ©cret n° 2005-1772 du 30 dĂ©cembre 2005. La formation obligatoire des assistants familiaux est passĂ©e, Ă  compter du 1er janvier 2007, de 120 Ă  300 heures. Ainsi, ce dĂ©cret prĂ©voit que les assistants familiaux agréés doivent avoir suivi avant tout accueil d’enfant un stage de 60 heures. Dans un dĂ©lai de 3 ans aprĂšs le contrat de travail, ils devront avoir suivi 240 heures de formation dans les domaines suivants l’accueil et l’intĂ©gration de l’enfant dans sa famille d’accueil 140 heures, l’accompagnement Ă©ducatif de l’enfant 60 heures, la communication professionnelle 40 heures.
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Vous pouvez nous aider Ă  opĂ©rer dES enfants cardiaques Comment devenir Famille d'Accueil ? 240 enfants Est le nombre d’enfants atteints de malformations cardiaques et venant de pays dĂ©favorisĂ©s qui ont Ă©tĂ© accueillis en 2021 par des familles d’accueil. Un grand Merci Ă  toutes les familles ! En 2022, nous espĂ©rons opĂ©rer 275 enfants Pour rĂ©aliser cet objectif, nous sommes Ă  la recherche de familles d’accueil dont au moins une personne du foyer est disponible Ă  temps plein pendant 8 semaines et rĂ©sidant prĂšs des villes de Paris, Tours, Lyon, Bordeaux, Marseille, Toulouse, Angers, Strasbourg et Nantes. Nous sommes Ă  votre disposition pour rĂ©pondre Ă  toutes vos questions. Contactez Esen DalmazEmail edalmaz – Tel Famille d'accueil l'Atout CƓur des enfants ! DĂ©couvrez en 3 Ă©pisodes les Ă©tapes de l’accueil d’un enfant Comment devenir Famille d'Accueil De la premiĂšre prise de contact avec l’Association jusqu’à l’arrivĂ©e de l’enfant, quel est le parcours pour devenir famille d’accueil ? 1. Premier contactAprĂšs un premier contact tĂ©lĂ©phonique, vous ĂȘtes accueilli soit Ă  Paris dans les locaux de l’Association, soit en rĂ©gion par nos rĂ©fĂ©rents locaux. Ce premier entretien est un temps fort de rencontre, d’échange et d’informations. 2. Rencontre avec une personne de l’équipe mĂ©dicaleSuite au premier entretien et aprĂšs quelques semaines de rĂ©flexion, vous ĂȘtes reçus par une personne de l’équipe mĂ©dicale pour aborder les questions autour de l’accueil d’un enfant malade. 3. Vous rejoignez la grande famille de MĂ©cĂ©nat Chirurgie CardiaqueSi vous confirmez votre souhait d’accueillir un enfant, nous dĂ©cidons ensemble du moment de l’accueil. Jusqu’au jour de l’arrivĂ©e nous restons en contact pour expliquer et prĂ©parer la venue de l’enfant et rĂ©pondre Ă  toutes vos questions? Les questions frĂ©quemment posĂ©es Tout le monde ! Peu importe que vous soyez cĂ©libataire, mariĂ©, parent, vous avez seulement besoin d’ĂȘtre vĂ©hiculĂ©, disponible Ă  plein temps pour l’enfant, et d’habiter Ă  moins d’une heure de route de l’un de nos 9 centres hospitaliers partenaires. MĂ©cĂ©nat Chirurgie Cardiaque finance l’opĂ©ration cardiaque des enfants au sein de 9 centres chirurgicaux en France Paris, Nantes, Bordeaux, Tours, Toulouse, Marseille, Strasbourg, Lyon et Angers. Nous avons besoin de nouvelles familles d’accueil rĂ©sidant proche de ces villes dans un rayon maximum de 1h en voiture. De la rencontre avec l’enfant Ă  l’aĂ©roport, Ă  son accompagnement tout au long de son parcours santĂ©, jusqu’à son dĂ©part, un accueil dure en moyenne entre 6 et 8 semaines. Nous opĂ©rons des enfants tout au long de l’annĂ©e. L’accueil se fait en fonction de vos disponibilitĂ©s. Des enfants qui ont une malformation cardiaque et qui n’ont pas les moyens d’ĂȘtre opĂ©rĂ©s dans leur pays. Leur seul recours est de venir en France mais sans vous c’est impossible. Vous n’ĂȘtes jamais seul ! Notre Ă©quipe est disponible 24h/24, 7j/7 pour vous guider et vous soutenir en toutes circonstances. Nous pensions donner, nous avons reçu » DĂ©couvrez les tĂ©moignages forts de familles Reportage de la famille Freyd qui a accueilli l’attachante petite Ange ĂągĂ©e de 4 ans, opĂ©rĂ©e au CHRU de Strasbourg. FĂȘte des familles d’accueil de Tours 19 novembre 2021 Mardi 16 novembre dernier, c’est dans une ambiance joyeuse et chaleureuse que s’est dĂ©roulĂ©e la FĂȘte des Familles de notre antenne tourangelle, Ă  l’initiative de sa rĂ©fĂ©rente Sourrazeh Jollet. Lire plus » L’accueil de MoĂŻse, une belle leçon de vie pour toute la famille ! 2 mars 2021 L’accueil d’un enfant est un bouleversement pour nos familles d’accueil bĂ©nĂ©voles. Elles s’accordent toutes Ă  dire que les enfants leur apportent Ă©normĂ©ment, plus qu’elles n’apportent aux enfants. C’est le cas de NadĂšge et ses enfants Camille 19 ans, Alice 16 ans et Maria 9 ans, qui ont reçu chez eux pendant 2 mois le petit MoĂŻse. Du haut de ses 5 ans, ce petit burkinabĂ© fut pour eux un bel exemple de courage et de sagesse. Lire plus » Nous contacter Nous sommes Ă  votre disposition pour rĂ©pondre Ă  vos questions et vous prĂ©senter plus en dĂ©tail le rĂŽle central des familles d’accueil pour sauver la vie d’un enfant cardiaque dĂ©favorisĂ©. Contactez Esen Dalmaz TĂ©lĂ©phone Pour rejoindre la formidable chaĂźne de solidaritĂ© des 350 familles d’accueil de MĂ©cĂ©nat Chirurgie Cardiaque, contactez Esen qui rĂ©pondra Ă  toutes vos questions. 33, rue Saint Augustin75002 Paris
famille d accueil usa pour adultes
14 1. Le jeune au pair 2. La famille dℱaccueil (parents et membre(s) de la famille) IMPORTANT : ar!cle 441 -6 du code du pØnal : Le fait de se faire dØlivrer indßment par une administra!on publique ou par un organisme chargØ d’une mission de service public, par quelque moyen frauduleux que ce soit, un document des!nØ à constater un droit, une iden!tØ ou une
SĂ©lectionnez la rĂ©gion qui vous intĂ©resse ou consultez cette Carte des accueillants pour rechercher un accueil permanent, temporaire ou sĂ©quentiel. Ces accueillants membres de l’association Famidac vous aideront Ă  trouver un accueil conforme Ă  vos attentes soit chez eux, soit chez leurs collĂšgues. Pour obtenir la liste complĂšte des accueillants de votre dĂ©partement, contactez votre Conseil DĂ©partemental. Visitez de prĂ©fĂ©rence plusieurs accueillants leurs logements, leurs modes de vie sont tous trĂšs diffĂ©rents ! Lorsque votre dĂ©cision est prise le contrat d’accueil, avec une "pĂ©riode d’essai" d’un mois renouvelable, doit ĂȘtre signĂ© au plus tard le jour de votre arrivĂ©e. N’hĂ©sitez pas Ă  nous signaler, le cas Ă©chĂ©ant, toute anomalie. Merci ! Accueillants familiaux accueilant familialaccueillants familiaux Agréés pour prendre en charge Ă  leur domicile des personnes ĂągĂ©es ou handicapĂ©es adultes n’appartenant pas Ă  leur propre famille, les accueillants familiaux proposent une alternative aux placements en Ă©tablissements spĂ©cialisĂ©s. gĂ©rez votre prĂ©sentation en vous connectant Ă  votre compte ; pensez Ă  la masquer lorsque vous ne souhaitez plus ĂȘtre contactĂ©s.
FAMILLESD'ACCUEIL POUR ADULTES ET PERSONNES AGEES SHAWINIGAN GRAND'MERE INC. Home Address / Adresse du domicile: 4370 boul. Royal Shawinigan Quebec G9N 7X7 : Registration Date / Date d'immatriculation: 1984-03-06 : Registration Status / Statut d'immatriculation: Not Registered / Non immatriculĂ©e : Status Update Date / Date de la ï»żis using a security service for protection against online attacks. This process is automatic. You will be redirected once the validation is complete. Reference ID IP Address Date and Time d10d829e4d0c8d92f858a534d9ad5424 08/24/2022 0841 PM UTC Protected by StackPath
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Être accueilli dans une famille Mis Ă  jour le 9 dĂ©cembre 2019 Sommaire Qui peux en bĂ©nĂ©ficier ? Trouver une famille d'accueil ? Quels sont les droits et obligations de chacun ? Combien ça coĂ»te et quelles sont les aides financiĂšres ? L'accueil familial est une solution alternative Ă  l’hĂ©bergement en Ă©tablissement pour personnes ĂągĂ©es et/ou handicapĂ©es. L'accueil familial, vidĂ©o de la caisse nationale de solidaritĂ© pour l'autonomie CNSA Programme court Ensemble pour l’autonomie » parrainĂ© par le portail L’accueil familial juin 2019 Voix-off Sarah et Simon ne peuvent plus vivre seuls dans leur maison. Description de l’image Dans le salon de Corinne, Sarah, Simon, Jean et Corinne se serrent la main. Deux ados font leurs devoirs sur la table du salon. Voix-off Avec leur fils Jean, ils cherchent un hĂ©bergement chez un accueillant familial et rendent visite Ă  Corinne. Être hĂ©bergĂ© chez un accueillant familial permet de bĂ©nĂ©ficier d'une prĂ©sence aidante, stimulante et d'un accompagnement personnalisĂ©. Description de l’image Ils discutent. Voix-off Corinne a travaillĂ© pendant 9 ans dans un service d'aide Ă  domicile, avant d'ĂȘtre agréée accueillante familiale par le conseil dĂ©partemental. Description de l’image Dans une bulle, Corinne coiffe une vieille dame. Dans une seconde bulle, Corinne prend des notes, assise Ă  une table, d'autres personnes Ă  cĂŽtĂ© d 'elle font de mĂȘme. Corinne montre la salle de bain, on aperçoit la chambre dans l'encadrement de la porte. Voix-off AprĂšs avoir fait visiter sa maison, et prĂ©sentĂ© toute sa petite famille, Corinne, dĂ©finit avec Sarah et Simon le projet d'accueil. Description de l’image Ils sont attablĂ©s dans le jardin. Boulette, le cochon d'Inde est posĂ© sur la table dans sa cage. Voix-off Ils dĂ©cident de la frĂ©quence et des modalitĂ©s de l'accueil inscrits dans un contrat. Ils discutent, on voit les diffĂ©rentes possibilitĂ©s de frĂ©quence d’accueil permanent / temporaire .... C’est permanent qui est cochĂ©. Voix-off Sur place, Sarah et Simon pourront avoir accĂšs Ă  des aides extĂ©rieures si besoin. Boulette s'agite dans sa cage. Sarah s'en amuse. Voix-off En plus des aspects pratiques, Sarah et Simon aiment l'idĂ©e de participer Ă  la vie de la famille. Et ce n'est pas pour dĂ©plaire Ă  Boulette. Description de l’image Dans une cage posĂ©e sur la table, Sarah nourrit le cochon d'Inde. A mi-chemin entre le maintien Ă  domicile et l'hĂ©bergement collectif en Ă©tablissement, ce mode d'accueil permet de maintenir des liens tissĂ©s avec l'environnement antĂ©rieur tout en offrant un cadre de vie chaleureux et sĂ©curisant. La personne accueillante doit ĂȘtre agréée par le PrĂ©sident du Conseil dĂ©partemental. Qui peux en bĂ©nĂ©ficier ? Les personnes handicapĂ©es ĂągĂ©es de moins de 60 ans et possĂ©dant une incapacitĂ© permanente au moins Ă©gale Ă  80%, ou, si ce taux est infĂ©rieur, percevant une Allocation adultes handicapĂ©s AAH au titre de la restriction substantielle et durable d’accĂšs Ă  l’emploi. Les personnes ĂągĂ©es de plus de 65 ans, ou de plus de 60 ans reconnues inaptes au travail par le PrĂ©sident du Conseil dĂ©partemental. Ce dernier prend sa dĂ©cision au vu d’une prescription mĂ©dicale. Les personnes n'ayant pas un minimum d'autonomie et dont l'Ă©tat nĂ©cessite une surveillance mĂ©dicale et des soins constants ne relĂšvent, a priori, pas de ce dispositif. Non, jusqu'au 4Ăš degrĂ© inclus. Trouver une famille d'accueil ? Demandez la liste des accueillants familiaux du dĂ©partement de l’Ain ainsi que les places disponibles auprĂšs du Domaine enfance adoption Quels sont les droits et obligations de chacun ? L'accueillant familial offre un cadre de vie chaleureux, une prĂ©sence, un soutien permanent et sĂ©curisant pour la personne ĂągĂ©e ou handicapĂ©e. Intervient dans les actes de la vie quotidienne repas, mĂ©nage, courses, hygiĂšne, santĂ©, etc. participe Ă  la socialisation de la personne accueillie partager sa vie de famille, proposer des sorties, favoriser les visites Ă  la famille, etc. s'engage Ă  mettre en place un accueil continu de qualitĂ© dans des locaux adaptĂ©s. La personne ĂągĂ©e ou handicapĂ©e accueillie Verse une rĂ©munĂ©ration Ă  la famille d'accueil. L'accueillant et la personne accueillie souscrire un contrat d'assurance. souscrire un contrat de sĂ©jour prĂ©cisant les modalitĂ©s de l'accueil, les droits et les obligations de chacun, les Ă©lĂ©ments de rĂ©munĂ©ration. Combien ça coĂ»te et quelles sont les aides financiĂšres ? RĂ©munĂ©ration La rĂ©munĂ©ration versĂ©e par la personne ĂągĂ©e ou handicapĂ©e prend en compte un salaire rĂ©munĂ©ration journaliĂšre des services rendus, des frais d'entretien courant alimentation, chauffage, Ă©lectricitĂ©..., un loyer pour la ou les piĂšces rĂ©servĂ©es Ă  l'usage de la personne accueillie. Aides financiĂšres Sous rĂ©serve de remplir les conditions d’attribution, la personne accueillie peut bĂ©nĂ©ficier des aides au logement CAF, de l'Allocation PersonnalisĂ©e d'Autonomie APA, de la Prestation de Compensation du Handicap PCH. Si vous ne pouvez pas prĂ©tendre Ă  l'une des aides ci-dessus, vous pouvez solliciter l'aide sociale Ă  l’hĂ©bergement Pour aller plus loin Forum 2017 de recrutement des emplois et mĂ©tiers de l’aide Ă  la personne Plusieurs forums de recrutement en faveur du secteur de l’aide Ă  la personne sont organisĂ©s dans l'Ain. Devenir accueillant familial pour adultes handicapĂ©s et personnes ĂągĂ©es CompĂ©tences et conditions requises pour devenir accueillant familial dans le dĂ©partement de l'Ain. Les accueils de jour pour personnes ĂągĂ©es L'accueil de jour permet d’accueillir pour une ou plusieurs journĂ©es ou demi-journĂ©es par semaine, des personnes ĂągĂ©es vivant Ă  leur domicile. Les accompagnements Ă©ducatifs hors domicile prĂ©vention spĂ©cialisĂ©e Cette approche consiste Ă  " aller vers " les jeunes, dans leur quartier et les accompagner vers une insertion. Obtenir le dossier MDPH Retrouvez toutes les informations pour bien constituer votre dossier, pour demander son transfert en cas de dĂ©mĂ©nagement, contester les dĂ©cisions de la CDAPH L’Allocation PersonnalisĂ©e d’Autonomie APA Ă  domicile ConnaĂźtre les dĂ©marches pour demander ou renouveler une demande d'allocation personnalisĂ©e d'autonomie APA
LarĂ©sidence accueil est la dĂ©nomination retenue lorsque la pension de famille est adaptĂ©e pour ĂȘtre particuliĂšrement destinĂ©e aux personnes ayant un handicap psychique (CCH : L. 633-1, 4e alinĂ©a), sans qu’il soit nĂ©cessaire que leur handicap soit reconnu par la Maison dĂ©partementale des personnes handicapĂ©es (MDPH).
Introduction 1Tous les ans, les centres jeunesse du QuĂ©bec, rĂ©partis sur l’ensemble du territoire de la province, reçoivent un nombre important de signalements. Les centres jeunesse sont des Ă©tablissements qui ont le mandat d’offrir des services aux familles oĂč la sĂ©curitĂ© ou le dĂ©veloppement d’un enfant est jugĂ© comme Ă©tant compromis au sens de la Loi sur la protection de la jeunesse LPJ. Les interventions rĂ©alisĂ©es en vertu de la LPJ visent essentiellement Ă  protĂ©ger l’enfant, Ă  rĂ©pondre Ă  ses besoins et Ă  soutenir ses parents dans l’exercice de leurs responsabilitĂ©s parentales. Parmi les mesures qui peuvent ĂȘtre mises en place pour protĂ©ger l’enfant, notons le placement dans une famille d’accueil. 2Ainsi, parmi les jeunes pour lesquels un signalement est retenu et fondĂ©, plusieurs doivent ĂȘtre retirĂ©s de leur famille et placĂ©s dans un milieu substitut parce que leur famille n’offre pas les conditions de vie nĂ©cessaires Ă  leur sĂ©curitĂ© et Ă  leur dĂ©veloppement. Bien que le placement soit considĂ©rĂ© comme une mesure exceptionnelle, on constate qu’il s’agit d’une mesure frĂ©quemment appliquĂ©e lorsqu’il est nĂ©cessaire de retirer un enfant de son milieu. Ainsi, en 2013-2014, au QuĂ©bec, sur les 21 138 enfants pris en charge par les services de protection de la jeunesse, 12,2 % Ă©taient placĂ©s chez un tiers significatif ex. grands-parents, 12,6 % dans des ressources intermĂ©diaires et des centres de rĂ©adaptation tandis que 27,8 % Ă©taient confiĂ©s Ă  des ressources de type familial Association des centres jeunesse du QuĂ©bec, 2014. 3L’orientation privilĂ©giĂ©e dans les interventions en protection de la jeunesse Ă©tant le maintien ou la rĂ©intĂ©gration de l’enfant dans son milieu d’origine, les mesures de placement se veulent gĂ©nĂ©ralement temporaires MSSS, 2010. De plus, les ressources de type familial sont souvent favorisĂ©es, car elles reprĂ©sentent le modĂšle de prise en charge qui se rapproche le plus de la famille d’origine Conseil permanent de la jeunesse, 2004a. Dans un tel contexte, le placement est une forme d’intervention de nature psychosociale permettant de travailler sur la relation entre l’enfant et ses parents d’origine Carignan et al., 2009. Il s’inscrit dans la mission fondamentale des centres jeunesse qui est de permettre aux jeunes en difficultĂ© ainsi qu’à leur famille de se reprendre en main afin de retrouver un mieux-ĂȘtre sur le plan personnel, familial ou social » ACJQ, 2013 9. À cette Ă©tape, les besoins de l’enfant et la capacitĂ© des parents Ă  exercer leur rĂŽle et leurs responsabilitĂ©s sont minutieusement Ă©valuĂ©s. La motivation des parents Ă  rĂ©aliser les changements nĂ©cessaires Ă  la rĂ©solution des problĂšmes est examinĂ©e, ainsi que la prĂ©sence ou non de ressources susceptibles de venir en aide Ă  l’enfant et ses parents. Cette Ă©valuation vise Ă  dĂ©terminer un plan d’intervention visant la fin de la situation de compromission. Toutefois, au-delĂ  d’un certain dĂ©lai tableau 1, si la situation ne s’amĂ©liore pas suffisamment pour permettre Ă  l’enfant de retourner Ă  la maison, un projet de vie alternatif permanent est envisagĂ© Gouvernement du QuĂ©bec, 2010. Ce projet de vie permanent a alors pour but d’assurer Ă  l’enfant la continuitĂ© des soins et la stabilitĂ© des liens et des conditions de vie appropriĂ©es Ă  ses besoins et Ă  son Ăąge » Gouvernement du QuĂ©bec, 2010 8. Parmi ces projets de vie figure le placement jusqu’à majoritĂ© en famille d’accueil. Tableau 1. DĂ©lais de placements prĂ©vus depuis 2007 par la LPJ Âge de l’enfant Moins de 2 ans De 2 Ă  5 ans 6 ans et plus DurĂ©e maximale de placement 12 mois 18 mois 24 mois Gouvernement du QuĂ©bec, 2010 13 4Le premier avantage du placement est de protĂ©ger l’enfant. Lorsque le placement se transforme en placement Ă  majoritĂ©, il permet aussi d’offrir une stabilitĂ© Ă  l’enfant tout en favorisant l’engagement Ă  long terme des parents d’accueil. Les jeunes qui ont Ă©tĂ© retirĂ©s de leur milieu d’origine en raison de problĂšmes importants parlent des avantages Ă  vivre en famille d’accueil, notamment sur les plans scolaire, affectif et de la transmission de valeurs Robin, 2010 47. Toutefois, le placement peut aussi accroĂźtre la vulnĂ©rabilitĂ© de l’enfant en l’isolant de son rĂ©seau primaire Peirson et al., 2001. Cet isolement oblige les enfants Ă  crĂ©er de nouvelles relations, Ă  s’adapter Ă  un autre mode de vie, Ă  se soumettre Ă  de nouvelles rĂšgles, Ă  se confier Ă  des inconnus, etc. Conseil permanent de la jeunesse, 2004a ; Groupe de travail sur la politique de placement en famille d’accueil, 2000. Le placement risque aussi d’accentuer les difficultĂ©s de ces jeunes sur les plans scolaire et psychologique p. ex. anxiĂ©tĂ©, dĂ©pression, etc. Carignan et al., 2009 ; Rutter, 2000. En outre, mĂȘme si ce ne sont pas tous les jeunes ayant vĂ©cu une expĂ©rience de placement qui ont des problĂšmes d’adaptation Ă  l’ñge adulte, des Ă©tudes rĂ©vĂšlent que les problĂšmes vĂ©cus par plusieurs d’entre eux avant et pendant le placement se poursuivent au-delĂ  de l’ñge de 18 ans Courtney et al., 2010 ; Goyette et Royer, 2009 ; Griffin, 2004. 5La prĂ©sente Ă©tude cherche Ă  documenter la rĂ©alitĂ© familiale de 12 jeunes placĂ©s dans une famille d’accueil Ă  la suite d’une ordonnance de placement jusqu’à leur majoritĂ© 18 ans, et ce, afin de dĂ©crire la composition de leur rĂ©seau familial, de cerner l’importance des liens familiaux d’origine et d’accueil dans leur vie adulte et d’identifier des Ă©lĂ©ments du contexte personnel, familial, social et culturel qui pourraient influencer le maintien ou non de ces liens. L’hypothĂšse formulĂ©e dans cette Ă©tude sous-entend que la reprĂ©sentation que les jeunes se font de leur rĂ©seau familial pourrait influencer la qualitĂ© des liens maintenus ou créés Ă  la suite d’un placement jusqu’à majoritĂ©. En outre, prĂ©cisons qu’il n’a pas Ă©tĂ© demandĂ© aux jeunes de dĂ©finir leur rĂ©seau familial, mais plutĂŽt d’expliquer qui fait partie de leur famille. Étant donnĂ© que leurs reprĂ©sentations de la famille dĂ©passent la dĂ©finition traditionnelle fondĂ©e sur les liens biologiques ou d’adoption, la notion de rĂ©seau familial a Ă©tĂ© privilĂ©giĂ©e. Ainsi, la dĂ©finition de DĂ©coret 1998 oĂč une famille est constituĂ©e de toute personne se considĂ©rant comme faisant partie d’une famille a Ă©tĂ© retenue. Cette dĂ©finition de la famille, fondĂ©e davantage sur une appartenance symbolique que biologique, sous-tend alors qu’un jeune peut s’affilier Ă  plus d’une famille Wendland et Gaugue-Finot, 2008 et ĂȘtre partie intĂ©grante d’un rĂ©seau familial plus vaste que celui imposĂ© par les liens d’origine. Cette affiliation multiple du jeune Ă  son rĂ©seau familial n’est pas sans rappeler l’importance, dans un tel contexte, de la pluriparentalitĂ©, oĂč l’exercice de l’éducation et des soins d’un jeune peuvent notamment ĂȘtre partagĂ©s entre plus de deux adultes Marquet, 2010. 6Pour comprendre ces rĂ©alitĂ©s familiales, le vĂ©cu des jeunes a Ă©tĂ© documentĂ© par l’intermĂ©diaire d’une entrevue semi-dirigĂ©e ainsi que par la constitution de deux gĂ©nogrammes familiaux, l’un reprĂ©sentant leur rĂ©seau familial actuel et l’autre leur rĂ©seau familial pendant leur placement. Recension des Ă©crits 7Lorsque le retour de l’enfant auprĂšs de ses parents n’est pas possible, le directeur de la protection de la jeunesse DPJ, qui a pour rĂŽle d’assurer la protection des enfants dont la sĂ©curitĂ© ou le dĂ©veloppement est compromis, dĂ©termine, avec les parents et l’enfant, un projet de vie alternatif selon l’intĂ©rĂȘt et les besoins de l’enfant » Gouvernement du QuĂ©bec, 2010 17. Dans les cas oĂč le projet de vie alternatif consiste Ă  placer l’enfant dans une famille d’accueil jusqu’à sa majoritĂ©, il n’y a pas pour autant absence de contact entre l’enfant et sa famille d’origine. Le droit de contact entre un parent et son enfant est inscrit dans la Loi sur la protection de la jeunesse ; seul le tribunal peut limiter ou retirer ce droit QuĂ©bec, 2014. Des recherches ont d’ailleurs soulignĂ© le besoin des jeunes de conserver des liens avec leur famille d’origine mĂȘme si celle-ci s’avĂšre dysfonctionnelle Beaudry et al., 2004, et d’autres Ă©tudes ont montrĂ© qu’elle demeure une source de soutien pour plusieurs d’entre eux Courtney et Heuring, 2005. 8Le maintien des liens entre l’enfant et sa famille d’origine aprĂšs le placement n’apporte cependant pas que des bĂ©nĂ©fices. Leathers 2003 a menĂ© des entrevues tĂ©lĂ©phoniques auprĂšs de la famille d’accueil et du travailleur social de 199 enfants placĂ©s depuis prĂšs de quatre ans en moyenne. Elle souhaitait documenter les conflits d’affiliation potentiels chez les jeunes ayant des contacts frĂ©quents avec leurs parents d’origine. Ses rĂ©sultats montrent la difficultĂ© pour certains jeunes de conserver une bonne relation Ă  la fois avec leurs parents d’origine et leur famille d’accueil. En effet, les enfants ayant une relation de qualitĂ© avec leurs parents d’origine avaient une moins bonne relation avec leur famille d’accueil, alors que ceux qui Ă©taient parvenus Ă  dĂ©velopper de bonnes relations avec les deux familles Ă©taient plus Ă  risque de vivre des conflits de loyautĂ©. De plus, plusieurs auteurs s’accordent pour affirmer que l’impact du placement sur le dĂ©veloppement des jeunes repose en grande partie sur la qualitĂ© des relations avec leurs familles d’origine et d’accueil Kufeldt et al., 2000 ; Potin, 2009 ; Stott et Gustavsson, 2010, ce qui n’est pas sans rappeler l’importance que peut revĂȘtir la notion de pluriparentalitĂ© lors du placement Le Gall, 2010. Le maintien des liens entre l’enfant et son milieu d’origine facilite l’adaptation de l’enfant Ă  la situation de placement, le dĂ©veloppement de son identitĂ© et, Ă©ventuellement, le succĂšs de la rĂ©unification familiale Davis et al., 1996 ; Fanshell et Shinn, 1978 ; Gallaway et al., 1994 ; Simard et al., 1991 ; White et al., 1996, tous citĂ©s dans Beaudry et al., 2004 alors que le dĂ©veloppement de bonnes relations avec les parents d’accueil favorise l’ancrage dans la communautĂ© et la stabilitĂ© du placement Stott et Gustavsson, 2010. 9Par ailleurs, il s’avĂšre parfois difficile de maintenir l’implication des parents auprĂšs de leur enfant lorsque ce dernier leur a Ă©tĂ© retirĂ© Poirier, 2000. Les visites se font plus frĂ©quentes en dĂ©but de placement, puis elles diminuent avec le temps. Plusieurs facteurs amĂšnent les parents Ă  rĂ©duire la frĂ©quence des visites ou mĂȘme Ă  cesser tout contact. Parmi ces facteurs, mentionnons une relation hostile ou critique avec la famille d’accueil Oyserman et Benbenishty, 1992 ainsi que des problĂšmes financiers, de santĂ© physique et de santĂ© mentale Poirier, 2000. Des auteurs ajoutent que la distance gĂ©ographique contraint plusieurs parents Ă  ne plus se dĂ©placer ou Ă  diminuer la frĂ©quence des dĂ©placements Oyserman et Benbenishty, 1992 ; Poirier, 2000. Le temps de transport, les frais qui y sont associĂ©s ou encore l’impossibilitĂ© de se dĂ©placer influencent leur dĂ©cision de diminuer ou mĂȘme de rompre les contacts avec leur enfant. Browne et Moloney 2002 indiquent Ă©galement que les promesses non tenues des parents d’origine quant au fait de visiter leur enfant provoquent de la dĂ©ception et de la confusion chez ce dernier, sentiments avec lesquels la famille d’accueil doit ensuite composer. Pourtant, mĂȘme si les jeunes ne maintiennent pas toujours une relation proximale ou de qualitĂ© avec leurs parents lors du placement, plusieurs conservent des liens avec leur famille d’origine une fois qu’ils atteignent l’ñge adulte Rutman et al., 2007 ; Wade, 2008. 10Selon la dĂ©finition du Conseil permanent de la jeunesse 2004b 59, une famille d’accueil est constituĂ©e d’une ou deux personnes accueillant Ă  leur domicile un maximum de neuf enfants en difficultĂ©. Son rĂŽle est de recrĂ©er un milieu de vie se rapprochant [
] du milieu naturel, en ce sens qu’il s’agit de recrĂ©er un milieu familial et des relations de type parental. » Dans cet esprit, elle s’assure de rĂ©pondre adĂ©quatement aux besoins de l’enfant et de favoriser son dĂ©veloppement ainsi que sa sĂ©curitĂ© Conseil permanent de la jeunesse, 2004b. La famille d’accueil agit quotidiennement auprĂšs de l’enfant, ce qui la rend trĂšs influente auprĂšs de ce dernier Potin, 2009. D’une part, elle peut faciliter l’insertion de l’enfant en le considĂ©rant comme partie intĂ©grante de la famille Tremblay, 2007, d’autre part, elle peut provoquer un sentiment de diffĂ©renciation chez le jeune placĂ© en le comparant aux autres enfants de la famille Chapon-Crouzet, 2005. En ce sens, une famille d’accueil exprimant des sentiments d’amour, de chaleur et d’empathie favorise davantage l’intĂ©gration des jeunes Conseil permanent de la jeunesse, 2004b. Au-delĂ  de ces considĂ©rations, la capacitĂ© qu’auront les jeunes Ă  dĂ©velopper des liens significatifs avec leur famille d’accueil jouera un rĂŽle important dans l’ancrage de leur rĂ©seau de soutien futur Ahrens et al., 2011 ; Perry, 2006 ; Stott et Gustavsson, 2010 ; Wade, 2008. Rutman et ses collaborateurs 2007 soulignent qu’un nombre important de jeunes mentionnent pouvoir compter sur leur famille d’accueil afin de recevoir de l’aide matĂ©rielle ou du soutien Ă  la fin du placement. Dans son analyse du parcours de placement de 53 adolescents, Tremblay 2007 indique que 68 % d’entre eux affirment que leur famille d’accueil est leur famille de rĂ©fĂ©rence. Ce statut confĂ©rĂ© amĂšne plusieurs jeunes Ă  demeurer en contact avec leur famille d’accueil Ă  l’ñge adulte. 11Au moment de la transition Ă  l’ñge adulte, les jeunes qui ont Ă©tĂ© hĂ©bergĂ©s en famille d’accueil jusqu’à leur majoritĂ© s’avĂšrent plus vulnĂ©rables sur le plan des problĂ©matiques liĂ©es Ă  la scolarisation, Ă  l’employabilitĂ© et aux habiletĂ©s de la vie quotidienne en gĂ©nĂ©ral Goyette et Turcotte, 2004. De plus, la sortie du systĂšme de protection Ă  18 ans les oblige Ă  se prendre en charge de maniĂšre accĂ©lĂ©rĂ©e » par rapport aux jeunes de la population gĂ©nĂ©rale Richard, 2012. En outre, ces jeunes manquent souvent de prĂ©paration Ă  la vie autonome ou ont des difficultĂ©s Ă  crĂ©er des liens sociaux Collins et al., 2010. La consolidation du rĂ©seau familial des jeunes avant leur sortie des services s’avĂšre donc un Ă©lĂ©ment essentiel pour leur assurer de bonnes conditions de vie Ă  l’ñge adulte Collins et al., 2010 ; Poirier, 2000 ; Simard, 2007. Dans une Ă©tude oĂč il a examinĂ© le rĂ©seau social des jeunes placĂ©s, Perry 2006 a conceptualisĂ© la notion de soutien social en identifiant ses trois sources principales les acteurs gravitant autour des services sociaux intervenants, familles d’accueil, la famille d’origine parents, fratrie et les mentors adultes adultes significatifs, mais externes Ă  la famille. Les jeunes bĂ©nĂ©ficiant des trois sources de soutien s’en sortiraient globalement mieux que ceux n’ayant qu’une seule source de soutien. MĂ©thodologie 12L’étude prĂ©sentĂ©e ici s’intĂ©resse au rĂ©seau familial de jeunes QuĂ©bĂ©cois ayant Ă©tĂ© placĂ©s jusqu’à leur majoritĂ©. Ainsi, ce rĂ©seau a Ă©tĂ© explorĂ© par rapport Ă  deux pĂ©riodes distinctes de leur parcours 1 pendant le placement en famille d’accueil, de maniĂšre rĂ©trospective, et 2 au moment de l’entrevue, soit Ă  partir de leur majoritĂ© jusqu’à dix ans aprĂšs l’avoir atteinte. L’étude vise Ă  mieux comprendre la place qu’y occupent leurs familles d’origine et d’accueil, principalement dans les premiĂšres annĂ©es suivant la fin du placement. La recherche s’appuie sur une mĂ©thodologie qualitative permettant d’accĂ©der au sens que donnent les jeunes adultes Ă  leur expĂ©rience familiale et aux processus relationnels qui s’opĂšrent avec leurs familles d’origine et d’accueil Deslauriers et KĂ©risit, 1997. 13La population Ă  l’étude est composĂ©e de jeunes adultes de 18 ans et plus qui ont reçu une ordonnance de placement en famille d’accueil jusqu’à leur majoritĂ© 18 ans. Cette ordonnance a Ă©tĂ© prononcĂ©e en vertu de la Loi sur la protection de la jeunesse, soit l’une des lois qui rĂ©gissent les centres jeunesse du QuĂ©bec. Au cours de leur pĂ©riode de placement, les jeunes ont pu vivre dans une ou plusieurs familles d’accueil ou passer d’une famille d’accueil Ă  un centre de rĂ©adaptation. 14Le recrutement des participants s’est effectuĂ© Ă  l’aide d’un courriel envoyĂ© Ă  l’ensemble des Ă©tudiants et des employĂ©s de l’UniversitĂ© Laval n = 3. La FĂ©dĂ©ration des familles d’accueil et des ressources intermĂ©diaires du QuĂ©bec FFARIQ a aussi participĂ© au recrutement en ciblant des familles d’accueil pouvant nous mettre en contact avec des jeunes intĂ©ressĂ©s Ă  participer n = 2. Des intervenants d’un organisme communautaire de la rĂ©gion de QuĂ©bec nous ont Ă©galement rĂ©fĂ©rĂ© des jeunes correspondant au profil recherchĂ© n = 3. Enfin, des participants ont Ă©tĂ© recrutĂ©s Ă  partir d’un effet boule de neige n = 4. 15La collecte de donnĂ©es s’est appuyĂ©e sur un questionnaire sociodĂ©mographique permettant de dresser un profil gĂ©nĂ©ral des participants, ainsi que sur une entrevue individuelle semi-dirigĂ©e d’une durĂ©e approximative de 60 minutes. Les principaux thĂšmes abordĂ©s dans l’entrevue ont portĂ© sur l’importance relative des liens familiaux d’origine et d’accueil dans le rĂ©seau familial des jeunes, sur les Ă©lĂ©ments qui ont facilitĂ© ou nui au maintien de ces liens, ainsi que sur la nature et la qualitĂ© du soutien que les jeunes reçoivent ou souhaiteraient recevoir de la part de leur famille d’origine ou d’accueil. Au cours des entrevues, nous avons construit deux gĂ©nogrammes avec chacun des participants. La construction du premier a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e Ă  la suite de la question suivante pouvez-vous nommer les personnes qui font partie de votre famille actuelle ? Le deuxiĂšme Ă©tait Ă©laborĂ© en demandant aux participants de penser Ă  ceux qui faisaient partie de leur famille entre le dĂ©but et la fin de leur placement. À partir de ces gĂ©nogrammes, nous avons discutĂ© de la composition du rĂ©seau familial des jeunes en identifiant les personnes qui y sont incluses, et celles qui en sont exclues. Ces personnes pouvaient tout autant provenir du milieu d’origine des jeunes interrogĂ©s que de leur milieu d’accueil, des organismes qu’ils ont frĂ©quentĂ©s ou encore de leur cercle d’amis. Pour McGoldrick et Gerson 1990 19, le gĂ©nogramme est une façon de dresser l’arbre gĂ©nĂ©alogique d’une famille. Il contient des informations sur les membres de cette famille et sur leurs relations ». PrĂ©cisons toutefois que dans le cadre de la prĂ©sente Ă©tude, le gĂ©nogramme s’est avĂ©rĂ© ĂȘtre davantage un outil permettant de faciliter la discussion et de schĂ©matiser des liens parfois complexes Ă  saisir. 16Quant Ă  l’analyse des donnĂ©es, elle a Ă©tĂ© effectuĂ©e en respectant les principes de l’analyse de contenu telle que prĂ©sentĂ©e par Mayer et Deslauriers 2000. Une premiĂšre catĂ©gorisation du matĂ©riel a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e par une professionnelle de recherche, pour ĂȘtre ensuite validĂ©e par une seconde professionnelle de recherche et la chercheuse principale. L’analyse a cherchĂ© Ă  dĂ©gager des tendances ou des trajectoires particuliĂšres permettant d’expliquer le sens que donnent les jeunes aux liens familiaux qu’ils ont maintenus ou non et ceux qu’ils ont créés au fils du temps. Tous les membres de l’équipe de recherche ont Ă©tĂ© activement impliquĂ©s dans les Ă©tapes entourant l’analyse des donnĂ©es et les rĂ©sultats ont Ă©tĂ© discutĂ©s afin de s’assurer qu’ils correspondent prĂ©cisĂ©ment au sens donnĂ© par les participants. 17Pour cette Ă©tude, un Ă©chantillon de 12 jeunes adultes volontaires trois garçons, neuf filles ĂągĂ©s de 18 et 28 ans a Ă©tĂ© recrutĂ©. Tous ont Ă©tĂ© hĂ©bergĂ©s en famille d’accueil Ă  la suite d’une ordonnance de placement jusqu’à leur majoritĂ© et quatre ont aussi expĂ©rimentĂ© un ou des passages en centre de rĂ©adaptation. La section qui suit prĂ©sente une brĂšve description des participants. Description des participants 1 La famille d’accueil spĂ©cifique, ou de proximitĂ©, exerce ses activitĂ©s auprĂšs d’un enfant qui lui ... 2 Tous les prĂ©noms ont Ă©tĂ© changĂ©s afin de prĂ©server la confidentialitĂ© des propos et l’anonymat des ... 18Durant le placement, deux jeunes ont Ă©tĂ© hĂ©bergĂ©s dans une famille d’accueil spĂ©cifique1 AnaĂŻs2 et Juliette. Dans le cas d’AnaĂŻs, la derniĂšre famille d’accueil Ă©tait celle de sa cousine maternelle alors que Juliette a Ă©tĂ© confiĂ©e Ă  une tante maternelle durant toute la durĂ©e de son placement. Pour sa part, Emrick a Ă©tĂ© adoptĂ© un peu avant ses deux ans et il considĂšre cette famille adoptive comme Ă©tant sa famille d’origine. Depuis la fin du placement, deux jeunes ont donnĂ© naissance Ă  un enfant Clara et Élisabeth, trois ont connu des Ă©pisodes de vie dans la rue Clara, Élisabeth et Guillaume et un a Ă©tĂ© incarcĂ©rĂ© pendant plus d’un an Guillaume. Le tableau suivant prĂ©sente une description sommaire des participants. Tableau 2. Description des participants de l’étude Nom Âge au moment de l’étude Âge au moment du placement Nombre de familles d’accueil Passage en centre de rĂ©adaptation AmĂ©lia 25 7 4 Non AnaĂŻs 23 12 3 Non Ariane 23 10 6 Non Clara 23 9 3 Oui Élisabeth 23 6 10 Oui ÉloĂŻse 28 14 5 Oui Emrick 18 6 1 Non Florence 26 15 1 Non Guillaume 20 13 6 Oui Juliette 20 11 1 Non Myriam 18 6 1 Non Nathan 18 Ne sait pas 3 ou 4 Non RĂ©sultats 19La reprĂ©sentation que les jeunes se font de leur rĂ©seau familial actuel s’avĂšre particuliĂšrement diversifiĂ©e. Si certains continuent d’identifier leurs parents d’origine comme faisant partie de leur cellule familiale, d’autres n’ont pas cherchĂ© Ă  reprendre contact avec eux aprĂšs leur sortie des services. Les donnĂ©es permettent aussi d’explorer le soutien que ces jeunes reçoivent au moment de leur Ă©mancipation de la part de leurs familles d’accueil et d’origine. La perception des diffĂ©rents types de soutien reçus et des personnes leur apportant ce soutien lors du passage Ă  la vie adulte apparaissent Ă©galement trĂšs diversifiĂ©es. PrimautĂ© des liens d’origine? 20Bien que le rĂ©seau familial actuel des jeunes interrogĂ©s diffĂšre, leur discours laisse entrevoir qu’il se construit Ă  partir du sens qu’ils donnent Ă  leurs liens d’origine. La moitiĂ© des jeunes ont parlĂ© spontanĂ©ment de vraie » famille ou de l’importance symbolique des liens biologiques ou d’origine. Maman, c’est maman, on en a une maman. On n’en a pas 10 des mamans, on en a une. Une vraie. Élizabeth, 23 ans ; placĂ©e Ă  6 ans, elle a vĂ©cu environ 10 placements diffĂ©rents, dont un en centre de rĂ©adaptation. Je lui [pĂšre] ouvrirais sĂ»rement [la porte], par rapport que ça reste que c’est ta vraie famille [
]. Florence, 26 ans ; elle se signale elle-mĂȘme Ă  l’ñge de 15 ans, moment Ă  partir duquel elle vivra en famille d’accueil. 21Aujourd’hui, 5 des 12 jeunes interrogĂ©s Myriam, Clara, Nathan, Emrick et AnaĂŻs incluent leur pĂšre ou leur mĂšre d’origine dans leur rĂ©seau familial. Cependant, la plupart les avaient exclus pendant la pĂ©riode du placement. Pour plusieurs, la fin du placement a favorisĂ© ou permis la reprise des contacts, de mĂȘme que le dĂ©veloppement des liens avec leurs vrais » parents, c’est-Ă -dire leurs parents d’origine. 22Plusieurs participants ont choisi d’exclure leurs parents d’origine de leur rĂ©seau familial actuel n=7. Parmi ces derniers, cinq ont refusĂ© dĂšs leur enfance ou leur adolescence de les considĂ©rer. Par contre, mĂȘme si certains de ces jeunes excluent leurs parents d’origine de leur rĂ©seau familial actuel, cela ne veut pas dire qu’ils n’ont pas de contact avec eux. C’est le cas de Juliette, qui a Ă©tĂ© placĂ©e dans la mĂȘme famille d’accueil spĂ©cifique de 11 Ă  18 ans, et qui a dĂ©cidĂ© de rencontrer sa mĂšre aprĂšs neuf annĂ©es sans aucun contact. Elle explique qu’elle n’a que trĂšs peu d’estime pour sa mĂšre, mais qu’elle est prĂȘte Ă  la rencontrer dans ce qui s’apparente Ă  une dĂ©marche de pardon. Elle ne la considĂšre pas pour autant comme un membre de sa famille actuelle, mais elle est ouverte Ă  la rencontrer et Ă  Ă©couter son point de vue. Notons qu’elle pourrait, dit-elle, envisager une dĂ©marche similaire auprĂšs de son pĂšre. Toutefois, il est possible de se demander pourquoi, malgrĂ© l’exclusion de sa mĂšre de son rĂ©seau et la relation tendue, les contacts se maintiennent. Le sens donnĂ© aux liens d’origine ou de sang ou leur importance symbolique peuvent-ils expliquer en partie cette situation ? D’autres Ă©tudes seront nĂ©cessaires pour rĂ©pondre clairement Ă  cette question. 23Par ailleurs, certains des jeunes rencontrĂ©s rappellent que les liens d’origine ne sont pas les seuls Ă  ĂȘtre importants. Parmi eux, AmĂ©lia a connu quatre familles d’accueil diffĂ©rentes, dont une qui l’a accueillie de 12 Ă  18 ans. Pour elle, sa famille est d’abord celle-ci, qui l’a Ă©levĂ©e. N’ayant plus de contact avec sa famille d’origine, elle considĂšre aujourd’hui ses parents et sa fratrie d’accueil comme Ă©tant sa seule famille. Quoiqu’il y en a qui pensent ah, c’est ta mĂšre biologique, les liens du sang, c’est plus fort que tout », moi je ne suis pas d’accord avec ça, c’est ma famille [d’accueil] qui m’a Ă©levĂ©e, c’est elle ma famille. AmĂ©lia, 25 ans ; placĂ©e de 7 Ă  18 ans dans 4 familles d’accueil diffĂ©rentes, dont la mĂȘme famille de 12 Ă  18 ans. 24Si plusieurs excluent leurs parents d’origine de leur rĂ©seau familial, il semble que ce soit diffĂ©rent pour ce qui est de la fratrie. En effet, bien que certains jeunes n’aient pas Ă©tĂ© placĂ©s avec leur fratrie Juliette et Ariane ou que celle-ci n’ait pas Ă©tĂ© placĂ©e du tout Clara, Emrick, Florence, il ressort de nos rĂ©sultats que la force de ces liens rĂ©siste Ă  l’absence de contact durant le placement et mĂȘme, pour une participante, Ă  des abus perpĂ©trĂ©s par un membre de sa fratrie. Aujourd’hui, tous ces participants sont en contact avec leur fratrie et la considĂšrent comme partie intĂ©grante de leur famille. Mentionnons aussi qu’Internet s’est avĂ©rĂ© un outil de retrouvailles efficace pour plusieurs des jeunes rencontrĂ©s, notamment pour Emrick, qui a profitĂ© de la levĂ©e de l’interdit de contact avec sa famille d’origine pour renouer avec elle. J’ai toujours voulu les retrouver, c’est juste que j’avais un interdit de contact, jusqu’à tant que j’aie 18 ans. J’ai attendu longtemps, pis Ă  un moment donnĂ©, je suis allĂ© sur le site oĂč tout le monde va, je suis allĂ© sur Facebook, pis j’ai tapĂ© [leur] nom. Emrick, 18 ans ; placĂ© de 6 Ă  18 ans. 25Parmi les six jeunes qui mentionnent avoir des frĂšres et sƓurs Myriam, Juliette, Ariane, Clara, Emrick, Florence, tous incluent au moins l’un d’entre eux dans leur rĂ©seau familial. En outre, si la plupart affirment que le lien a Ă©tĂ© difficile Ă  maintenir Ă  l’adolescence Clara, Ariane, Florence, Juliette, Emrick, ils sont unanimes quant Ă  l’importance de les intĂ©grer aujourd’hui Ă  leur quotidien. Toutefois, la forme, la qualitĂ© et la quantitĂ© des contacts varient d’un jeune Ă  l’autre, et ce, Ă  l’intĂ©rieur d’une mĂȘme fratrie. Par exemple, le lien est vraiment fort pour Ariane alors que pour Juliette, le lien qui existe se limite Ă  des contacts sur les mĂ©dias sociaux. Pour les demi-fratries, il en va tout autrement. Les trois participants ÉloĂŻse, Guillaume, Élizabeth qui ont dĂ©clarĂ© avoir une demi-fratrie ne l’incluent pas dans leur rĂ©seau familial, et ce, mĂȘme s’ils ont des contacts occasionnels avec elle. Quant Ă  ceux qui n’ont pas de fratrie ou de demi-fratrie Nathan, AmĂ©lia, AnaĂŻs, ils intĂšgrent tous Ă  leur rĂ©seau familial des membres de leur famille d’origine, sans que ce soit nĂ©cessairement leurs parents. Il peut s’agir d’une tante, d’un grand-parent, d’un cousin, etc. 26Les propos que tiennent les jeunes ne sont donc pas sans rappeler la primautĂ© des liens d’origine sur toute autre forme de liens qu’ils incluent ou excluent leur famille d’origine dans le rĂ©seau familial, ils en parlent tous comme d’un idĂ©al, que cet idĂ©al soit Ă  leur portĂ©e ou non. MĂȘme lorsque les membres de leur famille d’origine sont absents de leur vie actuelle, les participants semblent garder une porte entrouverte pour eux. QualitĂ© des liens créés 27Lorsque l’on examine l’importance qu’accordent les jeunes adultes Ă  leur famille d’accueil, on s’aperçoit que l’expĂ©rience de chacun est marquĂ©e par sa propre histoire. Si cinq jeunes Myriam, Nathan, AmĂ©lia, Élizabeth, AnaĂŻs incluent encore des membres de leur famille d’accueil dans leur rĂ©seau familial actuel, sept Florence, Emrick, Juliette, Ariane, Clara, ÉloĂŻse, Guillaume ont choisi de les maintenir Ă  l’extĂ©rieur de ce rĂ©seau. L’absence des parents d’origine ou leur prĂ©sence limitĂ©e pourrait inciter les jeunes Ă  trouver une alternative familiale » auprĂšs de personnes qu’ils Ă©lisent et Ă  crĂ©er des liens de confiance avec eux. C’est le cas d’AmĂ©lia et d’Élizabeth, qui accordent Ă  leur famille d’accueil une place quasi exclusive dans leur rĂ©seau familial. En fait, Ă  son rĂ©seau familial, AmĂ©lia n’ajoute qu’une tante biologique, et Élizabeth ajoute son conjoint et leur bĂ©bĂ© placĂ© lui-mĂȘme en famille d’accueil. 28En outre, un Ă©lĂ©ment qui semble influencer le choix des jeunes d’inclure ou d’exclure des membres de leur famille d’accueil dans leur rĂ©seau familial est liĂ© Ă  la qualitĂ© du lien créé. Les jeunes qui considĂšrent ne pas avoir dĂ©veloppĂ© de relations de qualitĂ© avec eux ou qui ne se sont jamais sentis comme faisant partie de leur famille d’accueil ont plutĂŽt exclu ces personnes de leur rĂ©seau familial. À l’opposĂ©, deux jeunes venant tout juste d’atteindre leur majoritĂ© Myriam et Nathan mentionnent demeurer attachĂ©s Ă  leur famille d’accueil, principalement Ă  leur mĂšre d’accueil. Pour eux, cette famille reprĂ©sente la stabilitĂ© dans leur vie et inclut des personnes qui, croient-ils, seront toujours lĂ  pour les soutenir. D’autres Ă©tudes seront toutefois nĂ©cessaires afin de vĂ©rifier dans quelle mesure ces liens forts Ă©volueront dans le sens attendu par ces deux jeunes. Ma famille d’accueil, ce n’est pas n’importe laquelle ! T’en as que t’as pas le droit de sortir, t’as pas le droit de voir personne, il y a beaucoup de restrictions. [Ma mĂšre d’accueil] en avait des restrictions, mais dans la maison, puis elle avait quand mĂȘme une certaine ouverture. Moi je trouve que c’était parfait, parfait, parfait, parce que je serais pas oĂč je suis rendu prĂ©sentement si j’avais pas rencontrĂ© cette personne-lĂ . Comme on dit, il n’arrive jamais rien pour rien non plus. Mais c’est grĂące Ă  elle que j’ai eu mon permis de conduire, que j’ai eu une job stable, pis elle est avec moi Ă  100 %. Nathan, 18 ans ; placĂ© tĂŽt dans l’enfance. 29Certains jeunes, comme Élizabeth, ont pu inclure des membres d’une de leurs familles d’accueil dans leur rĂ©seau familial aprĂšs avoir fait la rencontre de LA personne qui leur a permis de se sentir bien. Élizabeth explique que tout au long de son enfance, elle est passĂ©e d’une famille d’accueil Ă  l’autre. Selon sa perception, personne ne voulait rĂ©ellement la garder sous son toit. Or, Ă  14 ans, lorsqu’elle est arrivĂ©e chez France, elle a senti qu’enfin, elle pouvait appartenir Ă  une famille. Depuis ce jour, France fait figure de mĂšre pour cette jeune femme. AussitĂŽt que je suis rentrĂ©e chez France, je me suis sentie bien. J’avais jamais fait ça dans une famille d’accueil, mais chez elle, j’étais dĂ©jĂ  rendue dans le frigidaire [Rires] [
] [Pendant mon placement chez France], je sortais, je fuguais, je rentrais. Tu comprends? [Rires] Mais ce n’était pas pour faire chier France! Je n’étais tellement pas habituĂ©e d’ĂȘtre aimĂ©e par quelqu’un que dans ma tĂȘte, ĂȘtre aimĂ©e lĂ , j’étais en train de virer folle. Je ne savais plus quoi faire, sĂ©rieux. Élisabeth, 23 ans ; placĂ©e Ă  6 ans, elle a vĂ©cu environ 10 placements diffĂ©rents, dont un en centre de rĂ©adaptation. 30À l’inverse, les jeunes ÉloĂŻse, Juliette, Emrick, Ariane, Clara, Guillaume qui considĂšrent ne pas avoir créé de relations de qualitĂ© avec des membres de leur famille d’accueil, ou qui ne s’y sont jamais sentis Ă  l’aise, ont plutĂŽt exclu ces personnes de leur rĂ©seau familial. C’est le cas notamment d’ÉloĂŻse. Non, en fait, je n’ai pas gardĂ© de liens avec aucune de mes familles [d’accueil]. Je suis sĂ»re que je verrais n’importe qui, de n’importe quelle famille, on ne serait pas fĂąchĂ©s de se voir, mais non, j’ai pas gardĂ© de liens. Pour toutes les familles d’accueil oĂč j’étais, j’étais plus comme une Ă©trangĂšre. Moi j’ai Ă©tĂ© placĂ©e dans des familles d’accueil temporaires [et rĂ©guliĂšres, mais elle Ă©tait dĂ©placĂ©e en raison de ses comportements], puis il y a d’autres personnes qui Ă©taient lĂ  en permanence. ÉloĂŻse, 28 ans ; placĂ©e Ă  14 ans, elle a vĂ©cu dans cinq familles diffĂ©rentes et dans un centre de rĂ©adaptation. 31Quatre jeunes ÉloĂŻse, Clara, Guillaume et Élisabeth, aprĂšs avoir frĂ©quentĂ© plusieurs familles d’accueil, ont vĂ©cu une partie de leur placement en centre de rĂ©adaptation. Pour la plupart, ils ne gardent pas de souvenirs positifs de ces familles, sauf pour Élisabeth qui en conserve quelques-uns, mais uniquement de sa derniĂšre famille d’accueil. D’autres, sans nĂ©cessairement garder de mauvais souvenirs, n’ont pu s’attacher ni s’identifier Ă  leur famille d’accueil. Les multiples placements et dĂ©placements ont pu teinter le vĂ©cu de certains ni ÉloĂŻse ni Ariane ne peuvent s’identifier Ă  l’une de leurs familles d’accueil. Ariane explique qu’elle ne s’est jamais sentie chez elle et les nombreuses transitions ont fait en sorte qu’aucun lien n’a Ă©tĂ© maintenu avec personne. En ce sens, elle ajoute J’avais l’habitude de dire que les familles d’accueil, c’est comme du lait en poudre ça fait la job, mais c’est pas trĂšs bon. [Rires] On ne sent pas qu’ils nous aiment. On ne sent pas qu’il y a de l’affection envers nous pis on ne comprend pas
 Ariane, 23 ans ; placĂ©e Ă  10 ans, elle a vĂ©cu dans six familles d’accueil diffĂ©rentes. 32Les parcours des jeunes de l’étude laissent entrevoir que divers Ă©lĂ©ments comme le fait d’avoir quittĂ© rĂ©cemment ou non les services d’hĂ©bergement ou la distance gĂ©ographique de leur lieu d’accueil influencent au fil du temps la relation avec la famille d’accueil. Nos rĂ©sultats suggĂšrent Ă©galement trois scĂ©narios lorsque les contacts avec la famille d’origine reprennent Ă  la sortie des services comme c’est le cas pour Nathan et Myriam 1 les liens avec la famille d’origine pourraient prendre toute la place ; 2 les liens avec la famille d’accueil pourraient demeurer intacts malgrĂ© les retrouvailles avec la famille d’origine ou 3 les deux familles pourraient conserver une place importante dans le rĂ©seau familial. Les rĂ©sultats de l’étude ne permettent pas d’avancer ce qui contribuera Ă  choisir un scĂ©nario plutĂŽt qu’un autre. Cependant, il semble ressortir des rĂ©sultats que la qualitĂ© des liens Ă©tablis avec les membres de la famille d’accueil favorise l’inclusion de cette derniĂšre dans le rĂ©seau familial des jeunes interrogĂ©s, bien que ces liens puissent prendre diverses formes selon les parcours de vie des jeunes. Soutien lors de la transition Ă  l’ñge adulte 33Le soutien social et familial lors de la transition Ă  la vie adulte est essentiel Ă  la rĂ©ussite de cette Ă©tape Crost et al., 2010 ; Dumaret et al., 2011. Les jeunes de l’étude ont parlĂ© du soutien qu’ils ont reçu lors de cette transition, ainsi que de celui qu’ils reçoivent encore aujourd’hui. Le type de soutien lors de leur Ă©mancipation prend plusieurs formes. Si les parents d’accueil sont particuliĂšrement prĂ©sents au moment de la transition vers la vie adulte n=7, la famille d’origine parent, fratrie, famille Ă©largie y participe Ă©galement n=3. Un jeune a pu se tourner vers des organismes communautaires, deux ont prĂ©fĂ©rĂ© se dĂ©brouiller seuls au moment de cette Ă©tape charniĂšre. De plus, mĂȘme si les parents d’origine sont exclus du rĂ©seau familial de certains jeunes, ils semblent tout de mĂȘme offrir un soutien Ă©motionnel Ă©coute, conseils, suggestions, etc. n=9 et instrumental aide concrĂšte, matĂ©rielle, financiĂšre, etc. n=6 important. Par exemple, Guillaume considĂšre n’avoir aucun lien significatif avec sa mĂšre d’origine et elle ne fait pas partie de son rĂ©seau familial. Pourtant, il voit sa mĂšre Ă  l’occasion et reçoit du soutien de sa part. Question Est-ce qu’il y a [d’autres personnes vers lesquelles] tu peux te tourner ? RĂ©ponse Non. Pas grand monde, Ă  part ma mĂšre, quand j’peux la voir. Q Tu as encore le droit de la voir? R Ouais. Ben, on se voit en cachette, mettons [parce qu’il y a un interdit de contact]. Q Pis qu’est-ce qu’elle fait pour toi, ta mĂšre, quand vous vous voyez ? R Elle m’apporte une paire de souliers, on s’en va manger au restaurant, on fait des petites affaires de mĂȘme, on va chez Costco, on sort un peu dans les boutiques, des affaires de mĂȘme... Guillaume, 20 ans ; entre 13 et 15 ans, il a vĂ©cu dans six familles diffĂ©rentes avant de se retrouver en centre de rĂ©adaptation de 15 Ă  18 ans. 34Les propos des jeunes rencontrĂ©s suggĂšrent qu’au moment de la transition, les parents d’accueil apportent un soutien instrumental et Ă©motionnel qui participe, dans certains cas, Ă  renforcer leurs liens avec les jeunes. Parmi ces derniers, sept Juliette, Myriam, Nathan, AmĂ©lia, Élisabeth, Emrick, Florence pensent spontanĂ©ment Ă  leur famille d’accueil lorsqu’il est question de soutien. D’ailleurs, mis Ă  part Élisabeth, qui n’a pas de domicile fixe, tous se sont tournĂ©s vers leurs parents d’accueil lorsqu’est venu le temps de trouver un endroit oĂč se loger Ă  la sortie des services d’accueil. En effet, lors de la transition vers l’ñge adulte, ces jeunes ont pu bĂ©nĂ©ficier de l’appui de leurs parents d’accueil, principalement de la mĂšre, qui s’est assurĂ©e qu’ils ne manquent de rien. Par exemple, AmĂ©lia a trouvĂ© chez ses parents d’accueil un appui solide, un soutien sur lequel elle peut toujours compter. Ils m’ont tout le temps soutenue. J’étais en appartement, il y a des bouts que c’était pas facile, parce que je devais travailler. J’avais des prĂȘts et bourses, pis j’avais mon revenu d’emploi. Je me souviens qu’à un moment donnĂ© j’avais des mĂ©dicaments, j’étais malade et Luce avait payĂ© mes mĂ©dicaments. Elle m’avait achetĂ© un manteau d’hiver, elle a continuĂ© [
] Question Puis quand tu as besoin d’un conseil, quand t’as besoin de soutien Ă©motionnel, vers qui tu vas te tourner ? RĂ©ponse Maman [mĂšre d’accueil] [
]. AmĂ©lia, 25 ans ; placĂ©e de 7 Ă  18 ans dans 4 familles d’accueil diffĂ©rentes, dont la mĂȘme famille de 12 Ă  18 ans. 35Enfin, certains jeunes ont un rĂ©seau de soutien beaucoup plus Ă©laborĂ© que d’autres. Aux trois plus jeunes Nathan, Myriam et Emrick, les membres de leurs familles d’accueil et d’origine offrent un soutien complĂ©mentaire. Pour les plus ĂągĂ©s, le conjoint, les amis et leur famille ainsi que les services sociaux ou organismes communautaires peuvent ĂȘtre sollicitĂ©s pour prendre le relais lorsque la famille d’origine ou d’accueil est peu ou moins disponible. Enfin, le soutien des familles d’accueil et d’origine semble Ă©voluer avec la situation personnelle et familiale des jeunes. En effet, le soutien offert par la famille d’accueil peut diminuer si la relation s’effrite avec le temps, tandis que celui de la famille d’origine peut augmenter avec la reprise des contacts et le resserrement des liens. Entraves au soutien 36Les rĂ©sultats de l’étude laissent entrevoir que les multiples dĂ©placements en famille d’accueil, tout comme les difficultĂ©s d’intĂ©gration et d’attachement Ă  ces familles, pourraient ĂȘtre des entraves au soutien. En effet, parmi ceux qui n’ont jamais rĂ©ussi Ă  crĂ©er de liens avec leur famille d’accueil ou qui ont Ă©tĂ© dĂ©placĂ©s Ă  plusieurs reprises, trois ÉloĂŻse, Guillaume, Élisabeth ont tout particuliĂšrement de la difficultĂ© Ă  demander de l’aide. Sur le plan relationnel, ils sont plus isolĂ©s et disent avoir peur de dĂ©ranger leur entourage. Tous les trois rapportent s’aider par eux-mĂȘmes et ne pas vouloir faire appel Ă  quiconque. Cependant, il semble se dĂ©gager une certaine souffrance lorsqu’ils abordent le sujet. [Silence, longue rĂ©flexion] Je suis quelqu’un qui parle beaucoup et qui est trĂšs sociable, mais je ne suis pas quelqu’un qui tient des liens serrĂ©s en amitiĂ©. [Silence] C’est peut-ĂȘtre plus que j’ai peur de
 peur de dĂ©ranger [Silence] Tu m’excuses si je pleure. [
] Je sais que les gens autour de moi, si je leur demandais de l’aide, ils m’aideraient. Mais, je ne veux pas profiter. Je veux essayer de m’en sortir par moi-mĂȘme. [Pleurs] Dans le fond, Ă  chaque fois que je me dis que j’aurais besoin d’aide, au lieu de le demander, je me dis toujours que mon cas n’est pas si pire que ça, que je suis sĂ»re dans le fond, qu’il y a des gens qui ont plus de difficultĂ© que moi. Pas comme si je ne mĂ©ritais pas de me faire aider, mais plus comme si ma situation le mĂ©ritait pas
 ÉloĂŻse, 28 ans ; placĂ©e Ă  14 ans, elle a vĂ©cu dans cinq familles diffĂ©rentes et dans un centre de rĂ©adaptation. 37Pour ce qui est de Guillaume, il prĂ©fĂšre se dĂ©brouiller seul et ne dĂ©pendre de personne. Toutefois, il identifie quelques organismes communautaires pouvant rĂ©pondre Ă  certains besoins de base alimentation, hĂ©bergement. À [nom de l’organisme communautaire], c’est dur un peu, mais pas trop dur pour moi lĂ . Je suis avec du monde qui sont comme moi, je suis bien entourĂ©. [
] [Les intervenants] sont capables de parler, sont capables de jaser, sont capables de communiquer, sont capables de te dĂ©brouiller, si t’as besoin de quelque chose, tu viens ici pis tout va bien. Guillaume, 20 ans ; entre 13 et 15 ans, il a vĂ©cu dans 6 familles diffĂ©rentes avant de se retrouver en centre de rĂ©adaptation de 15 Ă  18 ans. 38Par ailleurs, cette hĂ©sitation Ă  demander de l’aide aprĂšs la sortie des services est constatĂ©e mĂȘme chez des jeunes qui ont dĂ©veloppĂ© des liens avec leurs parents d’accueil. En fait, les jeunes ne semblent pas tout Ă  fait Ă  l’aise de demander du soutien Ă  des personnes autres que leurs parents d’origine, comme si le soutien devait nĂ©cessairement provenir de ces derniers. Par exemple, mĂȘme si Ariane identifie sa sƓur ou son conjoint comme pouvant l’épauler, elle prĂ©fĂšre se dĂ©brouiller seule et ne dĂ©pendre de personne. Quand je me retourne vers ma sƓur, c’est un dĂ©placement de problĂšme, parce qu’elle n’a pas plus de ressources que moi. Mais en mĂȘme temps, au fil des annĂ©es, on a toutes les deux l’impression d’ĂȘtre trop demandantes pour notre entourage. Tu leur demandes des choses que c’est pas le genre de choses que tu devrais leur demander. Ça te met mal Ă  l’aise, comme avec mon dernier chum, avec qui je ne suis plus, mais qui m’a dĂ©mĂ©nagĂ©e Ă  maintes et maintes reprises. Ça me met mal de lui demander parce que je sais que ça serait supposĂ© ĂȘtre mes parents qui s’occupent de ça. Tu te retrouves dans des situations oĂč t’es tout le temps mal Ă  l’aise
 Ariane, 23 ans ; placĂ©e Ă  l’ñge de 10 ans, elle a vĂ©cu dans six familles d’accueil diffĂ©rentes. 39À travers ces propos, on constate que malgrĂ© la prĂ©sence de ressources, les jeunes interrogĂ©s peuvent avoir de la difficultĂ© Ă  demander de l’aide. Certains ont dĂ©veloppĂ© un discours qui valorise leur autonomie, alors que d’autres semblent regretter l’absence de parents » d’origine dans leur vie puisque, selon certains, ce sont eux qui devraient naturellement » leur apporter du soutien. Discussion 40Des Ă©tudes rĂ©alisĂ©es dans des contextes familiaux diffĂ©rents Le Gall et Bettahar, 2001 ; Ouellette, 1998 ; Ouellette et al., 2001 ; Parent et Robitaille 2005 ; Parent et al., 2007 ; 2008 ; 2012 soulignent qu’il demeure difficile pour des Occidentaux de concevoir qu’il puisse exister plus de deux figures parentales pour un mĂȘme enfant. Dans la prĂ©sente Ă©tude, nous Ă©mettons l’hypothĂšse selon laquelle cette conception pourrait influencer la qualitĂ© des liens qui sont maintenus ou créés par les jeunes Ă  la suite d’un placement jusqu’à majoritĂ©. Dans des situations de double affiliation, cette conception des liens familiaux peut avoir une influence sur la qualitĂ© des liens construits entre un enfant et ses figures parentales ainsi que sur les attentes rĂ©ciproques en termes de soutien Parent et al., 2008 ; 2012. DualitĂ© des liens ou supplĂ©ance? 41Le Gall 2010 75 mentionne que le placement en famille d’accueil amĂšne les jeunes Ă  vivre dans une situation de supplĂ©ance familiale et donc de vivre avec deux familles l’une avec laquelle ils ont un lien filial, et qu’ils voient ponctuellement ou rĂ©guliĂšrement selon les cas, et une autre qui leur est Ă©trangĂšre, mais devient avec le temps leur famille sociale, celle-ci s’additionnant Ă  la premiĂšre, en raison de la supplĂ©ance qu’elle assure ». Dans un tel contexte, la pluriparentalitĂ© est dĂ©crite comme Ă©tant le partage entre plus de deux adultes de la responsabilitĂ© et de l’exercice de l’éducation et des soins envers un enfant » Marquet, 2010 62. En outre, la pluriparentalitĂ© faciliterait l’adaptation des jeunes lors d’un placement Le Gall, 2010 et serait le rĂ©sultat de la crĂ©ation de liens positifs entre les jeunes et leurs parents d’accueil Chapon-Crouzet, 2005. Bien que la notion de pluriparentalitĂ© apparaisse comme un idĂ©al Ă  atteindre dans un contexte de placement, les rĂ©sultats de notre Ă©tude montrent qu’elle ne se transpose pas facilement dans le quotidien des participants. Les jeunes de notre Ă©chantillon semblent adhĂ©rer davantage Ă  une logique de substitution, et ce, non seulement lors du placement, mais Ă©galement aprĂšs leur sortie des services. Ainsi, AmĂ©lia est la seule Ă  nommer ses parents d’accueil et d’origine comme faisant partie de sa famille durant son placement, alors qu’elle ne retient que ses parents d’accueil dans son rĂ©seau familial actuel. Cadoret 2001 explique que les enfants hĂ©bergĂ©s en famille d’accueil sont placĂ©s au centre d’une rivalitĂ© familiale qui oppose les parents d’origine et d’accueil, ce qui ne favorise pas le dĂ©veloppement d’une complĂ©mentaritĂ© parentale. Il peut donc ĂȘtre difficile pour eux de concevoir la possibilitĂ© d’une pluriparentalitĂ© ou d’espĂ©rer qu’elle soit mise en place dans un tel contexte. Les notions de vraie » famille et de vrais » parents 42Le discours sur la famille tenu par les jeunes rencontrĂ©s illustre l’idĂ©e qu’il existerait une vraie » famille, celle qu’ils dĂ©finissent Ă  partir des liens de sang ou d’origine. La plupart des entretiens rĂ©alisĂ©s dans le cadre de l’étude viennent en effet remettre en question l’idĂ©e selon laquelle la notion de famille Ă©voluerait aujourd’hui vers la famille Ă©lective Le Gall, 2010. Citant les travaux de Fine 1998, Le Gall 2010 suggĂšre que les enfants sont de plus en plus amenĂ©s Ă  choisir leurs parents en raison des nouvelles structures familiales qui ont fait apparaĂźtre les parents sociaux. Marquet 2010 avance aussi l’idĂ©e voulant que la sociĂ©tĂ© considĂšre de plus en plus que le vrai » parent puisse ĂȘtre celui qui Ă©lĂšve l’enfant. Cette idĂ©e ramĂšne d’ailleurs Ă  la dĂ©finition de la famille que donne DĂ©coret 1998, oĂč une famille est constituĂ©e de toute personne qui se considĂšre comme en faisant partie. L’une des participantes appuie ces idĂ©es lorsqu’elle mentionne considĂ©rer ses parents d’accueil comme ses seuls parents. Toutefois, la plupart des participants semblent davantage adhĂ©rer Ă  la notion selon laquelle les parents d’origine demeurent, au moins symboliquement, les vrais parents ». Par exemple, une jeune de l’étude indique qu’elle voulait Ă  tout prix ĂȘtre reconnue comme un membre Ă  part entiĂšre de sa famille d’accueil jusqu’à ce qu’elle rĂ©alise qu’elle avait une famille bien Ă  elle ». QualitĂ© des liens créés avec la famille d’accueil 43Les rĂ©sultats de l’étude suggĂšrent que la transition Ă  l’ñge adulte fragilise les liens créés avec les familles d’accueil bien que celles-ci offrent un soutien aux jeunes lors des premiers temps suivant la fin des services. En effet, si des jeunes ont gardĂ© des liens avec leurs familles d’accueil, certains n’en ont conservĂ© aucun, alors que d’autres les ont vus se dissiper avec le temps. Les rĂ©sultats de l’étude montrent que les Ă©vĂ©nements de la vie dĂ©mĂ©nagement, crĂ©ation d’une nouvelle famille, retrouvailles avec la famille d’origine, etc. peuvent influencer le maintien ou non des liens qui se sont créés durant l’enfance et l’adolescence des jeunes placĂ©s. Certains jeunes Ă©voquent la distance physique et leur emploi du temps chargĂ© combinant travail et Ă©tudes pour expliquer l’effritement de leur relation avec leur famille d’accueil, et ce, mĂȘme si elle demeure trĂšs importante Ă  leurs yeux. Pour d’autres, cette pĂ©riode de vie s’arrime au dĂ©sir de connaĂźtre leurs origines Goyette, 2010 et de s’investir dans cette relation au dĂ©triment de celle avec la famille d’accueil. Par contre, comme il a Ă©tĂ© mentionnĂ© prĂ©cĂ©demment, bien que les liens avec la famille d’origine puissent ĂȘtre rĂ©activĂ©s aprĂšs la fin du placement, cela ne garantit pas que ces liens vont perdurer. Enfin, le sens que les jeunes donnent Ă  leur relation avec leurs parents d’origine et d’accueil semble les amener Ă  maintenir ou non une relation avec eux. À ce sujet, plusieurs Ă©tudes font ressortir l’importance de la qualitĂ© des liens maintenus ou créés entre un jeune et les membres de ses familles d’origine et d’accueil dans la constitution d’un rĂ©seau familial capable de le soutenir Ă  l’ñge adulte Carignan et al., 2009 ; Gardner, 2004a ; 2004b ; Leather et Testa, 2006 ; Ouellette et al., 2001 ; Poirier, 2000 ; Potin, 2009 ; Simard, 2007 ; Wade, 2008. Soutien de la famille d’accueil et d’origine 44Au moment de la sortie des services, les liens familiaux et sociaux, de mĂȘme que le soutien que les jeunes reçoivent de leur famille, sont importants pour eux. Ainsi, ils ont tendance Ă  considĂ©rer comme leur famille les gens qui leur offrent du soutien, et ce, spĂ©cialement lorsque les liens avec les parents d’origine sont rompus. Les rĂ©sultats de l’étude laissent voir Ă©galement que le soutien que reçoivent les jeunes, entre autres lors de la transition vers leur autonomie, peut provenir autant de leur famille d’origine parents, fratrie et famille Ă©largie que de leur famille d’accueil, et ce, bien que certains n’aient eu que des contacts sporadiques avec leur parent d’origine durant le placement. 45Les jeunes rencontrĂ©s ont bĂ©nĂ©ficiĂ©, Ă  quelques exceptions prĂšs, du soutien de leur famille d’accueil Ă  la fin des services ou durant la pĂ©riode du passage Ă  la vie adulte entre 18 et 20 ans environ. Le soutien des familles d’accueil envers les jeunes reflĂšte leur engagement envers eux et les jeunes qui ont inclus leurs familles d’accueil dans leur rĂ©seau familial disent avoir apprĂ©ciĂ© cet appui et se sentir proches d’elles. Toutefois, il ne semble pas que le soutien offert au moment de la transition Ă  l’ñge adulte garantisse que les jeunes gardent contact avec elles ou continuent de les considĂ©rer comme de la famille avec le temps. Des Ă©tudes Gardner, 1996, 2004a, 2004b ; Rutman et al., 2007 ; Tremblay, 2007 avancent que les jeunes maintiennent souvent des contacts avec leurs familles d’accueil ou les considĂšrent comme des personnes-ressources sur qui ils peuvent compter Ă  l’ñge adulte. En accord avec une rĂ©cente Ă©tude Jones, 2013, nos rĂ©sultats suggĂšrent que si cette rĂ©alitĂ© s’avĂšre fondĂ©e pour la pĂ©riode de la transition Ă  la vie adulte, elle ne se perpĂ©tue pas automatiquement Ă  long terme. 46La famille d’origine, qui revient dans le rĂ©seau des jeunes dans plusieurs cas, est vue par certains jeunes comme devant naturellement apporter de l’aide. Cette vision d’un soutien inconditionnel des parents envers les enfants est partagĂ©e par plusieurs Occidentaux pour qui la responsabilitĂ© des parents Ă  l’égard de leurs enfants est indĂ©niable, indĂ©fectible, inconditionnelle [
] ; quoi qu’il arrive, les parents doivent subvenir aux besoins de leurs enfants et prendre en charge leur Ă©ducation » Marquet, 2010 54. Cette vision va de pair avec la conception de la vraie » famille prĂ©sentĂ©e prĂ©alablement. Des jeunes rencontrĂ©s ont rĂ©pondu que dans l’idĂ©al, ce serait leur famille d’origine qui devrait les soutenir. Mais la famille d’origine n’est pas l’unique rĂ©fĂ©rent ; certains la voient comme complĂ©mentaire aux amis, aux organismes communautaires, aux conjoints. Cependant, les deux familles origine et accueil ne sont gĂ©nĂ©ralement pas mentionnĂ©es de pair quant Ă  la provenance idĂ©ale du soutien. Limites de l’étude 47D’emblĂ©e, si l’échantillon a permis de bien dĂ©crire la composition du rĂ©seau familial des participants et de cerner l’importance relative des familles d’accueil et d’origine pour eux, la taille restreinte de l’échantillon et la diversitĂ© des parcours ont limitĂ© la possibilitĂ© d’identifier clairement les Ă©lĂ©ments du contexte social et culturel ainsi que les caractĂ©ristiques des jeunes et de leurs familles influençant le maintien des liens. Nos conclusions s’appuient sur un nombre limitĂ© de cas et nous ne pouvons exclure qu’un plus grand Ă©chantillon nous aurait permis d’étudier davantage les traits communs des participants. 48Par ailleurs, la diversitĂ© des parcours de vie des jeunes a complexifiĂ© la crĂ©ation des gĂ©nogrammes en fonction d’une mĂȘme pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence pour l’ensemble des jeunes. À cela s’ajoute parfois une incohĂ©rence entre le discours et le gĂ©nogramme des jeunes, rendant l’analyse encore plus complexe. Quant Ă  la grille d’entrevue, elle suggĂ©rait des exemples concrets de situations oĂč les jeunes ont pu recevoir du soutien ex. le logement. Or, d’aprĂšs Goyette 2010, les parents d’origine sont trĂšs prĂ©sents dans la sphĂšre du logement lors de la transition Ă  la vie adulte, mais beaucoup moins dans les sphĂšres professionnelle et familiale. Les rĂ©sultats qui traitent du soutien reçu par les jeunes devraient donc ĂȘtre interprĂ©tĂ©s en tenant compte de cette limite. 49Outre ces limites, il Ă©merge de l’analyse des entrevues et des gĂ©nogrammes des rĂ©sultats intĂ©ressants et prometteurs. Toutefois, les rĂ©sultats doivent ĂȘtre considĂ©rĂ©s en fonction du contexte de l’étude et ainsi faire l’objet d’études plus approfondies. Des Ă©tudes supplĂ©mentaires permettraient notamment de vĂ©rifier les similitudes entre certains Ă©lĂ©ments des parcours afin de voir si des trajectoires de vie spĂ©cifiques peuvent Ă©merger et expliquer la nature des liens familiaux de ces jeunes ayant fait l’objet d’un placement jusqu’à leur majoritĂ©. Il serait Ă©galement intĂ©ressant de poursuivre l’examen des liens potentiels entre soutien et rĂ©seau familial des jeunes adultes qui ont Ă©tĂ© hĂ©bergĂ©s. Conclusion 50La prĂ©sente Ă©tude cherchait Ă  documenter la rĂ©alitĂ© familiale des jeunes ayant Ă©tĂ© placĂ©s dans une famille d’accueil jusqu’à leur majoritĂ©, et ce, afin de dĂ©crire la composition de leur rĂ©seau familial, de cerner l’importance des liens familiaux d’origine et d’accueil dans leur vie adulte et d’identifier des Ă©lĂ©ments du contexte personnel, familial, social et culturel qui influencent le maintien ou non de ces liens. A priori, les jeunes interrogĂ©s accordent une importance symbolique Ă  leur famille d’origine qu’ils qualifient de vraie » famille. L’étude montre tout de mĂȘme que leurs reprĂ©sentations familiales sont diversifiĂ©es et spĂ©cifiques au vĂ©cu de chacun. La complĂ©mentaritĂ© entre les familles d’accueil et d’origine existe pour quelques jeunes, mais la tendance va plus dans le sens de l’exclusivitĂ© de l’une ou l’autre, bien que des liens entre elles puissent exister dans la rĂ©alitĂ© quotidienne. 51Par ailleurs, le maintien des contacts avec des personnes significatives de la famille d’origine parents ou famille Ă©largie et fratrie semble un prĂ©requis pour assurer aux jeunes un ancrage familial dans la sociĂ©tĂ© d’aujourd’hui oĂč la pluriparentalitĂ© n’est pas encore acceptĂ©e lĂ©galement et rarement acceptĂ©e socialement. À cet effet, les rĂ©sultats de l’étude appuient les nouvelles dispositions de la LPJ instaurĂ©es en 2007. Ces mesures favorisent le maintien des liens avec la famille d’origine et la stabilitĂ© des placements qui, bien qu’elle ne garantisse pas une affiliation avec la famille d’accueil, permet minimalement aux jeunes d’avoir des conditions favorables pour s’enraciner et dĂ©velopper des liens favorables Ă  la rĂ©ussite de la transition Ă  la vie adulte et tout au long de celle-ci. Bien que la qualitĂ© du lien soit essentielle pour qu’un placement soit positif pour les jeunes, elle n’assure pas nĂ©cessairement le maintien du lien aprĂšs la fin des services ni un soutien social durable. 52Enfin, l’étude a permis de cerner une nouvelle rĂ©alitĂ© Ă  prendre en compte dans l’intervention l’usage d’Internet et des mĂ©dias sociaux pour retrouver des membres de la famille d’origine ou pour maintenir des liens familiaux. Plusieurs jeunes ont soulignĂ© avoir fait usage de ces outils qui sont Ă  la portĂ©e de tous. Ces outils favorisent sans doute un plus grand nombre de retrouvailles entre jeune et famille d’origine que par le passĂ© ou assurent le maintien de liens familiaux qui autrement ne pourraient survivre Ă  la distance et aux nombreuses occupations des jeunes adultes. Il faut donc rĂ©flĂ©chir non seulement Ă  la maniĂšre de prĂ©parer les jeunes Ă  ces retrouvailles qui surviennent souvent aprĂšs la fin du placement, mais aussi Ă  comment utiliser Internet dans un processus d’intervention pour favoriser le maintien de liens de fratrie lorsque le placement dans une mĂȘme famille est impossible. Ces nouveaux outils ouvrent un monde de possibilitĂ©s et permettront peut-ĂȘtre le dĂ©veloppement d’un nouveau rapport aux liens familiaux oĂč les familles d’origine et d’accueil cohabitent dans la vie des jeunes.

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Partir en sĂ©jour linguistique en famille d’accueil aux USA en sĂ©duira plus d’un, mais comment trouver la famille idĂ©ale ? Celle qui s’occupera de son invitĂ© comme si c’était un membre de la famille, voire avec encore plus d’attention. Voici quelques rĂšgles d’or pour sĂ©duire la famille d’accueil qui fera de votre sĂ©jour aux USA une expĂ©rience inoubliable. Avant tout, vous devez choisir le type de sĂ©jour qui vous correspond Plusieurs solutions existent pour accĂ©der aux familles d’accueil amĂ©ricaines. La plupart sont bĂ©nĂ©voles et sont ravies d’accueillir un petit frenchy. Elles sont recrutĂ©es par des correspondants locaux des organismes de sĂ©jours linguistiques, ou bien elles accueillent un Ă©tranger car elles font partie d’un rĂ©seau ou d’une communautĂ© qui le propose. Pour trouver une famille d’accueil aux USA, vous avez donc 3 options que nous avons dĂ©taillĂ©es dans d’autres articles acheter un sĂ©jour linguistique Ă  un organisme avec un hĂ©bergement en famille d’accueil utiliser les rĂ©seaux d’échanges de sĂ©jours et agences spĂ©cialisĂ©es sur l’accueil rĂ©ciproque d’un enfant s’inscrire sur les plateformes de mise en relation de familles qui recherchent des Ă©changes linguistiques Le bon profil pour ĂȘtre choisi par la famille d’accueil de vos rĂȘves Dans un premier temps il faut que la famille choisisse le dossier de votre enfant parmi ceux qu’on lui proposera. C’est notamment le cas dans les pays oĂč les familles d’accueil sont bĂ©nĂ©voles le correspondant local de l’organisme du sĂ©jour linguistique leur propose plusieurs dossiers correspondant du mieux possible Ă  leurs attentes, afin qu’il choisisse celui qui leur semble le plus adaptĂ©. Pour cela, les organismes vous demandent la plupart du temps de remplir un dossier en joignant des photos et une lettre de motivation. Soignez ce dossier, prenez des photos pour l’occasion, mettez en avant les attraits de votre rĂ©gion s’il s’agit d’un Ă©change, et rĂ©digez une belle lettre de motivation, Ă  la fois sincĂšre et rassurante pour la famille d’accueil. Rappelez Ă  votre enfant les us et coutumes du pays qu’il va visiter, et encore plus important, expliquez-lui les lois qui sont diffĂ©rentes de la France. Si vous allez aux Etats-Unis par exemple, rappelez-vous que les jeunes n’ont pas le droit de boire avant 21 ans, qu’ils ne fument dans aucun lieu public ou collectif ni mĂȘme dans les parcs dans certaines villes comme New York ou San Francisco, et que dans certaines rĂ©gions loin des grandes agglomĂ©rations, le puritanisme amĂ©ricain pourrait faire passer nos ados pour de grands dĂ©lurĂ©s surtout s’ils profitent de leurs vacances pour se lĂącher
 Il est normal que les parents craignent une mauvaise influence pour leurs enfants s’ils accueillent un jeune qui ne respecte pas leurs rĂšgles de bonne conduite. Alors mettez en avant dans votre prĂ©sentation des exemples concrets qui illustrent les valeurs que vous avez transmises Ă  votre enfant a t’il participĂ© Ă  des programmes d’entraide, donne t’il des cours de soutien, aime t’il la nature? Bref soyez honnĂȘtes mais largement positifs
 Ă  l’amĂ©ricaine ! Être Ă  son tour l’invitĂ© idĂ©al La 2e Ă©tape de sĂ©duction sera une fois sur place
 l’idĂ©al serait qu’au bout de quelques jours la famille adore tellement votre enfant qu’elle l’emmĂšnerait dans des endroits incroyables, lui prĂ©senterait ses meilleures relations, et garderait contact avec vous pour de futurs Ă©changes ! Voici 3 conseils vivement recommandĂ©s pour sĂ©duire ses hĂŽtes Passons rapidement sur le petit cadeau typique de votre rĂ©gion que votre enfant apportera dans ses bagages, pour dĂ©marrer son sĂ©jour sur une note polie et amicale. Quels parents restent insensibles Ă  un enfant serviable et plein de bonnes intentions pour participer Ă  la vie de famille ? Il n’est pas question de revoir les bonnes maniĂšres de votre enfant ou de changer son caractĂšre, mais si besoin, expliquez-lui ce que signifie le win-win »  au-delĂ  d’apprendre une expression en anglais, il comprendra vite l’intĂ©rĂȘt du donnant-donnant pour passer un sĂ©jour enrichissant. Racontez-leur la France ! Les familles qui accueillent un enfant Ă©tranger seront contents d’entendre de sa bouche des histoires qui leur feront dĂ©couvrir ce pays qui leur semble parfois si lointain. Certains connaissent dĂ©jĂ  beaucoup de choses sur la France et aimeront apprendre des anecdotes ou des dĂ©tails qui rendent notre culture so chic », d’autres en sont au B-A-BA et seront ravis d’en apprendre plus sur Paris, la cĂŽte d’Azur et le Mont Saint-Michel
 Alors si besoin, profitez-en pour offrir Ă  votre enfant une antisĂšche Ă  potasser dans l’avion du genre L’histoire de France pour les Nuls », et dites-lui de ne pas hĂ©siter Ă  Ă©taler ses connaissances mĂȘme si c’est de la culture-confiture ! Cela le fera parler dans la langue du pays et n’en sera que plus bĂ©nĂ©fique. Nul doute qu’en suivant ces quelques rĂšgles d’or votre adolescent aura vite sĂ©duit sa famille d’accueil qui lui offrira des excursions incroyables qu’il vous racontera avec entrain en langue Ă©trangĂšre peut-ĂȘtre! Ă  son retour. .